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Du NOMIC au Sommet Mondial de la Société de l'Information : Le rôle de l'UNESCO dans la réduction de la fracture numérique

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par Destiny TCHEHOUALI
Université Stendhal (Grenoble) / Institut de la Communication et des Médias - Master 2 Recherche - Sciences de l'Information et de la Communication 2007
  

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II- Théories et discours sur les TIC : Délimitation d'un champ de

recherche

Au carrefour des SIC et des sciences sociales, la question de la fracture ou celle de la solidarité numérique engendrée par les inégalités de la société de l'information appartient au contexte global des recherches portant sur l'intégration des technologies de l'information et de la communication dans les sociétés. Par ailleurs, il s'avère que l'intégration des TIC dans la sphère publique a favorisé des discours imaginaires, riches en projections voire contradictoires. Toutes les études menées sur les TIC se doivent alors d'être forgées sur l'adoption d'une posture technologique explicite ou implicite qui contribue à la fabrication des problématiques, des méthodes et des axes d'interprétation.

Ainsi, s'agira-t-il pour nous ici de confronter quelques discours et théories sur les TIC, de souligner leurs oppositions ou convergences, d'être attentifs à leur révision ou à leur inflexion pour retracer le positionnement de notre sujet par rapport à ces différents courants de pensée.

A- Le paradoxe entre déterminisme technologique et déterminisme social

On distingue deux principales postures relatives aux discours sur les technologies de l'information et de la communication. Tandis que le déterminisme technique soutient que les techniques, les pratiques des outils vont résoudre à eux seuls les dysfonctionnements de la société ou influer de façon exclusive les formes de rapports sociaux, le déterminisme social prétend que ce sont les rapports sociaux et les anciennes pratiques qui déterminent les progrès de la technique.

Rappelons que les origines du déterminisme technique remontent au 19ème siècle avec la naissance des utopies technicistes qui seront à leur tour relayées un peu plus tard par des auteurs comme Kropothkine, Geddeser, Lewis Munford, Simon Nora ou encore Al Gore avec « les autoroutes de l'information » en 1993. Leroi Gourhan n'hésite pas, par exemple à soutenir que : « Ce qu'il y a de plus humain dans l'homme c'est la technique ». Mais Jacques Ellul en parlant du bluff technologique en 1988, va plus loin car il est, quant à lui, convaincu que : « La technique prend le pas sur le rôle effectif de l'homme dans la société. »

Cette période est bien d'ailleurs celle de la première génération de chercheurs sur les TIC. Il y avait d'une part les technophobes pessimistes comme P. Virilio, qui dénoncent les effets désastreux des TIC tout en les percevant comme les futurs désastres de l'humanité. D'autre part, les technophiles (prophètes du cyberespace), à l'instar de Pierre Lévy ou de J. de Rosnay et plus récemment les disciples de Michel Maffesoli, qui soutiennent de leur côté que les usages des TIC sont en train de transformer radicalement et positivement la socialité contemporaine. Norbert Wiener s'aligne dans ce courant de pensée quand il considère que l'organisation sociale fonctionne telle une machine autorégulée.

A l'opposé de cette posture de déterminisme technique, le courant du déterminisme social appréhende les rapports sociaux et les anciennes pratiques comme les facteurs déterminant ou influençant la technique. Ce courant s'oppose à la vision de M. Macluhan à faire du médium le message. La technologie est le résultat d'une construction sociotechnique. Ici, la technique est pensée en tenant compte de l'antériorité des pratiques sociales. Il est alors beaucoup plus question d'appropriation progressive ou de détournement des TIC au profit des individus ou des groupes. C'est dans cette logique que de nombreuses études d'impacts ont été réalisées par les laboratoires des grands groupes de télécommunication tels que France Télécom R & D. favorisant ainsi des disciplines comme l'économie, et le marketing afin d'étudier l'offre de services à partir des différentes dimensions de l'information : marchandes, cognitives, communicationnelles et politiques.

A priori, notre travail pourrait être inscrit dans une démarche de déterminisme social et cela reviendrait à soutenir la thèse selon laquelle les relations internationales et notamment les enjeux économiques et culturels qui les sous-tendent déterminent l'inégale diffusion et utilisation des TIC. Dominique Wolton précise à juste titre qu'« Il est évident que le progrès technique et les enjeux économiques poussent davantage vers le thème de la société de l'information, alors qu'une approche plus critique et sociétale est davantage sensible aux inégalités et aux interrogations sur les liens des modèles cognitifs et rationnels liés à l'expansion des réseaux et des théories de la société de l'information »6. Mais au-delà de ce postulat, il s'agit pour nous d'apprécier le rôle joué par l'UNESCO face au défi d'une société numérique inclusive dont l'accès est conditionné par une solidarité numérique aux pays considérés actuellement comme des exclus et des marginalisés.

6 WOLTON Dominique, Information Et Communication : Dix chantiers scientifiques, culturels et politiques, in Hermès n° 38, 2004.

Dans cette perspective d'analyse, nous sommes tenus de rester prudents dans nos jugements en visant une certaine neutralité et par conséquent une certaine objectivité nécessaire à toute démarche scientifique ayant pour vocation de relativiser les visions extrêmes d'un phénomène, qu'elles soient positives ou négatives. Par ailleurs, il est important de mettre fin ou tout au moins de pouvoir dépasser le paradoxe nourri par les débats sur les logiques techniques et les logiques sociales. Ainsi, faudrait-il convenir avec Patrice Flichy7 que « la technologie ne tombe pas du ciel mais est un produit sociotechnique. (...) La technologie est donc le résultat d'une construction sociotechnique que l'on peut analyser selon trois aspects : le projet d'un inventeur, des contraintes de technologie, d'usage et de marché, des hasards. (...) ». Bernard Miège critiquant le techno-déterminisme, débouche de son côté sur la nécessité d'une double médiation sociale et technique et parle, comme Serge Proulx, d'ancrage social (le social est dans la technique et la technique est dans le social en permanence). Il est contre l'usage du terme d'insertion sociale des TIC, et nous aussi d'ailleurs, puisque : « les TIC ne peuvent pas être conçus à l'extérieur du social ».

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