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Du NOMIC au Sommet Mondial de la Société de l'Information : Le rôle de l'UNESCO dans la réduction de la fracture numérique

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par Destiny TCHEHOUALI
Université Stendhal (Grenoble) / Institut de la Communication et des Médias - Master 2 Recherche - Sciences de l'Information et de la Communication 2007
  

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Première partie :

Cadre théorique et

méthodologique de la recherche

Première partie : Cadre théorique et méthodologique de la

recherche

Chapitre 1 : Contexte théorique

I- Genèse de la société de l'information : Un bref détour historique

La Déclaration de principes de Genève adoptée au lendemain de la première phase du Sommet Mondial de la Société de l'Information (SMSI) par les gouvernements - avec des apports importants de la société civile -, signale dans son premier article : « Nous (...) proclamons notre volonté et notre détermination communes d'édifier une société de l'information à dimension humaine, inclusive et privilégiant le développement, une société de l'information, dans laquelle chacun ait la possibilité de créer, d'obtenir, d'utiliser et de partager l'information et le savoir et dans laquelle les individus, les communautés et les peuples puissent ainsi mettre en oeuvre toutes leurs potentialités en favorisant leur développement durable et en améliorant leur qualité de vie, conformément aux buts et aux principes de la Charte des Nations Unies ainsi qu'en respectant pleinement et en mettant en oeuvre la Déclaration universelle des Droits de l'Homme ». Société post-industrielle, ère technétronique, société de l'information, société de la connaissance.... Autant de pseudoconcepts pour qualifier et identifier la portée des changements technologiques caractéristiques de notre époque. Finalement, c'est l'expression « Société de l'information » qui s'est imposée comme terme hégémonique et ce comme le précisait Sally Burch, « non pas nécessairement parce qu'elle exprime une clarté théorique mais en raison du «baptême» qu'elle a reçu dans les politiques officielles des pays développés en plus du couronnement qu'a représenté un Sommet mondial organisé en son honneur. »

Cette notion soulève des ambigüités, et des controverses qui la rendent floue et sans définition précise. Elle ne veut pas dire, par exemple, que chaque personne soit aujourd'hui en possession d'une grande quantité d'informations et de connaissances, mais indique plutôt un déplacement de l'activité humaine de la fabrication de biens vers le traitement de l'information et du savoir. Cette approche fait justement référence à l'apparition du terme information society en 1973 dans l'ouvrage du sociologue et économiste Daniel Bell intitulé Vers la société post-industrielle : une tentative de prévision sociale. Fritz Machlup (1962) et Alain Touraine (1969) précèdent Daniel Bell dans la lignée des précurseurs de la nouvelle société de l'information. A en croire Jeremy Rifkin, l'ère du capitalisme industriel est bien finie, nous devons maintenant passer à autre chose : notamment à une société caractérisée par

la prééminence du secteur tertiaire, la centralité de l'information et de la connaissance et l'émergence des nouvelles élites techniciennes et de nouveaux principes de stratification sociale. Gaëtan Tremblay, dans l'une de ses interventions au cours des séminaires visioconférences GPB7 organisés par le GRESEC trouvait dans l'expression société de l'information, « une tentative d'appréhension globale des sociétés contemporaines ». D'autre part, la « société de l'information », en tant que construction politique et idéologique, s'est développée dans le cadre de la globalisation néolibérale qui visait principalement à accélérer l'instauration d'un marché mondial ouvert et « autorégulé ». Cette politique était menée en étroite collaboration avec des organismes multilatéraux comme l'Organisation mondiale du commerce (OMC), le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale afin que les pays peu développés abandonnent les réglementations nationales ou les mesures protectionnistes risquant de « décourager » les investissements. Le mythe de la société de l'information a donc été souvent utilisé pour déréguler les marchés des TIC en creusant davantage le fossé numérique Nord/Sud. Il n'y a alors selon Anne-Marie Laulan3 « aucun étonnement devant l'enthousiasme industriel, financier, puis administratif à proclamer la naissance d'une nouvelle civilisation, fondée sur les dispositifs et systèmes que l'économie mondialisée maîtrise fort bien, (et à son profit quasi exclusivement). » Manuel Castells4, l'un des chercheurs qui a le plus développé ce sujet préfère quant à lui qu'on parle de « société informationnelle » plutôt que de « société de l'information » en signalant que si la connaissance et l'information sont des éléments décisifs dans tous les modes de développement, « le terme «informationnel» caractérise une forme particulière d'organisation sociale, dans laquelle la création, le traitement et la transmission de l'information deviennent les sources premières de la productivité et du pouvoir, en raison des nouvelles conditions technologiques apparaissant dans cette période historique-ci ». Ce fondement d'une nouvelle « société de l'information et du savoir » est largement critiqué par les chercheurs des SIC qui y relèvent une sorte de déterminisme « informationnel ». Alain Rallet (2004) le substitue d'ailleurs à la notion de « société numérique », alors que Bernard Miège5 trouve plus approprié de parler de société de « communication médiatisée » fondée sur la maîtrise non du contenu, mais des producteurs, et médiateurs de la communication telles que les firmes multinationales, ou les organisations internationales.

3 LAULAN Anne-Marie, Machine à communiquer et lien social. Un texte prononcé à Tunis (SMSI) en novembre 2005, à la table-ronde de la SFSIC.

4 CASTELLS Manuel, L'ère de l'information, 3 tomes, Fayard, 1998-1999.

5 MIEGE Bernard, L'information - Communication, objet de connaissance, de Boeck, 2004.

Les diverses contradictions et les multiples définitions de la société de l'information partagent toutes cependant la caractéristique commune d'être empreintes de déterminisme, que ce déterminisme soit technologique ou social.

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