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l'Institut National de Préparation Professionnelle, Mondialisation et travail humain: enjeux de troisieme millenaire pour la République Démocratique du Congo


par J.D. Felly MUKENDI KADIMA
UNIVERSITE DE KINSHASA - LICENCIE 2003
  

sommaire suivant

EPIGRAPHE

L'amour sincère de son métier est fonction de la capacité de l'individu à se faire violence. Si par l'auto-violence, le caméléon perpétue sa descendance, la perpétuation de la sociologie est tributaire certes de l'auto-violence des sociologues face aux enjeux de la recherche scientifique.

Jean de Dieu Felly MUKENDI K.

L'auteur

DEDICACE

A notre regrettée mère Charlotte MBWAYA wa MUKOKA qui nous a quitté vite sans goûter le fruit de sa progéniture, nous dédions ce travail, signe de notre attachement.

AVANT PROPOS

" INPP, mondialisation et travail humain ", tel est le thème de cette étude qui clôture la fin de notre cursus du deuxième cycle à l'université de Kinshasa notre alma mater. Ce travail est le fruit des efforts conjugués de plusieurs personnes qui, de loin ou de près, ont contribué à sa matérialisation.

En signe de gratitude, nous avons un devoir de témoigner notre reconnaissance à tous ceux qui ont apporté un plus à la réalisation de ce mémoire ; nous pensons premièrement au professeur Hubert NTUMBA LUKUNGA, qui nonobstant ces multiples occupations académiques, a accepté sa direction.

Nos remerciements s'adressent également à l'assistant David LUBO YAMBELE qui, malgré la conjoncture difficile caractérisée par la grève qui a paralysé le corps scientifique de l'université de Kinshasa, a consacré son temps au moulage de ce travail qui reflète aujourd'hui une forme convenable, qu'il trouve ici l'expression de nos sentiments de gratitude.

Nous remercions du fond de notre coeur Monsieur Faustin KADIMA MUTOMBO, notre père, Astrid MUENI, notre tante, ainsi que notre soeur Wivine MBUYI et son époux Matthieu KALEMBA, pour leur assistance tant morale, matérielle, que financière, qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde reconnaissance.

Que tous les amis et connaissances : Serge LUBOYA, René KAYOKA, Agnès NTUMBA, Couly KABAMBA, Jolie MASIKA, Patience BOMANA, Lidie BAYEKULA, Didier KIPOPA, Paul EHOTA, Francine IPANTHIAR, Crossy MAVAKALA, Diane TEGANYI, Clément KABULO, Gisèle TUNDA, Elie NKULU, Nicole L., Huguette M., Corneille M., Bertin T., Yourie, Patience TONDO, Tyty NONA, Antoine BATAMBA, Agée K., MUJO M., Moise, Teddy, Emman , ... trouvent ici l'expression de nos sentiments de gratitude.

Nous adressons aussi nos remerciements aux messieurs : Antoine NSANA, Germain LUPANZA, Hilaire LUFULUABO, pour leur assistance spirituelle permanente.

Enfin, la clôture de cette dissertation ne pourra intervenir sans que nous pensons à notre très chère soeur et future épouse Nadine Dolck MBIYE TSHILANDA pour son amour et sa tendresse à notre égard, qu'elle trouve ici l'expression de nos sentiments les plus intimes.

Que les absents nous pardonnent.

J.D Felly MUKENDI K.

L'auteur

INTRODUCTION

1. ETAT DE LA QUESTION

La revue de la littérature est une condition sine qua non pour tous les travaux scientifiques, elle n'est rien d'autres que : « ...une synthèse critique des écrits existants qui permet au chercheur de tracer la ligne de démarcation entre ceux - ci et la littérature qu'il se propose de produire... »((*)1)

A la lumière de cette philosophie, nous avons lu les travaux des auteurs ci- après : KANZA wa KANZA : "l'impact de la mondialisation sur la politique douanière en RDC"((*)2) ; de cette étude l'on peut retenir que la mondialisation conçoit l'humanité comme un village planétaire à travers la suppression des barrières tarifaires, non tarifaires, économiques et frontalières. Pour cet auteur, la RDC se trouve à la croisée des chemins et devant l'obligation de faire et de ne pas faire pour se conformer aux exigences mondiales. Il conclut son étude en proposant deux solutions :

§ la RDC doit suivre la logique des grands ensembles géo-politiques et géo-économiques, profiter des facilités octroyées par l'Organisation Mondiale du Commerce "O.M.C." pour s'insérer dans les circuits internationaux afin d'échapper à la marginalisation.

§ elle doit aussi revoir sa politique douanière et sa sauvegarde, car, la suppression douanière touche à la fois l'économie interne du pays, la production locale ainsi que la vie socio- professionnelle.

Le mérite de ce travail à notre égard réside dans le fait qu'il saisit le phénomène de la mondialisation au moment où il est accompagné des impasses d'application dans les différents secteurs de la vie et différents pays surtout ceux du tiers monde ; cependant, l'auteur s'est arrêté dans le secteur des douanes qui est l'une des matières relevant du domaine économique et du travail privilégié en RDC, alors que la mondialisation elle même prône une vision globaliste.

De son coté T. BONGONGO : "le pays du tiers monde face au phénomène de la mondialisation"((*)3), s'interroge sur le sort de la RDC qui traîne dans une économie pauvre en étudiant les conditions dans le processus de la mondialisation pour contribuer au même titre que les autres pays à l'évolution du monde au seuil du 3eme millénaire qui n'épargne aucun secteur et aucun pays. Pour ce chercheur, la mondialisation se présente comme défi, risque et chance, qui incite le tiers monde à la conformité. Il met l'accent sur les effets négatifs de la mondialisation face aux idéologies internes des pays du tiers monde notamment sur les plans économique, politique et du travail. L'auteur conclut son étude en souhaitant que le tiers monde opte pour une mondialisation à visage humain c'est-à-dire qui vise le développement et le bien-être de la population.

Tout en reconnaissant la haute portée scientifique de cette étude en ce qu'elle aborde le phénomène de la mondialisation tel que vécu par le tiers monde notamment en RDC, néanmoins, l'étude est restée trop axées sur les généralités.

Pour sa part D. MANKIANKI : "l'apport de l'INPP dans le processus de la reconstruction nationale"((*)1), voulait saisir la part de l'INPP à l'heure de la reconstruction de la RDC. L'auteur affirme que la formation dispensée par l'INPP est nécessaire bien qu'elle soit dépourvue des moyens matériels, financiers et un personnel qualifié pour la meilleure qualification professionnelle...

Comme le travail précédent, celui-ci a le mérite d'avoir mis l'accent sur l'utilité de l'INPP, entreprise publique de formation pour le développement de la RDC dans toutes les phases et le perfectionnement de la qualification du personnel apte à la maîtrise de la nouvelle technologie.

Enfin, D. Meda : "le travail : une valeur en voie de disparition"((*)2), soulève deux problèmes majeurs sur lesquels était centré la réaction des pays occidentaux suite à l'augmentation massive de la productivité depuis les années 1950 :

§ considérer le travail humain ainsi inutile comme mal social majeur...

§ mobiliser des moyens pour trouver des emplois à tous prix.

Ce travail a le mérite d'avoir analysé la situation du travail humain à l'heure où la lutte des grandes puissances est basée sur la substitution homme-machine afin de le faire disparaître et maximiser le profit par la minimisation des charges sociales.

De ce qui précède, tout en se situant dans le prolongement des études de nos prédécesseurs qui ont, chacun dans son domaine, parlé du phénomène de la mondialisation en se spécifiant dans un domaine particulier soit restant dans les généralités..., la nôtre, se démarque par le fait qu'elle cherche à établir de corrélation entre la mondialisation et le secteur du travail humain au Congo en mettant l'accent particulier sur l'apport de la dite mondialisation dans le domaine de la professionnalisation, et prenant l'INPP comme illustration.

2. PROBLEMATIQUE

Depuis le début du 19e siècle, l'époque caractérisée par un développement provoqué par l'industrialisation et les innovations technologiques avec un impact à la fois négatif et positif sur le monde du travail, a demeuré l'embryon du développement mondial influençant toutes les nations en général et la RDC en particulier à la conformité professionnelle.

Suite au morcellement de l'Afrique par les grandes puissances en 1885, le Congo, qui était une mosaïque des empires et royaumes, était devenu une nation sous la domination de l'E.I.C (Etat Indépendant du Congo) de 1885 à 1908, et la colonie belge de 1908 à 1960. Cette mobilité périodique de l'évolution du Congo a occasionné la présence d'un groupement d'entreprises sous le nom de "trust" d'où est né le travail industriel et la salarisation, du travail traditionnel au travail industriel, il s'est réalisé un développement unilinéaire donnant lieu à la formation "scolaire" ainsi que la formation "professionnelle" afin de répondre positivement à la politique coloniale.

Après l'indépendance, le brusque départ des cadres et agents belges s'est fait sentir par des imperfections des travailleurs congolais, l'absence d'une main d'oeuvre qualifiée pour l'utilisation des engins industriels laissés ; la création de l'Institut National de Préparation Professionnelle "INPP" en sigle pendant cette période n'était faite que dans le but de remédier à la situation de carence affichée par le personnel congolais ; qui devait subir une formation professionnelle en vue d'épargner le secteur professionnel des impasses de la qualification professionnelle et de créer un garde fou pour le développement équilibré pour toutes les époques.

Dans le même processus du développement, la République Démocratique du Congo aborde ce 3eme millénaire avec des difficultés très énormes et des impasses qui sont les résultats du manque de préparation à l'idéologie du progrès mondial et le maintien de son équilibre sur tous les plans. Envisagée comme un courant évolutionniste partant des grandes puissances vers les tiers monde, la mondialisation vise le développement économique de l'humanité.

Se ralliant à la politique jadis de l'industrialisation et les innovations technologiques, le développement de ce millénaire de la mondialisation, est caractérisé par une technologie très performante des machines semi automatiques et automatiques de communication, de la télématique et de l'information conduisant à l'abolition des contraintes géographiques.

L'utilisation de cette nouvelle technologie suscitant de nouvelles professions, demande une qualification mécanisée et une connaissance élevée de la formation des utilisateurs.

Dans cette même optique, cette nouvelle technologie qui accompagne la mondialisation, bien que visant le progrès économique, elle est aussi une source des tensions et conflits divers dans le domaine de la professionnalisation congolaise dans la mesure où elle procède à la substitution des ressources humaines au sein de différentes entreprises, relative à sa vision et ses exigences.

Se trouvant ainsi hors la philosophie millénariste, les conséquences de la mondialisation et ses alliées (les nouvelles technologies) sont réellement observées et subies par :

§ la compression des effectifs (personnel) dans les différentes entreprises et sociétés industrielles caractérisée par le licenciement massif et illicite, la substitution homme-machine et l'incapacité d'utiliser les nouveaux engins du travail.

§ la concurrence internationale déloyale (favorisée par les grandes puissances) et nationale mettant en faillite plusieurs institutions publiques et privées au niveau locale, dont les premières victimes sont bel et bien le personnel.

Au fait, contrairement aux attentes de la population du tiers monde en général et celle de la RDC en particulier selon lesquelles la mondialisation serait un moyen de trouver solution à des impasses passées notamment le fléau du chômage, la pauvreté et la crise multiforme, paraît ainsi anti social à cause de ses conséquences sur le secteur du travail qui est l'un des secteurs du développement interne.

De ce qui précède, nos préoccupations majeures s'articulent autour de ces questions :

Ø Qu'attendent les travailleurs congolais en général et ceux de l'INPP en particulier gagner à la mondialisation ?

Ø Quelle est la corrélation qui existe entre le travail de l'INPP et les exigences de la mondialisation ?

3. HYPOTHESE DU TRAVAIL

« L'hypothèse est une proposition de réponse à la question posée dans la problématique »((*)1). Selon R. Rezsohazy : « l'hypothèse cherche à établir une vision provisoire du problème soulevé en évoquant la relation supposée entre les faits sociaux dont le rapport constitue le problème et en indiquant la nature de ce rapport. »((*)2)

A la lumière de ce qui précède, nous nous proposons comme hypothèses provisoires les réponses suivantes :

Ø La mondialisation étant une nouvelle macro idéologie, elle est censée apporter les nouveautés dans tous les domaines : politique, économique et culturel. A cet effet, les travailleurs congolais en général et ceux de l'INPP en particulier gagneraient de la mondialisation, les nouvelles connaissances, méthodes et stratégies dans l'exercice du travail en vue d'adhérer positivement à l'idéologie millénariste.

Ø Les nouveautés qu'apporte la mondialisation sur les plans idéologique et technique, constitueraient un apport positif dans l'exercice du travail dans le secteur professionnel congolais et inciteraient les travailleurs congolais en général et ceux de l'INPP en particulier, à opter pour le perfectionnement de leur connaissance professionnelle en vue d'une meilleure connexion et un apport positif relatif à l'idéologie du troisième millénaire afin d'échapper à la marginalisation.

4. METHODE DE TRAVAIL ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

Ce point nous renvoie à l'examen des questions relatives à la méthode et aux techniques de récolte des données devant permettre d'analyser et d'expliquer les faits et atteindre les objectifs poursuivis.

a) METHODE DU TRAVAIL

La méthode est selon Roger Pinto et Madeleine Grawitz : « un ensemble d'opérations intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités qu'elle poursuive, les démontre et les vérifie. »((*)3) ; en nous ralliant à cette philosophie méthodologique, notre recherche s'appuie sur la méthode dialectique ; Cette méthode est selon M. Grawitz : « la voie prise par l'humanité en marche pour saisir les totalités réelles mouvantes qui portent de près ou de loin son empreinte ». ((*)1)

D. Loubet lie cette méthode : « Au concept de totalité en niant l'isolement entre les ensembles et leurs parties et en soulignant que la réalité sociale est faite de l'ensemble d'interactions entre ses différents éléments... » ((*)2)

Pour sa part, G. MWENE BATENDE nous explique l'importance de cette méthode en ces termes : « la richesse de cette méthode consiste dans le fait qu'elle ne s'arrête pas à la matérialité des faits, qu'elle va au delà de l'empirisme... elle recherche derrière les faits sociaux directement visibles, perceptibles, les structures déterminantes, sous-jacentes, non apparentes mais réelles par lesquelles les faits observés fonctionnent socialement... elle met aussi l'accent sur les dynamismes sociaux et sur des transformations sociales... ». ((*)3)

En effet, étant donné que la mondialisation vise le changement social et structurel ayant des effets positifs et négatifs, et dont les positifs basés sur le profit au bénéfique des capitalistes et les multinationales, par contre les négatifs liés à l'hégémonie et l'exploitation au détriment de la population du tiers monde en général et congolaise en particulier notamment dans le domaine de la professionnalisation, cette méthode aura à nous permettre de saisir les tensions et les contradictions engendrées par le mouvement de la mondialisation en RDC précisément dans le secteur professionnel, en dénichant leurs causes et conséquences en vue de proposer des solutions adéquates visant la transformation sociale et structurelle à l'aube de ce troisième millénaire.

L'applicabilité de cette méthode à la réalité sociale s'articule autour de quatre lois ci- après :

1. La loi de la connexion universelle des faits ou la loi de la totalité ;

2. La loi de la contradiction ou la loi de lutte des contraires ;

3. La loi du changement dialectique ou la loi de négation de la négation ;

4. La loi du changement de la quantité en qualité.

Des lignes qui suivent, se démontre l'applicabilité de ces lois relativement à notre étude.

1. La loi de la connexion universelle des faits ou la loi de la totalité postule que les phénomènes sociaux et naturels sont liés de manières que les uns agissent sur les autres, et ces liens permettent leur compréhension ; ce qui veut dire que dans la société, aucun phénomène ne peut être étudié isolement.

De ce fait, nous pouvons affirmer que le 3eme millénaire est accompagné par le phénomène universel, la mondialisation, qui vise à l'unité planétaire dans tous les secteurs sous le contrôle de l'idéologie capitaliste ; son impact au niveau mondial contraint tous les pays à s'y embarquer pour échapper à la marginalisation par rapport aux autres. A cet effet, la RDC étant un sous ensemble d'un grand ensemble qui est le monde, ne pouvait pas faire exception, elle est ipso facto embarquée dans ce bateau qui est la mondialisation ; l'INPP, étant une entreprise publique appartenant à la RDC qui est elle même engagée dans le processus, elle ne pourrait bénéficier des avantages de la mondialisation que dans la mesure où l'Etat congolais mettrait en place les structures et stratégies devant permettre à celle-ci d'être compétitive au même titre que les autres pays de l'Afrique ainsi que du monde.

De ce fait, les contradictions dans le domaine de la professionnalisation congolaise ne peuvent que s'expliquer globalement d'une part, par la situation de crise que traverse la RDC, d'autre part, par son incapacité de répondre positivement aux exigences de la mondialisation au même titre que d'autres pays.

2. La loi de la contradiction ou la loi de la lutte des contraires, elle met l'accent sur deux vérités principalement :

- la lutte de contraires et la source du progrès, le moteur de l'histoire ;

- Pour arriver à ce progrès, au changement, la transformation,..., les forces contraires doivent commencer par vivre ensemble c'est à dire coexister dans une totalité.

Partant de cette loi, nous devons comprendre que la mondialisation comme phénomène universel a ses exigences propres qu'elle impose à tous ceux qui s'embarquent pour le village planétaire ; par contre l'INPP étant une entreprise publique, il est le reflet de la situation de crise ainsi que la politique de sa nation ; étant dans la situation de délabrement, la contradiction face à la mondialisation se fait remarquer déjà par les ressources dont dispose la RDC sa nation pour aller à ce village planétaire ; tout en s'affiliant à ce village planétaire pour crainte de marginalité la RDC ne met pas en place des structures adéquates pouvant permettre ses entreprises à l'épanouissement, par contre les entreprises congolaises en général et l'INPP en particulier ne disposent d'infrastructures nécessaires pour être compétitives.

3. La loi du chargement dialectique ou la loi de la négation de la négation, elle met l'accent sur le principe dynamique de l'humanité considérant que rien n'est définitif, chaque phénomène social est un fait provisoire ayant une histoire.

De ce fait, en abordant l'aspect historique, nous inscrivons l'origine du travail industriel congolais au 19e siècle suite à l'innovation technologique conduisant les grandes puissances et les multinationales au morcellement de l'Afrique en 1885, et d'où est né le concept de la « scolarisation », en conséquence, l'on note l'apparition du chômage ainsi que la formation professionnelle ; Cette logique est restée continuelle jusqu'à ce jour, ce qui a occasionné la naissance de l'INPP après l'indépendance précisément pendant la deuxième république. Quant à la mondialisation, elle est certes le résultat de la lutte entre deux blocs, le capitalisme et le communisme ; ayant été remporté par le capitalisme, le communisme disparaît de plus en plus et le laisse au centre de décisions mondiales en s'imposant sur tous les domaines en faveur de son idéologie.

En somme, les difficultés observées dans le secteur de professionnalisation congolaise, trouvent leur origine la colonisation, les indépendances africaines ainsi que la mondialisation des économies à la une.

4. La loi du changement de la quantité en qualité ou la loi de changement par bonds ; elle met l'accent sur la conversion des phénomènes sociaux et naturels les uns sur les autres qualitativement grâce a leur contradictions internes, cela veut dire que le changement qualitatif s'opère et à travers le changement quantitatif sous forme d'un processus cumulatif.

Des lors, nous pouvons affirmer que la mobilisation d'énergies dans l'élaboration des stratégies propres aux réalités et difficultés, rencontrées par l'INPP dans l'exercice de son travail face aux enjeux de la mondialisation est indispensable pour sa résistance à ce 3eme millénaire ; plus la RDC dotera l'INPP des moyens ou des outils adéquats, plus l'INPP deviendra compétitif et s'adaptera aux exigences de la mondialisation qui, à son tour facilitera la professionnalisation du travail congolais en vue d'une recherche d'équilibre pour le développement harmonieux.

b) TECHNIQUES DE RECHERCHE

La récolte des données et leurs analyses nécessite l'usage des techniques appropriées, étant donné que celles - ci sont des outils au service de la méthode devant permettre le chercheur à atteindre les objectifs poursuivis. M. Grawitz montre que : « la technique représente les étapes d'opérations limitées, liées à des éléments pratiques, concrets, adaptés à un but défini ». ((*)1)

A cet effet, nous avons, dans cette étude, recouru aux techniques ci- après :

§ L'observation directe

Etant nous même habitant de la ville de Kinshasa le centre de décision de la RDC et le siège social de l'INPP, nous sommes témoins oculaires des enjeux de la mondialisation dans les différents secteurs notamment le secteur de la professionnalisation et de la formation professionnelle devenus quasi inutiles, cette technique est pour nous une source sûre d'informations relatives à cette étude.

§ L'interview libre

Cette technique nous a permis d'avoir les informations auprès des personnes, disposées pour s'adonner aux jeux des questions réponses, afin de discuter sur les sujets et obtenir une clarté nécessaire.

§ La technique documentaire

Cette technique nous a été doublement utile : premièrement, elle nous a permis de passer en revue de la littérature existante en la matière sous examen et tracer une démarcation objective de notre étude, en second lieu, elle nous a fournis des données de seconde main qui ont été, d'une grande importance dans la finalisation de cette étude.

5. CHOIX ET INTERET DU SUJET

« Le choix du sujet à étudier ne doit pas s'opérer au hasard ou en l'air, mais à partir d'une angoisse existentielle, c'est à dire d'une sensibilité propre au chercheur par rapport au vaste champ de recherche possible ».((*)1)

Il est une règle universelle que tout travail scientifique est tributaire d'intérêt tant sociaux que scientifiques, la nôtre, son intérêt social vise à sauvegarder la vie des travailleurs congolais en général et l'Institut National de Préparation Professionnelle «INPP» en particulier à l'aube de ce troisième millénaire ; ensuite il vise à conscientiser les autorités congolaises et les entreprises de veiller à la redynamisation de leur outil de la formation professionnelle en état de délabrement en vue d'un meilleur embarquement au village planétaire.

Sur le plan scientifique, cette étude se veut une contribution à la littérature existante en la matière et aussi un apport à la sociologie du travail, la sociologie économique et la sociologie du développement.

6. DELIMITATION SPATIO TEMPORELLE DU SUJET

Comme tout travail scientifique, la circonscription spatiale et temporelle de cette étude se présente comme suit :

- Au plan spatial, cette étude est menée dans la ville de Kinshasa qui est le siège de l'administration centrale de la RDC et de l'INPP, entreprise publique de formation professionnelle.

- Au plan temporel, cette étude couvre la période allant de 1990 à nos jours pour la simple raison que cette période marque le début de la transition démocratique en RDC, c'est une période pendant laquelle le pays a connu plusieurs événements dont les deux pillages de 1991 et 1993, les guerres de 1996 et 1998 qui avaient détruit l'outil de production des entreprises publiques et privées dont l'INPP.

7. DIFFICULTES RENCONTREES

Il est vrai que toute recherche scientifique se bute aux difficultés multiples pour sa réalisation, pour cette étude nous étions confronté aux difficultés ci-après :

§ L'inaccessibilité aux données viables sur le terrain étant donné que la mondialisation est encore un rêve ou un mythe pour la plupart des chercheurs ;

§ L'indisponibilité des archives de l'INPP ;

§ L'insuffisance des moyens matériels et financiers pour la finalisation de ce travail ;

§ Le manque de temps pour gérer en même temps les cours et à la recherche.

8. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l'introduction et la conclusion, notre travail est subdivisé en quatre chapitres, dont :

Ø Le premier chapitre consacré à la définition des concepts de base et la présentation du cadre de recherche ; il vise d'abord la clarification des concepts en vue de contextualisation, ensuite, il présente le milieu d'enquête qui est l'INPP à travers son aperçu historique, sa situation géographique, sa structure ainsi que son fonctionnement.

Ø Le deuxième chapitre intitulé le secteur professionnel congolais à l'aube du 3eme millénaire, il présente l'état des lieux du secteur du travail en RDC, aborde aussi la question relative à la formation professionnelle qui est la matière même de l'INPP.

Ø Le troisième chapitre est consacré à la mondialisation ; il met l'accent sur les origines de la mondialisation, ses principes et ses enjeux dans les pays du tiers monde en général et en République Démocratique du Congo en particulier à l'aube du 3eme millénaire.

Ø Le quatrième chapitre se titre : le secteur professionnel congolais face à la mondialisation ; il aborde les questions liées à la position de l'INPP face aux entreprises congolaises à l'aube du 3eme millénaire et établit la corrélation entre la professionnalisation du travail et la mondialisation.

CHAPITRE I : DEFINITION DES CONCEPTS DE BASE ET PRESENTATION DU MILIEU D'ETUDE

Ce chapitre est subdivisé en deux sections : la première consacrée à la définition des concepts de base donne un éclaircissement conceptuel selon le domaine de la recherche, la deuxième, quant à elle présente le terrain de la recherche (d'enquête) à savoir : "INPP".

Section 1 : DEFINITION DES CONCEPTS UTILISES

Etant donné la complexité des domaines et la relativité de sens conceptuel dans la science, il est un impérial devoir pour un chercheur en sciences sociales de définir les concepts clés de son étude et selon le domaine de sa recherche afin d'apporter la clarté nécessaire aux lecteurs et la compréhension à tous. Dans l'optique de E. Durkheim « la première démarche du sociologue doit donc consister à définir les choses qu'il traite afin que l'on sache et qu'il sache bien de quoi il est question ».((*)1) Dans le même fil d'idées K.R. Merton affirme : « une recherche consciente des ses besoins ne peut se passer de la nécessité de clarifier ses concepts, car une exigence essentielle de la recherche est que les concepts soient définis avec clarté suffisante pour lui permettre de progresser »((*)2)

De ces affirmations, nous devons savoir que la définition des concepts d'une étude joue non seulement le rôle de faciliter la compréhension aux lecteurs mais aussi de permettre à l'auteur de l'oeuvre de saisir ce qu'il fait et ce qu'il doit faire. Cela étant, les concepts ci-après sont à clarifier :

1.1 LA FORMATION

En croire le dictionnaire Larousse, la formation est définie comme : « une action de donner à quelqu'un, à un groupe, les connaissances nécessaires à l'exercice d'une activité ».((*)3)

Pour G. MATSANZA : « la formation est la disposition d'un système d'éducation consistant à assurer le maintien de l'instruction, réadaptation des capacités à tous les âges de la vie et permettant ainsi à tout le monde de bénéficier du patrimoine de la civilisation et de maîtriser une profession à un métier donné ».((*)4)

Quant à nous, nous pensons que la formation est à saisir comme un processus social de transmission et d `acquisition des connaissances intellectuelles, théoriques et pratiques en vue d'un meilleur exercice d'une fonction.

De ce fait, nous inscrivant dans l'aspect dynamique, nous dirons que la formation n'a pas de limite, elle est valable et utile tant que le monde existe, étant donné qu'elle a comme objectif l'octroi d'une connaissance nouvelle selon l'évolution de l'humanité ainsi que le domaine.

1.2 TRAVAIL

Le concept  « travail » est connu dans tous les domaines car généralement, conçu comme un processus par lequel l'homme arrive à la transformation de la nature en vue de la réalisation des objectifs multiples.

J. Paul II précise : « Le travail est un bien de l'homme, il est un bien de son humanité,- car par le travail, non seulement l'homme transforme la nature en adaptant à ses propres besoins mais encore il se réalise lui même comme homme et même en un certains sens, il devient plus homme »((*)1)

Quant à lui, D. Meda le définit comme : « une activité essentielle de l'homme grâce à laquelle il est mis en contact avec son extériorité, la nature, à laquelle il s'oppose pour créer quelque chose d'humain, et avec les autres, avec lesquels et pour lesquels il réalise cette tâche ».((*)2)

Dans la logique marxiste : « le travail est une catégorie centrale et qu'il constitue l'essence de l'homme. Quelques soient sa diversité tout travail n'a de l'importance que quand il est appréciable par la société et pour son intérêt...».((*)3)

Le professeur sociologue C. MWABILA M. définit quant à lui le travail comme : « une activité professionnelle rémunérée ».((*)4)

De toutes ses définitions nous retenons que le travail est un concept qui existe depuis que l'homme est sur la terre, il ne peut se réaliser sans sa présence. C'est ainsi que le professeur C. MWABILA M. ajoute que : « Le travail est une activité humaine et ou professionnelle aboutissant à une production ». ((*)5)

Quant à nous, le travail est toute activité humaine, physique est intellectuelle visant à obtenir un profit matériel ou non en vue de la satisfaction des besoins de l'individu.

De ce qui précède retenons que le travail n'a de l'importance que si l'homme reste au centre de la production et de la consommation ; contrairement à cette conception, l'idéologie millénariste de la mondialisation, suite à ses nouveautés technologiques tend à éliminer de plus en plus l'homme dans le monde du travail ; cette façon d'agir conduit à la banalisation des efforts intellectuels de l'homme, et pourtant : «  toutes les puissances corporelles et spirituelles ont été données à l'homme par son créateur pour qu'il les fasse passer à l'acte par son travail. Le premier commandement positif qui a été signifié à l'homme après sa chute est celui de travailler et de remplir par son travail sa mission civilisatrice ».((*)1)

Il y a lieu d'affirmer ici que sociologiquement toute conception qui vise à la banalisation des efforts humains par la machine est anti-social, dans la mesure où les intérêts poursuivis par l'homme se font engloutir ; et une telle entreprise ne peut conduire au développement.

Se ralliant à la perspective sociologique, le matérialisme historique affirme que : « le vrai travail est fondamentalement social puisqu'il unit, dans un effort accepté par tous, l'ensemble des producteurs, qui réalisent ensemble la production nécessaire non seulement à la satisfaction des besoins, mais aussi à la réalisation des désirs, individuels et collectifs ». ((*)2)

En effet, à l'aube du troisième millénaire, la situation du travail semble être chaotique à travers les Etats, particulièrement en RDC, car les gigantesques machines automatiques et robotiques en cours suscitent de temps à autre des tensions sociales diverses dues à la perte d'emploi par la substitution homme-machine, soit par l'incapacité de la manipulation..., Proudhon dans sa réaction contre la machine montre que celle-ci divise le travail, l'intelligence de l'ouvrier devient inutile et il ne s'identifie pas à son travail ». ((*)3) ; Ce qui veut dire que dans une industrie où il y a une innovation technologique l'ouvrier est vilipendé par le fait qu'il devient spectateur du mouvement de la machine ou soit devient presque "Robot" ou "automate" en faisant qu'un seul geste ; ce qui ne le permet pas de s'épanouir dans d'autres domaines.

Dès lors l'effort humain et intellectuel de l'individu ne fonctionne pas librement pour que son épanouissement, l'importance du travail humain diminue de plus en plus.

* (1) KUYUNSA, G. et SHOMBA, S., Initiation aux méthodes de recherche en sciences sociales, PUZ, 1995, P. 41.

* (2) KANZA wa KANZA, L'impact de la mondialisation sur la politique douanière en RDC, mémoire, FSSAP, Unikin, 2001-2002. (Inédit)

* (3) BONGONGO, T., Les pays du tiers monde face au phénomène de la mondialisation, TFC, FSSAP, Unikin, 2001-2002. (Inédit)

* (1) MANKIANKI, D., L'apport de l'INPP dans le processus de la reconstruction nationale, TFC, FSSAP, Unikin, 2001-2002. (Inédit)

* (2) MEDA, D., Le travail : une valeur en voie de disparition, éd. Alto Aubier, Paris, 1995.

* (1) GRAWIT2, M., Méthodes des sciences sociales, éd. Dalloz, paris, 7ème éd., 1986, P.420.

* (2) REZSOHAZY, R., cité par KUYUNSA, G. et SHOMBA, S., op.cit, P.52.

* (3) PINTO, R. et GRAWITZ, M., méthodes des sciences sociales, 4e éd., Paris, 1971, P.332.

* (1) GRAWITZ, M., op.cit, P. 123.

* (2) LOUBET, D., cité par KUYUNSA, G. et SHOMBA, S., op.cit, P. 123.

* (3) MWENE BATENDE, G., méthodologie sociologique (cours inédit), 1ere licence sociologie, FSSAP, Unikin, 2002-2003.

* (1) GRAWITZ, M., op.cit, P. 261.

* (1) MBIKAYI MUNDE cité par MBANDI, A., identités culturelles africaines et nouvelles technologies, Fac. catholiques de Kinshasa, coll. Recherche, 2002.

* (1) DURKHEIM, E. , les règles de la méthode sociologue, PUF, Paris, 1937, P.34

* (2) MERTON, R. K., Eléments des théories et des méthodes sociologiques, Ed. Plan, paris, 1950 , P.61.

* (3) LAROUSSE Grand dictionnaire encyclopédie, Tome 4, librairie Larousse, 1983.

* (4) MATSANZA, G., la formation et le perfectionnement des agents de l'administration publique, TFC, FSSAP, UNIKIS, 1991-1992, P.8. (Inédit)

* (1) Paul, J. II., cité par SOULET, M.H , Le travail, Nouvelle question sociale, Eds. Universitaires fribourg, Suisse, collection, Res. Socialis, vol.10, 1999, P.235.

* (2) MEDA, op.cit, P. 21.

* (3) IBIDEM.

* (4) MWABILA MALELA, Economie du travail, cours inédit, 1ere licence sociologie, FSSAP, Unikin, 2002-2003, p.5. (Inédit)

* (5) IDEM.

* (1) HESSLE, J., Le travail, éd. Deselée de Brouwer, paris, 1993, P.6.

* (2) MEDA, D, op.cit, p 23

* (3) MASAKI, Sociologie du travail et industrielle, cours 1ere licence sociologie, FSSAP, UNIKIN, 2002-2003, (inédit).

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