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La SNFAR du SENEGAL : Appui à la mise en oeuvre des Dispositifs de Formation des ruraux par la Demande

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par Abdourahmane FAYE
Université des Sciences Sociales de Toulouse 1 - Master 2 Pro Ingénierie de la Formation et des Systèmes d'Emplois 2008
  

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5 - Des politiques justes et séduisantes en théorie, mais peu appropriées à la base.

5 - 1 - Analyse :

Depuis la crise agricole des années 80, l'Etat a pris une série de mesures tendant à redistribuer les responsabilités de développement qu'il concentrait jusque-là aux autres acteurs. L'objectif était de libérer les énergies et multiplier les initiatives, en créant un environnement favorable à l'éclosion des talents pour entreprendre dans le secteur de l'agriculture. La Nouvelle Politique Agricole de 1984 a consacré cette libéralisation du secteur investi par les privés. Elle est suivie du Programme d'Ajustement du Secteur Agricole et du Programme d'Investissement du Secteur Agricole, conçus pour créer un environnement politique permettant de rediriger les investissements vers l'agriculture et le monde rural. Le rôle de l'Etat y est mieux clarifié et les ruraux sont reconnus comme des acteurs au centre des processus de développement rural dont ils sont les promoteurs et les maitres d'ouvrage, via leurs institutions locales (conseils ruraux et régionaux) et leurs structures associatives (Organisations Paysannes). Le principe du partenariat entre l'Etat et les organisations d'acteurs y est posé en prélude à la stratégie de concession/cogestion de services publics.

Ce principe de base se prolongera ultérieurement dans la politique de décentralisation de 1996, le PSAOP et la SNFAR de 1999. En 2004 une Loi d'Orientation Agricole intervient pour consacrer l'achèvement de ce long processus de réformes structurelles, en reprenant tous les engagements de principe dans ses articles qui imposent leur mise en oeuvre.

Mais force est de constater que les transformations du secteur n'ont jamais été aussi radicales que les ruptures véhiculées dans les réformes, les niveaux de performances économiques agricoles du pays n'ont jamais égalé l'ampleur des réformes opérées ; au contraire ! La dépendance alimentaire s'accentue et le riz en est la principale cause (cf. graphiques suivants), les niveaux de rendements stagnent à chutent, les exploitations agricoles sont restées de petites taille (1 à 2 ha), surpeuplées (7 à 8 membres), faiblement équipées et en proie à des crises alimentaires structurelles.

*Source : Etude ENDA sur la souveraineté alimentaire au Sénégal, Juillet 2006

*Source : Etude ENDA sur la souveraineté alimentaire au Sénégal, Juillet 2006

4 - 2 - Interprétation :

Ces réformes, nécessaires et justifiées, avaient pour objectif principal de recadrer le rôle de l'Etat dans son champ régalien et placer les acteurs (privés, associatifs, élus) au coeur des initiatives et des processus de développement de l'agriculture et du monde rural. Mais elles étaient comme ignorées de ces derniers, et n'ont pas impacté, au niveau souhaité, les modes de fonctionnement des individus, des organisations et des institutions qui concourent à la vie du secteur. Les cadres de participation qui sont conçus pour promouvoir ce nouvel esprit des politiques réformées, s'avèrent inefficaces et coûteux car dominés par les anciennes pratiques.

4 - 3 : Illustrations

Le fonctionnement du Comité Régional de Planification Stratégique de la Formation Agricole et Rurale de Ziguinchor est plombé par une querelle de légitimité dans le leadership. Une telle querelle n'a pas lieu d'être dans un cadre qui est conçu pour favoriser des contradictions sociales dont s'alimentent les processus de constructions de dispositifs de formation par la demande.

4 - 4 : Conclusion :

Ces nombreuses réformes à but de responsabilisation des acteurs, impliquant donc forcément leur demande, ont créé une mentalité de participation chez les acteurs qu'il faudra réformer pour asseoir la SNFAR. Les cadres de concertation promus dans la SNFAR (comités et réseaux) sont animés par des acteurs dominants qui ont déjà une confiance mesurée dans les approches étatiques y compris celle centrée sur la demande.

Synthèse : La pauvreté rurale paralysante, la confiance très mesurée du public dans l'action étatique, l'inefficacité des cadres consultatifs existants, sont les principaux éléments du contexte qui jouent un rôle négatif dans la mise en oeuvre de l'approche par la demande, telle qu'elle ressort dans la SNFAR comme coeur de mission du BFPA.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry