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La délinquance dans le canton de Coussey durant le premier XIXème siècle

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par Hugues Herbillot
Université Nancy 2 - Master 2009
  

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A. Le village, individus, famille, clans.

Le village et ses habitants forment une communauté élargie composée avant tout d'individus puis de familles. La violence, présente à tous les niveaux, s'observe déjà au sein de la maisonnée ou les rapports entre époux sont parfois mouvementés. La famille élargie transpire une certaine hostilité entre ses membres, bien que la bonne entente domine majoritairement. Au delà de ce premier cercle, les membres de la famille se confrontent aux habitants des maisons mitoyennes. Les relations de voisinages sont essentielles dans une agriculture de grand espace ou l'entraide communautaire est indispensable. Enfin l'individu et sa famille interagissent avec le reste de la communauté disséminée sur l'ensemble du village. On observe au sein de l'agglomération des rancoeurs mais aussi des amitiés complexes entres familles et individus, ces amitiés peuvent même pour certaines être qualifiées de coterie.

La photographie suivante représente le village de Midrevaux, le village installé dans une petite vallée est organisé autour de l'église.

Figure 21, Midrevaux, vue générale, au premier plan ; les champs, au second ; les vergers, au troisième ; le village, en arrière-plan vignes et friches. Photographie, 1900.

1. Relations intrafamiliales.

Au sein de la famille, cohabitation entre époux et famille élargie ne sont pas toujours aisée. Héritages et problèmes relationnels peuvent ruiner la bonne entente au sein de la famille.

a. L'Habitat de l'Ouest Vosgien.

Figure 24, Plan d'une maison d'agriculteur.

L'auteur du plan de maison ci-dessus nous indique que « c'est dans l'Est de la France (Lorraine, Barrois, Vosges) qu'on trouve la variété la plus originale de ce type d'habitation, où le paysan cherche à tout réunir dans le plus petit espace possible. Le plan et le but apparaissent évidents dans cet édifice solide et massif ; toute l'habitation a la même façade et le même toit ; ce toit commun abrite les hommes, les bêtes et les récoltes. Dans ce pays à grains, il s'agit pour le paysan d'engranger toutes ses récoltes ; il n'aime pas les laisser aux champs. D'autre part le climat est trop rude pour qu'on laisse le bétail dehors la nuit ; il faut de grandes étables pour les loger en tout temps. Aussi, à l'impression d'ampleur et d'espace ; le toit, peu incliné, couvre un large espace de grenier ; il dépasse même le mur extérieur, de sorte que, formant abri, il permet de rassembler, à portée du maître, tout contre son mur ce qu'il est obligé de laisser dehors271(*) ».

Alain Jacquet décrit l'habitat des maisons de la plaine thermale toute proche du canton. L'habitat est groupé, « les conflits ont détruits les habitations, la paix revenue les survivants se sont trouvés devant le terres en friches et des demeures délabrées, peu nombreux ils ont tendances à se regrouper. Les églises ayant souvent mieux résisté, elles deviennent le point central d'une reconstruction qui s'ordonne souvent par rapport à elles. [...] On trouve entre elles (les maisons) des jardins. Quelque unes sont isolées à l'écart de l'agglomération272(*) ».

Entre la rue et la façade des imposantes bâtisses, est entreposé le fumier, à l'arrière de la maison se trouvent les potagers et les vergers. La maison est adaptée à son environnement et à l'activité de son propriétaire.

Ces maisons, cellules de bases géographiques du village constituent le bastion des familles qui y vivent. Avec la consécration de la propriété privée depuis la parution du Code Pénal, la maison apparaît comme une extension de la famille l'occupant. Les atteintes à son inviolabilité constituent de graves crimes, ce qui explique par exemple la gravité du vol avec effraction, ou à l'aide de fausses clés.

* 271 DEMANGEON, A, « L'habitation rurale en France », Annales de Géographie, 1920, n°161, p 365.

* 272 JACQUET, A, op. cit., p 8.

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