WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Du NOMIC au Sommet Mondial de la Société de l'Information : Le rôle de l'UNESCO dans la réduction de la fracture numérique


par Destiny TCHEHOUALI
Université Stendhal (Grenoble) / Institut de la Communication et des Médias - Master 2 Recherche - Sciences de l'Information et de la Communication 2007
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

III- Les autres institutions internationales : UIT, OMC, PNUD, OIF, BM...

L'UNESCO s'appuie dans son combat contre la fracture numérique sur un large éventail de partenaires du système des Nations Unies (PNUD, UIT, OMPI et la Banque mondiale). Il est également assisté par d'autres organisations internationales et régionales (telles que l'Union européenne), des ONG et communautés professionnelles actives dans ses domaines de compétence et bien sûr le secteur privé. Nous ne nous intéresserons ici de façon brève qu'à quelques organismes internationaux dont le rôle devient de plus en plus déterminant en terme de contribution financière par rapport aux intérêts économiques et culturels en jeu dans la maîtrise de l»information et de la communication sur l'échiquier international.

En effet, les institutions internationales et régionales jouent pour la plupart un rôle clé lorsqu'il s'agit d'intégrer l'utilisation des TIC dans le processus de développement et de mettre à disposition les ressources nécessaires pour édifier la société de l'information et pour évaluer les progrès réalisés. Les Nations Unies, en particulier, constituent une arène intergouvernementale aidant à la prise de décision concertée au niveau mondial. Elles représentent des plateformes multi-acteurs basées sur le dialogue. Elles favorisent la réflexion, la prise de décision et l'action autour de problèmes globaux majeurs qui ne peuvent trouver des solutions qu'à travers une véritable concertation internationale. De plus en plus, elles rassemblent les différents acteurs de la société autour d'une même table de négociation, comme ce fut le cas lors du Sommet Mondial sur la Société de l'Information (SMSI, Genève - Tunis).

Mais face au débat sur le financement des mesures visant à réduire la fracture numérique, l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est la première organisation internationale à avoir reconnu officiellement le principe de solidarité numérique et à avoir contribué financièrement à la dotation initiale du Fonds de Solidarité Numérique (F SN). Certains observateurs pourraient expliquer cette prompte diligence de l'Organisation Internationale de la Francophonie par le fait qu'il a à sa tête le Président Abdou Diouf, ancien Chef d'Etat du Sénégal qui a transmis le pouvoir à Maître Abdoulaye Wade, actuel président du Sénégal et initiateur du FSN. Toujours est-il que l'OIF n'est pas reconnue par les Nations Unies comme le chef de file des institutions internationales pour l'édification de la société de l'information.

Ce privilège revient plutôt à l'Union Internationale des Télécommunications (UIT) dont « Les compétences fondamentales dans le domaine des TIC - assistance pour réduire la fracture numérique, coopération internationale et régionale, gestion du spectre des fréquences radioélectriques, élaboration de normes et diffusion de l'information - sont déterminantes pour l'édification de la société de l'information. » Le choix de l'UIT comme institution onusienne organisatrice du SMSI, au détriment de l'UNESCO traduit la tendance «technicoéconomique» de la priorité stratégique pour les bailleurs de fonds états-uniens d'accélérer la diffusion des réseaux au Sud. L'intégration des TIC dans toutes sociétés est la priorité affichée aux dépens de son développement culturel et intellectuel. C'est la volonté d'équipement de la planète toute entière, en réseaux et en ordinateurs qui semble prioritaire afin de permettre la croissance économique via l'ouverture de nouveaux marchés.

C'est la raison pour laquelle, nous allons nous attarder particulièrement sur cette agence spécialisée des Nations Unies en charge du secteur et du domaine des télécommunications. Créée depuis 1865, l'UIT, avec ses 189 Etats membres et plus de 676 opérateurs du secteur, est selon le terme employé par Jean-Louis Fullsack50 « la vieille dame des télécommunications ». Elle a pour mission principale de favoriser le développement et l'extension des réseaux et services de communication et des TIC dans le monde entier. D'où son projet présenté au SMSI et intitulé «Connecter le monde» : un projet qui vise à connecter 800.000 villages à l'horizon 2015. Mais ce projet ne saurait pour l'heure qu'être une incantation récurrente et sans grande crédibilité. L'Union Internationale des Télécommunications a également signé un mémorandum d'accord avec la société Oracle et avec Cisco Systems en vue de créer cinquante centres de formation dans le monde. Mais l'UIT reconnaît que ses ambitions ne suffisent pas pour relever le défi de la fracture numérique. L'UIT lance alors un appel à d'autres organisations pour appuyer ses actions : « Les efforts déployés en vue d'utiliser ces technologies pour réduire la fracture numérique, ne relèvent plus du domaine réservé de l'UIT »51.

Cet appel n'est pas tombé dans des oreilles de sourd puisque très tôt, la Banque mondiale a pris de multiples initiatives, dont son célèbre Programme d'information pour le développement (InfoDev). InfoDev vise notamment la diffusion des conseils sur la politique à suivre en matière d'utilisation des TIC pour le développement et sur la conduite à tenir à cet égard.

Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) n'est pas en marge de cette forte mobilisation internationale autour des inégalités socio-numériques de la planète. Avec son réseau unique 132 bureaux et son équipe de conseillers spécialisés régionaux et mondiaux, le PNUD est en bonne position pour promouvoir l'utilisation à grande échelle des TIC au service du développement grâce à sa vaste expérience dans ce domaine, notamment les projets et programmes de TIC au service du développement : « Certes, il est indéniable que nombre des merveilles technologiques qui fascinent le Nord ne sont d'aucune utilité pour le Sud. Il n'en demeure pas moins que les activités de recherche et développement ciblant des problèmes qui touchent plus spécifiquement les pauvres -- de la lutte contre les maladies à

50 Membre du Conseil d'administration de CSDPTT. Directeur-adjoint honoraire de France Télécom, ancien Expert principal près l'UIT. Il a rédigé un article intitulé « L 'UIT, la vieille dame des télécommunications, dans la tourmente néolibérale » et dans lequel il dénonce les dérives de l'UIT à travers ses choix et décisions contestables contraires aux intérêts de la communauté mondiale, en particulier à ceux des PeD, et en tous cas contre-productifs pour leur développement.

51 www.itu.int/ITU/PDE/2128-089-FR.doc

l'enseignement à distance -- prouvent immanquablement que, loin de se contenter de venir couronner le développement, la technologie en est un instrument indispensable. »52

En outre, à la demande du G8, le PNUD réfléchit avec la Banque mondiale aux moyens de réduire la fracture numérique en encourageant des partenariats entre les secteurs privés et publics. Disposant d'un Fonds d'affectation thématique spéciale TIC, le PNUD a entrepris d'aider les pays d'Afrique en commençant par la création de milliers de "cybercafés". Le rôle du PNUD est, avant tout, celui d'un catalyseur de projets plutôt que d 'investisseur. Le PNUD a par ailleurs des contacts avec des grandes entreprises occidentales du secteur dont par exemple la société américaine Hewlett Packard53 qui a annoncé son intention d'investir pour un milliard de dollars, de manière non lucrative, dans les pays en développement sur un projet d'équipement en site Internet que piloteront des fondations privées. Il ne serait pas superflu de signaler que la plupart des organismes des Nations Unies sont concernés par les technologies, soit parce qu'ils les utilisent, soit parce qu'elles ont une incidence sur le contenu et l'exécution des programmes de coopération technique.

C'est d'ailleurs pour cette raison que la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), grâce à son Programme relatif aux Pôles commerciaux, cherche à encourager les petites entreprises des pays en développement à se lancer dans le commerce électronique afin de s'intégrer aux marchés internationaux et aux filières de plus-value. Un autre constat important au niveau de tous ces efforts déployés par les organisations internationales est celui du manque de coordination entre ces projets. Cette pléthore d'initiatives témoigne certes d'une prise de conscience récente de la communauté internationale sur la question des fractures. Mais on en sait peu sur l'efficacité réelle de ces programmes et projets qui, profitant souvent des frontières poreuses de la communication internationale, en viennent même à concurrencer les initiatives locales, les politiques publiques en défiant ainsi la souveraineté nationale des pays censés bénéficier de ces projets.

52 PNUD, Rapport mondial sur le développement humain : Mettre les nouvelles

technologies au service du développement humain, De Boeck, 2001.

53 Hewlett Packard a lancé World e-inclusion, un projet qui prévoit la livraison de matériels informatiques aux pays en sous-développement pour une valeur d'un milliard de dollars. Cette livraison, qui doit concerner "près de 1 000 villages" en Afrique, en Inde ou encore en Chine, sera en partie gratuite et en partie financée par des programmes de développement gouvernementaux ou internationaux.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy