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Analyse des déterminants d'une gestion participative et durable des ressources forestières du Parc National Kaboré Tambi par les villages riverains (Burkina Faso)


par Marcel YANOGO
Université Polytechnique de Bobo Dioulasso - Ingénieur du développement rural; option sociologie et économie rurales 2006
  

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Résumé

Ce mémoire traite des déterminants d'une gestion durable des ressources forestières dans les villages riverains du Parc National Kaboré Tambi (PNKT). L'objectif global de l'étude est de prédire la volonté des ménages riverains à s'engager dans la conservation du parc. Des données collectées auprès de 160 ménages dans quatre villages riverains ont permis de tester les hypothèses d'engagement des populations.

Le modèle logit a été utilisé pour prédire la volonté des riverains à s'engager dans la plantation individuelle d'arbres, dans l'investissement pour l'acquisition des techniques CES/DRS, dans la délimitation et la surveillance du parc.

Les taux d'engagement sont globalement faibles. On note 37,50% de participation à la surveillance, 30% de participation à la délimitation du parc, 28,75% de plantation d'au moins un (1) arbre et 18,75% d'investissement positif pour l'adoption des techniques CES/DRS.

Le nombre de formations reçues, le crédit, le nombre d'hommes actifs du ménage, le niveau d'instruction du chef de ménage, l'âge, le sexe, l'activité secondaire, le fait d'être membre d'un GGF, la superficie totale des champs du ménage et la distance qui sépare la concession du ménage au parc sont les déterminants de l'engagement des riverains dans la conservation de la forêt.

Mots clés : déterminants, modèle logit, gestion durable.

Abstract

This study focus on determinants of sustainable forest management in the surrounding villages of the National Park of Kaboré Tambi (PNKT). The global objective is to predict farmer's willingness to engage in the conservation of the PNKT. Data from 160 households in four surrounding villages of the park are used to evaluate theoretical propositions.

Logistic regression is used to predict willingness to engage in individual trees plantation, investment in new technologies, monitoring and delimitation of the park.

The results show that few households are engaged in conservation practices. About 37.50% of households are engaged in the monitoring of the park; 30% of households are involved in the delimitation of the park; 28.5% of them planted trees this year and 18.5% had a positive investment in new technologies. Determinants of surrounding populations willingness to engage in conservation of the park are the number of training received, the credit, the number of households working, the membership of forest management organization, the education level, the age, the sex, the secondary activity, the farm size, the households size and the distance between the household location and the park.

Keywords : determinants, logit modèl, sustainable management.

INTRODUCTION

La lutte contre la dégradation de l'environnement constitue une préoccupation pour la communauté nationale et internationale. Du sommet de Stockholm en 1972 à celui de Johannesburg en 2002 en passant par celui de Rio en 1992, la dégradation de l'environnement était au centre des préoccupations. Il fallait définir des actions et politiques à mettre en place pour maîtriser ce problème. C'est à ces grands sommets mondiaux que sont fixées les grandes lignes d'action de gestion de la planète, des forêts et de responsabilisation des nations à la gestion de l'environnement. Cette lutte trouve ses fondements dans le lien qui existerait entre le développement durable et l'environnement. Le concept de développement durable a été confirmé en 1992 à la Conférence des Nations Unies pour l'environnement et le développement (CNUED).

Selon l'UICN (1996), il existe des liens étroits entre production agricole, démographie et protection de l'environnement. Pour la Banque mondiale (1993), il existe des convergences importantes entre une bonne croissance économique et un environnement sain et durable. Lazarev (1993) cité par Ngninguiri (1999) affirme qu'il n'y a pas de développement durable si celui-ci se fait au détriment de notre environnement. Plusieurs mesures ont donc été prises pour protéger l'environnement et les forêts en particulier.

Au Burkina Faso particulièrement, le gouvernement a eu à entreprendre depuis plusieurs décennies des mesures pour réduire les pertes continues de ses superficies boisées qui seraient passées de 15,42 millions en 1980 à 15,18 millions en 1983 et à 14,16 millions en 1992 (MECV, 2004). Ces mesures sont entre autres le classement et la protection de certains espaces du patrimoine forestier. Le domaine classé du Burkina couvre une superficie de 3815000 ha soit 14% du territoire national (MECV, 2004). Les zones protégées couvrent environ 25% du territoire national (Yelkouni, 2004).

Malgré ces mesures prises, le pays est encore confronté à une déforestation continue de ses zones protégées et classées. Les formes typiques de déforestation sont les défrichements pour la production agricole, les feux de brousse, le braconnage, et la pêche. En 1993, les champs de coton occupaient 18,62% de la forêt classée de Maro soit 10000 ha (UICN, 2004). Celle de Gonsé est en proie aux coupes frauduleuses de bois, de pâturage incontrôlé et des feux de brousse (Guissou, 2004). Le Parc National de Pô subit une exploitation illégale malgré l'interdiction officielle (Gbangou, 2005).

Ces différents constats ont conduit à cette étude qui utilise des méthodes quantitatives aussi bien au niveau des ménages que de la communauté locale pour tester les hypothèses des déterminants de l'engagement des populations riveraines dans un programme de conservation du Parc National de Pô. Les actions de protection et de conservation de l'environnement introduites ou existantes dans les villages riverains de ce parc sont : les foyers améliorés, les plantations d'arbres, la Régénération naturelle assistée (RNA), l'élevage intensif, les cordons pierreux, et le compostage (PNGT2, 2003, 2004). A ces actions, on ajoute celles concernant directement la forêt  que sont la surveillance et la délimitation du parc, la plantation privée d'arbres. Les plantations privées d'arbres permettent de satisfaire les besoins énergétiques par exemple sans avoir recours à la forêt. L'application de toutes ces actions n'est pas encore une réalité dans les villages riverains du parc. Les plantations d'arbres sont encore timides. L'adoption des foyers améliorés n'est pas encore effective dans de nombreux ménages et le programme nécessite encore de nombreux suivis (Besse et al. 1996).

L'objectif global de cette étude est d'étudier la prédisposition des ménages riverains du Parc national Kaboré Tambi à s'engager dans un programme de conservation des ressources forestières.

Les objectifs spécifiques sont :

Evaluer le niveau de connaissance des règles de gestion de la forêt dans les villages riverains;

Comparer l'engagement des populations riveraines de plusieurs villages dans la conservation du parc ;

Identifier les déterminants de l'engagement des ménages dans la conservation du parc.

Ces objectifs spécifiques sont fondés sur les hypothèses suivantes :

Hypothèse 1 : Les populations riveraines ignorent certaines règles de gestion de la forêt ;

Hypothèse 2 : Les populations riveraines s'engagent différemment dans la conservation du parc ;

Hypothèse 3 : Les caractéristiques socio-économiques des ménages et de la communauté sont les déterminants probables de l'engagement des riverains dans la conservation de la forêt.

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