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Etat des lieux de la microfinance et du système bancaire camerounais


par Olive Berenice Ngafi Djomo
Faculté universitaires catholiques de Mons (belgique) - Master en sciences de gestion option (finance) 2006
  

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3.2.3 Les fonds d'investissements ou tontines d'affaires

Ce mode de financement consiste à la mise en place d'un fond qui résulte de la cotisation de la même somme ou action (500FCFA au minimum) par chaque membre d'une association et à l'investir dans un projet fixé de commun accord par les membres de l'association qui deviennent par conséquent les actionnaires. Chaque adhérent doit proposer un projet, le meilleur projet est choisi.

Cette forme de microcrédit est très développée dans les milieux féminins. Les femmes créent ainsi les emplois et améliorent leur village, leur mode de vie, etc.

Lorsque les actions individuelles sont importantes, l'association mobilise une énorme masse monétaire. Une partie est affectée à la résolution des problèmes sociaux du groupe et l'autre partie est prêtée aux membres qui la sollicitent pour une courte durée (3 à 6 mois maximum). Contrairement au Banques d'épargne et de crédit, il n'existe pas de garantie dans les fonds d'investissements. La garantie la plus offerte est la confiance car il s'agit des adhérents qui se connaissent parfaitement.

Nous remarquons que l'argent généré est rarement placé dans une banque moderne, car la majorité de la population ne connaît pas la banque, et la banque non plus ne leur vient en aide puisque les conditions d'octroi de crédit sont très rudes. Heureusement que les institutions de microfinance organisent des campagnes de sensibilisations pour inciter la population à ouvrir des comptes d'épargnes et bénéficier des petits crédits d'au moins 10.000 FCFA(15€). Mais, beaucoup d'opportunistes ont dépouillé la population, ces derniers utilisaient une sensibilisation de proximité. Ils allaient quotidiennement chez les mutualistes (exemple: les commerçants) collectés les fonds leur promettant des crédits importants pour développer leurs activités avant de fermer boutique et de s'enfuir. Ceci justifie la méfiance de la population à l'égard des établissements financiers (banques, IMF). C'est ainsi qu'une importante partie d'argent n'entre pas dans les circuits bancaires, car plusieurs personnes gardent leur argent chez eux ou bien dans les tontines.

Nous remarquons que ces organisations de microfinance informelle ont beaucoup de succès auprès de la population, cependant elles présentent quelques faiblesses. Dans la suite, nous montrerons donc les atouts et les faiblesses des tontines.

3.3 FORCES ET FAIBLESSES DES TONTINES

La réussite des tontines peut s'expliquer par plusieurs facteurs :

Existence du règlement intérieur avec des procédures très strictes de fonctionnement. Les Camerounais répètent souvent «  la tontine ne meurt pas, ne voyage pas, ne tombe pas malade » pour illustrer qu'aucune excuse n'est acceptée en cas de non-respect des règles.41(*)

Les garanties sont plus classiques : aval, épargne bloquée, etc.

L'argent cotisé et reçu a un caractère symbolique et n'est utilisé que pour des dépenses utiles par exemple : construction d'une maison, scolarité, maladie, etc.

Le groupe connaît à peu près la situation de chaque individu et peut donc évaluer le niveau d'une personne en cas de défaillance à la réunion.

La principale faiblesse des tontines est la limite dans les fonds mobilisés, les moyens ne permettent pas le financement d'activités économiques importantes.

Dans ce chapitre, nous avons présenté l'origine et l'évolution de la microfinance au Cameroun et nous pouvons retenir que la microfinance date de plus d'un siècle mais jusque là elle était restée embryonnaire et ce n'est qu'à partir des années 90 qu'elle a connu un essor, d'une part grâce aux loi du 19 décembre 1990 et du 14 août 1992, mais également à cause de la crise du secteur bancaire des années 80 ; la reconnaissance de la microfinance comme un des vecteurs de développement et enfin le manque de cadre juridique adapté.

Nous avons également présenté un aperçu de la microfinance informelle à savoir : les tontines, les banques d'épargnes et de crédit, et enfin les fonds d'investissements.

Nous remarquons que la tontine reste encore l'instrument de développement le plus important puisque les conditions d'octroi de crédit par les banques sont très rudes et que les taux d'intérêts pratiqués par les institutions de microfinance sont perçus comme étant élevés pour la plupart des personnes. Par la suite, nous présenterons l'importance du secteur de la microfinance, la réglementation et les principaux acteurs.

* 41 Creusot A. C. (1999), « Finance informelle en milieu urbain au Cameroun » BIM n°36, P3

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