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Dynamique de l'occupation sol dans des niayes de la région de Dakar de 1954 à  2003: exemples de la grande niaye de Pikine et de la niaye de Yembeul

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par Aminata DIOP
Université Cheikh Anta DIOP de Dakar - DEA 2006
  

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CONCLUSION ET PERSPECTIVES

L'urbanisation galopante de la région de Dakar a modifié la quasi-totalité des espaces naturels : mares, végétation naturelle. Ce sont des types de mutations propres à toutes les villes en pleine expansion. Dakar se développe avec une contrainte majeure qui est l'existence en son centre et dans sa zone d'extension d'une zone humide riche et importante. Les potentialités et la situation géographique des niayes ont beaucoup influencé son évolution. Ainsi de 1954 à 2003, cet espace fortement convoité a subi d'importantes modifications, à des rythmes différents selon la nature et l'intensité des facteurs. De 1954 à 1978, la sécheresse a eu une certaine prépondérance parce qu'ayant eu des impacts directs sur l'écosystème mais ayant aussi déclenché dans une certaine mesure des facteurs anthropiques. En effet, l'assèchement et l'ensablement des cuvettes se sont faits dans un contexte de croissance démographique marqué par l'afflux de populations vers la capitale entraînant l'occupation de ces espaces libérés par l'eau par les habitations. Par contre les facteurs politiques se sont davantage affirmés entre 1978 et 2005 avec la mise en application du plan directeur d'urbanisme de 1980.

L'avancée du front d'urbanisation dans cet écosystème a eu des conséquences :

- directe avec la disparition complète de niaye ;

- indirecte avec la disparition d'un ou de plusieurs maillons de la chaîne qui constitue l'écosystème aboutissant ainsi au dysfonctionnement de l'ensemble.

La dynamique des niayes dans les deux sites présente globalement les mêmes tendances avec l'artificialisation des espaces naturels. Il y a cependant des différences marquées et liées aux modes d'occupation et d'utilisation des sols et même à la perception des populations. C'est ainsi que dans la Grande Niaye de Pikine, où domine un habitat de type planifié, la niaye est plus considérée comme une potentialité, un espace qui pose problème certes, mais dont la préservation et l'aménagement sont nécessaires. L'avancée des constructions en direction de la dépression est une réalité mais la niaye est mieux conservée. Dans cette niaye se sont surtout les infrastructures qui constituent un grand facteur de morcellement de l'écosystème.

Dans la zone de Yeumbeul, la réalité est tout autre. En effet, le facteur naturel est important à plus d'un titre. La sécheresse a motivé à partir de 1972, l'afflux de populations venues de l'intérieur du pays et qui se sont installées dans la périphérie de Dakar. Toujours pendant cette période, l'habitat spontané s'est développé progressivement jusque dans les niayes asséchées. Avec le retour de la pluviométrie, toutes les constructions établies sur les dépressions sont aujourd'hui partiellement ou entièrement inondées et abandonnées ; l'acuité des problèmes qui en découlent a entraîné une réaction de rejet de la part de populations. Le souci de voir les dépressions être comblées est ainsi né du visage qu'elles offrent et des problèmes environnementaux et sociaux qu'elles génèrent.

Dans la mise en pratique des politiques en matière d'urbanisme, on a pourtant tenu compte des multiples contraintes physiques que présente la région de Dakar, cependant, avec la tendance au retour de la pluviométrie et les problèmes sociaux, beaucoup de prévisions ont été faussées. La nature est ainsi en train de rendre progressivement à la niaye sa nature première qu'est l'humidité. Plusieurs portions de niaye se sont ainsi revitalisées même à l'intérieur des habitations faisant cohabiter sur un même espace très restreint homme, eau, ordures et végétation.

Il est aussi ressorti de notre étude, qu'une politique de gestion et de préservation efficiente de cet écosystème, requiert à la fois une approche à la fois pluridisciplinaire systémique et participative.

L'intérêt de cette recherche est d'avoir conduit une étude diachronique qui montre grâce à la cartographie, la dynamique de l'écosystème niaye à Dakar sur une longue période (49 ans). Nous avons d'une part mis en exergue les mutations de l'espace sous l'effet des variations de la pluviométrie et de la poussée urbaine et, d'autre part identifier les problèmes environnementaux et sociaux qui découlent de la conversion de certaines parties cette zone humide en lieux d'habitation. L'analyse des faits dans deux sites géomorphologiques similaires mais avec des appropriations assez différentes, nous a aussi semblé avoir un intérêt dans la mesure où elle fait ressortir le poids des facteurs anthropiques dans l'évolution de l'espace.

Les résultats obtenus confirment d'abord l'artificialisation du milieu évoquée dans les ouvrages consultés. Elle est prouvée par la hausse constante et soutenue du pourcentage des surfaces bâties et par la baisse des espaces plus ou moins naturels sur les deux sites étudiés.

Les résultats confirment aussi la tendance à la revitalisation de la niaye évoquée par Ndong (1990). Cette revitalisation est attestée par la remise en eau des dépressions asséchées en 1978 et par les inondations notamment sur le site de Yeumbeul. On a aussi pu mettre en relation occupation irrégulière, non respect des normes en matière d'urbanisme, inondation et problèmes d'assainissement.

Il faut cependant souligner que l'étude aurait pu être mieux affinée par une meilleure utilisation du Modèle Numérique de Terrain (MNT). En effet un maillage plus fin du site nous aurait permis non seulement de mieux apprécier l'impact des aménagements et des remblaiements sur la perturbation de l'écoulement, mais aussi de pouvoir identifier une altitude à laquelle les risques d'inondation sont réels.

L'utilisation d'outils qualitatifs comme le diagramme de Venn, le transect et les histoires de vie pourraient aussi donner des informations plus fines et plus fiables sur les facteurs et les problèmes environnementaux et sociaux.

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