WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

De nos références communes à nos différences culturelles

( Télécharger le fichier original )
par Emmanuelle DECREAU
IUT B de Tourcoing (Lille 3) - DUT Carrières Sociales option Animation Sociale et Socio-Culturelle 2008
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

QUATRIÈME PARTIE :

LES DIFFÉRENTS MODES
DE SOCIALISATION :

QUELLES PRISES EN COMPTE
DES DIFFÉRENCES CULTURELLES
SONT NÉCESSAIRES (OU POSSIBLES)
PAR LES INSTANCES DE SOCIALISATION ?

Les instances de socialisation permettent un apprentissage progressif du modèle culturel de la société dans laquelle l'individu vit et agit. Au travers du travail, de l'école, de la famille et des associations, les stratégies ayant pour but cet apprentissage sont toutes différentes.

I LE TRAVAIL :
la discrimination positive semble être l'axe privilégié des entreprises.

« Aujourd'hui, il ne fait aucun doute que ce soit par l'emploi que l'on s'intègre vraiment dans la vie sociale » affirme le sociologue Renaud Sainsaulieu dans son livre L'identité au travail (1977). Le travail aurait donc une fonction intégrative.

Selon Durkheim32(*), le rôle de la division du travail n'est pas en premier lieu d'augmenter le rendement du travail mais de rendre effectivement solidaire chacun des individus au sein de cette division, de faire lien, d'assurer l'unité du corps social. L'individu est inscrit dans une logique productive et lui donne le sentiment d'être utile. Par ailleurs, le travail permet d'apprendre la vie avec les autres, les contraintes, les conflits, la négociation. Enfin, être reconnu comme « actif » permet l'obtention de droits.

Contrairement à Durkhein, le sociologue Claude Dubar33(*) estime que le travail conserve de moins en moins sa fonction intégrative aujourd'hui, notamment à cause de la montée du chômage et la libéralisation de l'économie de ces dernières années. D'après des statistiques de l'Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) en 2005, la part des immigrés actifs au chômage est de 18 % alors que la part des non immigrés actifs au chômage est bien moindre, soit de 9 %.

Les emplois précaires généralisés, d'autre part, tendent à aller à l'encontre de l'épanouissement de l'individu dans son rapport au travail. Il s'avérerait, selon les mêmes statistiques de l'INSEE, que les immigrés actifs cumulent davantage les Contrats à Durée Déterminée que les non immigrés.

Les immigrés sans papiers, eux, vivent une toute autre réalité. Les seuls postes qu'ils peuvent occuper dans le monde du travail sont des postes non reconnus par le droit français, dit « au noir ».

Aujourd'hui, les politiques actuelles laissent donc entendre que le principe de discrimination positive pourrait être un atout en France comme aux États-Unis pour permettre l'accession du travail aux immigrés.

Matérialiser l'engagement des entreprises dans la lutte contre les discriminations, tel est l'objectif de la Charte de la diversité (cf. annexe 1 page 59). Créée en 2004 par Claude Bébéar, président du conseil de surveillance d'AXA et de Yazid Sabeg, patron de Communication & Systèmes, la charte se veut être un outil pour encourager les entreprises à refléter dans leur effectif les diverses composantes de la société française, et à faire de la non discrimination et de la diversité un axe stratégique. Lors de son lancement, le texte a suscité l'adhésion de 33 premiers signataires. Aujourd'hui, ils sont 1680.

En acte, la charte se traduit de différentes manières. Depuis janvier 2005, AXA France recrute ses commerciaux selon la méthode des  CV anonymes. Au même moment, la SNCF organisait des forums intitulés « Rendez-vous égalité et compétences » qui ont permis à 1000 personnes issues des quartiers populaires de trouver un emploi. Aujourd'hui, Regus recrute volontairement des candidats de différentes origines. Au siège, sur 60 salariés, 17 origines sont représentées. Chez FedEx, on comptabilise 51 nationalités au sein des 1 600 salariés du centre de tri de Roissy...

Malgré ces initiatives, il reste difficile d'évaluer le changement. Une enquête CSA-Halde, réalisée en janvier 2008 sur 603 personnes, donne les premiers résultats : dans les entreprises de plus de 5000 salariés où la charte n'a pas été signée, 31 % des salariés déclarent avoir été victimes d'au moins une discrimination à l'emploi alors que dans celles ayant signé la charte, ils ne sont plus que 17 %.

La Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) a été créée en mars 2005. L'institution recueille et traite les réclamations des personnes qui s'estiment victimes de discrimination. Plus de la moitié de ces réclamations concerne l'emploi.

En juin 2008, le ministère de l'immigration lance le label « Diversité ». Selon l'Association Nationale des Directeurs et Cadres de la fonction Personnel (ANDCP), à l'initiative du projet, le but est d'inciter les entreprises à développer leurs bonnes pratiques en matière de diversité, par l'obtention du label, placé sous l'égide du Ministère concerné.

Parallèlement à la discrimination positive, les associations tentent de former à l'interculturalité au quotidien, dans le monde de l'entreprise comme en dehors : autre forme de solution préconisée pour permettre l'accession des immigrés au travail. Le but est de permettre une réelle compréhension des différences culturelles et d'enrayer les préjugés. La formation interculturelle est donc tournée à la fois vers les chefs d'entreprises mais aussi vers les salariés, pour que chacun trouve au mieux sa place dans le monde du travail.

Pour les « spécialistes » de l'interculturalité, les formations interculturelles sont essentielles pour considérer que le travail est un lieu d'intégration. La discrimination positive en soit n'est pas une solution, elle n'est qu'un palliatif.

* 32 David Émile Durkheim ( 15 avril 1858, Épinal - 15 novembre 1917, Paris) est un sociologue français et l'un des fondateurs de la sociologie moderne.

* 33 Claude Dubar est un sociologue français, actuellement professeur de sociologie à l' UVSQ (Université de Versailles Saint-Quentin).

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams