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Le transport international de fruits sous temperature dirigée: Cas du transport par voie maritime de la banane de Côte d'Ivoire vers l'Europe

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par Stéphane DIE KOUADIO
ESC Lille - Mastère Spécialisé 2005
  

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Section 2 : La Côte d'Ivoire et le Marché Communautaire (UE) : des rapports privilégiés

§ 1 : Les relations France - Côte d'Ivoire

Ancienne colonie française, la Côte d'Ivoire a su tirer profit de son histoire commune avec l'hexagone. Le marché européen, depuis sa création, en 1957, et jusqu'en 1993, date de la mise en place du marché commun de la banane, faisait l'objet d'un mode de réglementation complexe et original qui juxtaposait les différentes réglementations nationales.

Le marché français avait déjà une forte réglementation. En effet, depuis 1931, la quasi totalité des importations de bananes étaient contingentées.

En 1962, lors de la mise en place de la Politique Agricole Commune (PAC), le général De Gaulle et le premier ministre de l'époque Michel Débré, ont négocié la création d'un système de quotas à droits nuls pour le seul marché français.

Il privilégiait les départements d'Outre-Mer (Martinique et Guadeloupe pour les 2/3 de l'approvisionnement de ce marché) et les ACP africains francophones (Côte d'Ivoire, Madagascar et Cameroun pour le 1/3 restant).

L'origine dollars n'étant utilisée qu'exceptionnellement lorsque la demande ne pouvait être satisfaite. Les bananes dollars devaient supporter un tarif extérieur commun de 20%18, car provenant de pays tiers. En 1998, la France a recours à l'article 15 du Traité de Rome pour limiter les exportations des pays tiers. Cet article donne droit de réduire les droits de douanes des produits d'autres Etats membres, ce qui les rend plus compétitifs et sert à réduire indirectement les importations des bananes de pays considérés comme tiers.

18 Reith V. Chagneau, M. « La guerre des bananes » ; Périodique Alternatives Economiques. 04/1996, n° 136.

Selon l'étude du Ministère de la Coopération et du Développement,19 les caractéristiques du marché français, d'avant 1993 se résume en cinq point :

· C'est un marché très protégé par la réglementation nationale en vigueur, mais dont la gestion revient à la profession.

· C'est un comité semi-privé, le Comité Interprofessionnel Bananier (CIB), regroupant l'intégralité des représentants de la filière, qui détermine le volume des approvisionnements pour chaque origine admise, il fait appel au Groupement d'Intérêt Economique Bananier (GIEB), organisme public qui est chargé d'effectuer les achats complémentaires nécessaires à l'approvisionnement du marché par l'importation de pays tiers.

· C'est un marché qui stagne en volume et dont la consommation par habitants est en deçà du niveau atteint de 1977 à 1982. Cependant ces données sont à réajuster aujourd'hui car la consommation par an et par habitant en France pour l'année 1997 était de 8 kg.20

· C'est un marché qui fait naturellement appel à l'article 15 du Traité de Rome.

· Le CIB représente l'intégralité des opérateurs intervenant dans la filière banane; producteurs mûris seurs, commissionnaires-importateurs, détaillants ainsi qu'en qualité de membre associés les transporteurs maritimes et les transitaires.

Pour sa part la Côte d'Ivoire prenait une place de plus en plus importante en ce qui con- cerne les importations de bananes de la France. En tant que pays ACP, celle-ci va bénéficier d'une seconde protection accordée par la convention de Lomé IV ( 04/11/95).

19 « Le marché de la banane », Ed. du Ministère de la Coopération et du Développement, 1992, p. 60.

§ 2 : Relation Europe - Côte d'Ivoire

Notons que la première convention de Lomé fut conclue en 1975. Le protocole n° 5 annexé à la convention de Lomé IV, lors des accords signés à Maurice le 04/11/94, donne un statut privilégié aux pays ACP. Il souligne qu'aucun Etat ACP n'est placé, en ce qui concerne l'accès à ses marchés traditionnels (communautaires) et ses avantages sur ces marchés, dans une situation moins favorable que celle qu'il connaissait antérieurement ou qu'il connaît actuellement.

L'estimation de cette "situation moins favorable" qui était la limite inférieure des droits d'exportation ouverts aux ACP traditionnels a donné lieu à de vives contestations par certains pays de la zone ACP. En effet, la Côte d'Ivoire et le Cameroun pour ne citer que ceux là se sont sentis lésés par les calculs de la commission qui n'a pas tenu compte, d'après eux , des investissements récents à la production.

Cependant nous pensons qu'il faut minimiser ces propos car l'accord donna une garantie supplémentaire aux pays ACP. En effet, celui-ci fait obligation aux Etats membres, de prendre des mesures opportunes permettant aux ACP de devenir plus compétitifs sur les marchés de la communauté.

La Côte d'Ivoire entre temps bénéficiera alors du Système de Stabilisation des recettes d'Exploitation (STABEX)21. La banane figure dans la liste des produits éligibles.

Cette confortable situation des pays ACP sera très tôt contestée par les pays exclus de ce partage du marché français, mais aussi par certains pays membre de l'Union Européenne, comme l'Allemagne. Cette contestation grandissante et l'accomplissement du marché unique européen, pousse la commission européenne à adopter un règlement en 1993, qui va entraîner une nouvelle répartition du marché. Les pays tiers ne cesseront alors d'essayer de libéraliser totalement le marché européen, souhait ultime des Etats-Unis.

20 Rizet « Politique de transport maritime et compétitivité de la banane africaine », Revue Fruits, Vol. 52, 4 juillet-Août 1997, CIRAD.

21 Cf. : Créé par la convention de Lomé I pour amortir le choc subi par les pays ACP. Lors de la baisse importante de leurs recettes d'exploitation.

Il faut remarquer plusieurs étapes ont été gagnées par les opposant à l'OCMB, qui sont les pays exportateurs de bananes dollars. L'OCMB régie par le règlement 404/9 3 du 13 février 1993 et le règlement d'application 1442/93 du 10 juin 1993 institue sur l'ensemble de la communauté un marché unique; immédiatement contesté auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) par les Etats-Unis et plusieurs pays producteurs d'Amérique latine.

Ces contestations amèneront de nombreuses modifications du règlement initial. L'importance du marché européen pour ce produit et les intérêts en jeu expliquent la "guerre" que se livre l'UE soutenue par les pays ACP d'une part, et les Etats-Unis et certains pays d'Amérique latine avec l'appui des multinationales d'autre part.

Il faut retenir que ce conflit est le symbole de l'opposition de deux approches en matière de régulation des échanges internationaux. La première soutenue par les USA et les pays d'Amérique latine, est celle d'une libéralisation totale du marché. La seconde, soutenue par l'UE et les pays ACP, est celle d'un marché régulé qui permet une meilleure prise en compte de considérations autres qu'économiques.

De façon concrète, étant donné la compétitivité des bananes dollars, l'ouverture totale du marché européen sonnerait le glas de la production de la plupart des pays ACP (et de la production communautaire). Or, pour beaucoup de ces pays le secteur de la banane est essentiel tant en termes économiques qu'en termes d'emploi, comme on a pu le voir précédemment. Il en va de la survie de ces économies mais aussi d'une certaines vision du commerce international.

§ 3 - La libéralisation totale du marché européen

L'OCMB, bien que souvent décrié, a montré une certaine efficacité. Certains regrettent qu'elle n'ait pas su résister ou s'adapter à la déferlante de la déréglementation.

Les grandes manoeuvres politico-économiques ont conduit la Commission Européenne à signer avec les USA, en avril 2001, un plan de démantèlement de l'OCMB en deux phases.

La dernière a conduit à l'objectif final de la réforme, c'est à dire la libéralisation quasi-totale du marché européen au 1er janvier 2006, par la mise en place d'un système de tarification simple ou tar~ffonly.

On peut retenir que la politique de déréglementation du marché bananier européen a un effet dramatique sur les producteurs ACP les moins compétitifs. Plus qu'un choix économique c'est un véritable choix politique qui s'offre aux européens : quelles alternatives proposées aux pays qui ne seront jamais compétitifs et qui tirent une très grande partie de leurs ressources de l'activité bananière?

La dernière mesure en faveur des ACP a été le transfert de 100 000 tonnes du contingent C dit ACP au contingent A/B préférentiellement dollar. Une analyse de flux ACP en 2000 montre que cette mesure peut provoquer une forte concurrence entre pays ACP pour l'obtention de certificats d'importation. Cette situation critique ne s'est pas produite en 2003.

Il est vrai que l'UE reste le principal destinataire des bananes ivoiriennes, avec une part des exportations égales à 80 %. Toutefois, à l'intérieur de l'UE certains pays comme la Belgique, les Pays Bas, l'Allemagne, sont dorénavant des destinations habituelles de la banane ivoirienne à côté de la France et du Royaume Unis.

Une part du reliquat est exportée dans la sous-région Ouest-africaine, et des tentatives sont faites en direction du marché Nord-africain (Libye, Tunisie, etc...).

La Côte d'Ivoire consciente des difficultés que rencontre la filière banane, a décidé de mettre l'accent sur la compétitivité.

*

* *

PARTIE II :
L'ACHEMINEMENT DES BANANES PAR VOIE MARITIME

De prime abord, on définie le transport maritime comme le mode de transport le plus important pour l'acheminement des marchandises (marine marchande).

Le transport de personne par voie maritime a beaucoup perdu de son importance du fait de l'essor de l'aviation commerciale, il subsiste seulement pour les traversées courtes et pour les croisières. Le transport maritime est par nature international, sauf parfois dans des fonctions de cabotage le long des côtes d'un pays.

Le transport maritime de marchandises consiste à déplacer ces marchandises par voie maritime, même si, occasionnellement le transporteur maritime peut prendre en charge le pré- acheminement ou le post-acheminement (ex: positionnement d'un conteneur chez le chargeur et son acheminement au port). Un tel déplacement est couvert par des documents administratifs ; tel le connaissement dans le cadre d'une ligne régulière ou d'un contrat d'affrètement dans le cadre d'un service de tramping (ex: lorsque les tonnages sont importants).

Plus de 6 milliards de tonnes de marchandises empruntent ainsi la mer (en 2005), en assurant près des trois quarts du trafic mondial. Ce mode de transport couvre l'essentiel des matières premières (produits pétroliers, minerais, céréales, etc...). A coté de ce transport en vrac, il couvre aussi le transport de produits préalablement conditionnés se présentant sous forme de cartons, caisses, palettes, fûts, ce qu'on a coutume d'appeler de la marchandise diverse ou "divers" (general cargo en anglais).

La marchandise remise au transporteur doit être munie d'un étiquetage ou d'un marquage adéquat. Par conséquent, chaque colis doit porter un étiquetage complet. Le marquage doit être indiqué en caractère lisibles et visibles sur l'un des côtés de l'emballage, soit par impression directe indélébile, soit au moyen d'une étiquette intégrée ou solidement fixée au colis. La nature des marques que doivent porter les colis n'est pas précisée par les textes. En général, les compagnies exigent que les colis portent sur deux ou trois de leurs faces, dans un encadrement couleur sobre.

Les étiquettes apposées par l'expéditeur sur l'emballage, portent des mentions spéciales et obligatoires, ce qui permet la traçabilité des fruits.

L'exportation de la banane ivoirienne vers l'Europe ce fait essentiellement par voie maritime, c'est à dire par qu'elle est transportée par des navires spécialement affrétés à cet effet. Pour comprendre les différents problèmes qui peuvent éventuellement survenir durant le voyage, on commencera par étudier l'aspect technique de ce transport, sachant que la banane est un fruit délicat et fragile (Titre I), ensuite on abordera le volet juridique, en ce qui concerne les formalités administratives et la répartition des responsabilités en cas de dommage (Titre II).

TITRE I :
ASPECTS TECHNIQUES DU TRANSPORT

La banane est un fruit fragile et délicat à transporter, de ce fait des techniques spécifiques ont été élaborées au fil du temps pour réduire les risques d'avaries et par là même les coûts du transport. En effet depuis le premier stade du transport qui commence par la culture du fruit jusqu'à s vente en Europe, des précautions sont à prendre.

Les navires ont aussi beaucoup évolués et doivent répondre à des critères techniques de qualité.

Nous allons d'abord étudier la spécificité de la marchandise à transporter, et en second lieu nous pencher sur les critères techniques des navires dits bananiers.

CHAPITRE I :
LA SPECIFICITE DE LA MARCHANDISE

De part leur nature fragile, les bananes requièrent une attention particulière durant le transport. En effet, nous pouvons constater que la banane continue à "vivre" pendant son transport, on dit familièrement qu'elle "respire". Bien qu'étant séparée du bananier, elle continue, son mûrissage. Il faut donc la transporter en contrôlant la température de l'air qui l'entoure.

De plus, destinée à la consommation alimentaire, les bananes doivent garder leur qualité malgré le transport maritime qui peut se révéler éprouvant pour la marchandise.

Plusieurs facteurs peuvent influencer l'état du fruit. Ainsi, le dioxyde de carbone (CO2) peut entraîner une maturation précoce de ce fruit, se qui cause par conséquent des avaries.

La banane peut être aussi exposée à des micro-organismes naturellement présents dans l'environnement, ce qui peut très bien entraîner sa fermentation. Les agents les plus fréquents sont les champignons forment la moisissure et les bactéries.

Alors le stockage des fruits dans un endroit où la température est dirigée et la composition de l'air contrôlée, s'avère nécessaire. Les processus chimiques sont retardés et la banane est ainsi protégée.

Néanmoins, il faut noter que d'autres dommages peuvent arriver, si la température est réglée de façon inappropriée. Elle doit être suffisamment basse pour éviter la maturation prématurée du fruit, sans pour autant être trop basse pour éviter la congélation. Ce compromis délicat se réalise pour la banane Cavendish ivoirienne entre +12.5°ñ et +13.3°ñ.

Chaque type de bananes requiert son propre réglage de température.

La vitesse de mise sous température dirigée est aussi déterminante. Elle retarde le développement des micro-organismes. La perte d'eau est aussi un aspect à prendre en compte durant le transport.

La quantité totale de perte de liquide dépend de plusieurs facteurs :

· de la température du produit, de l'air ambiant, de l'humidité, de la vitesse de la ventilation et

· de la circulation de l'air dans les cales. La perte de liquide entraîne naturellement une perte de poids, une diminution de la résistance aux micro-organismes, ce qui donne évidemment une apparence impropre au fruit lors de la vente.

Au regard de tous ces risques, on peut énoncer une règle de base qui est fondamentale pour transporter ce fruit de façon optimale : c'est la maîtrise totale de la température du début (atteinte de la température optimale dans les délais les plus brefpossible)' à la fin du voyage (contrôle constant durant tout le transport). Cela prévient toute perte excessive d'eau et un retardement des divers processus cités plus hauts.

Ces précautions et cette minutie que requiert le transport de ce fruit doivent commencer dès les premiers instants. En effet c'est le chargeur ou le planteur qui donnera des instructions pour le transport de son produit. Celui-ci remettra au capitaine du navire un document sur lequel est expliqué la démarche à suivre pour préparer l'arrivée des fruits dans les cales du navire mais aussi la température et la ventilation à maintenir.

Fig 1

Fig 2

Doc 21 -- Conditionnement des bananes dans un terminal fruitier réfrigéré (figl) et vue
d'une cale réfrigérée de navire "bananier" (fig2) port de Vridi (Abidjan).

On peut dire que la banane constitue un exemple parfaitement représentatif des difficultés auxquelles le transporteur peut être confronté lors de l'acheminement de denrées périssables.

A ce propos le transport maritime de la banane a d'ailleurs fait l'objet de nombreux ouvrages techniques destinés aux transporteurs (armateurs et leurs préposés). On peut citer en particulier le document de la FAO intitulé "L'économie mondiale de la banane 1985 - 2002" dans lequel une partie est consacré au chargement et conditionnement des bananes.

L'auteur énonce les procédures de conditionnement idéales et les différents problèmes qui peuvent se poser durant le chargement, le transport et le déchargement du fruit.

Il faut dire que les dommages sont de plusieurs natures selon qu'ils arrivent lors de la production, de la récolte ou du transport maritime.

Présentons, maintenant les moyens utilisés lors de ces différentes étapes.

Section 1 : Préalable au transport des banane

L'avant transport commence avec la culture de la banane. On peut remarquer que cette culture nécessite abondamment d'eau et de produits de lutte contre les agressions naturelles, notamment les pesticides.

Doc 22 - Utilisation d'intrants agricoles

Prenons le cas de la banane Cavendish qui est le type d'exportation en Côte d'Ivoire; la récolte se fait stade de 10 à 16 semaines. En fait, tout dépend du lieu de destination de la marchandise. En ce qui concerne l'Europe, il faut 10 jours pour effectuer le transport.

De façon générale, c'est au producteur de s'occuper de la récolte, du nettoyage des fruits et de leurs emballages. Le producteur reçoit l'ordre de coupe de l'exportateur.

On note que tout doit être synchronisé sur l'heure d'arrivée du navire au port de chargement (Expected Time of Arrival) ETA à Abidjan. C'est donc en fonction de la date et de l'heure d'arrivée du navire que l'ordre de coupe des bananes sera donné.

Il est important de savoir que la règle est de ne pas couper les bananes plus de 36 heures avant leur chargement. L'idéal est de les couper le matin et de les embarquer le soir.

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Le facteur temps est déterminant pour le bon déroulement du transport, car le climat de la Côte d'Ivoire qui est chaud et humide, est propice au mûrissement précoce des bananes récoltées.

La Côte d'Ivoire vient de bénéficier il y a peu de temps, en 2004 plus exactement, d'un nouveau quai fruitier à Abidjan où il existe déjà un important terminal fruitier réfrigéré, ce qui offre à ce pays la plus importante facilité en Afrique subsaharienne de l'Ouest et du Centre, pour l'exportation de fruits frais vers l'Europe. Ce n'est pas le cas de son concurrent direct le Cameroun où il n'existe pas encore de terminal fruitier réfrigéré.

Doc 23 - Plantations modernes de bananes de plusieurs hectares du groupe Chiquita' dans
les régions de Dabou et d'Azaguié (situées à quelques kilomètres d'Abidjan)

Les bananes doivent être récoltées à un stade de maturité tel qu'elles puissent, avec des conditions de transport normales, arriver à destination (c'est à dire à la mûrisserie) avant que la maturation ne soit commencée. Leur stade de maturité sera d'autant plus élevé que la durée du transport sera plus courte.

Le soleil est un facteur bénéfique et déterminant dans la culture de la banane (27°c) environ. Mais trop de soleil peut entraîner un mûrissement trop rapide qui pourrait intervenir lors du transport, ou du stockage. Aussi, l'eau en abondance, peut avoir des effets néfastes, à savoir; rendre le fruit spongieux et mou, ce qui le rend intransportable. En outre, le manque d'eau fait ralentir la pousse.

Les pressions entre les fruits lors de la récolte peuvent marquer irrémédiablement la peau des bananes, sachant que le consommateur est de plus en plus exigeant sur l'aspect extérieur du fruit. La pulpe aussi est quelques fois endommagée, mollesse et coloration normale. Ces dommages sont irréversibles, c'est pourquoi les bananes requièrent une grande attention lors de la récolte et pendant le transport.

Les bananes à leur arrivée au port de destination, sont aussi sujettes à des avaries supplémentaires, notamment à la moisissure due au plastique qui se trouve dans les cartons. Cependant, c'est un mal qui s'avère nécessaire car paradoxalement, ce plastique permet de conserver la fraîcheur du fruit.

Il faut souligner que les bananes sont emballées avant embarquement; une étiquette dite "normalisée" est fixée sur l'emballage avec des mentions obligatoires :

· Identification de l'expéditeur ou de l'emballeur

· Nature du produit, nom de la variété

· Origine du produit

· Catégorie, calibre, nombre de pièces (sauf pour les produits en vrac)

La défectuosité de l'étiquetage constitue au regard de la loi de 1966 et de la Convention de Bruxelles une faute du chargeur, susceptible d'exonérer le transporteur de sa responsabilité. La répétition des crises alimentaires (vache folle, dioxine, grippe aviaire,...) impose à tous les

professionnels du secteur alimentaire de mettre en place des mesures propres à rassurer le consommateur.

Les professionnels des fruits ont à leur disposition une panoplie de démarches qualitatives. Certaines sont obligatoires, comme le respect de la réglementation sur l'hygiène et la sécurité alimentaire (directive CEE 93/43 et les arrêtés du 9 mai 95, 25 mai 97, 6 juillet 98, et 20 juillet 98), d'autres sont d'applications volontaires, tels les signes de qualité, la certification d'organisation. Toutes mènent à l'instauration d'un système de traçabilité.

Ainsi on assiste à l'heure actuelle, à la mise en place, dès l'origine du conditionnement, d'un étiquetage code barre, pour tous les fruits en provenance de Côte d'Ivoire.

On va se demander alors, à quoi sert la traçabilité ?

Selon la norme ISO 8402, la traçabilité est "l'aptitude à retrouver l'historique, l'utilisation ou la localisation d'un article ou d'une activité, ou d'articles au d'activités semblables, au moyen d'identifications enregistrées". La traçabilité doit figurer au référentiel des produits sous qualité (AOC, AOP, labels, produits biologiques...). C'est une des exigences de la démarche d'organisation AGRICONFIANCE. Elle est recommandée par QUALIPOM'FEL et la norme ISO 9002. Qui dit traçabilité, dit système d'identification et d'enregistrement.

Selon les objectifs recherchés et les moyens mis à disposition, il doit permettre :

· La traçabilité montante

A tous les stades du produit depuis le conditionnement jusqu'à l'entrepôt frigorifique ou jusqu'aux cales du navire, il est possible de retrouver l'historique, l'origine du lot et éventuellement, la cause d'une défaillance.

· La traçabilité descendante

A tout moment, il est possible de connaître la destination d'un lot (expédition en plate-forme, entrepôt de distribution, livraison sur lieu de vente...) et d'en stopper la commercialisation.

· La traçabilité totale (montante et descendante)

Elle permet de retrouver de façon précise l'origine et la destination de quelques lots que se soit. Elle doit être apte à permettre de retrouver les informations pertinentes, propres à

rassurer le professionnel et surtout le consommateur. Il faut dire que l'information tracée coûte chère, il convient donc d'en limiter le nombre à celles qui sont strictement nécessaires à la connaissance des risques attachés au produit.

La seconde phase du transport des bananes se déroule à l'intérieur du navire où il faut préparer les cales avant de les charger.

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille