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La politique fiscale de l'Union Economique et Monetaire Ouest Africaine (UEMOA ) et optimisation des recettes fiscales intérieures au Burkina Faso.

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par Amadou Porogo
Ecole Nationale d'Administration et de Magistrature (ENAM )-Burkina Faso - Conseiller des Affaires Economiques 2009
  

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CHAPITRE I : La présentation de la politique fiscale de l'UEMOA

Le processus d'intégration sous régionale amorcé dans le cadre de l'UEMOA a nécessité l'adoption d'un certain nombre de mesures fiscales communautaires.

En effet, C'est à partir de 1996, lors de la première Conférence des Chefs d'Etats et de Gouvernement des pays membres de l'UEMOA que les premières mesures fiscales communautaires ont été élaborées.

Ainsi, la politique fiscale de l'UEMOA à la suite de cette conférence s'est bâtie autour de deux axes bien connus : la fiscalité de porte et la fiscalité intérieure.

Avant d'examiner les différents impôts et taxes visés par l'harmonisation des fiscalités intérieures (section 2), il est certainement important de mettre en évidence les mesures fiscales concernant la fiscalité de porte (section 1).

Section 1 : L'harmonisation de la fiscalité de porte

L'objectif principal de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est de permettre par des règles transparentes et équilibrées, l'ouverture des marchés à tous les produits et services qui font l'objet d'échanges commerciaux. Pour cette raison, l'OMC prône la prévisibilité en demandant aux Etats de rendre publics les taux des droits et taxes ainsi que les surtaxes appliquées lors de l'importation des marchandises. Elle prône également la baisse des tarifs douaniers pour promouvoir une plus grande ouverture des marchés.

C'est en application de ces principes que l'un des objectifs visés par l'UEMOA est d'intensifier les échanges entre les pays membres de l'Union d'une part, avec le reste du monde, d'autre part.

La fiscalité de porte renvoie essentiellement au processus de libéralisation des échanges intra-communautaires (§-1) et à la libéralisation du commerce extra - communautaire (§-2).

§-1 : La libéralisation des échanges intra-communautaires

Il s'agit d'intensifier les échanges entre les pays membres de l'Union. Cette intensification des liens commerciaux suppose une suppression totale des barrières douanières entre les Etats membres. C'est dans cette optique que la Conférence des Chefs d'Etats, lors de sa première session tenue au mois de mai 1996, avait pris la décision par acte additionnel n°04/961, en date du 10 mai 1996, d'instaurer un régime tarifaire préférentiel transitoire en faveur des produits échangés au sein de l'UEMOA. La mise en place de ce régime préférentiel s'est faite en plusieurs étapes, selon un calendrier qui s'est étalé de juillet 1996 à janvier 2000.

a) Le calendrier de mise en oeuvre et la catégorisation des produits

> Dès le 1er juillet 1996, le désarmement tarifaire était total pour tous les produits du crû et de l'artisanat traditionnel originaires des pays membres de l'Union. Les produits du crû sont les produits de l'Union relevant du règne animal, minéral et végétal n'ayant subi aucune transformation à caractère industriel. Les produits de l'artisanat concernent des articles faits à la main ou sans l'aide d'outils, d'instruments ou de dispositifs actionnés directement par l'artisan.

> Du 1er juillet 1996 au 30 juin 1997, une réduction de 60% sur les droits et taxes d'entrée avait été consentie par tous les Etats membres, sur les produits agréés à la taxe préférentielle communautaire (TPC).

Ces produits sont :

· les produits industriels dans la fabrication desquels sont incorporés des matières premières communautaires représentant 60% des matières premières utilisées.

· Les produits industriels obtenus entièrement ou partiellement à partir des matières premières importées de pays tiers, à condition que la valeur ajoutée du produit final, soit au moins égale à 40% du prix de revient en usine, évalué hors taxe.

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1 L'Acte Additionnel N°01/97 du 23 juin 1997 modifiant celui du 10 mai 1996 a été modifié par l'Acte Additionnel N°04/98 du 30 décembre 1998

> Du 1er juillet 1997 au 31 décembre 1998, l'abattement des droits et taxes d'entrée a été portée à 60% sur les produits agréés à la taxe préférentielle communautaire (TPC).

> Du 1er janvier 1999 au 31 décembre 1999, cette réduction a été portée à 80%.

> Depuis le 1er janvier 2000, cette réduction a été portée à 100% et consacre ainsi le désarmement tarifaire total et effectif sur tous les produits agréés.

Quant aux produits industriels non agréés, ils sont constitués par l'ensemble des produits du domaine de l'industrie ne remplissant pas toutes les conditions requises pour bénéficier de l'agrément. Ces produits ne bénéficient pas logiquement du traitement préférentiel réservé aux échanges intra-communautaires. Néanmoins, lors de leur importation dans un Etat membre, ces produits font l'objet d'une réduction de 5% des droits d'entrée applicables aux produits de l'espace en provenance de pays tiers.

Il convient de noter que l'application du régime préférentiel obéit à un certain nombre de conditions à savoir la reconnaissance de l'origine du produit et le régime de faveur accordée aux produits (agrément à la TPC). En effet, «sont considérés comme produits originaires des Etats membres de l'UEMOA, les produits entièrement obtenus ou ayant fait l'objet d'une ouvraison ou d'une transformation suffisante dans les Etats2».

b) Les conditions d'application du régime préférentiel

L'application du régime préférentiel liée, à l'origine, des marchandises se traduit par l'accord d'agrément aux produits, la délivrance de certificat d'origine ainsi qu'une possibilité d'identification des produits par une procédure de marquage.


· l'agrément

Les produits reconnus originaires agréés bénéficient de la taxe préférentielle communautaire par décision de la Commission après avis des experts de l'UEMOA.

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2 Protocole Additionnel N° O3-2001 du 19 décembre 2001 instituant les règles d'origines des produits de l'UEMOA


· le certificat d'origine

C'est un document commercial qui atteste et qui constitue la preuve irréfutable de l'origine communautaire d'une opération d'expédition de marchandises intracommunautaires.


· le marquage

Pour les besoins d'identification des produits agréés à la TPC, le marquage des marchandises est exigé dès lors que cela est techniquement possible.

Les caractéristiques de ce marquage sont alors communiquées aux instances de contrôle aux fins de faciliter l'identification des produits agréés.

Ainsi, il est à retenir que la libéralisation du commerce intra-communautaire se distingue par la classification des produits de la communauté selon des règles d'origine bien précises. Cette classification a permis de procéder à un traitement préférentiel d'un certain nombre de produits en vue de restaurer dans une certaine mesure un climat favorable à la construction d'un marché commun.

Toutefois, les mesures au niveau interne de l'UEMOA sont certes des conditions nécessaires mais pas suffisantes pour la libéralisation des échanges dans leur globalité. Il est donc important de faciliter les échanges, entre les pays membres de l'UEMOA et les pays tiers grâce notamment à l'application du tarif extérieur commun.

§-2 : La libéralisation du commerce extra- communautaire

Il s'agit ici d'organiser le commerce de l'Union avec le reste du monde, autour d'un Tarif Extérieur Commun (TEC). Le TEC/UEMOA en vigueur depuis le 1er janvier 2000 constitue avec le régime préférentiel communautaire, les composantes de l'union douanière au niveau de l'UEMOA. Le TEC, comme son nom l'indique, est un tarif douanier commun aux Etats membres de l'UEMOA et institué par eux afin de protéger et d'assurer la croissance de leurs économies. La mise en place du TEC vise principalement trois objectifs :

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- la volonté d'ouverture de l'espace UEMOA vers l'extérieur : le TEC consacre la volonté de l'Union de marquer son ouverture vers l'extérieur et

son encrage au processus de libéralisation et de mondialisation tel que défini par l'OMC dont font partie les pays de l'Union.

~ La protection de la production communautaire : c'est pour marquer leur volonté d'assurer une protection effective des produits originaires des Etats membres que les autorités ont adopté des taux de droits différents selon la nature du produit et selon qu'il est fabriqué ou non dans l'Union.

~ La lutte contre le détournement de trafic : quand les pays membres d'un regroupement comme l'UEMOA appliquent des tarifs différents à l'égard des importations hors zone, il existe un risque que les exportateurs des pays tiers fassent entrer leurs produits dans l'Union par le pays à tarif extérieur le moins élevé pour les réexporter par la suite vers les pays à tarif extérieur élevé. La mise en place d'une fiscalité uniforme quel que soit le point d'entrée dans l'Union limitera les risques de détournement de trafic.

Ainsi, pour atteindre ces objectifs, il est prévu une architecture bien structurée qui repose sur :

· une catégorisation des produits ;

· des droits et taxes permanents ;

· des droits et taxes à caractère temporaire.

a) La catégorisation des produits

Elle consiste à une répartition technique des produits entre différentes catégories selon des critères préalablement définis. Elle a été formalisée suite à un état des lieux de la fiscalité des pays membres de l'Union qui a permis de constater l'existence d'une flopée de mesures et tarifs de douane énormes. Le classement des produits en quatre (04) catégories résulte des règlements relatifs à la Nomenclature Tarifaire et Statistique (NTS) du tarif extérieur commun de l'UEMOA3. La NTS de l'UEMOA est basée sur la NTS de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ainsi que sur le système harmonisé de désignation et

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3 Plusieurs règlements ont été adoptés dans le cadre de la Nomenclature Tarifaire et Statistique du TEC - UEMOA dont le dernier est le règlement N° 1/2004/CM/UEMOA du 18 mai 2004 portant modification de l'annexe du le règlement N° 23/2002/CM/UEMOA du 18 novembre 2002 .

de codification des marchandises4. La catégorisation répond au souci de l'application d'une fiscalité uniforme, précédemment annoncée au niveau des objectifs du TEC. A cet effet, cette catégorisation adoptée pour la première fois le 02 juillet 1998 et modifiée par le règlement N° 01/2004/CM/UEMOA du 18 mai 2004 se présente comme suit :

· Catégorie 0 : cette catégorie concerne les biens sociaux essentiels relevant d'une liste limitative aussi bien dans le domaine sanitaire (médicaments, préservatifs pour des raisons de santé publique, appareils de rééducation, prothèse, stimulants cardiaques, chaises roulantes pour handicapés) que dans le domaine éducatif (livres, journaux) ;

· Catégorie 1 : elle est constituée des biens de première nécessité (lait en poudre, céréales) ;des matières premières de base (semence agricole, pétrole brut, bois brut, matières textiles brutes, pierres brutes, métaux bruts. etc.) ; des biens d'équipements (pour l'essentiel des machines industrielles et des ordinateurs) et des intrants spécifiques ( intrants essentiels non susceptibles d'être produits à court et à moyen terme dans la zone, intrants du secteur plastique, du secteur caoutchouc, la pâte à papier, les produits chimiques organiques) ceci afin de réduire les exonérations accordées au titre des codes des investissements ;

· Catégorie 2 : ce sont les intrants autres que ceux cités dans la catégorie 1 et les produits intermédiaires (huile brute, beurre et graisse de cacao, contreplaqués, papier en rouleau, tissus, métaux en rouleau etc.) ;

· Catégorie 3 : elle regroupe les biens de consommation finale et autres produits non repris ailleurs. C'est la catégorie qui regroupe le plus grand nombre de produits (viandes, poissons, lait, fruits et légumes, huile raffinée, confections, chaussures, électroménagers, ouvrage en matière plastique, etc.).

Cette catégorisation des produits au sein de la communauté a permis l'application du TEC.

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4 Ce système harmonisé a été élaboré sous l'égide du Conseil de Coopération Douanière (CDD), également appelé Organisation Mondiale des Douanes.

b) Les droits et taxes en vigueur

5 UEMOA

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Il a été mis en place une architecture tarifaire comprenant les droits et taxes à caractère permanent applicables aux produits importés et les droits et taxes à caractère temporaire.

> Les droits et taxes permanents applicables aux produits importés

Il s'agit des Droits de Douane (DD), de la Redevance Statistique (RS) et du Prélèvement Communautaire de Solidarité (PCS) qui se distinguent les uns des autres tant par leur champ d'application que par leur taux de liquidation.

Les droits de douane sont assis sur la valeur en douane du produit et varient selon le degré de transformation du produit c'est-à-dire que plus le produit est élaboré plus sa taxation est élevée (Cf annexe 1).

Pour ce qui est de la redevance statistique, c'est une taxe fixée pour service rendu. Elle ne comprend qu'une seule valeur : 1%. Elle est applicable à tous les produits y compris ceux exonérés des droits de douane.

Quant aux prélèvements communautaires de solidarité, c'est une taxe d'un taux de 1% sur tous les produits tiers de l'Union. Ce prélèvement sert en partie à la compensation des pertes de recettes, au fonctionnement de la Commission de l'UEMOA et au financement des projets communautaires (FAIR : Fonds d'Aide à l'Intégration Régionale). Les taux des droits et taxes permanents (annexe 1) sont applicables depuis le 1 er janvier 2000.

> Les droits et taxes temporaires

Le législateur communautaire5 a pressenti dès le départ que l'application du TEC peut engendrer des difficultés pour les entreprises de la zone ; ce qui ne va pas contribuer à l'atteinte des objectifs de développement économique et social poursuivis par l'Union. Afin de prévenir ces cas de situation, il est apparu nécessaire de prévoir un dispositif de protection ou de sauvegarde à travers les droits et taxes temporaires.

Les droits et taxes temporaires sont constitués par la Taxe Dégressive de Protection (TDP) et la Taxe Conjoncturelle à l'Importation (TCI).

La TDP6 est destinée à compenser les baisses importantes de protection tarifaire liée à la mise en place du TEC. C'est une taxe ad valorem, temporaire et dégressive et son application est nationale. Cette taxe est perçue sur les produits relevant de l'industrie ou de l'agro-alimentaire. La TDP est déterminée de sorte qu'elle ne s'applique dans les Etats où un besoin de protection se fait sentir. L'agrément à la TDP est accordé par une décision de la Commission de l'UEMOA.

Initialement prévue pour prendre fin en 2003, la TDP a été prorogée en décembre 2003 par le Conseil des ministres de l'Union jusqu'au 31 décembre 2005.

Deux taux de TDP sont prévus :

· une TDP base de 10%, si la baisse du taux de protection effective est comprise entre 25% et 50%.

· une TDP base de 20%, si la baisse du taux de protection effective est supérieure ou égale à 50%.

Ces taux de base sont dégressifs pour disparaître à terme selon un calendrier défini (Cf annexe 2).

La Taxe Conjoncturelle à l'Importation (TCI)7 est fixée pour compenser les baisses importantes de protection tarifaire liées à la variation erratique des cours mondiaux. En effet, les flux de marchandises sont généralement tributaires des cours mondiaux. De façon spécifique, la variation imprévisible et instable des prix internationaux de certains produits peut avoir un impact très prononcé sur les importations de l'Union et dans une certaine mesure, sur la production communautaire dans sa globalité et par conséquent sur les recettes budgétaires des pays membres.

La TCI est une taxe ad valorem, temporaire et dégressive. Elle concerne les produits de l'agriculture, de l'agro-industrie, de l'élevage et des pêches, à l'exception du poisson et des produits à base de poisson. Son taux est de 10% du prix de déclenchement ou péréquation pour les produits à prix garanti.

6 Les bases juridiques de la taxe dégressive de protection sont constituées de règlements dont le dernier est le règlement N° 19/2003/CM/UEMOA du 22 décembre 2003 modifiant le règlement N° 03/1999/CM/UEMOA du 25 mars 1999 portant adoption de la taxe dégressive de protection au sein de l 'UEMOA.

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7 Le règlement N° 06/CM/UEMOA du 17septembre 1999 portant adoption du mécanisme de la Taxe Conjoncturelle à l'Importation au sein de l'UEMOA.

La relation de complémentarité qui existe entre la fiscalité intérieure et la fiscalité de porte conduit à se pencher sur les réformes fiscales à l'intérieure.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984