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Ressources Naturelles et Gestion des conflits "cas du cercle de douentza"

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par Mahamadou Moctar Dicko
Université du Mali/Faculté des Lettres des Arts et des Sciences humaines - Maitrise en Anthropologie 2006
  

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UNIVERSITE de BAMAKO

Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines
(FLASH)

DER : Sciences sociales
Section : Anthropologie

CONFLITS LIES AUX RESSOURCES NATURELLES
Cas de la plaine de Douenta

MEMOIRE DE MAITRISE

Directeur de Recherche : Présenté et soutenu par :

Dr Isaïe DOUGNON M. Mahamadou M DICKO

Professeur Assistant

SOMMAIRE

Introduction 1

CHAPITRE I PRESENTATION DU CERCLE DE DOUENTZA...

14

CHAPITRE II COMPOSITION SOCIOLOGIQUE DE LA PLAINE...

21

CHAPITRE III : METHODOLOGIE

24

CHAPITRE IV ELUCIDATION CONCEPTUELLE

26

CHAPITRE V

CHAPITRE VI-

CHAPITRE VII -

LES RESSOURCES NATURELLES

REGIME FONCIER ET TYPES DE PROPRIETE

GESTION DES RESSOURCES NATURELLES...

28
33

35

CHAPITRE VIII - DECENTRALISATION ET GESTION DES RESSOURCES 39

CHAPITRE IX -CONFLITS LIES AUX RESSOURCES NATURELLES 47

CHAPITRE X - GESTION DES CONFLITS 52

CHAPITRE XI - AC tEURS, ROLES DANS LA GESTION DES CONFLITS... 57

CHAPITRE XII CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 62

Annexes 65

TABLE DES MATIERES

Dédicaces I

Remerciements I

Sommaire Il

Introduction 1

Il -Difficultés de coexistence entre principaux modes de productions 2

III- Les recherches sur le foncier en Afrique 5

IV-

11

12

Objectifs

V- Hypothèses

CHAPITRE I PRESENTATION DU CERCLE DE DOUENTZA...

14

1-Histoire

2- Relief et cours d'eau ...14

3- Climat et végétation 15

4- Economie 15

a- Agriculture 15

b- Elevage 17

c-La pêche 19

CHAPITRE II COMPOSITION SOCIOLOGIQUE DE LA PLAINE... 21

1-Les Dogons 21

.2-Les sonrais 21

3-Les peuls 22

4-Organisations sociales 22

5- La vie associative 23

CHAPITRE III : METHODOLOGIE 24

1-Justification
· 24

2-Echantillonnage
· 24

3-Populations cibles
· 24

4-Méthodes 24

5-Le guide d'entretien 24

6-Le questionnaire individuel 25

7-Analyse documentaire 25

CHAPITRE IV ELUCIDATION CONCEPTUELLE 26

CHAPITRE V LES RESSOURCES NATURELLES 28

1-Le foncier 28

2-L'eau 29

3-Les pâturages 30

CHAPITRE VI- REGIME FONCIER ET TYPES DE PROPRIETE 33

1-La propriété ancestrale 33

2- La propriété familiale 33

3-La propriété collective 34

CHAPITRE VII - GESTION DES RESSOURCES NATURELLES 35

1-Gestion locale des ressources naturelles 35

2- Tentatives étatiques de gestion des ressources 37

CHAPITRE VIII - DECENTRALISATION ET GESTION DES RESSOURCES 39

1-La réforme du régime foncier 39

2-La décentralisation 40

3-Organisations non gouvernementales intervenant dans la gestion des ressources naturelles

41

4-Les Initiatives locales de gestion décentralisées des ressources naturelles...42

a- les associations villageoises Kelka .43

b- les conventions locales du cercle de Douentza 45

CHAPITRE IX -CONFLITS LIES AUX RESSOURCES NATURELLES 47

1-Les conflits liés à la divagation des animaux 47

2-Les litiges fonciers

47

CHAPITRE X - GESTION DES CONFLITS 52

1-Gestion locale des conflits 52

2-Gestion administrative des conflits 54

CHAPITRE XI - ACIEURS, ROLES DANS LA GESTION DES CONFLITS... 57

1- Acteurs, rôles 57

2-Médiateurs et stratégies de gestion des conflits 59

3- Forces et faiblesses des médiateurs dans la gestion des conflits... 60 CHAPITRE XII CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 62

1-Conclusions

62

2- Recommandations 63

ANNEXES 65

-- I. Introduction :

Cette recherche se déroule dans la région de Mopti située dans la partie nord de la République du Mali.., le projet doit se concrétiser par l'aménagement hydro agricole de la plaine du Yaïré d'une superficie de 2500 hectares. Cette plaine est située aux abords de la ville de Douentza. Elle est directement répartie entre trois communes Douentza, Pétaka, Débéré.

Les villages riverains exploitant la plaine sont Douentza, Drimbé, Fombori, Petaka ; Almina, Alabengouma, Debéré, Kara, M'Boudou Koly, Walo et Tombori.

La population de la zone est estimée à 17700 habitants. La Population des communes dont font parties ces villages, est estimée à 22900 habitants répartis entre 4433 ménages, soit une moyenne d'environ cinq personnes par ménage tout sexe confondu. Les composantes essentielles de la population sont : les Dogon, les

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Songhaï et les Peul à coté de ces ethnies majoritaires vivent d'autres minoritaires dans la zone (Bambara et Tamashek).

La Plaine est située aux abords immédiats de la ville de Douentza. Elle couvre une superficie de deux mille cinq cent hectares (2500 ha). Les ressources en eau et sol constituent un potentiel important pour le développement de l'élevage et de l'agriculture dans la zone avec une lame d'eau dépassant par endroit 1,5m pendant l'hivernage. Actuellement la plaine est surtout utilisée pour la culture de céréales pendant l'hivernage. Elle sert aussi de pâturage pour le petit bétail au cours de la saison sèche. La plaine du Yaïré est un des parcours les plus empruntés par les transhumants à cause des nombreuses mares qui jalonnent son parcours qui en réalité correspondent à des gîtes d'étapes. L'aménagement de la plaine vise à pallier aux déficits céréaliers chroniques dans la commune urbaine et dans les communes limitrophes, assurer le développement de différentes activités économiques et de les pourvoir en infrastructures adéquates. L'aménagement de la plaine du Yaïré intervient dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Les doivent se concrétiser par l'aménagement de mille hectares de terres irrigables, la réalisation de deux barrages de rétention d'eau. Les travaux sont financés par la Banque Africaine pour le Développement et le gouvernement malien. La réalisation des travaux est assurée par le Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche. Les travaux ont démarré au courant de l'année 2004 et doivent durer deux ans. Les ouvrages qui seront exécuté seront des barrages de retenue d'eau pour l'inondation permanente de la plaine et le développement des activités rizicoles et du maraîchage.

Il convient de noter que l'élevage et l'agriculture sont les activités essentielles des communautés locales. L'agriculture est pratiquée par tous cependant avec un intérêt plus prononcé chez les Dogon et les Songhaï. Mais depuis les premières difficultés d'ordre pluviométrique dans la zone et la poussée démographique, on assiste à un élargissement du front agricole. Cette situation est souvent à l'origine de tensions et de conflits entre les différentes communautés. La plaine est une zone de passage et d'abreuvement des troupeaux transhumants. C'est aussi un lieu de pâturages pour les animaux de la ville de Douentza et des villages environnants. La Plaine consiste aussi un lieu de ravitaillement en combustibles ligneux pour les populations riveraines.

Malgré un réel engouement de la part des communautés locales ; on sait que la réalisation de travaux de cette envergure ne se fait que par un prélèvement

considérable des ressources foncières et fourragères disponibles. Ce prélèvement se traduisant à coup sur par une réduction de certaines ressources nécessaires à certaines formes de production traditionnelle

Il -Difficultés de coexistence entre principaux modes de productions

Au Mali, plus de 80 pour cent de la population vit en milieu rural ces populations exercent principalement l'agriculture et l'élevage. La terre et les autres ressources constituent les principales sources de revenus des populations rurales. Ainsi l'accès et l'utilisation des ressources naturelles sont souvent la source de conflits entre les communautés. Ces dernières années des conflits éclatent entre ces différentes communautés. Ces différends vont de la dispute entre un éleveur et un agriculteur ; au litige foncier entre villages frontaliers. Souvent ces différends tournent en confrontations violentes entre les groupes d'agriculteurs et de pasteur

L'élevage et l'agriculture sont deux activités économiques qui toutes ont en commun la terre comme support. En tant que telle la terre devient source de compétition et de conflit entre ses différents utilisateurs.

Dans les zones à dominante peule, le territoire est avant tout destiné à l'élevage. Par conséquent, tout nouveau défrichement est une réduction de l'espace destiné à l'élevage. Cette accélération de la réduction du domaine pastoral a surtout été accentuée par les sécheresses de 1973 et 1983. Les éleveurs peuls ont perdu la presque totalité de leur troupeau. Ces sécheresses se sont traduites par l'élargissement des espaces agricoles car même les éleveurs se sont mis à l'agriculture pour pouvoir y tirer leur moyen de subsistance. Actuellement la multiplicité des champs rend le déploiement des troupeaux peu aisés.

Dans les sites majoritairement Songhaï et Dogon, tout espace est destiné à un usage agricole et l'affectation de la terre à tout autre usage ne peut être tolérée que si elle temporaire.

Du moment qu'aucune terre n'est affectée exclusivement à l'agriculture chez les éleveurs et que rien n'est également réservé à l'élevage chez les agriculteurs, les conflits deviennent inévitables du fait de la cohabitation des deux principales activités économiques de la zone

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Il faudrait explorer les pratiques de gestion et de prévention des conflits adoptés dans la zone. Il importe également d'envisager les opportunités et les problèmes que présente la décentralisation et la reforme foncière et leur incidence sur la prévention et la gestion des conflits fonciers. Ce qui nous amène à nous interroger sur les conditions de l'accès équitable au foncier.

Un certain nombre d'acteurs locaux interviennent dans les tentatives de gestion de ces conflits. Des systèmes de gestion axés sur des accords informels, institutionnels, officiels, juridiques, régissant l'accès et l'exploitation des ressources naturelles sont en cours depuis la décentralisation.

Dans la commune de Douentza, l'accès à la terre dépend de l'incrustation dans les

réseaux sociaux. La propriété foncière est liée aux identités sociales. L'exclusion de certains groupes sociaux (Rimaïbe, « esclave peul », les femmes) du droit à la propriété foncière est encore fréquente. Malgré la nationalisation des terres et les slogans « la terre à qui la travaille », le régime foncier coutumier continue de prévaloir.

La multiplication des conflits liés à l'accès et à l'exploitation des ressources naturelles est aussi liée aux changements macroscopiques intervenus au cours des dernières décennies.

L'accroissement démographique, tant humain qu'animal, a aussi affecté les ressources naturelles. La conséquence de ces phénomènes naturels est la pression exercée sur les ressources pastorales au cours de leur exploitation à cause de la diminution des terres et des ressources. Par exemple, les zones basses et dépressions qui collectent les eaux de surface pour l'abreuvement des animaux ont été occupées par des champs de culture et plusieurs mares sont maintenant ensablées.

Les formes d'utilisation des ressources naturelles sont nombreuses et liées aux différents modes locaux de production et d'exploitation qui sont extensifs par nature : agriculture locale, pâture, fauche de la paille, coupe du bois de chauffe et de

construction, feuilles et bois pour l'artisanat, cueillette des fruits et graines de plantes alimentaires ou médicinales sauvages etc. Les ressources font l'objet de prélèvements continus sans remplacements. La pluviométrie annuelle demeure la principale source à travers laquelle la végétation et les eaux sont renouvelées. Le libre accès et l'exploitation anarchique et désordonnée qui caractérisent l'utilisation des ressources naturelles constituent un enjeu environnemental fondamental dans le cercle.

Ces enjeux se présentent de façon différente pour la commune urbaine et la ville de Douentza. Avec l'urbanisation on assiste à une expansion de la ville sur les champs et les pâturages. Ce faisant la commune manque d'espace pour son approvisionnement en bois de chauffe et la pâture de ces animaux qui proviennent des communes limitrophes.

Ainsi, il nous semble fondamental de réfléchir sur la problématique de la coexistence pacifique et de l'intégration des différents systèmes de production (Elevage -- Agriculture).

Ceci vaut particulièrement dans une zone qui est un des axes les plus empruntés par les troupeaux transhumants.

Une profonde réflexion est utile, car la majorité des populations pratique à des degrés différents des activités mixtes d'élevage et d'agriculture.

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