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Etat des lieux de la microfinance et du système bancaire camerounais


par Olive Berenice Ngafi Djomo
Faculté universitaires catholiques de Mons (belgique) - Master en sciences de gestion option (finance) 2006
  

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3.1.1 Origine mondiale de la microfinance

C'est au Docteur Muhammad Yunus que nous devons l'acceptation actuelle de la microfinance qui tient d'outil de développement économique et social des couches défavorisées. A l'aide des travaux pratiques réalisés avec ses étudiants sur les théories de l'investissement, ce brillant économiste bangladais découvre l'extrême indigence financière de ses concitoyens fabricants de tabourets en bambou qui n'ont aucun moyen de constituer des stocks de matières premières. Leur besoin en crédit est pourtant infime : 27 dollars en tout pour 42 paysans qui ne peuvent avoir accès aux banques. Leur ayant prêté cette somme de sa poche, il peut découvrir combien leur activité augmente, lorsqu'ils peuvent acheter d'avance la matière première, échappant ainsi aux fluctuations importantes des prix. Il va formaliser cette expérience en créant en 1976 la Grameen Bank qui propose des prêts aux populations pauvres du Bangladesh et dont le succès va inspirer de nombreuses autres expériences à travers le monde34(*).

Depuis la création de sa banque, la microfinance est devenue un instrument essentiel de la lutte contre la pauvreté. D'ailleurs, lors du sommet mondial du microcrédit qui a été tenu du 12 au 15 novembre 2006 à Halifax au Canada, le prix Nobel de la paix 2006 Muhammad Yunus avait lancé la cérémonie d'ouverture par : « Faisons de ce sommet une occasion historique pour créer un monde sans pauvreté. J'espère que ceux qui doutaient de nous seront désormais de notre côté». L'idée est de faire bénéficier de petits prêts à plus de personnes afin qu'ils créent leur propre activité. Avec un objectif chiffré de175 millions de bénéficiaires d'ici 2015.35(*)

Aujourd'hui, près de 80 millions de personnes à travers le monde, dont 60% de femmes bénéficient de la microfinance.

3.1.2 Origine de la microfinance au Cameroun

La microfinance apparue sous sa forme traditionnelle (tontine)36(*) date de plus d'un siècle au Cameroun. En 1963, sous l'influence des missionnaires hollandais dans la zone anglophone du Cameroun, elle a démarré sous la forme formelle avec la création de la première coopérative de crédit dénommée  « credit union » ou caisse populaire. Mais ce n'est qu'au début des années 90 que la microfinance s'est diversifiée grâce aux lois n° 90/053 du 19 décembre 1990 sur la liberté d'association et n° 92/006 du 14 août 1992 relative aux sociétés coopératives et aux groupes d'initiative commune37(*). De plus, trois éléments principaux ont favorisé l'apparition et l'expansion de la microfinance.

Premièrement, la crise du secteur bancaire à la fin des années 80 qui a entraîné des restructurations et de nombreuses faillites. Ces faillites ont provoqué des craintes dans les populations à faible revenu et surtout le licenciement de nombreux cadres de banques expérimentés. Ces derniers vont se reconvertir en créant de façon incontrôlée des entités de microfinance. Les plans de restructurations ont eu pour conséquences l'exclusion d'une grande partie de la population par rapport à l'accès aux services bancaires et une augmentation de la sous bancarisation surtout dans les zones rurales. Dès lors les structures de microfinance sont devenues de plus en plus attrayantes par leur proximité, et la simplification de leur approche commerciale.

Deuxièmement, sur le plan international, la microfinance connaît un essor car elle est considérée comme un des vecteurs essentiels de lutte contre la pauvreté, les bailleurs de fonds internationaux reconnaissent qu'une grande partie des besoins des populations exclues peut-être satisfaite par des microcrédits que les banques n'offrent pas. D'ailleurs, en proclamant 2005 «Année internationale du microcrédit», l'assemblée générale des Nations unies a donné une impulsion forte à la microfinance.

Enfin, l'activité de la microfinance au Cameroun comme dans les autres Etats membres de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale s'est développée dans un cadre juridique particulièrement inadapté.

Grâce aux lois du 19 décembre 1990 et du 14 août 1992 le paysage de la microfinance va changer et se diversifier. C'est dans ce contexte que nous allons donc voir apparaître de nombreuses institutions telles que :

- Des institutions développées de manière endogène, c'est le cas des MC² (mutuelle communautaire de croissance).

- Les Caisses Villageoises d'Epargnes et de Crédit Autogérées (CVECA)

- Des projets de développement ou agro-industriels avec un volet crédit comme exemple nous pouvons citer la société de développement du coton (SODECOTON), South- West development Authority (SOWEDA), etc.

Comme nous l'avons signalé plus haut, la microfinance au Cameroun a débuté sous la forme informelle. Aujourd'hui ce type de financement est toujours présent au Cameroun, c'est pourquoi nous avons voulu présenter un bref aperçu du fonctionnement de la microfinance informelle dans la partie suivante.

* 34 Mbouobouo Ndam (2004), Banque contre microfinance : les enjeux de l'intermédiation dans la zone CEMAC, mémoire de DESS en banque, monnaie et finance internationale, Yaoundé, Institut des Relations Internationales du Cameroun.

* 35Radio France internationale, Economie et développement, (page consultée le 15/04/2007), http://www.rfi.fr/actufr/articles/083/article_47458.asp

* 36 Tontine : chacun cotise une somme fixe pendant une réunion qui a lieu chaque semaine ou chaque mois. Chacun reçoit à son tour, le total des cotisations de la réunion. Le tour est déterminé de deux façons selon les cas: par tirage au sort ou par mise aux enchères.

* 37 CREUSOT A. C. (2006), « L'état des lieux de la microfinance au Cameroun », BIM, n°9, PP1-5

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