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Paix et Education chez Kant. Esquisse d'une pédagogie de la paix

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par Fatié OUATTARA
Université de Ouagadougou - DEA 2007
  

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1. Les foyers de l'éducation à la paix

Milieux éducatifs, les foyers de l'éducation à la paix sont des cadres appropriés qui contribuent et qui doivent toujours contribuer à l'élaboration et à l'application de la pédagogie de la paix.

Chez Kant, l'éducation de l'homme est prise en compte par la famille et l'École au sein desquelles il reçoit respectivement des soins de toutes natures, de la discipline, de l'instruction et de la culture. Ce qui fait de l'homme à la fois nourrisson, élève et écolier. Ainsi dit, la famille et l'école sont les cadres de l'évolution et de la formation de l'homme pacifique. Pendant les différentes phases de l'évolution de l'homme, il est question de développer en lui les aptitudes de la compétition, de la coopération ou de l'échange avec ses semblables, de la création, de la solidarité et de la tolérance qui sont les éléments fondamentaux d'une paix vivante et durable à la fois constructive et porteuse de progrès vers le mieux. Pour ce faire, et à l'opposé des animaux qui n'ont pas besoin de soins, jamais des mêmes soins que nous (car leur nature serait déjà achevée par l'auteur des choses), Kant invite incessamment les parents à donner plus de soins à leurs enfants, à prendre les précautions nécessaires « pour que les enfants ne fasse un usage nuisible de leurs forces64(*) ».

1.1. La contribution de la famille à l'éducation à la paix

La famille, dit-on, est la première école de la vie. Elle est le cadre le plus approprié de l'éducation de façon générale et de l'éducation à la paix en particulier. Il ne s'agit pas de n'importe quelle famille, mais de la "bonne famille" composée de parents responsables et conscients de la valeur et de la complexité de la tâche qui leur est dévolue. Car l'éducation familiale est irremplaçable. C'est à elle d'apporter les premières nourritures de la paix à l'enfant. Nul doute que c'est dans la famille que l'enfant apprend déjà la vie en communauté, l'amour, la fraternité, la générosité, le langage, la discipline, la formation du caractère ou l'éveil de la personnalité. Tout ce qui le prépare en tant que composantes affectives, intellectuelles et actives "au vivre-ensemble ". Elle dispose donc de moyens, de méthodes très diversifiées, indispensables à cette éducation, à la formation de l'homme pacifique.

Puisque l'enfance est un moment décisif de l'humanité, il incombe aux parents d'enfants (encore innocents et ignorants) de dompter en eux l'animalité qui s'empare d'eux au moment de la formation de l'esprit critique, de l'éveil de la conscience pour la paix. La famille doit « avoir très tôt recours à la discipline, car s'il n'en est pas ainsi, il est par la suite très difficile de transformer l'homme : il suivra alors toutes ses caprices. (...). Si en sa jeunesse on laisse l'homme n'en faire qu'à sa volonté et que rien ne lui est opposé, il conserve durant sa vie entière une certaine sauvagerie 65(*) ». Autrement dit, le ridicule s'empare de certaines familles dans leurs tentatives de vouloir coûte que coûte couvrir leurs enfants d'une "excessive tendresse maternelle " si bien qu'on sait qu'ils rencontreront de la résistance, subiront des échecs quand ils s'engageront dans le " affaires du monde ".

Il est donc nécessaire de " polir leur rudesse ", de les assurer et de préparer leur autonomie de futur adulte. D'où la tâche de la famille n'est pas d'éduquer les enfants pour le seul état présent du monde mais aussi et surtout pour le futur. C'est en même temps se soucier du fait que enfants réussissent bien dans le monde 66(*) qu'ils ne détruiront pas par la faute de leur mauvais agir. Chaque parent doit prendre conscience de l'importance future de l'éducation à la paix pour l'enfant. Ils doivent donner l'exemple à leurs enfants : « Des parents, qui eux, ont même été éduqués, sont déjà des exemples, d'après lesquels les enfants se forment, et d'après lesquels ils se guident 67(*) ». Ce faisant, il ne faut pas toujours et forcement attendre quelque chose de pacifique d'un enfant qui a été éduqué par des parents eux-mêmes violents, qui n'ont jamais été cohérents et rigoureux envers eux-mêmes et à l'égard des valeurs sociales. C'est-à-dire qu'« une génération pourrait bien renverser ce qu'une autre aurait déjà construit 68(*) ».

Il n'est d'ailleurs pas étonnant d'assister à une crise de l'éducation parentale, pire au drame de la famille moderne qui manquerait de temps et de moyens matériels, culturels, intellectuels et sociaux pour bien éduquer ses enfants. La responsabilité est partagée à la fois par les parents et par la société elle-même qui doit offrir beaucoup d'opportunités pour le faire. Le divorce ou la séparation des parents ainsi que l'alcoolisme sont pour quelque chose dans cette ratée. D'où la nécessité d'une politique familiale nationale qui puisse corriger ces difficultés ; mais aussi un besoin de formation de ceux-ci : « l'école apporte là une contribution remarquable pour l'accès qu'elle rend possible à la pratique des méthodes éducatives modernes centrées sur le bien-être et l'épanouissement de l'enfant, fondements affectifs et intellectuels de ma mentalité de paix 69(*)».

Dans cette école pour adultes, les parents prendront conscience que l'éducation à la paix ne peut être assurée par des papas-poules, des pères qui pouponnent, des pères et mères célibataires qui sont toujours absents à la maison, qui ne s'intéressent pas trop ou peu à leurs enfants, qui n'échangent pas beaucoup avec eux.70(*) La famille moderne vecteur de paix est appelée à s'unir, à se souder ou à mûrir afin de pouvoir mieux conduire les enfants vers l'école qui prend le relais sans trop se substituer à elle, qui se donne pour vocation d'apporter des compléments ou des choses nouvelles. Elle pourrait même combler ce vide que pourrait laisser la famille désunie dans l'éducation des enfants. L'école réussirait-elle toujours à corriger ses échecs ou ses manques d'éducation dans le dédoublement de ses fonctions?

1.2. L'École dans l'éducation à la paix

De prime abord, il s'agit pour nous ici de montrer la contribution de l'école à l'éducation à la paix, dans la formation de l'esprit de paix à côté de la famille qu'elle épaule autrement.

Selon l'auteur du Projet de paix perpétuelle, l'école a pour rôle d'instruire, de former et de discipliner aussi les enfants.71(*) Elle doit jouer le rôle de substituant par rapport à la famille qui reste malheureusement défaillante pour les quelques raisons que nous avons évoquées. De ce fait il est demandé à l'école de participer à la préservation de la société et à la préparation des tout petits pour faire face au devenir et au changement. L'école est faite à la fois pour enseigner et pour éduquer ; elle est un agent de changement en même temps qu'elle est le moteur qui entraîne la société vers sa stabilité, sa re-construction et son développement durable. C'est fort de cela que l'auteur du Credo pédagogique, John Dewey, propose comme remède à la crise de l'éducation la transformation continue de l'école par la société et de la société par l'école ; car pour lui « l'éducation est la méthode fondamentale du progrès et de la reforme de la société 72(*) ».

Il est évident que dans ce contexte de violence grandissante, dans une société juste et dans un État républicain, l'école doit devenir davantage le lieu où on élève les défenses de la paix ; il ne doit pas devenir un outil d'oppression à la merci d'une classe sociale donnée, d'un groupe d'individus, d'une ethnie ou d'un parti politique dominant et dominateur. L'école, l'enseignant ou l'éducateur trahirait sa vocation si elle ruine l'humanité de l'homme. « S'il n'a pas cette préoccupation il ne remplit pas sa tâche. L'enseignant ne peut pas assister passivement à certains dérèglements (racisme, xénophobie, criminalité, drogue,...), il ne peut pas se laisser dire et faire n'importe quoi au nom d'une sacro-sainte neutralité 73(*) ». Ce devoir moral et pédagogique s'accomplit en terme de services rendus à sa nation et à l'humanité tout entière.

1.3. Le Service National pour le Développement (SND)

Le service militaire, obligé ou pas, est un cadre de regroupement de jeunes qui, durant une courte période, doivent servir leur nation. Il est un milieu éducatif puisqu'il obéit aux normes ou principes conformes aux valeurs qui s'imposent à tout bon citoyen. Partant de cela on peut dire que l'armée est aussi un milieu éducatif à la paix malgré le fait que c'est elle qui fait la guerre. Certes, elle n'a pas la même finalité que la famille et l'école, mais elle participe en sa façon au changement de comportements de ses inscrits qui seraient même influencés par elle. Comment remplit-elle ces fonctions de formation et d'épanouissement de la jeunesse?

· Puisqu'il regroupe des jeunes d'une même nation, il va de soi que le SND veille au respect du principe de l'égalité des inscrits ;

· Il doit toujours mûrir en efficacité dans la formation et l'insertion ou la re-insertion des jeunes dans la Cité de par l'éducation civique ou citoyenne qu'ils reçoivent;

· Il doit les familiarisant avec les valeurs de solidarité et d'humanisme, de tolérance et de paix, de compréhension et de partage.

· Le SND est « l'apprentissage par l'action concrète et quotidienne de la solidarité et de la coopération internationales 74(*) ».

Autrement dit, l'armée peut développer chez le jeune l'ouverture à autrui ou encore l'aptitude de l'homme pacifique : la discipline communautaire, la camaraderie, la solidarité, l'effort physique et intellectuel et la promotion de la personnalité.

1.4. Le cadre professionnel ou du travail

Grand milieu de l'éducation continue des adultes, et aussi de la jeunesse, le cadre professionnel ou du travail est un milieu de haute compétition, de rude concurrence à la recherche de l'excellence, de la qualité, et par-delà toute recherche de tout gain, il est le cadre de coopération entre les travailleurs en vue d'assainir ou de pacifier la relation de travail.

Il faut d'avance préparer le jeune à entrer dans ce milieu (oü il devra mieux se sentir) en évaluer ses goûts et ses aptitudes en fonction de ses résultats scolaires, ses facultés de compréhension et d'adaptation, sa volonté et sa ténacité. C'est aussi faire une cure psychologique et morale aux jeunes afin d'éviter tout désintéressement et le non dévouement pour la fonction qu'il doit exercer.

La formation continue est pour cela indispensable si elle est faite dans le respect de l'égalité des chances et dans le but de réduire les injustices et les inégalités de fait et du genre. C'est pour pourquoi l'application d'une bonne politique de l'emploi pour la jeunesse est plus qu'un impératif. Car au sortir des classes ou de l'amphithéâtre, « le départ (du jeune) dans la vie professionnelle ne doit pas être ratée si l'on veut lui faire acquérir confiance en soi, équilibre intellectuel et affectif, personnalité affirmée, sociabilité, toutes conditions nécessaires à l'avènement de l'homme pacifique 75(*) ».

En revanche, l'exacerbation des injustices, le déferlement horrible de conflits de travail doit toujours donner lieu à une prise en charge réelle de la part des services administratifs qui gèrent le contentieux, de la part des services de gestion des ressources humaines.

1.5. Les organisations de la société civile

Véritables écoles de responsabilité et de solidarité, les associations libres, les syndicats, les instituts de la jeunesse et d'éducation populaire participent pleinement à la formation des jeunes à la non-violence, à la prévention et à la résolution des conflits, bref à l'éducation à la paix. C'est par exemple le cas, en France, de certaines associations d'anciens combattants et de victimes de guerre qui, « pour avoir vécu la guerre et ses souffrances, (...) savent, d'une part qu'il faut conserver précieusement le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour que nous puissions vivre libres et indépendants, d'autre part, qu'il faut travailler sans relâche pour la paix dont ils connaissent le prix estimable. Ils sont ainsi porteurs d'un message de vigilance à l'adresse des jeunes générations 76(*) ».

Chacune de ces associations et organisations non gouvernementales doivent travailler davantage avec la jeunesse, leur donner l'exemple, les regrouper, les former à la prévention, l'analyse et la résolution des conflits dont les causes et les conséquences sont à connaître de tous.

2. Les disciplines pouvant être concernées par l'éducation à la paix

· La formation de l'esprit critique.

La formation de l'esprit critique chez le jeune consiste à l'amener à pouvoir petit à petit se servir de sa raison, lui apporter les Lumières qui lui permettent de juger personnellement et en toute objectivité les paroles, les gestes et les actes de ses camarades. Pour le penseur du criticisme « on doit cultiver la mémoire de bonne heure, tout en cultivant en même temps l'entendement 77(*) » : « se servir de son entendement ».

Indépendamment de toute influence extérieure, l'enfant pourra apercevoir les contradictions et les incertitudes des discours mensongers des fossoyeurs de la paix. Il pourra aussi percevoir par lui-même certaines causes de conflits, les analyser en connaissance de leurs conséquences. Selon cet autre impératif kantien favorable à la paix, chaque enfant « doit aussi apprendre à distinguer le savoir de la simple opinion et de la croyance. On formera ainsi un entendement juste et aussi un goût non pas fin ou délicat, mais juste. Le goût doit être d'abord goût des sens, et notamment des yeux, mais ensuite goût des Idées 78(*) ». « La formation de l'esprit critique permet de se méfier de toute opinion, de tout préjugé ou de toute croyance aveugle spontanée ou inculquée 79(*) ».

· Développer l'activité créatrice de l'enfant.

« Chercher à lier peu à peu le savoir et les capacités 80(*)» dans la formation de l'enfant, voilà une des recommandations de Kant à l'endroit de l'école que nous faisons sienne pour parler du développement des aptitudes créatrices de l'enfant comme finalité de l'éducation pour une existence pacifique durable. Kant n'a pas tort de dire que « l'enfant ignore le sens moral de l'existence 81(*) » et qu'il faut le lui faire entendre et savoir grâce à l'école et la famille qui développent en lui « les principes de la prudence, qui consiste à savoir user avec sagesse des bénéfices que procurent les rapports sociaux 82(*) ».

L'éducation du corps et de l'intellect se réuniront et s'intégreront au sein de l'éducation pratique qui moralise l'enfant. Et c'est le travail qui prépare déjà chaque enfant à la réceptivité de la morale humaine. A l'école l'enfant s'habitue au travail qui le contraint et le soumet à une obéissance passive qui a pour résultat l'activité (créatrice) de l'enfant qui y acquiert une autonomie. On lui apprend aussi à mener des activités artistiques telles que la peinture, le chant, la musique, la poésie ;  l'enfant apprend à  « dessiner et à modeler 83(*) ». La création est une finalité de la paix. Il faut donc donner à l'enfant « tout ce qui peut (le) valoriser, lui donner confiance, faire naître un sentiment de joie après l'effort, doit être utilisé pour procurer la paix intérieure, gage de rapports harmonieux avec les autres »84(*). Il est impératif de ne pas supprimer les espaces vitaux indispensables à son épanouissement et à sa création.

· L'éducation physique et sportive.

Education physique, du corps ou la gymnastique « se rapporte ou bien à l'usage du mouvement volontaire, ou bien à l'usage des organes de sens 85(*) ». Elle commence avec la spontanéité de l'enfant, lorsqu'il commence à se lever, à jouer, à courir, à lutter, à disputer une course, à grimper, à sauter, à porter, à lancer, à lancer vers un but. Cela recommande à l'enfant de la force, du courage, de la sûreté, de la vitesse et un dépassement de soi. Il faut habituer l'enfant aux jeux qui allient mouvement volontaire et mouvement des organes de sens : « le jeu de ballon est l'un des meilleurs jeux d'enfants, parce qu'il s'y joint la course qui est très saine 86(*)».

En substance, l'éducation physique et le sport en général sont nécessaires dans la formation de l'homme de paix. Elle participe à l'équilibre du corps et de l'esprit : l'enfant apprend dans le sport et le jeu la complémentarité, la communication, la coopération, la compétition au sein du groupe dont il a besoin pour progresser, évoluer ou gagner des choses. Dans le sport, l'enfant apprend à se connaître et à connaître son alter ego en présence duquel il découvre son identité, affirme sa personnalité, même difficilement. « La compétition n'est pas une valeur négative en soi. Elle permet à l'enfant de se connaître en s'affrontant à ses camarades, de découvrir ses limites et ses capacités tout en tenant compte des autres, en reconnaissant leurs propres capacités et leurs limites. (...). L'éducation physique et sportive, bien pratiquée, avec mesure et adaptabilité aux capacités de chacun, apporte la paix intérieure et en même temps un bon apprentissage de la paix extérieure 87(*) ».

Jean Laurain est ici kantien puisqu'il reconnaît après lui la valeur positive du sport, du jeu par lequel l'enfant « apprend ainsi peu à peu à s'imposer d'autres privations et de plus considérables 88(*) ». C'est ce que nous appelons aujourd'hui le fair-play ou principe privatif que le joueur s'impose au détriment de la violence contre son adversaire sur le rectangle vert. Il est devenu monnaie courante aujourd'hui que forces loyalistes et rebelles disputent une partie de foot-ball pour signifier que la guerre est finie, qu'ils ont ainsi e » enterrer la hache de guerre afin de repartir sur de nouvelles bases ; pour la paix et l'unité de leur patrie.

· L'apprentissage des langues.

Selon Kant, l'apprentissage des langues est capital si nous voulons cultiver la mémoire des enfants après qu'ils aient appris la rétention des noms dans les récits, la lecture et l'écriture. « Les enfants doivent être initiés (aux langues) d'abord en les entendant, avant d'en venir à en lire quelque chose »89(*) ; autrement dit, « il lier le savoir et la parole (facilité d'élocution, art de bien dire et éloquence)90(*) ». Il faut précisément lier l'acte éducatif en tant que transmission de savoir, à la parole, au langage ou à la langue, parce qu' « on n'éduque, --selon Jean-Pierre Audureau--par la parole, qu'un être en qui on présuppose la parole et pour lequel on vise la maîtrise de cette même parole. Le langage se montre ainsi comme fin mais aussi principe et encore milieu de l'éducation91(*) ».

Cet apprentissage des langues nationales et étrangères est aussi essentiel pour la culture de la paix dans le monde au regard du fait que les mots ont un pouvoir à rechercher dans les mots eux-mêmes. Leur connaissance et leur usage sont très importants dans l'éducation à la paix mondiale. Il faut donc multiplier les échanges scolaires et la coopération universitaire sur la base linguistique.

· L'éducation au droit et aux droits de l'homme.

L'éducation à la paix de la jeunesse et des adultes sous-entend un minimum de connaissances des systèmes juridiques et des institutions étatiques ou des règles qui gouvernent la Cité. Ces connaissances devront leur permettre de mieux organiser leur « vivre-ensemble », de s'orienter toujours vers un même idéal, d'anticiper sur le comportement violent et malveillant d'autrui, de prévoir, de mesurer la portée et les conséquences de ses propres agissements sur la vie en commun. D'où une culture du sens civique, une familiarisation avec le Droit : une connaissance de ses droits et devoirs de citoyen libre et de leurs limites par rapport aux droits du voisin. Telle est la vocation de l'éducation civique internée chez Kant dans l'éducation publique qui « possède les avantages les plus flagrants ; on y apprend à mesurer ses forces et la limitation qui résulte du droit d'autrui. (...) Elle donne la meilleure image (Vorbild) du futur citoyen »92(*) toujours amoureux de la paix et de la stabilité.

En effet, l'éducation aux droits de l'homme définit un sujet majeur du débat politique, qui permet de juger de ce qui est ou pas conforme aux principes fondamentaux de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (DUDH), fondement moral de la pédagogie de paix sous la bannière de l'enfant de Königsberg. Subdivisés en droits civils, droits politiques et en droits sociaux, les droits de l'homme se reposent sur le seul et unique principe de la valorisation ou du respect inconditionnel de la personne humaine. C'est dans ce souci que l'UNESCO a mis en place un système global d'éducation et de formation à la paix, aux droits de l'homme et à la démocratie, à la compréhension internationale et à la tolérance qui embrasse l'éducation formelle et informelle. La question est de savoir à présent comment les droits humains s'apprennent et se manifestent dans l'État républicain.

Les droits civils reposent sur les libertés individuelles que l'État garantit à tout citoyen, dont il doit disposer dans le strict respect du principe de l'égalité qui lui confère toute sa valeur. Kant lie la liberté à l'action qui a pour finalité le mode d'existence de l'individu dans sa communauté politique d'origine de telle sorte que l'homme, le citoyen libre et pacifique est celui qui vit sa vie au milieu des siens en agissant toujours selon les impératifs kantiens. Il acquiert par la même occasion des droits politiques.

Les droits politiques donnent à l'individu-citoyen le pouvoir de participer à l'élaboration de la Volonté Générale, à la gestion de la res publica, après avoir pris connaissance de rouages des institutions de son État, sans avoir subit au préalable une pression quelconque.

Quant aux droits sociaux, ils limitent le pouvoir de l'État en exigeant de lui des prestations telles que le droit au travail, à l'éducation, au logement, à la santé, à la reconnaissance et à l'appartenance sociale. Toutes choses qui concourent à éviter les coups de force, les rebellions ou les frustrations dues aux injustices dans la Cité. Là où tous ces droits sont respectés au plus possible des cas, les citoyens sont très créatifs, très actifs, très compétitifs et très solidaires ; ils défendent mieux la patrie qui leur a tout donné et à la vie de laquelle ils participent d'égal à égal. Toutes ces dispositions doivent se faire valoir à l'école où on forme la jeunesse à devenir de Bons citoyens ou des Patriotes.

Cette question du civisme à l'école et dans toute société a conduit Jean Laurain à soutenir que l'éducation doit faire savoir aux jeunes les conditions dans lesquelles leur patrie des droits de l'homme a été progressivement construite et à quel prix. « Non seulement (l'esprit de défense de la Nation) est compatible avec la recherche de la paix mais il est une composante nécessaire d'une nation pacifique à l'égal de la force intérieure chez l'homme pacifique. Il est donc vital que dans les milieux éducatifs, en particulier à l'école, au lycée et à l'université, dans le cadre de l'éducation civique (...), on apprenne à l'élève et à l'étudiant la finalité de la défense du territoire (national), ou, à l'extérieur de ce territoire, d'une défense des droits de l'homme dans le monde »93(*). Elle est aussi une composante essentielle dans l'enseignement de l'histoire dans sa globalité.

· L'enseignement de l'histoire.

Il s'agit là d'une modeste contribution à la défense de la cause de l'enseignement de l'histoire vraie dans le cadre de la culture de la paix, consistant à penser la relation de l'homme à son histoire, au monde et à la violence. L'objectif étant de savoir si l'humanité « progresse constamment vers le mieux », si « l'espèce humaine est ou bien en continuelle régression vers le pire, ou bien en progression constante vers le mieux quant à sa destination morale, ou bien en éternelle stagnation au degré pressant de sa valeur morale parmi les membres de la création »94(*).

En effet, l'enseignement de l'histoire nationale vraie permet au jeune de connaître l'histoire de son pays dès l'âge tendre et celle d'autres peuples à un âge avancé. Il est question de lui « montrer comment les hommes, au prix de multiples efforts, à travers les civilisations disparues ou existantes ont pris progressivement conscience de leur identité d'origine et de leur destinée, comment se sont dégagées lentement mais sûrement les valeurs éternelles et universelles qui constituent aujourd'hui la conscience de l'humanité et appartiennent au patrimoine commun, quelle que soit la nationalité, la race, la religion, les opinions philosophiques, le sexe, les êtres humains »95(*).

Autrement dit, il s'agit de montrer à la jeunesse la succession des évènements historiques dans le temps et dans l'espace ; leur montrer si oui ou non les droits de l'homme ont été ou sont bafoués depuis l'époque jusqu'à nous, et par quel concours de circonstances les hommes et les peuples sont parvenus à prendre les armes. Il faut donc éviter de masquer ou de falsifier l'histoire des peuples pour des intérêts partisans. Il est important également de faire savoir aux élèves que l'histoire de l'humanité n'a été seulement celle des guerres, des déportations ou des génocides ; mais que des oeuvres de paix l'ont jalonnée au prix du courage, d'héroïsme et d'intelligence de la part d'hommes de paix, afin qu'ils sachent que la paix dont on leur parle est possible, que la guerre n'est pas une fatalité en soi.

· L'enseignement de la philosophie et de l'éthique.

« Toute personne sérieuse réfléchit beaucoup, ou en tout cas consacre beaucoup de temps, aux questions concernant l'enseignement supérieure, secondaire et élémentaire, l'éducation destinée aux enfants, aux adolescents et aux adultes, aux nations barbares et civilisées, aux citoyens d'États de toutes sortes... »96(*), écrivait E. Weil au sujet de l'éducation, problème de tous les temps. Le philosophe est l'un de ces personnes sérieuses puisqu'il réfléchit à la question de l'éducation à travers la philosophie de l'éducation. Le philosophe-éducateur à la paix est aussi sérieux qu'on ne l'aurait pensé.

Amour de la sagesse, de la vertu, la philosophie est selon le mot de Pierre Hadot un « genre de vie », une façon d'être, de se connaître, de se comporter, déterminée par le désir de la connaissance vraie qui ne s'acquiert pas sur le mode de l'avoir, mais sur celui de l'être, d'une science qui transformerait celui qui la possède afin de lui permettre d'accéder à une grande perfection de soi. « Sculpteur d'hommes», le philosophe étudie le comportement et la vie des hommes en société ; il est cet éducateur qui a pour mission d' « ensemencer » les esprits afin de les rendre vertueux en leur faisant faire l'expérience du Bien.

En effet, user de philosophie pour éduquer à la paix, c'est appeler la jeunesse par la voix de Kant, à une prise de conscience, à une conception pacifique et idéaliste du monde et à une ouverture à l'Autre. Contrairement à l'insensé qui ignore qu'il ignore, le philosophe sait qu'il ne sait pas, qu'il ne sait pas tout ce qu'il sait et tout ce qu'il dit : il cherche toujours à sortir de l'ignorance qui est la principale cause du Mal dont souffrent les hommes et qui les divise.

La philosophie a ici un grand rôle à jouer, pour souder ou re-souder les relations humaines, citoyennes en vue d'un « mieux-vivre » car, n'étant « pas une oeuvre quelconque, elle se caractérise par son aspiration consciente à l'universalité, sa volonté de transcender les barrières historiques et géographiques entre les hommes. L'individu, quand il s'exprime en philosophie, veut être entendu, compris, par tous les individus, tous les hommes sans distinction »97(*).

Éduquer à la paix à travers la philosophie revient aussi à enseigner l'éthique98(*), à l'école et au lieu de travail à des hommes ou peuples qui vivent la guerre au quotidien. La réflexion éthique suppose que nous nous interrogeons sur le sens de nos propres actions de sorte à éviter de porter atteinte aux droits des autres. Un enseignement de l'éthique dans nos écoles et universités consistera à faire connaître davantage les valeurs humaines et les principes éthiques devant régir la conduite des hommes dans le respect et la valorisation de la vie et dans l'accomplissement de nos tâches respectives.

L'homme n'a dorénavant plus de droit d'ôter sa vie et celle de son voisin, de violer la dignité humaine et les droits humains. (Kant condamnera le suicide dans toutes ses formes). Ainsi pour l'auteur de la Métaphysique des moeurs, « l'homme ne peut aliéner sa personnalité aussi longtemps qu'il est question pour lui de devoirs, par conséquent, aussi longtemps qu'il vit, et ce serait une contradiction pour lui que d'être autorisé à se délivrer de toute obligation, c'est-à-dire d'agir librement que s'il n'avait besoin pour agir ainsi d'aucune autorisation »99(*).

Aussi, en tournant l'éducation à la paix vers l'avenir de la vie, nous tournons ainsi les principes éthiques vers l'avenir en ayant un oeil sur le présent. Conscience du temps, conscience dans l'avenir. L'exemple d'éthique d'avenir, plus concise après Kant, est l'éthique de la responsabilité de Hans Jonas qui stipule : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur la terre »100(*).

Bonne pour une prise de conscience de l'homme du fait que la technoscience a un pouvoir destructif sur la vie des êtres et de l'homme en général, l'éthique de la responsabilité nous invite à tenir toujours compte des « effets ultimes » de notre agir actuel tout en définissant le type de « savoir des valeurs » dont la promotion présage déjà un avenir radieux. Nous devons donc lutter constamment contre le mauvais principe jusqu'à ce que triomphe le bon principe qui nous conduise au bien, à la paix, puisque nous aurions pris conscience de l'existence du mal. Nous devons nous convaincre aussi que c'est dans « la continuité du progrès du mal au bien et dans la persistance infinie de l'effort »101(*) que réside notre devoir éthique.

3. Suggestions et recommandations

L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

Acte constitutif de l'UNESCO et la

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, article 26, alinéa 2.

Certes, il n'y a jamais d'oeuvre humaine parfaite, sinon venant des mains du Créateur. Cela ne saurait non plus signifier que nous ne devons jamais rechercher la perfection de l'oeuvre humaine, ou du moins que nous ne devons pas prétendre à un minimum de perfection, d'excellence et de qualité dans nos oeuvres quotidiennes. C'est à force de travail, de réflexion, de courage et d'abnégation que nous pouvons oser la perfection de l'oeuvre humaine. Nous devons de ce fait les remettre souvent en cause, non pas les rejeter mais les soumettre à l'exigence de l'esprit critique rénovateur, de façon à corriger les erreurs, lacunes et exagérations.

Cette entreprise demande dans notre cas précis que chaque citoyen (gouvernants et gouvernés), éducateurs ou formateurs, parents et enfants participent par des efforts, suggestions et recommandations à assurer un meilleur devenir de l'éducation à la paix. Celles que nous faisons à présent n'ont d'autres buts que cela, même si certaines conditions sont remplies ailleurs. Dans cette optique,

· les responsables politiques, gouvernementaux, les ministères des Enseignements ou de l'Éducation nationale ne doivent pas rester en marge de la politique globale de l'éducation et de la formation, c'est-à-dire au maintien et au développement d'une paix juste, à l'instauration d'une justice sociale, au respect et à l'application des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à l'élimination des préjugés, à la démocratie, à la compréhension internationale et à la tolérance ;

· les autorités responsables de l'Éducation nationale, les enseignants, les élèves et les étudiants doivent ensemble innover, réexaminer périodiquement les moyens qui permettent d'améliorer la qualité de l'enseignement postsecondaire et universitaire, qui permet d'atteindre les objectifs du millénaire pour la paix. C'est-à-dire promouvoir la reforme de l'éducation en général, et en particulier celle de l'éducation à vocation internationale ;

· Les autorités responsables de l'Éducation nationale ainsi que les éducateurs doivent s'encourager à donner à l'éducation un contenu interdisciplinaire axé sur des questions concrètes, tout en faisant des recherches et des expériences suffisantes. Ils doivent ;

· Susciter et soutenir la recherche sur les sujets majeurs de l'humanité, avec l'aide ou le concours des universités, des organismes et centres de recherche, des écoles normales, des centres de formation pour l'éducation des adultes ainsi que les organisations non gouvernementales reconnues compétentes ;

· Améliorer la formation des éducateurs, en leur donnant plus de motivation, de l'expérience ou des échanges bilatéraux, des stages ou cours de perfectionnement (à l'étranger surtout) qui faciliteront et crédibiliseront leur participation à l'élaboration des programmes d'éducation à vocation internationale ;

· Mettre les moyens financiers et matériels (bibliothèques, espaces théâtraux, musées, presse audio-visuelle, etc.) à la disposition de l'éducation tout en restant très attentif aux situations délicates comme l'inégalité patente en matière de chances d'accès à l'éducation ;

· Construire ou créer des centres culturels, des clubs ou maisons de jeunes et de la cultures, des centres communautaires, des syndicats, des festivals de jeunes, des manifestations sportives, des colonies ou contacts avec les visiteurs étrangers, (élèves, étudiants ou immigrés) :

· « (...), renforcer leurs ( les pays membres) programmes d'accueil d'étudiants, de chercheurs, d'enseignants et d'éducateurs étrangers appartenant à des organisations de travailleurs et à des associations d'éducation des adultes ; développer les visites réciproques d'écoliers et les échanges d'étudiants et d'enseignants ; étendre et intensifier les échanges d'informations sur les cultures et les modes de vie ; faire traduire ou adopter et diffuser l'information et les suggestions venant d'autres pays »102(*) ;

· Favoriser ou faciliter la création et le développement d'associations d'étudiants et d'enseignants pour les Nations Unies, les clubs de relations internationales et les Clubs UNESCO, qui mettent au coeur de leurs préoccupations l'éducation à vocation internationale ;

· Faire toujours en sorte que l'éducation à vocation internationale se repose sur des fondements psychologiques et sociologiques solides ;

· Favoriser l'adoption de mesures appropriées pour débarrasser, purger, bannir, soustraire des matériels ou manuels scolaires de tous les éléments susceptibles de susciter l'incompréhension, l'agressivité, l'intolérance, la haine, la méfiance, les réactions de racisme et de xénophobie à l'endroit de l'étranger et des autres groupes et peuples du monde103(*) 

· Il faut toujours préparer les parents à leur rôle dans l'éducation préscolaire. La famille devant être conçue et organisée comme un milieu ayant sa valeur et sa réalité propre ;

· Introduire dans l'enseignement primaire, secondaire et universitaire des activités de formation et d'apprentissage civique, pour que l'élève ne soit pas seulement citoyen de son État, mais aussi et surtout bon citoyen du monde ;

· Élaborer dans la ou les langue(s) nationale(s) et/ou d'enseignement national des documents, des livres de classe qui illustrent les problèmes majeurs de l'humanité, de préférence les conflits et les guerres ;

· Favoriser l'inadmissibilité de l'emploi de la science et de la technique à des fins de guerre ; mais

· Encourager l'utilisation de la science et de la technique pour la paix et le progrès.

Toutes ces propositions ont pour ambition d'inciter les membres de gouvernement, les responsables de l'enseignement, les enseignants, les élèves et les parents d'élèves, les partenaires physiques et financiers, les Chefs d'État de chaque pays intéressé par ces questions d'intérêt général, à donner toujours leur consentement pour une pédagogie « dénationalisée », « dechauvinisée » ou débarrassée de tout stéréotype, de tout complexe de l'homme à l'égard d'un autre que lui. Ce qui coïncide avec l'affirmation d'une raison publique universelle qui nous « égalise », qui met chacun à la place qu'il lui faut, à la place qu'il mérite dans laquelle il joue le rôle qui lui est dévolu en tant que citoyen libre et autonome, vivant et partageant dans une démocratie constitutionnelle bien organisée.

* 64 Réflexions sur l'éducation, p.93.

* 65 Réflexions sur l'éducation, pp.96-97.

* 66 Réflexions sur l'éducation, p.45.

* 67 Réflexions sur l'éducation, p.107.

* 68Idem .

* 69 Jean Laurain, p.264.

* 70 Lire à ce propos François Dolto, La cause des enfants, p.369.

* 71 Réflexions sur l'éducation, p.93.

* 72 Démocratie et Education, trad., Gérard Deladalle, Armand Colin Editeur, Paris, 1990, p.05.

* 73 Jean Laurain, p.274.

* 74 Jean Laurain, p.302.

* 75 Jean Laurain, « la profession », p.304.

* 76 Jean Laurain, p.313.

* 77 Réflexions sur l'éducation, p.154.

* 78 Réflexions sur l'éducation, pp.155-156.

* 79 Jean Laurain, p.282.

* 80 Réflexions sur l'éducation, p.155.

* 81 Réflexions sur l'éducation, p.79.

* 82Ibid.,

* 83Réflexions sur l'éducation, p.154.

* 84Jean Laurain, p.283.

* 85Réflexions sur l'éducation, pp.141-142.

* 86 Réflexions sur l'éducation, p.142.

* 87Jean Laurain, p.287.

* 88 Réflexions sur l'éducation, p.144.

* 89 Réflexions sur l'éducation, p.157.

* 90 Réflexions sur l'éducation, p.155.

* 91 « Langage et éducation », in Éducation et philosophie, p.63.

* 92Réflexions sur l'éducation, p.119.

* 93 Jean Laurain, p.291.

Lire « La défense au service de la paix », Koichira Matsura, UNESCO, 27/09/04.

* 94 Kant, « Conflit des facultés », OEuvres philosophiques, Paris, Gallimard, 1986, p.890.

* 95 Jean Laurain, p.294.

* 96 Eric Weil, Philosophie et Réalité, 1982, p.197.

* 97 Mahamadé Savadogo, Philosophie et Histoire, Paris, L'Harmattan, 2003, p.237.

* 98 Lire à cet effet « Éthique et enseignement universitaire en Afrique. État des lieux et défis épistémologiques » de Lucien Ayissi (Université de Yahoundé) in Le Cahier philosophique d'Afrique dirigé par Mahamadé Savadogo (Université de Ouagadougou) Année 2006, n°004, pp.113-133.

* 99Kant, Métaphysique des moeurs II. Doctrine du droit. Doctrine de la vertu, trad. D'Alain Renaut, Paris, GF Flammarion, 1994, p.299.

* 100 Le Principe responsabilité, trad. Jean Greisch, Paris, Champs-Flammarion, 1995, p.40.

* 101 Mai Lequan, « une éthique combattante : la vertu comme courage » in La philosophie morale de Kant, Paris, seuil, 2001, pp.52-53.

* 102 Recommandation sur l'éducation pour la compréhension, la coopération et la paix internationales et l'éducation relative aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en sa dix-huitième session, le 19 novembre 1974. Voir site web : http : www.unhchr.ch/html/menu3/b/77 fr.html.

* 103 Voir la proposition d'innovation que Jean Rostand (1894-19977) a faite au Ministère de l'éducation nationale de France pour la culture de la paix dans Paix sur la Terre. Anthologie de la paix, UNESCO, Paris, 1980, p.205.

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