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Les clés de l'offensive politico-diplomatique du Japon en direction de l'Afrique et du Cameroun depuis 1991

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par Serge Christian ALIMA ZOA
Université Yaoundé II - DEA 2008
  

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PREMIERE PARTIE

LES BASES ET LES MANIFESTATIONS DE L'OFFENSIVE POLITICO-DIPLOMATIQUE DU JAPON

Depuis fort longtemps, au sein du commandement des hommes, s'est différenciée une prérogative capable dans des sociétés souvent animées d'un puissant esprit de rivalité et d'appropriation : celle de définir un comportement collectif vis-à-vis de l'étranger. Une étude comme celle portant sur la politique étrangère du Japon, «un pays aujourd'hui en transition » (Postel-Vinay, 1997 : 8), ne peut pas faire l'économie d'une lecture sur sa configuration et ses éléments caractéristiques. D'autant plus que « pour avoir une idée exacte de l'influence dont jouit un Etat sur ses partenaires, point n'est besoin de prendre en considération l'ensemble de ses rapports extérieurs, mais seulement un secteur stratégique de ceux-ci à savoir ses relations internationales » (Kontchou Kouomegni, 1977:5).

Dans cette première partie, les fondamentaux lato sensu de l'orientation diplomatique nippone sont interrogés. Nous mettons en exergue entre autres le fait que dans ses relations extérieures, en disposant de l'opposition réactif / proactif comme cadre d'analyse, le Japon opte en réalité pour une « politique de moyenne puissance » (Cornelissen, 2004a : 33). Nous nous attelons à examiner non seulement les conduites des acteurs mais aussi le dispositif de l'aide publique japonaise (chapitre I). Nous analysons par la suite, la place du continent noir dans l'agenda diplomatique de l'Empire du Soleil-Levant à travers notamment l'engagement politique africain du Japon depuis 1991 et surtout le processus de la Tokyo International Conference on African Development plus connue sous l'acronyme de TICAD (chapitre II).

CHAPITRE I :
LES FONDAMENTAUX D'UNE ORIENTATION DIPLOMATIQUE

L'analyse concentrée des relations extérieures du Japon, « démocratie d'âge mûr de l'Extrême- Orient » (Hook, Gilson, Hughes and Dobson, 2001), fait ressortir couramment une série de traits qui sont d'une part caractéristiques de la nation japonaise donc spécifiques, d'autre part symptomatiques pour une société moderne hautement industrialisée, comparables à d'autres sociétés avancées. Nous notons également que « l'Empire du Soleil- Levant a toujours exprimé une ferme volonté de s'ouvrir au monde. Seulement son passé impérialiste et les séquelles de la Seconde Guerre, le poussait à mettre en oeuvre des grands chantiers qui se révéleront être plus tard des actions de relations publiques internationales » (Kouakam Mbenjo, 2005 : 13). Ces oeillères idéologiques n'empêchent pas pour autant au Japon d'être arrivé à un carrefour et de continuer à s'interroger sur sa politique étrangère et sur sa place dans le monde (Steinert, 1987 : 172). Pourquoi dans l'analyse de ses relations extérieures, Tokyo apparaît- il davantage comme une moyenne puissance ? Quelles sont les conduites des acteurs du projet diplomatique nippon ? L'APD est -elle véritablement le « cheval de Troie » destiné à établir une nouvelle « sphère de co-prospérité » (S. Islam cité par Gabas et Mainguy, 1998 : 47) de la politique étrangère du Japon ? Notre propos dans ce chapitre est de montrer les fondamentaux d'une orientation diplomatique.

Au delà de la découverte de l'environnement socio politique et économique de L'Empire du Soleil-Levant, nous mettons l'accent sur les traditions diplomatiques historiques de Tokyo et sur le débat de la réactivité ou la proactivité de sa politique étrangère (section I). Dans un pays où le lien entre politique intérieure et politique extérieure est si étroit où les considérations de politique intérieure influencent autant sa politique extérieure que les événements internationaux, une brève description des instances et des conduites des acteurs impliqués dans le processus de décision parait nécessaire (section II). Nous mettons aussi en exergue le fait qu'en devenant un des bailleurs de fonds les plus importants, l'archipel a fait de son APD un outil pour accroître son influence et son autonomie sur la scène internationale (section III). Cette approche en trois étapes nous semble en tout cas précieuse pour comprendre la vision de la politique étrangère que le Japon veut présenter à l'intérieur et à l'extérieur de ses frontières.

SECTION I : LE JAPON : UNE MOYENNE PUISSANCE DANS L'ANALYSE DE SES RELATIONS EXTERIEURES

Selon Green (2001), il n'est pas de grand projet international sans signification politique au sens fort du terme. La question théorique de « moyenne puissance » tient compte d'un certain nombre de facteurs, de signes annonciateurs en rapport avec l'extension de l'agenda diplomatique et la combinaison de plus en plus complexe des instruments politiques. Il convient donc dans cette section de partir du « donné », id est de présenter l'environnement politique, social et économique du Japon, sans abonder évidemment une fois de plus dans le cadre géographique, déjà trop bien connu (A). Cela nous permet pour la suite, de mieux envisager la diplomatie nippone dans ses données thématiques majeures (B) pour finalement apprécier l'état de son activité (C).

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