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Diversification des exportations au Bénin : Outils de mesure, déterminants et impact sur la croissance.

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par Bignon S. BATONON
UAC/ENEAM - DTS 2007
  

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Paragraphe 3 : Revue de littérature

3.1- Approche traditionnelle :

Selon une définition générale, la diversification consiste à élargir progressivement la gamme des produits fabriqués sans modifier nécessairement les niveaux de productivité.

L'exportation est quant à elle, l'action de diffuser à l'étranger des idées, une mode ou des marchandises. Selon H. Gouthon (2004), président du Conseil National pour l'Exportation, exporter n'est pas le fait d'expédier mais il doit correspondre pour un pays à la sécurité alimentaire et doit relever du pouvoir d'achat et de la correction de la balance commerciale d'une manière concomitante.

Par ailleurs, le commerce international est lié au désir d'accroître les profits et d'améliorer le niveau de vie. De temps en temps, des échanges s'effectuent parce qu'un pays est incapable de produire un bien particulier qui existe, mais, de façon générale, on fait du commerce parce que cela permet de se concentrer sur ce qu'on fait de mieux tout en obtenant d'autres biens et services des autres pays. Ce mélange de la spécialisation et des échanges permet de produire davantage avec moins de moyens, ce qui avantage tout le monde au bout du compte (G. Hodgson, 2004).

Des études menées récemment ont fait recours à un critère. En effet, pour évaluer la diversification des exportations, on utilise des données chronologiques pour déterminer et comparer les expériences respectives des différents produits.

Dans l'analyse de la relation entre la diversification et la croissance, la plupart des auteurs ont utilisé des modèles macroéconométriques où ils ont cherché à tester la corrélation entre le niveau de croissance et différents indices de diversification. A ce niveau, il faut mentionner les travaux de Jean-Claude Berthélemy qui a utilisé une méthodologie particulière. Dans un premier temps, il utilise la méthodologie traditionnelle de décomposition de la contribution des différents facteurs à la croissance. Il utilise ensuite une fonction de production Cobb Douglas qu'il décompose en différentes contributions : le capital, le travail et la productivité totale des facteurs. Par la suite, il cherche à travers une régression

économétrique à estimer les différents facteurs qui expliquent la productivité totale des facteurs. A ce niveau, il a retenu plusieurs variables explicatives dont l'indice de diversification, le financement de développement, l'ouverture de l'économie, le capital humain. Cette méthodologie est intéressante car elle permet, à travers la productivité totale des facteurs, de montrer la contribution de la diversification à la croissance économique.

Selon J-C. Berthélemy (2006), il est nécessaire de mettre de plus en plus l'accent sur la question de la diversification dans le débat économique et sur la nécessité de réorienter les politiques commerciales et industrielles (Commerce international et diversification économique, à paraître dans la Revue d'Economie Politique).

3.2- Etudes empiriques :

La question de la diversification n'est pas récente dans la littérature économique. Elle a été au centre des premiers travaux sur le développement économique. Les travaux de B. F. Massel (1970) sur la diversification ont montré qu'elle joue un rôle essentiel dans la maîtrise des aléas de la conjoncture et particulièrement des fluctuations des cours de matières premières pour les pays en développement (Export instability and economic structure, American Economic Review).

La théorie des avantages comparatifs stipule que l'allocation optimale des ressources est celle dans laquelle chaque nation se spécialise sur ce qu'elle sait le mieux faire. Ceci devrait donc en principe réduire la diversification. On constate néanmoins que les pays développés, et des pays en développement très ouverts sont très diversifiés.

Les travaux sur la diversification ont mis l'accent sur une série d'éléments considérés comme essentiels dans le renforcement des tissus productifs des pays en développement. Le premier élément est lié à la capacité d'investissement ou d'accumulation des pays. La première génération des travaux sur la diversification a

également été à l'origine d'un important débat sur les priorités sectorielles. En effet, si certains défendaient l'idée d'une croissance équilibrée, d'autres plus nombreux mettaient l'accent sur le caractère structurant de certains secteurs qui peuvent jouer un rôle d'entraînement sur le reste de l'économie. C'est cela qu'a essayé de développer A. O. Hirschman dans son ouvrage intitulé « The strategy of economic development, Yale University Press, New Haven » en 1958. Parallèlement à l'accumulation du capital et aux politiques sectorielles, les premiers travaux sur la diversification ont également insisté sur le rôle de l'industrie. En effet, selon A. Gerschenkron (Economic backwardness in historical perspective, Belknap, Cambridge, 1962.) un consensus a été établi autour du développement industriel et de sa place dans la transformation des économies traditionnelles et la modernisation des structures productives des pays en développement.

Selon Al-Marhubi (2000), la diversification des exportations se présente comme l'une des variables explicatives dans l'analyse du recul de la croissance économique et le recours au taux de concentration comme méthode de diversification s'est avéré une fois de plus utile pour l'examen de cette relation.

L'impact positif du commerce extérieur sur la croissance des Pays en Voie de Développement n'est pas systématique. La réussite du modèle des Nouveaux Pays Industrialisés d'Asie, où la croissance est tirée par l'extérieur, masque les problèmes rencontrés par les autres grandes zones de développement. Les tests révèlent que l'ouverture et par ricochet le développement des exportations ne peut palier l'absence des conditions internes favorables à la croissance. Si ces conditions préalables n'existent pas, l'ouverture peut figer des situations de sous- développement et se révéler inefficace voire dans des cas extrêmes. (Centre d'Etude et de Recherche sur le Développement International (CERDI) : Ouverture commerciale et croissance des PED- Une étude sur les données de panel 1980 - 1996).

Le CAPC qui est un projet de la Commission Economique pour l'Afrique, soutenu financièrement par le Fonds Canadien pour l'Afrique a, dans sa

36ème publication, définit la diversification des exportations comme étant « la méthode qui consiste à modifier la physionomie des Exportations ». Aussi, l'étude tente de faire une analyse globale de la situation de l'Afrique quant à la place qu'elle occupe dans le rang de la mondialisation et de son effort pour la diversification de ses exportations. Sa critique a donc abouti à la conclusion selon laquelle l'Afrique est très en marge dans les échanges mondiaux. Il ne peut d'ailleurs en être autrement car les pays africains ont une croissance économique très faible et fragile et donc que ces progrès sont insuffisants pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire et que les exportations en Afrique sont très peu diversifiées. Plusieurs outils de mesure de la diversification sont proposés dans cette étude.

>L'indice d'ogive est l'un des indices de diversification industrielle les plus couramment utilisés. Cet indice mesure la déviation par rapport à une répartition équitable de l'emploi dans tous les secteurs, c'est-à-dire la moyenne de la distribution. Cet indice peut également être utilisé comme mesure de la diversification des exportations ou de la concentration. La valeur minimale de l'indice, c'est-à-dire zéro, est atteinte lorsque la part des exportations est répartie équitablement entre les différents produits. Lorsque la valeur OGV se rapproche de zéro, l'économie en question est considérée comme étant fortement diversifiée. Par contre, une valeur OGV plus importante est le signe d'une économie relativement moins diversifiée, ce qui signifie que sa gamme des exportations ne compte que quelques produits.

>Un apport essentiel des travaux de Shannon concerne la notion d'entropie. L'entropie est une forme de mesure qui a été appliquée dans de nombreux domaines, comme les sciences, la théorie de la communication, le commerce et les finances, et l'économie. A titre d'exemple, dans les sciences biologiques et du comportement, on a utilisé l'entropie comme mesure de la désorganisation. Dans un contexte de commercialisation, l'entropie peut représenter la répartition des préférences des consommateurs pour différentes marques. Les applications de l'entropie à la statistique sont apparues à la fin des années 60 et 70. En tant que

mesure de la diversité, l'indice d'entropie reflète la diversité ou l'étendue de la répartition.

>Mis au point par A. Hirschman en 1945, l'indice de Hirschman, qui sert à mesurer le degré de diversification, a été surtout utilisé pour mesurer la concentration des échanges et des produits. D'après Hirschman, cet indice sert de mesure lorsque la concentration est fonction à la fois d'une répartition inégale et du nombre limité de produits.

>On peut également utiliser l'indice de Hirschman comme mesure relative de la diversification en exprimant sa valeur entre 0 et 1. Il s'agit de l'indice de Hirschman-normalisé.

>L'indice agrégatif de spécialisation qui sert à mesurer la diversification des exportations, est tiré d'un indice de la concentration de la répartition des exportations selon les produits. Comme on l'a vu plus haut, il est très proche de l'indice de Hirschman de la concentration du commerce. Berthélemy et Sorderling (2001) ont utilisé un indice de diversification qui est l'inverse de l'indice agrégatif de spécialisation (SPE).

Le CAPC, dans cette même publication a proposé un modèle de diversification. En effet, une étude empirique a été effectuée sur des données de panel pour plusieurs pays Africains. Cette analyse empirique a permis d'identifier les déterminants de la diversification de ces pays. Le modèle se spécifie de la manière suivante :

I1= [30+[31GCFt+[32GDPcat+[33Indprodt+ [34Tradet+ [35Inflatet+ [36Extratet+
[37Fbalancet+ [38Gouvernt+ [39Conflicç +ìt.

I1 étant l'indice de diversification; GCF la formation de capital brut représentant l'investissement ; GDPca le PIB par habitant; Indprod l'indice de la production industrielle ; Trade l'ouverture commerciale ; inflate l'inflation ; Exrate le taux de change; Fbalance l'équilibre budgétaire ; Govern la gouvernance; Conflict la variable

fictive indiquant l'existence d'un conflit ; âi les coefficients à estimer ; et t l'indice temporelle.

Par ailleurs, dans sa 62ème publication, le CAPC fait une autre étude sur la diversification des exportations qui consiste à analyser les effets des politiques

publiques et des chocs exogènes sur la diversification des économies et la
croissance dans la perspective d'atteindre les Objectifs du Millénaires

pour le Développement. Dans cette perspective, le CAPC a cherché à introduire, dans les différents secteurs, l'articulation entre plusieurs formes d'organisation de la production afin de rendre compte de la multiplicité des structures économiques dans les pays en développement.

3.3- Différents types de diversification selon le CAPC

Le premier type de diversification concerne les pays à faible diversification économique. L'étude a constaté que de nombreux pays africains appartenaient à cette catégorie. On peut constater que ces pays affichent une croissance moyenne positive sur la période 1981-2000. Le Bénin, le Burkina Faso et le Malawi ont des taux de croissance annuels respectifs de 3,8 %, 3,7 % et 3%. La principale source de croissance est l'accumulation des facteurs plutôt que la productivité totale des facteurs. Toutefois, même si la croissance dans ces pays est positive, sur les vingt dernières années, leurs taux de croissance ne correspondent pas au niveau nécessaire au décollage économique, comme c'est le cas dans les économies à forte croissance des pays d'Asie de l'Est.

Le deuxième type de diversification s'applique aux pays qui ont entamé le processus de diversification mais sans faire de progrès notables. Là aussi, la principale source de croissance est l'accumulation des facteurs plutôt que la productivité totale des facteurs. A noter cependant que la contribution moyenne de la productivité totale des facteurs à la croissance au Sénégal et au Zimbabwe est positive.

Le troisième type de diversification se retrouve dans les pays dont le processus de diversification est bien avancé.

Les pays qui ont enregistré des gains précoces en matière de diversification avant de tendre vers la spécialisation dans un nombre réduit de produits relèvent du quatrième type de diversification.

Le cinquième type de diversification peut se constater dans les pays en conflit ou sortant d'un conflit. Les pays de cette catégorie, à l'exemple du Liberia et de la République Démocratique du Congo, ne sont ni diversifiés ni fortement spécialisés.

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote