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Impact de l'adoption des variétés améliorées de riz sur la scolarisation et la santé des enfants au Bénin: Cas du département des collines

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par Souléà¯mane Adéyèmi ADEKAMBI
Université d'Abomey-Calavi (République du Bénin) - Ingénieur Agronome 2005
  

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2-3- Déterminants de la scolarisation des enfants

L'éducation sous toutes ses formes en général et l'éducation formelle en particulier apparaît de nos jours comme l'un des moyens les plus sûrs pour qu'un Etat accède à un niveau de développement économique et social.

Au Bénin, l'examen des statistiques scolaires de ces dix (10) dernières années a révélé que d'une manière générale, des progrès ont été réalisés à tous les niveaux du système éducatif béninois : pour l'enseignement primaire, le taux brut de scolarisation (TBS) qui était d'environ 59,5% en 1990, est estimé à 80% en 1999. Dans l'enseignement secondaire, le TBS qui se situait à environ 12 % en 1992 a atteint le niveau de 19% en 1999 avec 26% dans le premier cycle et 8 % dans le second. Pour ce qui est de l'accès à l'enseignement primaire, il est plus ou moins universel en zone urbaine alors que dans les zones rurales, le taux d'accès est de l'ordre de 86 % pour les garçons et seulement de 64 % pour les filles (DSRP, 2002). Bien que ces taux d'accès soient relativement élevés, la rétention en est un autre problème surtout dans les milieux ruraux où les enfants, à partir d'un certain âge, constituent des forces de travail pour leur famille. En effet, la combinaison des différenciations dans l'accès et celles dans la rétention dans le cycle primaire donne une forte diversité entre groupes dans la proportion de la tranche d'âge qui termine le primaire, avec 70% chez les garçons urbains, 47% chez les filles urbaines, 39% chez les garçons ruraux et 14% chez les filles rurales (DSRP, op.cit).

Plusieurs études ont été menées dans le monde pour analyser l'effet du travail des enfants sur leur
scolarisation, leur rétention à l'école, leur développement etc. En effet, Akabayashi et
Psacharopoulos (1999), en recourant à des données provenant d'un sondage datant de 1993 en

République-Unie de Tanzanie, ont examiné les liens entre le travail des enfants et le développement du capital humain. Ils ont constaté que des facteurs contribuant à l'augmentation des heures de travail des enfants diminuent également les heures d'étude dont ils bénéficient et que les heures de travail ont une corrélation négative avec la capacité d'étudier.

Canagarajah et Skyt Nielson (1999), dans leur étude sur l'analyse des éléments déterminant le travail des enfants en Côte d'Ivoire, au Ghana et en Zambie dans le cadre de la fréquentation scolaire, ont constaté que la pauvreté et la composition des foyers ont les plus grands effets sur le travail des enfants.

Assaad et al (2001) quant à eux, dans leur rapport présenté à l'Atelier sur l'analyse de la pauvreté et les facteurs déterminants dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, ont décrit la relation entre le travail et la fréquentation scolaire en Égypte. En se demandant dans quelle mesure le travail réduit la fréquentation scolaire ainsi que la façon dont la définition du travail affecte la compréhension qu'a chacun des implications sexospécifiques, ils ont constaté que le travail a un effet disproportionné sur les filles, que ce soit au niveau de la main-d'oeuvre ou au foyer, et est plus à même de les empêcher de s'inscrire à l'école ou de fréquenter cette dernière.

Cherchant à souligner le rôle capital de la famille dans la scolarisation des enfants, Lloyd (1993) soutient que la famille en général et la famille africaine en particulier est loin d'être une unité physique, économique et affective. Au contraire, les familles se séparent souvent pour des raisons économiques (émigration professionnelle du conjoint, généralement le père) ou démographique (polygamie, divorce, veuvage, remariage, etc.). Plusieurs enfants naissent et grandissent dans ce contexte. Aussi, « les enfants des familles séparées sont souvent privés d'instruction, parce qu'ils doivent se débrouiller tout seuls et subvenir aux besoins de leurs parents, frères et soeurs ».

A partir des données intercensitaires au Togo, Pilon (1995) constate que les chefs de ménage de sexe féminin scolarisent davantage leurs enfants que les hommes, et qu'elles donnent priorité à la scolarisation des garçons que des filles. Il constate également que les enfants d'un même ménage ne bénéficient pas de la même instruction selon leur statut familial, c'est-à-dire selon qu'ils soient des enfants propres aux conjoints ou des enfants confiés. Il en a conclu qu'il existe des stratégies familiales dans la scolarisation des enfants qui sont en défaveur de certaines catégories d'enfants, mais qui sont encore méconnues.

Pour Lututala et al. (1996), c'est la crise économique qui rend souvent les parents incapables de faire face aux coûts de la scolarisation. A partir de cet instant, le choix peut être dicté par une priorité établie selon les caractéristiques des enfants. Ainsi, on peut postuler que « les garçons sont plus scolarisés que les filles» d'une part, et d'autre part, « les enfants propres du ménage sont plus scolarisés que les autres enfants ».

Mabika et Dimbuene (2002), en recherchant les déterminants familiaux de la scolarisation en République Démocratique du Congo à partir d'un modèle de régression logistique, ont constaté que la scolarisation des enfants dépend du niveau d'instruction du chef de ménage et de son conjoint, du niveau socio-économique du chef de ménage, de son degré d'activité, selon qu'il travaille ou non.

2-4- Déterminants de la santé des enfants

L'un des thèmes les plus répandus dans les études épidémiologiques est le lien entre le statut socio-économique et l'état de santé. Selon Scott (2002), ce facteur joue un rôle déterminant en matière de santé. En effet, bien que les politiques de santé des pays africains au sud du Sahara aient connu, depuis ces trois dernières décennies, de nombreuses réformes dont le renforcement de l'offre publique de soins de premier niveau, les taux d'utilisation des structures de soins sont restés faibles dans l'ensemble de ces pays et oscille, en 2003, entre 0,10 et 0,30 contact/personne/an (Audibert et al., 2004). Dans le cas spécifique du Bénin, ces taux sont inférieurs à 0,4 visite par personne par an (DSRP, 2002). Selon de Sardan (2004), les facteurs économique et culturel sont souvent invoqués pour expliquer ce faible taux observé. D'une part, la paupérisation de plus en plus poussée de la population rurale fait que les centres de santé sont peu fréquentés, et les chefs de ménages, dans ces conditions investissent moins dans la santé des membres de leur ménage. Et d'autre part, la culture locale est incriminée en ce que des coutumes, des habitudes ou des représentations et pratiques populaires, voire l'ignorance des populations dissuaderaient les malades de se rendre à temps dans les structures de santé, par un recours excessif aux traitements dits « traditionnels » ou aux guérisseurs.

L'Agence de Santé Publique de Canada (ASPEC) (2004), en utilisant une approche axée sur la
santé de la population pour examiner une vaste gamme de facteurs interdépendants qui
déterminent la santé des enfants et des jeunes, incluant des capacités individuelles, des habiletés

d'adaptation et des déterminants sociaux et économiques là où les jeunes vivent, apprennent, travaillent et se divertissent, a abouti à la conclusion selon laquelle les facteurs déterminants les plus significatifs de la santé physique et émotionnelle des jeunes sont le genre, l'aisance financière de la famille (statut économique), le milieu scolaire et l'influence des pairs au regard des comportements à risque.

Malgré le nombre d'études (Becker, 1974; Haveman et Wolfe, 1995 ; cités par ASPC, 2004) ayant révélé qu'il existe des liens considérables entre le revenu familial et la santé des jeunes, d'autres études (Curtis et al., 1998; Dooley et al., 1998a,b) par contre ont révélé que les relations entre ces deux facteurs sont peu marquées et même parfois négligeable. Ces résultats semblent contredire la théorie économique selon laquelle le niveau de revenu est une composante essentielle du bien-être des enfants.

Le peu d'importance empirique relative du revenu pour le bien-être des enfants peut aussi s'expliquer comme suit (ASPC, op.cit):

a) le revenu et/ou la pauvreté sont sujets à des erreurs de mesure, ce qui biaise les coefficients;

b) il peut y avoir des problèmes d'endogénéité (par exemple, il pourrait être difficile pour une mère seule avec un enfant gravement malade de travailler à plein temps);

c) le revenu et/ou la pauvreté peuvent être en corrélation étroite avec d'autres variables socio-économiques habituellement incluses dans les modèles de régression des déterminants du bien-être de l'enfant, affaiblissant ainsi les niveaux de signification (par exemple, le faible revenu et le statut de mère seule sont en corrélation très étroite). Ces préoccupations, quoique très valables, sont difficiles à isoler lorsqu'on étudie les relations socio-économiques et leurs conséquences pour la santé dans un ensemble de données transversales.

Selon Korenman et al. (1995), l'évolution de la pauvreté à long terme aurait un impact modéré sur le développement cognitif des enfants.

Mayer (1997) quant à elle a examiné la documentation existante et a utilisé plusieurs ensembles de données américaines pour conclure que l'impact des hausses du revenu parental sur les résultats des enfants, toutes autres considérations étant égales, « est loin d'être aussi important que de nombreux adeptes du libéralisme politique l'imaginent, sans pour autant être nul comme de

nombreux adeptes du conservatisme politique semblent le croire ». Elle ajoute que, même si le revenu a peu d'impact sur un résultat donné, il semble affecter la plupart des résultats dans une certaine mesure, de sorte qu'une hausse de revenu pourrait avoir un impact cumulatif substantiel. Par conséquent, modifier la distribution des revenus (en augmentant le revenu des familles pauvres) pourrait être aussi rentable qu'une autre politique.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry