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Paix et Education chez Kant. Esquisse d'une pédagogie de la paix

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par Fatié OUATTARA
Université de Ouagadougou - DEA 2007
  

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Chapitre III :

FOYERS ET DISCIPLINES DE L'ÉDUCATION À LA PAIX

Introduction partielle : L'École et la Violence.

Le but de la présente réflexion n'est pas de dire que la violence, la guerre et l'école sont intimement liées, qu'elles sont inséparables ou indissociables, mais de dire que chacun a des répercutions sur l'autre, ou bien influence l'autre. Le plus souvent l'école est la victime potentielle des effets néfastes de la guerre. La violence sévit de plus en plus à l'école de sorte que l'école serait devenue un lieu de préparation à la guerre, un lieu de germination et de culture de la violence à travers les ans et les contrées du monde. Que faire ? Peut-on pacifier la vie à l'école ? Prévenir et gérer la violence à l'école de façon à offrir un cadre adéquat d'enseignement et de formation de l'homme de paix de demain, tel est le défi majeur à relever par l'éducation à la paix à travers l'école.

Dans ce contexte de globalisation ou de mondialisation du mal de guerre, de mépris social, de rejet d'un autre que soi, l'école a un grand rôle à jouer. La question de la violence ou de la guerre auprès des élèves, pourtant saturés d'images ou de représentations horribles de conflits armés, ne doit plus rester un sujet tabou : personne n'a intérêt aujourd'hui à rester réticent face à la banalisation de la violence en milieu scolaire. « En choisissant le mutisme, encouragé par l'institution par crainte de débordements, l'école court le risque de ne pas livrer les clés indispensables pour décrisper le monde contemporain. Derrière la question de la Guerre, se dessine la question essentielle de notre rapport à l'Autre, quand cet autre est à la fois si proche et si lointain 60(*) ».

En effet, l'école dans son acceptation kantienne est le lieu de dressage de l'homme ; sa vocation est de dégager dans la spontanéité des désirs, du penchant au Mal, le temps d'une réflexion dans le respect de l'ordre établi. C'est pourquoi il ne faut pas voir dans la discipline à l'école rien qu'un esclavage, mais surtout un moyen efficace qui produit « une pensée qui prend le temps de devenir une pensée », et qui favorise l'accès à l'autonomie. L'ordre impersonnel de l'institution scolaire cherche toujours à dissiper la violence en l'enfant et à l'école pour que la liberté, l'égalité et l'humanité s'épanouissent.

Paradoxalement on se rend compte très rapidement que l'école est prise en otage par la violence, pire par la guerre. La manifestation de certains problèmes psychologiques, affectifs et comportementalistes, etc, dès la petite enfance dégénèrent peu à peu en forme d'agressivité plus graves avant même l'entrée des jeunes dans la catégorie (des 16-17 ans) nommée « cheminement de développement persistant tout au long de la vie » où ils commettent les actes violents les plus graves qui persistent jusqu'à l'âge adulte. L'école est en substance le lieu qui voit se perpétuer de tels actes d'une extrême gravité pour la vie humaine qu'il faut déjà apprendre à protéger, à sauvegarder dès le jeune âge.

Dans la logique de la culture de la paix à l'école, de la promotion d'une éducation fondée sur des principes d'une éducation non-violente et de tolérance, l'objectif est que les enfants reçoivent dès leur enfance une éducation portant sur des valeurs, des attitudes et des comportements, un mode de vie, de vivre-ensemble qui leur permettent de prévenir et de gérer de manière pacifique les différends qui les opposent, dans un esprit de respect, de dignité humaine et de non-discrimination.

C'est dans cette optique que l'UNESCO publie en 2001 le recueil de « bonnes pratiques de résolution non violente des conflits en milieu scolaire » dont l'ambition est d'informer les enseignants, les formateurs, les éducateurs, les parents, les jeunes, les élèves qui sont confrontés au problème de la violence à l'école ou au sein des communautés éducatives non formelles. La bonne intention est aussi de proposer à l'ensemble des acteurs des outils pédagogiques concrets pour prévenir et transformer la violence à l'école.61(*) Car la violence à l'école prépare prématurément et dangereusement les élèves à devenir des enfants soldats, des mercenaires, des bourreaux en puissance. Il faut donc empêcher que l'armée devienne le prolongement de l'école. Il faut pour ce faire éduquer à la paix à l'école. Certains pourraient qualifier ce projet aussi noble de paradoxal, car pour eux il ne servirait à rien d'enseigner la paix puisque les enfants savent déjà ce que signifie la paix. Ce qui est d'autant plus flou que rassurant.

En vérité les enfants ont une idée concrète de la guerre et des idées vagues de la paix qui serait simplement pour eux le contraire de la guerre et vice-versa. La paix s'apparente souvent à la passivité, à la faiblesse et à l'ennui. Les élèves n'ont souvent qu'une compréhension limitée des solutions pacifiques et restent impuissants face au futur : ils ne croient pas ou croient faiblement à la paix durable. En présence même de l'escalade de la violence dans les classes, les écoles et les communautés, la paix leur échappe.

Pour cela la paix doit être concrétisée et présentée aux élèves comme quelque chose de palpable, de très précieux, de valable qu'il faille apprendre en apprenant à la travailler pour qu'elle s'installe sûrement et lentement dans nos sociétés. C'est dans ce sens qu'on peut dire que pour que les sociétés connaissent la paix, pour que les hommes deviennent meilleurs, il faut que la pédagogie « devienne une étude ; car autrement il n'en faut rien attendre et un homme que son éducation a gâté sera le maître d'un autre. Il faut dans l'art de l'éducation transformer le mécanisme en science sinon elle ne sera jamais un effort cohérent, et une génération pourrait bien renverser ce qu'une autre aurait déjà construite 62(*) ». Il y a aussi là un danger à éviter par la réflexion dans les foyers de l'éducation et sur les moyens pédagogiques.

Sans pour autant minimiser la violence à l'école, il y a lieu d'ajouter que la violence armée perturbe considérablement le fonctionnement des systèmes éducatifs, que la guerre prend souvent d'assaut le cadre scolaire dans certaines contrées du monde. L'exemple israélo-palestinien nous instruit à, plus d'un titre. En effet, dans l'article intitulé «  L'École dans la Guerre, la Guerre à l'École : la question scolaire en Israël/ Palestine », la Fédération des syndicats SUD Education nous renseigne que le déclenchement (en septembre 2000) de la seconde Intifada ou Intifada AL Aqsa a provoqué l'interruption brutale des échanges et programmes pédagogiques entre enseignants israéliens et palestiniens.

L'Intifada est né à la suite des accords d'Oslo, qui leur avaient permis de prendre des initiatives originales pour construire de part et d'autre à travers l'école, une éducation à la paix qui contribuerait efficacement, auprès des nouvelles générations qui ont vécu dans un atmosphère de déni de l'autre et de tension hostile, à la promotion des idées de tolérance, de coexistence pacifique, de dialogue qui sont les valeurs nécessaires à la concrétisation d'une réconciliation future entre les deux peuples.

L'apport des enseignants français aux enseignants israéliens et palestiniens « pour sortir les enfants de l'esprit belliciste et des préjugés xénophobes, serait déjà un beau pavé dans la marre de ceux qui poussent ici et là à des formes de régressions aussi obscurantistes que dangereuses. Ce sera l'occasion de donner aussi à voir que la question de l'éducation est une approche décisive, au coeur de la dynamique de paix 63(*) ».

* 60 Site: http://www.sudeducation.org/article 1141.html. Page 2 of 7.

* 61 Lire, « Prévenir la violence à l'école : de l'UNESCO et du Conseil de l'Europe », lettre 16, Août 2004.

* 62 Réflexions sur l'éducation, p.107.

* 63 Site: http://www.sudeducation.org/article 1141.html. Samedi 12/11/2005.

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