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Etat des lieux de la microfinance et du système bancaire camerounais


par Olive Berenice Ngafi Djomo
Faculté universitaires catholiques de Mons (belgique) - Master en sciences de gestion option (finance) 2006
  

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1.4 PLAN DE GESTION DES BANQUES

D'après le résultat des enquêtes conduites par les équipes d'inspection de la COBAC (Commission Bancaire des Etats de l'Afrique Centrale), plus de 90% des faillites bancaires découlent des défaillances internes et d'une mauvaise gestion.

La faiblesse du système de contrôle interne se manifestait par : une absence de comptabilité fiable dans certains établissements, une organisation administrative non performante, un personnel faiblement qualifié et enfin un manque de dispositifs d'alerte tel que le contrôle de gestion. Ces banques qui souffraient des problèmes internes avaient fini par devenir insolvables.

Les banques par manque de stratégie commerciale n'ont pas vu venir la crise et n'ont pas pu adapter en conséquence leur politique en matière de collecte des ressources ou d'octroi du crédit au nouvel environnement qui se présentait.

1.5 LE DISPOSITIF DE SURVEILLANCE BANCAIRE

Les faiblesses du dispositif de surveillance bancaire constituaient également un problème sérieux pour la survie des systèmes bancaires. La supervision du système bancaire incombait conjointement à la BEAC (pour la conduite des enquêtes) et au ministère des finances du Cameroun ( pour la prise de décision). L'efficacité de ce dispositif supposait donc que les constats dressés par la BEAC donnent lieu à des sanctions. Mais, les carences observées dans le fonctionnement du ministère des finances ont rendu inopérant le système de supervision bicéphale mis en place.

Après avoir présenté les trois principales causes de la crise des années 80, nous exposerons la restructuration et le cadre réglementaire du secteur bancaire.

1.6 LA REGLEMENTATION DU SECTEUR BANCAIRE

Nous exposerons d'abord la restructuration bancaire, ensuite nous présenterons le cadre réglementaire des banques.

1.6.1 La restructuration

La restructuration bancaire est une opération qui a pour but non seulement de résoudre les difficultés présentes du système bancaire, mais aussi de prévenir les risques de fragilisation.

Au Cameroun, la crise des années 80 a conduit au plan d'assainissement de 1989-1992. Ce plan a entraîné la liquidation de certaines banques et la création de la SRC (Société de recouvrement de créances du Cameroun). Il faut noter que la crise des années 80, et les restructurations avaient touché tous les pays de la zone BEAC. C'est ainsi qu'après avoir mis en place l'assainissement de leurs systèmes bancaires, les pays de la zone ont franchi une étape importante en créant un organe communautaire supranational de supervision bancaire : la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale.

Depuis les réformes bancaires et monétaires, les banques sont frileuses et s'engagent peu dans le financement de l'économie. Les crédits à l'économie avaient diminué de 27 % entre le 31/12/1993 et le 31/12/1994, et de 10% au cours de l'année suivante. Entre la fin de l'année 1995 et avril 1997, cette tendance ne s'est pas améliorée, et les crédits à l'économie ont diminué de 17 %. Les crédits à court terme étaient prédominants et représentaient 85 % des crédits accordés.

A partir de 1995, le secteur bancaire camerounais est à nouveau restructuré. Cette restructuration visera à libéraliser d'avantage le secteur bancaire tout en rectifiant les erreurs commises lors de la première restructuration. L'autorité de la COBAC sera renforcée et ses décisions s'imposeront dorénavant aux juridictions nationales. Le paysage bancaire est davantage assaini avec la liquidation de trois banques dont la situation s'est fortement compromise depuis la dernière restructuration. Celles qui le méritent sont recapitalisées par apports conjoints de l'Etat et des maisons mères à hauteur de 50 milliards FCFA et le fonctionnement de la SRC( société de recouvrement des créances) est réorganisé par l'ordonnance du 17 août 1995 qui intègre dorénavant un représentant des banques en liquidation dans son Conseil d'Administration.

Sur le plan financier, la restructuration du système bancaire a coûté 538 milliards de FCFA. Les conséquences sociales sont désastreuses : 4000 emplois sont supprimés, 104 guichets de banque sont fermés. Le Cameroun retrouve ainsi un réseau bancaire moins dense mais très étroitement contrôlé par la Commission Bancaire de l'Afrique Centrale (COBAC), tour de contrôle du système bancaire de la Commission Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale.

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