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La problématique de la gouvernance locale dans la région de l'est-Cameroun: une analyse de la perception du maire par les populations de la ville de Bertoua

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par Bertille Arlette JIOKENG NDOUNTIO
Universite Catholique d'Afrique Centrale - Master en Gouvernance et Politiques publiques 2010
  

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VI. Problématique

Le champ sémantique de la gouvernance locale renvoie à une participation politique accrue de divers acteurs à la construction et la gestion plus effective de la cité. Cette gouvernance renforce les capacités de l'Etat en matière de développement local et révèle la nécessité de placer l'appréhension qu'ont les populations, à la fois du maire et de son action, au coeur de ces politiques pour en accroître l'efficacité.

La gouvernance locale est présentée comme une alternative véritable pour l'avenir des Etats africains. Celle-ci se trouve, en effet, inscrite au coeur de nombreuses politiques de développement local. Les implications positives de ladite gouvernance, notamment une gestion saine des affaires, semblent faire l'unanimité des chercheurs, et des modalités ou principes divers sont assortis à l'instauration du processus de décentralisation.

Conscients de l'importance d'une telle entreprise, et du rôle que doit jouer le maire au sein de cette dynamique, des programmes de développement local ont été mis en oeuvre en zones urbaines et rurales. Ils ont été, principalement, orientés vers l'intervention sur les infrastructures de base et l'amélioration des conditions de production ou de commerce local, sans inclure explicitement une réflexion sur le renforcement des pouvoirs municipaux. Tous ces développements font naître une interrogation : comment la perception du maire par les populations de la ville de Bertoua favorise-t-elle leur adhésion à l'action publique locale ?

En considérant cette question posée, des tentatives de réponse apparaissent et feront l'objet du point suivant.

VII. Hypothèses

Pour répondre à la problématique ci-dessus formulée, nous émettons une hypothèse principale et deux hypothèses secondaires.

Hypothèse principale

L'adhésion et la participation des populations de la ville de Bertoua à l'action publique locale dépendent fortement de la perception qu'elles ont du maire.

Hypothèses secondaires

§ Plus le maire est un personnage proche des populations, plus celles-ci adhèrent à son action en s'attachant, notamment, à ses qualités personnelles.

§ Plus l'action de la commune touche les réalités des populations, plus elles se sentent poussées à s'impliquer.

Il sied, à présent, de définir le cadre méthodologique à partir duquel sera analysée la perception des populations au sujet du maire et de son action à Bertoua.

VIII. Cadre méthodologique

L'aboutissement de cette étude exige d'une part, l'utilisation d'un ensemble de méthodes d'analyse et d'autre part, l'utilisation de techniques de recherche pour la collecte des données pertinentes.

1. Grilles d'analyse des données

Pour analyser les données recueillies sur le terrain, nous avons fait le choix de l'interactionnisme symbolique et de la théorie des représentations sociales.

L'interactionnisme symbolique est une grille d'analyse qui postule que l'accès cognitif au sens des phénomènes, tant subjectifs qu'objectifs, découle inévitablement d'une interprétation et que la formation du cadre interprétatif découle des processus dynamiques d'interaction interindividuelle. Ainsi, selon ce cadre théorique développé à l'aide de recherches en ethnologie, l'interaction symbolique (communication verbale et non-verbale) entre les individus humains ou animaux détermine le sens que ces derniers accordent au monde et à leurs propres états mentaux34(*). Pour le sociologue Erving GOFFMAN, la vie sociale est une sorte de théâtre35(*), où les individus sont des acteurs qui endossent des rôles, différents selon les lieux ou ils se trouvent. Le but du jeu est de faire bonne figure et de permettre à chacun de garder la face36(*). La communication est alors, d'après lui, faite d'un ensemble de « rituels d'interaction », de gestes, de mimiques et d'expressions verbales. L'interactionnisme symbolique repose sur trois principes :

§ Les humains agissent à l'égard des choses en fonction du sens interprétatif que ces choses ont pour eux. L'action se fonde à partir du sens, ce dernier émerge à travers les interactions interpersonnelles situationnelles grâce à une réalité intersubjective reposant sur des symboles langagiers partagés

§ Ce sens est dérivé ou provient des interactions que chacun a avec autrui. L'univers des significations émerge d'un processus de coopération et d'adaptation mutuelle au sein du groupe social.

§ C'est dans un processus d'interprétation mis en oeuvre par chacun dans le traitement des objets rencontrés que ce sens est manipulé et modifié. C'est ce processus herméneutique qui crée un sens nouveau pour chaque individu transformant sans cesse les significations des objets : l'individu contrôle ses actions en agissant sur lui-même et le tout selon les circonstances et le contexte.

Cette méthode permettra d'analyser la relation qui se développe entre le maire et les populations. L'aspect théâtral est important car le jeu de rôle participe également à la symbolique et contribue, par des « pirouettes » à attirer la sympathie des populations. Elle explique également la dimension politique du maire, acteur opportuniste. Mais, surtout, l'interactionnisme servira à mesurer l'impact que peut avoir la relation sur l'adhésion des populations à l'action publique locale.

La théorie des représentations sociales, quant à elle, précise que le sujet et l'objet ne sont pas distincts, le sujet participant à la construction de l'objet en fonction de ses insertions sociales. Il n'y a pas de coupure entre l'univers extérieur et intérieur de l'individu (ou du groupe). L'objet est donc construit, non pas selon ses propriétés objectives, mais en fonction des caractéristiques des sujets sociaux qui se l'approprient au travers des communications qu'ils développent à son propos. Les groupes sont définis sur la base de leur communauté de représentations. Denise JODELET définit le concept de représentation sociale comme :

Une forme de connaissance spécifique, le savoir de sens commun, dont les contenus manifestent l'opération de processus génératifs et fonctionnels socialement marqués. Plus largement, il désigne une forme de pensée sociale. Les représentations sociales sont des modalités de pensée pratique orientées vers la communication, la compréhension et la maîtrise de l'environnement social, matériel et idéal. En tant que telles, elles présentent des caractères spécifiques au plan de l'organisation des contenus, des opérations mentales et de la logique. Le marquage social des contenus ou des processus de représentation est à référer aux conditions et aux contextes dans lesquels émergent les représentations, aux communications par lesquelles elles circulent, aux fonctions qu'elles servent dans l'interaction avec le monde et les autres37(*).

Pour cette étude, la théorie des représentations sociales servira à analyser trois éléments importants à savoir le code de communication entre maires et populations, la façon avec laquelle les populations de Bertoua définissent ensemble les différents aspects d'un vécu quotidien. Elle aidera à saisir comment elles se positionnent dans leur environnement afin de le maîtriser. Cette théorie servira, par ailleurs, à dégager le code commun qui permet de définir l'identité du groupe et guide les comportements et pratiques de celui-ci.

* 34 « Interactionnisme symbolique », disponible sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Interactionnisme, consulté le 29 juin 2009.

* 35 E. GOFFMAN, « Chapitre 1. Les représentations », in La mise en scène de la vie quotidienne, 1. La présentation de soi, Les éditions de Minuit, Paris 1973, pp. 25-49.

* 36 E. GOFFMAN, « Perdre la face ou faire bonne figure », in Les rites d'interaction, Les éditions de Minuit, Paris, 1974, pp.7-42.

* 37 D. JODELET, « Représentations sociales : phénomènes, concepts et théorie », in S. MOSCOVICI (sous la dir. de.), Psychologie sociale. Paris, PUF, 1984, pp. 357-378.

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille