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Multinationales et Développement local: cas de cablage automobile dans la région de Sousse


par BEN AICHA Akram & Ayoub Hatem
ISG sousse - Maitrise 0000
  

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2)Avantage comparatif de demande :

À la phase de maturité de produit, l'entreprise locale vit en situation de concurrence acharnée sur son territoire, donc pour augmenter sa profitabilité, il est crucial de conquérir de nouveaux marchés à travers l'exportation. Mais à cause des mesures protectionnistes adoptées par les pays destination des exportations, de potentiel de marché visé, pour être sur le même niveau de compétitivité que les firmes nationales, voire pour suivre des donneurs d'ordre qui se délocalisent, L'entreprise se trouve dans l'obligation de s'implanter sur le territoire étranger. Le but étant de profiter outre que des prix des facteurs de production, d'un marché en croissance capable de compenser son déclin sur des marchés matures et pour faire rapprocher la production des marchés de destination afin d'adapter au plus le produit à la demande des consommateurs à travers le marketing international.

Mais tout cela ne signifie pas que le marché le plus attractif pour une firme multinationale est celui à forte densité démographique. C'est vrai que cette dernière est assez importante, mais elle n'est pas décisive. Sinon le marché chinois aurait être le plus attractif au monde. Vu L'importance de pouvoir d'achat, de PIB par tête, le comportement de consommation et enfin la taille de population dans la détermination de potentiel du marché, le marché américain est considéré comme le plus porteur au monde.

Généralement les produits innovants qui ont nécessité une forte dépense en R&D sont lancés sur un marché à fort potentiel (l'un des pays industrialisé), pour raccourcir la période de compensation (période durant laquelle le retour sur investissement est prévu).

P2 :Déterminants relatifs aux pays d'accueil :

La décision stratégique de délocalisation ou d'internationalisation est déjà prise, mais vers quel pays ? C'est une question centrale qui cherche une réponse bien construite. Pour bien fonder cette réponse il faut se baser sur plusieurs critères de sélection, afin de choisir, enfin, le pays qui aidera le plus, l'entreprise, à maximiser ses avantages compétitifs. En fait les avantages comparatifs mentionnés dans le premier paragraphe font partie de ces critères, mais, au même temps, ils possèdent une caractéristique majeure leur permettant de former une catégorie a part entière ; ils sont naturels.

À partir de cette constatation, il est indispensable de mettre en lumière une autre catégorie des critère de sélection qui peut être déterminante pour la délocalisation d'une firme. Ici nous sommes entrain de parler des avantages construits des pays d'accueil. Ceux -ci font l'objet de présent paragraphe.

1) Qualification de la main-D'oeuvre :

À l'ère actuelle, il n'est plus valable de se limiter aux avantages naturels de coût des facteurs pour attirer les FMN, puisque la demande de celles-ci en travail ne se limite pas à l'abondance d'une main-d'oeuvre bon marché, habile et docile, mais bien à celle d'une main d'oeuvre qualifiée, organisée et apprenante pour qu'elle soit plus productive, le différentiel de coût salarial se mesure en effet à la base de salaire réel.

Cependant il faut indiquer que la qualification de la main-d'oeuvre comprend deux volets : Un premier volet relatif au niveau d'éducation des employés ( maîtrisard, technicien, ingénieur, expert,etc) et un deuxième volet correspondant . à la formation professionnelle continue

2) Proximité et Logistique :

La délocalisation se fait dans le cadre d'une décision stratégique visant le renforcement des atouts de l'entreprise, cette dernière va fouiller dans sa proximité afin de sélectionner le pays adéquat qui, de préférence, soit le plus proche de territoire national.

Choisir un pays proche géographiquement signifie des coûts de transport et de communication2 (deux composantes principales de l'infrastructure) réduits d'une part, et d'autre part un meilleur contrôle sur le site de production ou sur le circuit de distribution.

Les FMN sont généralement attirées par les régions qui ont un atout en matière de voies de communication. Les zones qui bénéficient d'une infrastructure de transport moderne seront, bien sûr, privilégiées, tout comme la présence d'équipements et de réseaux de télécommunication. Il est ainsi évident que si une zone n'est pas bien équipée, elle exercera un effet repoussoir sur les entreprises qui auraient désiré s'y implanter. La réduction des coûts internationaux de transport et de communication a augmenté la liberté du choix d'implantations des firmes

La plupart des pays en voie de développement ont promulgué des codes et des lois d'investissement qui définissent des régimes spécifiques et discriminatoires propices aux exigences de l'étape en matière d'attraction de l'investissement direct étranger. Ces codes ont ramené une panoplie de mesure visant à simplifier les formalités douanières à l'export aussi bien qu'à l'import, des exonérations fiscales, des régimes assouplis de création des filiales étrangères ainsi que le raccourcissement des procédures administratives vers une plus grande efficacité bureaucratique.

Alors que pour les pays industrialisés, ils ont gardé leur attractivité en matière d'IDE, tout en suivant un chemin différent. En fait la grandeur de leur marché (plus le PIB par tête est élevé, plus le pays attire des IDE destinés à produire des biens et services innovants et différencié) , leurs acquis technologiques, leur savoir faire, leur compétence managériale et le pouvoir d'achat de leur citoyen afin d'attirer la part de lion de l'IDE mondial.

3) Stabilité politique et économique :

a) Stabilité politique :

Le capital est lâche de nature, donc si un pays veut maximiser son attractivité pour les firmes multinationales, il est d'ordre vital de préparer les conditions macroéconomique aussi bien qu'un climat politique, tous marqués par un degré suffisant de sûreté et de certitude capable de conférer à la société étrangère la garantie requise.

La stabilité politique renvoie à la stabilité de régime au risque de nationalisation des entreprises étrangères, au niveau de corruption4(*), à la sécurité des bien et des personnes (criminalité, terrorisme).

Dans ce même cadre, et dans le contexte de regroupement régional, les firmes ont intérêt à investir dans des territoires avec lesquels leurs pays d'origine ont conclu des accords de coopération, de libre-échange, d'échange préférentiels, pour bénéficier des différentes motivations tangibles ( démantèlement tarifaire, dégrèvement fiscale, etc) d'une part , et d'autre part de garantir au plus la sécurité de leurs capitaux investis.

b) Stabilité économique :

Nous nous intéresserons ici à la stabilité macroéconomique qui se manifeste à travers trois élément principaux ; taux de change, stabilité de la monnaie et l'inflation qui ont une influence directe sur toute décision d'investissement dans un pays donné.

i) Taux de change :

Le taux de change exprime le prix d'une monnaie par rapport à une autre ou à plusieurs monnaies de référence. Plus la monnaie nationale se déprécie par rapport à/aux monnaie(s) de référence, plus les investisseurs de ces pays ont intérêt à se délocaliser vers le territoire national.

Ici se pose un problème relatif au taux de change utilisé. Or pour s'approcher plus de la réalité, il faut adopter le taux de change effectif réel qui tient plus d'attention à la variable inflation.

ii) Inflation :

L'inflation est l'augmentation de la masse monétaire en circulation qui conduit à une hausse de niveau général de prix. L'effet néfaste de l'inflation réside dans la diminution de la compétitivité du pays destination de l'IDE. Par conséquent, réduit l'attractivité de celui-ci.

. iii) Stabilité de la monnaie :

La stabilité de la monnaie dépend en grande partie du régime de change adopté par le pays en question ainsi que des interventions de l'institution d'émission.

À base d'une analyse attentive de la situation macroéconomique et aux objectifs politique d'ordre souverain, un pays va déterminer la nature de régime de change qu'il va adopté( fixe ou flexible).

Prenons le cas des PVD ( pays en voie de développement), qui sont en concurrence pour attirer les IDE sur leurs territoires, et pour êtres plus attractifs, faire ils doivent adopté un régime de change fixe qui permet de réduire l'incertitude relative à l'évolution de taux de change et encourager le commerce international et l'IDE.

Mais au même temps, ces pays se trouvent obligés de compléter leur intégration dans l'économie mondiale, à travers la libéralisation financière et le démantèlement des restrictions sur les mouvements de capitaux. Ce qui aura comme conséquence l'adoption d'un régime de change ou d'une position des régimes de change flexible.

Cette tendance flexible a comme avantages le rééquilibrage automatique de la balance de paiement, la réduction de risque d'attaque spéculative sur la monnaie nationale, l'indépendance de la politique monétaire,ainsi que le maintien de la compétitivité des produits nationaux sur les marchés étrangers.

Un arbitrage rigoureux entre les deux tendances extrêmes est requis de la part de l'autorité monétaire pour garder la stabilité monétaire et assurer le bon suivi des objectifs en matière d'attraction des firmes multinationales.

Pour conclure, il nous semble inévitable de mentionner La théorie éclectique5(*) de Dunning (1988) qui met l'accent sur l'utilisation des atouts et des ressources propres à un territoire (en matière technologique, de Marketing, de savoir faire organisationnel ou compétence managériale, avantage de coût de transport et de communication, etc.) lorsqu'ils sont complémentaires aux ressources et avantages spécifiques d'une organisation.

Dunning a recensé tous les avantages spécifiques d'un pays, qui peuvent déterminer le choix de délocalisation des firmes, ou presque.

Le tableau ci-dessous comporte une illustration de ces facteurs d'internationalisation ou des avantages spécifiques. L'ensemble de ces facteurs d'attraction forme ce que Dunning l'appelait le paradigme ESP qui est de son tour inclu dans le paradigme principal sous la division L.

Tableau 1

Le paradigme ESP

Environnement (E)

La quantité et la qualité des facteurs disponibles

· Ressources humaines

· Ressources naturelles

· Stades de développement économique

· « Background » culturel et historique

· la grandeur du marché

· les transports

· l'infrastructure de communication

· les réseaux de distributions

Système (S)

Les composantes de système social

· la liberté des entreprises

· système social

· Alliances avec les autres pays

· l'attitude envers les étrangers

· le langage

· la culture

Politique (P)

Politiques gouvernementales

· Macro-économique (fiscalité, monnaie, taux de change)

· Micro-économique ( les secteur industriels, les échanges, compétition)

· Général ( éducation, protection du consommateur

Toutefois il est a noter qu' aucun facteur n'est toujours prépondérant dans la détermination de la décision d'internationalisation d'une firme. Le classement de ces facteurs par ordre d'importance ou d'influence reste dynamique et dépend principalement de la conjoncture mondiale dynamique de nature, aussi bien que de la position concurrentielle de l'entreprise, voire même la situation purement interne de celle ci.

Section II : déterminants d'ordre microéconomique

On distingue entre les déterminants liées aux imperfections de marché et les déterminants liés au cycle de vie de produit.

P1.Imperfections de marché :

Selon l'optique micro-économique l'entreprise cherche, sans cesse à tirer ses indicateurs financiers à la hausse (CA, bénéfice,part de marché, rentabilité, etc.). Pour mettre ça au jour, elle est appelée à changer de terrain. Mais cela ne s'avère pas toujours évident car l'entreprise doit, tout au long de son chemin d'internationalisation, faire face à plusieurs obstacles et contraintes relatives aux marchés de destination. C'est ce que la littérature économique

l' appelle "Les imperfections".

Plusieurs théoriciens ont développé le concept du marché imparfait. Ainsi Stephen Hymer et Charles Kindleberger, dans les années 50-60, ont tenté d'expliquer L'internationalisation des firmes en fonction de la difficulté qu'éprouvent celles-ci à entrer sur un marché, les poussant à développer des avantages spécifiques leur permettant de contourner ces imperfections. Par la suite dans les années 70-80, la théorie de l'internalisation prend forme avec certains théoriciens comme Ronald Coase et Olivier Williamson. Les imperfections selon eux sont des coûts (coûts de transaction) que pour éviter ou pour minimiser, l'entreprise doit s'internaliser ; crée son propre marché interne entre la maison mère, ses filiales et ses partenaires.

Avant de passer à la détermination des effets ou des retombées de ces imperfections, il est exigé de les recenser. Un premier recensement a été élaboré par Hymer et Kindleberger (1969) et a abouti à quatre formes d'imperfections :

-Imperfections sur le marché des produits : techniques particulières de mercatique, image de marque, différentiation de produits, etc.

-Imperfections sur le marché de facteurs : accès privilégié aux marchés de capitaux, détention exclusive d'une technologie, méthode de gestion du personnel spécifique, etc.

-La possibilité d'exploiter des économies d'échelle internes et externes

-Les politiques interventionnistes des gouvernements.

Un deuxième recensement avait Dunning comme fondateur. Selon Dunning les imperfections de marché se classent en deux catégorie selon qu'elles sont naturelles ou structurelles. Une imperfection dite naturelle si elle se rapporte aux conditions d'offre ou de demande sur le marché et une imperfection est qualifiée de structurelle si elle est résultante des actions des participants intérieurs ou extérieurs au marché, qu'influencent les conditions de l'offre et de la demande (voir tableau2).

Tableau 2

Le marché imparfait

Imperfections Naturelles

Imperfections structurelles

1- Les coûts de transaction

-Bases : toute actions effectuées sur un marché occasionnant un coût ( en recherche ,en communication, en négociation, en transport.)

2- la connaissance du marché

-Base :

A) Incertitude sur l'obtention des informations sur le marché

B) La protection du savoir (les brevets et les droits de propriétés intellectuelles)

1- les positions monopolistiques ou oligopolistiques

-Base : le pouvoir sur un marché en détenant une position favorable.(jouer sur le prix, la R&D)

2- les gouvernements

-Base :les règles étatiques (les impôts, les taxes, les tarifs imposés ou les barrières économiques)

Source : ÉRIC JASMIN : « Nouvelle économie et firmes multinationales, les enjeux théoriques et analytiques. Le paradigme éclectique. »

Nul ne peut ignorer l'importance décisive des différentes imperfections indiquées, mais nous ne retiendrons que celles que nous voyons d'ordre micro-économique et qui sont en étroite relation avec l'entreprise.

1) L'avantage spécifique ou compétitif :résultant des imperfections et déterminant de la multinationalisation des firmes :

Hymer a proposé un postulat de départ qui présente les firmes étrangères comme désavantageuses par rapport aux firmes nationales. Cela peut se manifester à plusieurs niveaux à savoir les barrières linguistiques et culturelles, pratiques juridiques et goûts des consommateurs différents, possibilités de discrimination à l'égard des firmes étrangères et coût d'opération de la filiale à distance.

Pour rentabiliser l'investissement direct sur le marché étranger, on doit posséder un avantage spécifique capable de combler, l'écart perçue par rapport aux firmes locales.

Dans cette partie nous allons évoquer tout d'abord, l'origine de cet avantage avant de passer par la suite aux différent type d'avantages spécifiques.

a) Origine :

L'idée de départ était :  « La localisation (origine nationale) d'une organisation joue un rôle  important dans sa capacité à dégager un avantage global » Porter (1990).

Porter (1990) et Mucchielli (1985,1987) ont affirmé que l'avantage spécifique d'une firme a comme origine, la localisation initiale (le pays d'origine) à travers les avantages initiaux dont ce pays est doté, concernant son niveau technologique global, les qualifications de sa main d'oeuvre, la structure concurrentielle de son économie et l'importance de sa demande intérieure. Vu les avantages initiaux que doit posséder un pays d'origine, il devient donc clair pourquoi la majorité écrasante des multinationales a comme origine les pays développés ou industrialisés.

Revenons sur l'avantage compétitif pour ajouter qu'à un certain stade, la firme détentrice de cet avantage se trouve dans une situation où son exploitation de cet avantage devient infernale et peu profitable dans le cadre de pays d'origine (demande non suffisante, des coûts non-concurrentiels; surtout au niveau des coûts de facteurs, etc.), d'où vient la décision de changer de terrain (pour conserver et mieux exploiter son/ses avantages spécifique(s)). Donc si un pays s'arrête d'offrir des avantages qui accentuent et renforcent les avantages spécifiques d'une firme (il y a autant des avantages spécifiques que des avantages territoriaux ; chaque avantage spécifique détenu par une firme correspond à une gamme d'avantage offerte par le pays d'origine.), Celle ci décide de se délocaliser.

Quels sont donc ses avantages qualifiés de spécifique ?

b) Avantages spécifiques :

Dans ce paragraphe nous nous limiterons à l'exposition de deux théorie considérées comme les plus importante dans ce cadre là, même si de nouvelle approches viennent régulièrement nuancer ou compléter des aspects spécifiques au panorama théorique que nous allons maintenant brosser.

i) La Théorie de Hymer :

Stephen Hymer est considéré comme le précurseur en s'attaquant à ce sujet avec sa théorie de l'avantage spécifique.qui a été développé en 1968 avant d'être reprise ensuite par de nombreux auteurs.

Cette théorie soutient que si une entreprise décide de s'implanter à l'étranger, c'est pour y exploiter un avantage qui lui est propre. En fait elle permet de mettre en évidence les conditions requises pour assurer la multinationalisation réussite d'une firme, en se basant sur l'hypothèse admise qui prône qu'une entreprise possèdent un avantage spécifique transférable peut surmonter aisément les coûts d'implantation et réussir sa localisation étrangère.

Cet avantage peut être, d'après Hymer, d'ordre technologique, managérial, commercial, financier, ou tout simplement lié à la taille de l'entreprise.

· L'avantage spécifique lié à la technologie ou au savoir faire :

Les connaissances technologiques, fruits des efforts fournis dans le domaine de recherche et développement (R&D), les innovations organisationnelles, ainsi que le savoir faire lié à la maîtrise de la technologie font partie de cet avantage.

Hymer a basé sa théorie sur une étude faite auprès des multinationales américaines dans une époque où celle-ci régnaient encore sans partage sur le globe. Il a remarqué qu'aucune de ces multinationales n'aurait conquérir des marchés étrangers si elle n'avait pas un avantage concurrentiel décisif d'ordre technologique dans son domaine( leadership technologique).

La délocalisation ou l'implantation sur le marché étranger trouve sa raison d'être, entre autres, dans la volonté de ces multinationales de préserver leurs avantages technologiques, en évitant toute sorte de coopérations ou d'alliance avec des entreprise locales (joint venture, piggy back, franchise, etc.), la maîtrise de la technologie confère à l'entreprise une suprématie qui l'emporte de loin sur tous les coûts et les frais supportés lors de l'opération de l'implantation. Il est a noter enfin que la notion de savoir-faire est assimilable à un avantage technologique.

· L'avantage lié à la marque ou à la réputation :

La liste des multinationales à travers le monde est, avant tout, une liste de marques, prestigieuse le plus souvent. Il est incontestable que la marque a longtemps représenté - et représente encore dans une large mesure- un atout considérable pour une entreprise qui souhaite s'implanter sur un territoire étranger. Il s'agit en fait de l'actif incorporel le plus précieux pour la firme (intangible asset).

Avec le progrès très rapide des moyens de communication et de média, il est tout à fait, évident de nos jours de voir des entreprises dont la réputation et l'image de marque précèdent de loin leur présence effective sur un marché donné. Donc l'entreprise n'a pas besoin de mobiliser des fonds colossaux pour le marketing afin de se faire connaître.

· L'avantage lié à la taille :

Cet avantage est mesuré de plusieurs manières ; chiffre d'affaires, part de marché, contribution à l'emploi, résultat net, actifs possédés, etc.

Il constitue l'avantage spécifique le plus énorme, pour plusieurs raisons.

-D'abord les entreprises de grande taille ont les moyens de faire de la R&D et donc de créer ou de perpétuer un avantage technologique.

-De même, les entreprises de grande taille ont les moyens de faire de la publicité à grande échelle et ainsi de créer et d'entretenir une image et une marque.

-La multinationale qui arrive sur un marché va pouvoir négocier en position de force avec les fournisseurs locaux et obtenir des prix intéressants en raison des quantités qu'elle promet d'acheter.

-La firme de grande taille, par la production de masse qui est la sienne sur son marché d'origine, peut réaliser des économies d'échelle dans la production de certains composants qui vont bénéficier aux filiales implantées dans des pays étrangers.

Il convient d'ajouter que la solidité financière d'une firme, peut la doté d'un avantage spécifique (technologique) tout en procédant à l'acquisition d'une autre firme détentrice de cet avantage.

Toutefois il ne faut pas négliger que la grandeur d'une entreprise peut se transformer en un handicap pour elle, dans la mesure où elle l'empêche de conquérir des petits marchés. Or tout marché porteur est au début, par définition, petit. C'est ce qui explique qu'une start-up qui n'a pas besoin d'un gros marché pour débuter est souvent plus habile à commercialiser des produits innovants. En effet, à mesure qu'une entreprise croit en taille, il lui devient difficile de s'intéresser à des marchés dont l'importance initiale est faible. Seules les PME peuvent prendre avantage de ses marchés et d'y réaliser plus de bénéfice ainsi qu'un maximum de croissance

À la fin de cette présentation de la théorie de Hymer, il est nécessaire de mentionner que cette théorie reste cependant incomplète et nécessite d'être mieux développée et mise au point. C'est ce que certains économistes ont essayé de faire.

ii) La Théorie de Dunning :

Dunning a répondu à la question portant sur la raison poussant les entreprises d'aller à l'étranger de la manière suivante : « parce qu'elles détiennent un avantage spécifique qui leur assurent que les avantages d'une multinationalisation surpassent, à long terme, les coûts exigés »6(*).

Cette réponse a mis en relation de forte corrélation les coûts engendrés par la conquête d'un nouveau marché, et les bénéfices tirés par cette aventure tout en se basant sur les avantages propres à la firme.

Donc les avantages qu'amène une multinationalisation doivent êtres supérieurs aux coûts générés appelés « handicap de l'étranger ».

« la firme peut aussi bien vouloir exporter son O initial et bénéficier des avantages qu'amène une nouvelle location qu'elle peut vouloir aussi acquérir des nouveaux O. Elle veut aussi modifier les structures de concurrence entre les firmes à son avantage. Ainsi, en exportant et en acquérant des avantages spécifiques, une firme devient de plus en plus compétitive dans plusieurs domaines face à ses concurrents ». Dunning : « The eclectic paradigm in an age of alliance capitalism ».

Dunning a classé les avantages spécifiques d'une firme en trois principales catégories. Une première englobe des avantages reliés aux savoirs spécialisés, aux innovations et au niveau de développement technologique. Une deuxième englobant des avantages reliés aux économies de taille, économie d'échelle ou à la recherche de nouveau capital permettant d'abaisser le coût unitaire de la production. Une troisième rassemblant des avantages reliés à une structure voulue de marché ; recherche d'une position monopolistique ou oligopolistique sur un marché déterminé.

Tableau 3 Les avantages spécifiques (O)

1)Les savoirs spécialisés

· Les innovations

· Niveau de développement technologique

· Savoir faire des gens

2)Économie de taille

· Économie d'échelle

· Économie de gamme

· La recherche de nouveau capital permettant d'abaisser le coût unitaire de la production

3) les avantages peuvent être de type « monopolistique

· Première firme à percer le marché

· Détention d'une marque reconnu

2) Le coût de transaction :résultant des imperfections et déterminant de l'internalisation :

Une firme possédant un avantage spécifique est une multinationale potentielle. C'est ce qu'a dit Hymer, mais ce dernier a négligé que cet avantage, surtout s'il a été de nature technologique , est le résultat d'un processus long et coûteux d'investissement en R&D. d'ou vient la nécessité de le protéger.Buckly et Casson (1976)

Ainsi contrairement à l'approche de Hymer-Kindleberger, ce n'est pas la détention d'un actif spécifique qui donne un avantage à une firme, mais c'est sa capacité à l'internaliser plutôt que de le céder à une autre firme. D'où la théorie d'internalisation a vu le jour.

a)Origine :

l'article fondateur de Coase (1937)sur la nature de la firme est à l'origine du concept de l'Internalisation. Coase s'est basé sur une constatation importante concernant les coûts liés à la coordination des activités dans le cadre de processus de production d'une entreprise, c'est leur valeur jugée importante.

Ces coûts, appelés coûts de transaction, sont liés à la recherche et au recueil de l'information dans un marché bourré des imperfections et dans un environnement global imparfait.

Ces coûts sont inévitables, surtout lorsqu'il s'agit d'un marché étranger, et sont relatifs à la négociation de contrat, de conclusion et de surveillance de leur application. Si les coûts de transactions sont supérieurs au coût de création d'un marché interne, la firme internalisera les transactions au sein de son organisation.

b) Développement de la théorie :

L'intuition de Coase a été prise comme base pour des réflexions ultérieures sur ce sujet.

Ça commençait avec Buckley et Casson vers les années 1970. Ces deux ont reprochés aux travaux précédents leur vision restreinte concernant les coûts des transaction en les limitant à l'aspect production.

En effet, ils ont étendu leur analyse afin de prendre en compte la R&D, la mercatique, l'organisation, la formation du personnel et la gestion des actifs financiers. Tous ces facteurs précités sont indépendants et sont liés par des flux de biens intermédiaires, lesquels ne sont pas uniquement des biens semi-ordinaires. Ce sont le plus souvent différentes formes de connaissances et de compétence techniques incorporées dans un brevet ou du capital humain.

Ainsi Buckley et Casson posent trois postulat simples :  «  l'objectif de la firme est de maximiser son profit dans un univers de concurrence imparfaite ; la firme créée son propre marché interne afin de contourner les imperfections sur le marché de biens intermédiaires aussi bien que sur le marché de produit final (limitation de la circulation des produits à cause des barrières douanières et quotas) ; l'internalisation à travers les frontières nationales génère les multinationales ».

Dunning (1981) a mis au point le concept de l'internalisation, à travers une vision plus globale et plus complète. Avec Dunning l'internalisation n'est plus en étroite relation avec les coûts de transaction seulement. Elle devient multidimensionnelle, avec les nouveaux intervenants ou déterminants qui ont marqué leurs présences cette fois.C'est vrai que pour Dunning l'internalisation n'a pas, les coûts de transaction, comme une seule raison d'être. Mais elle a gardé, les imperfections de marché, comme origine. Dunning a commencé son étude par la question suivante :

Quelle organisation devrait-on adopter pour maximiser les avantages spécifiques de la firme et bénéficier des avantages spécifiques de la localisation ?

« L' organisation évoquée dans cette question est la façon la plus rationnelle et la plus efficace avec laquelle une entreprise, va maximiser son avantage spécifique en conquérant des marchés étrangers. Dunning a explicité les différentes possibilités d'organisation possible en allant de la simple exportation jusqu'à l'internalisation en passant par le joint-venture et la cession de licence (pour les actifs intangibles). la décision finale revient à l'entreprise qui connaît le mieux la nature de son/ses avantage (s) spécifique(s), ainsi que la meilleur organisation, permettant le renforcement et protection de ces avantages ».

Ainsi lorsqu'une firme réunit simultanément l'avantage spécifique et l'avantage à l'internalisation, si l'avantage à la localisation est situé hors de son pays d'origine, elle investira à l'étranger. Si elle ne dispose que de l'avantage spécifique, elle pénétra le marché extérieur par une exportation.

Dans le but d'aider les entreprises à mieux prendre leur décision concernant l'internalisation, Dunning a élaboré une liste exhaustive des avantages et des inconvénients de cette organisation.

Tableau 4 : les avantages et les inconvénients de l'internalisation

Les avantages

Les inconvénients

· Un meilleur contrôle sur la chaîne de production

· Une baisse des coûts de transaction

· La possibilité d'exploiter une certaine puissance monopolistique

· Un accès à un nouveau marché

· La protection des transferts de technologie

· Une meilleure coordination entre la production et les réseaux de distribution

· Une prise de contrôle sur les habiletés locales et/ou le coût réduit de ressources dans le processus de production

1. Tout d'abord, plus la taille de l'entreprise est imposante, plus l'entreprise demande une grande administration

2. Complexification des réseaux d'intégration verticale et horizontale5 de la firme

3. Nécessité de grand capital fusionner, acquérir et créer

4. Mise à niveau de connaissance

Pour conclure ce paragraphe, il est à noter qu'indépendamment de la motivation qui pousse une entreprise à l'internationalisation, la multinationalisation reste le moyen idéal pour conserver l'avantage spécifique acquis dans le pays d'origine, et les filiales sont intégrées à la société-mère pour former un marché interne à l'échelle mondiale.

* 4 CPI (corruption perception index) et BPI (Bribe payers index) : ces sont deux indicateurs de corruption publiés par Transparency International

* 5 .éclectique car elle recouvre toutes les formes d'exploitation des marchés étrangers selon la nature des avantages en présence.

Elle est appelée théorie de Dunning ou « paradigme » de Dunning qui est en fait réduit parfois en « paradigme OLI » faisant référence au trois divisions qui constituent le noyau de cette théorie ; (O :ownership, se référant aux avantages spécifiques de l'entreprise) (L : location se référant aux avantages spécifiques au territoire d'accueil) et ( I :Internalization advantage)

* 6 ÉRIC JASMIN : « Nouvelle économie et firmes multinationales, les enjeux théoriques et analytiques. Le paradigme éclectique. »

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