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L'insertion du tourisme et les problèmes de son développement dans les marges côtières de la province du sud Cameroun


par Diderot Serge NGUEPJOUO M.
Université de Ngaoundéré - DEA 2005
  

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INTRODUCTION GENERALE

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1 I

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le tourisme est un secteur sans cesse en croissance vertigineuse. Au milieu du siècle dernier, il ne représentait que 25,3 millions d'arrivées en provenance de l'étranger et pesant 2,12 milliards de dollars US du PIB mondial. En 1960, avec 69,3 millions d'arrivées, il atteint 268,2 millions d'arrivées en 1980. Ces statistiques vont quasiment tripler en 2000 avec 697,4 millions d'arrivées, soit 11% du PIB mondial. Cette industrie passe pour être la plus importante du monde (OMT).

De nombreuses stratégies sont mises en oeuvre par les continents, les regroupements régionaux, les Etats et les collectivités diverses pour capter les flux de ces mouvements de personnes, source de rentrées de devises entre autres. Ce faisant les sociétés et les espaces concernés et en particulier ceux des pays du Tiers-Monde en sont marqués. C'est justement le cas des collectivités du département de l'Océan. Il s'agit précisément de l'espace délimité au Nord par le fleuve Nyong et au Sud par le fleuve Ntem. Sa bordure occidentale est recouverte par l'Océan Atlantique tandis que la forêt dense la limite à l'Est. Autrement dit, il est compris entre le 2ème et le 3ème degrés de latitude Nord d'une part et d'autre part entre le 9ème et le 10ème degrés de longitude Est (Figure 1). L'ensemble de cette zone d'étude couvre une superficie de 331 000ha. Cette situation lui permet de bénéficier des privilèges que lui offrent à la fois la forêt et la mer. D'est en ouest, les populations vivant dans ce milieu prélèvent les ressources de la forêt (Chasse, cueillette, ramassage), pratiquent l'agriculture et la pêche. Cette gamme variée d'activités est le reflet de l'opulence sur le plan des potentialités à teneur touristique de la région sur laquelle nos investigations vont porter. Il est néanmoins à préciser que les textes et les actions portant protection de la forêt perturbent quelque peu les activités habituelles de ces populations d'autant que les parcs nationaux sont des zones mises en défens qui ne sont pas supposées être occupées par les populations humaines (Kiss, 1989). Alors sont encouragés le développement des activités piscicoles et surtout touristiques par les autorités communales1, appuyés sur le terrain par les ONG.

Suite à nos séjours sur le terrain, nous avons privilégié l'étude des causes du sous développement touristique ainsi que les impacts de cette activité sur les marges côtières du Sud Cameroun. Ainsi les résultats de nos travaux pourront aider à orienter et maîtriser le ph

Figure 1: Localisation du département de l'Océan. 1. PROBLEMATIQUE

Le tourisme occupe une place importante dans les sociétés et précisément dans l'économie qui lui est ouverte. En effet, sur le plan socioéconomique, il génère les recettes, les emplois, met sur orbite des lieux, enracine les populations, améliore l'environnement. Malgré tous ces avantages, exception faite de Kribi, cette activité reste très faiblement développée dans les localités des marges côtières.

Nombreuses sont pourtant les ressources touristiques de cette région qui conjugue sur le même espace les ressources naturelles (climat, eau, sites naturels) et les ressources artificielles (patrimoines artistique, socioculturel...) qui constituent les ressources récréatives (Dewailly et al, 1993).

Ainsi pour ce qui est des potentialités d'origine naturelle, leur attractivité est avérée à en juger par leur caractère exceptionnel : les plages recouvertes de sable fin de couleur blanche tirant sur le jaune, piquetées de cocotiers, larges de 20 m environ aussi bien à marrées hautes que basses, offrent un paysage fort pittoresque le long de ces 150 km du linéaire côtier (Essono, 2000). De plus, à 7 Km au Sud de Kribi, les chutes de la Lobé sont originales. Elles sont le résultat de la traversée de l'escarpement - haut de 30 m par endroits - par les cours de la Lobé qui sert de ligne de rupture entre la zone de forêt et la côte. Ici, on a au moins deux sites de chutes, l'un à l'embouchure du fleuve Lobé et l'autre beaucoup plus féerique au détour de la flèche littorale en cours de colonisation par la végétation qui fait saillie dans la mer. Il existe même davantage vers l'intérieur du continent dont le visage n'est pas du tout désagréable (les chutes de Memvé'élé, le mont Nkolebengué, le massif des mamelles, le Rocher du loup...). Plus loin, à plus de 20 km de Kribi sur la route Campo notamment, Ebodjé, un des plus captivants des nombreux petits villages qui se succèdent le long de la côte est un véritable village de pêcheurs ouvert à l'activité touristique. La côte au Sud de Kribi est généralement recouverte en arrière-plan par la forêt dont le manteau se densifie et s'enrichit à mesure qu'elle s'étend vers l'Est. Cependant les installations d'HEVECAM et de SOCAPALM au Nord-Est de cette zone d'étude viennent en rajouter à la diversité des espèces végétales et fauniques avec leurs grandes exploitations de monoculture d'hévéa et de palmier à huile, régulièrement entretenues. Il faut aussi signaler que la faune sous forêt comporte de nombreuses espèces animales dont les plus attractives sont des éléphants, des gorilles, des chimpanzés et des antilopes sur terre (Debel, 1988), grands mammifères particulièrement recherchés pour le tourisme de vision. De plus, les fleuves dont les cours sont jalonnés de ravins (Lokoundjé, Kienké, Lobé et Ntem) et l'océan sont tout aussi riches et variées en ressources halieutiques. L'île de Dipikar isolée au Sud-Ouest à la frontière avec la Guinée Equatoriale en est une illustration patente.

Par ailleurs, quelques sociétés humaines d'envergure moyenne se sont installées le long de la côte et de façon intermittente dans la région forestière. Il en résulte logiquement que les peuples de ce secteur ont des cultures diversifiées, se rapportant tantôt à l'eau tantôt à l'épaisse forêt selon que ces populations en sont proches ou pas. Sur le Nord de cette bordure littorale, des villages de Sawa sont autant de sociétés aux potentialités culturelles captivantes dont la relation à l'eau comporte une bonne part de séduction et de mystère pour les visiteurs. L'eau occupe une place centrale dans cette culture (bain, danse, déplacement, cultes traditionnels, fêtes annuelles), source de provision alimentaire et commerciale. Quant aux pygmées, les villages sont l'expression de l'authenticité, du refus de la donne actuelle (modernité). De façon générale, ces peuples vivent de la chasse, de la cueillette, du ramassage, de la pêche et de plus en plus de l'agriculture dans quelques campements. Ils ont pendant longtemps prélevé de la nature tout ce qui leur était nécessaire pour entretenir leur corps sans qu'il soit besoin de fournir un travail supplémentaire de récolte et de conservation, tant la nature leur était généreuse! Aussi longtemps que «le milieu leur appartient en propre», ils en disposent parcimonieusement d'autant qu'ils sont conscients de ce que leur vie en dépend. Dans cette situation, ce sont des sociétés aux atouts culturels nombreux et fascinants pour la quasi-totalité des touristes. Cet état de choses connaît aujourd'hui des mutations et risque fort d'en connaître de plus profondes attribuables au vu du nouveau statut juridique du Parc National de Campo-Ma'an qui astreint ces populations à la sédentarisation dans sa périphérie (Owono, 2003). Toutefois, l'ancienneté de ce peuple dans la zone forestière qui remonte à 4 000 ans BC (Mveng, 1984) est susceptible d'être utilisée à des fins touristiques. Pourtant d'une autre façon, la préservation de la riche culture de ces peuples et du milieu se présente en effet, comme une bouée de sauvetage aussi bien pour la protection des cultures que pour la réintégration et la valorisation de la présence de ces peuples dans ces milieux. Car dans la situation actuelle, la forêt est aujourd'hui au centre de tous les enjeux. Les exploitants forestiers, le gouvernement à travers toutes ses représentations et les écologistes tentent chacun de s'en approprier au détriment ou avec la complicité tacite des autres acteurs. A partir de ce moment, les populations sont contraintes à de nouveaux comportements, notamment à la pratique de l'agriculture qui n'est d'ailleurs perçue dans certains cas par quelques intervenants que comme de la déforestation. La pêche soumise à la concurrence avec les bantou (Sawa) ne connaît pas encore de restrictions, elle ne peut tout de même pas suffire à elle seule à couvrir les besoins divers de cette population.

Eu égard à ce qui précède, la densité et la diversité des ressources touristiques de cette région côtière est un fait indéniable. De plus, on serait en droit de s'attendre à ce qu'elle

contribue de façon durable à l'amélioration des conditions de vie des peuples riverains à travers le développement soutenable de cette activité. Pourtant de façon inattendue, l'activité touristique connaît seulement un développement embryonnaire. Ainsi par exemple, après avoir mené une étude dans l'UTO de Campo-Ma'an sur la grande diversité des espèces végétales, Tchouto (2004) en déplore le faible niveau d'exploitation à des fins touristiques. En outre, en comparant le degré d'implication de la société civile à travers les ONG de promotion du tourisme dans la région du Mont Cameroun (Province du Sud-Ouest) à la situation de la province du Sud, il le trouve bien bas et en recommande l'activation. Dans le même sens, une enquête socio-économique dans la même zone (UTO de Campo-Ma'an) conduite par EreDéveloppement en 2002 à la commande de la SNV montre que seulement 3% des ménages de la zone, dont 62% dans la zone côtière, interviennent dans le secteur touristique. Ce résultat semble flatteur pour la région côtière, mais il n'en est rien en réalité dans la mesure où les emplois générés sont très faiblement rémunérés. En d'autres termes, ils permettent de lutter contre l'oisiveté et non contre la pauvreté. On assiste ainsi à la création des postes d'occupation (Kamga, 2000) sans incidence notable sur le quotidien des populations. Par ailleurs, les opérations de marketing sont inexistantes ou peu développées et le produit mal ou peu préparé. A titre d'illustration, les sites naturels sont généralement exploités sans aménagements significatifs pour en faire une destination touristique (Chendjouo et alii, 2003).

L'appui des ONG, des pouvoirs publics, l'engagement des communautés locales à cette cause et l'abondante promotion de Kribi constituent des atouts supplémentaires au développement touristique.

Toutefois, il reste qu'ici se pratique encore un tourisme de cueillette2. Avec 9965 arrivées internationales maximales (Année 2004), il représente seulement 2,84% de ces arrivées à l'échelle nationale. Cette donnée peut être contrebalancée par le fait que le tourisme international s'effectue dans les villes têtes-de-pont que sont Douala et Yaoundé3. Des initiatives se multiplient sur cet espace et contribuent à rassurer et faire espérer les meilleures perspectives pour les communautés locales. A l'évaluation, on en reste au stade de prétourisme4.

2 Béteille R., 2000.

3 Ces villes détiennent les hôtels de luxe (4 et 5 étoiles), des aéroports de classe internationale qui n'existent pas à Kribi. Elles sont appropriées pour le tourisme d'affaires et de congrès, l'essentiel des arrivées internationales de ces villes.

4 Gay J.C., 2000 : C'est une phase de développement touristique précédent celui de l'écotourisme dans les îles tropicales caractérisée par une faible capacité d'hébergement, une desserte aérienne limitée aux villes principales.

C'est pourquoi nous essayerons de comprendre pourquoi le tourisme se développe si difficilement et pourquoi les impacts déjà perceptibles de l'insertion du tourisme dans les marges côtières du Sud Cameroun sont si marqués.

2. QUESTION DE RECHERCHE 2.1. Question principale

Pourquoi le tourisme se développe-t-il si difficilement dans le département de l'Océan pourtant si riche en potentialités?

2.2. Questions spécifiques

· Le désengagement des pouvoirs publics n'explique-t-il pas en partie ce problème ?

· Quels sont les impacts de l'insertion du tourisme dans les sociétés d'accueil ?

· L'offre touristique correspond-t-elle aux attentes des touristes des marges côtières ?

· Comment réagissent les communautés locales et les promoteurs touristiques ?

3. BACKGROUND SCIENTIFIQUE

Les rentrées financières suscitées par l'activité touristique lui valent d'être courtisée par de nombreux acteurs sociaux à l'échelle locale et régionale. D'ailleurs le tourisme à divers stades de développement est présent sur les cinq continents. C'est une activité véritablement mondialisée. Mais globalement, il est développé dans les pays du Nord où il est plus accepté, intégré, bénéfique que dans ceux du Sud où il est encore en amorce pénible de croissance. Dans le premier cas, on a affaire à des sociétés ouvertes, éclatées et très souvent cosmopolites dont l'aire d'influence est la planète entière. L'offre touristique est généralement marquée du sceau de l'endotropisme5 d'autant que plus une société se développe, plus elle est endotrope (Dewailly et Flament, 1993). Les problèmes ici sont essentiellement de l'ordre de la sauvegarde de l'environnement qui se décline en conflits spatiaux et de ressources, en maîtrise de la capacité de charge, de la pression sur les ressources (Poulin, 2002), en l'occupation spontanée qui forme des ensembles spatiaux composites.

5 Endotropisme : type de rapport entretenu par l'environnement spatial et l'organisation fonctionnelle tourné vers l'utilisation touristique d'éléments internes à son tissu bâti (monuments, musées, activités culturelles, casino, établissement thermal, centre de congrès, lieu de pèlerinage, complexe sportif, quartier commerçant piétonnier...

Par contre dans les pays du Sud, le tourisme n'a pas encore pris de l'envol, pourtant les potentialités abondantes sont essentiellement exotropes6. Pour apprécier cette curieuse situation, les chercheurs se réservent de rêver. Le tourisme n'est pas une panacée mais une nouvelle traite (Boutillier et al, 1978) qui maintient les gouvernements et leurs peuples dans une certaine relation de dépendance, de sujétion et d'indolence vis-à-vis des Occidentaux (Dieng et al, 1980). Ce n'est rien d'autre que ce que Cazes (1989) appelle `le mirage touristique dans les pays pauvres' qui ne contribue pas effectivement à leur développement. Les explications sont nombreuses et se rapportent toutes à l'image ternie de ces pays relayée et très souvent amplifiée par les médias internationaux (Ofoegbu, 1999). Il s'agit des territoires ravagés par les guerres et les tueries de toute sorte (Ciss et ali, 2002) où les populations en proie à la précarité et au dénuement complets, vivotent tout simplement par miracle. Dans ces conditions, la sécurité des visiteurs peut être durablement mise en péril, les infrastructures de transport et d'hôtel sont de niveau très moyen. De plus, les profits générés par cette activité sont généralement rapatriés d'autant que les grands investisseurs (hôteliers, restaurateurs...) et prestataires de service sont étrangers (Dieng et ali, Op.cit.). Ainsi a-t-on ici peu d'exemples de détérioration des ressources naturelles due à leur mauvaise gestion par ses différents utilisateurs pourtant paradoxalement `la culture de la protection de la nature à l'internationale' n'est pas encore ancrée dans le comportement des peuples des pays du Sud (Cormier-Salem et alii, 2002) qui sont encore aux prises avec le problème élémentaire de nutrition. Les espaces protégés sont généralement le fait des colons qui avaient une plus grande conscience de la nécessité de la patrimonialisation de la nature tropicale.

L'écotourisme se présente alors dans ce contexte comme la forme alternative de tourisme qui tient compte à la fois de la préservation des intérêts des populations locales et des milieux d'autant qu'il est question de laisser aux générations futures toutes leurs possibilités d'épanouissement et de développement dans leur cadre de vie. L'écotourisme se définit comme « le voyage effectué dans les milieux naturels pour comprendre l'histoire culturelle et naturelle de l'environnement en prenant soin de ne pas entamer l'intégrité de l'écosystème tout en produisant des opportunités économiques qui rendent la conservation des ressources naturelles financièrement bénéfiques aux populations locales » (Ecotourism Society, 1992).

6 Orientées de façon majeure vers des éléments attractifs extérieurs à son bâti, et habituellement préexistants et indépendants elle : mer et plage, forêt, plan d'eau...

L'écotourisme est une forme de tourisme dit alternatif en ce qu'il utilise la nature comme support essentiel de ses activités, met en vue le patrimoine naturel et/ou culturel en insistant sur le respect de la nature et la sauvegarde de la culture des peuples. On en dit aussi que c'est un tourisme responsable, doux... qui s'épanouit aisément dans les milieux naturels et originaux. Selon plusieurs études, il est de plus en plus demandé par les touristes internationaux en quête d'authenticité et de retour aux sources (Sites web de IFEN, de l'AFIT...). Les forêts du Sud sont particulièrement appropriées au développement de ce type de tourisme d'autant qu'elles disposent de nombreux atouts facilement touristisables (Tchouto, 2004).

A l'opposé de ce discours mirobolant, certains pensent que le tourisme est l'unique perche tendue aux pays sous-développés pour s'intégrer dans l'économie mondiale et accroître leurs recettes. Il est devenu en très peu de temps, la deuxième source de revenus des pays du tiers-monde après le pétrole (Ziady H., 2002). Il faut noter qu'il ne s'agit pas là d'un tourisme alternatif qui prenne en compte les intérêts divers, mais bien du tourisme classique dont le seul ou le principal objectif est la rentabilité financière.

D'autres auteurs s'intéressent essentiellement aux processus d'insertion du tourisme dans un espace donné. Ainsi dans son rapport à l'espace et au territoire, il utilise deux pouvoirs : la subversion et la conquête (Cazes et ali, 1993). Le premier se manifeste par le détournement de l'utilisation dominante d'un lieu, tandis que le deuxième travaille à intégrer de nouveaux lieux à l'espace touristique. Ces pouvoirs dont le tourisme est doté en fait souvent une source potentielle de danger.

L'équipe MIT (2000(2)) définit des 10 variables pour évaluer la mise en tourisme. Elle regroupe en facteurs endogènes et exogènes au milieu : le taux de fonction touristique, la fréquentation touristique, la présence des résidences secondaires, la dynamique économique, l'évolution de la population active tertiaire, l'évolution du solde migratoire, le rôle des acteurs locaux, l'attitude des populations locales, la situation géographique et la caractéristique paysagère.

Dans le milieu urbain, ce processus consiste en trois étapes : la cristallisation7, la diffusion8 et la mise en réseau9 (Dewailly et Lefort, 2003). Ceci est conditionné par

7 C'est le point focal ou d'ancrage ayant donné lieu au lancement de l'activité touristique dans une ville

8 Elle consiste en l'insertion des quartiers péri-centraux à un noyau touristique urbain de départ

9 Elle peut être thématique, de commune à commune et aux échelles régionales.

l'ouverture de la société locale, les communications avec l'étranger et la situation politique de l'Etat (Equpe MIT, 2000(1)).

En milieu rural, il s'intègre péniblement dans la mesure où les populations sont attachées à un style de vie traditionnel et conservé (Veyret, 1999). Ceci est d'autant plus difficile lorsque les populations ne sont ni associées, ni consultées dans le cours de ce processus. Dans ce cas, on observe généralement des frictions entre les promoteurs et les habitants de la localité sollicitée pouvant déboucher sur le rejet par la communauté hôte de ladite activité (Cazes et ali, Op.cit.). Cependant, il existe aussi des exemples réussis d'intégration harmonieuse dans l'espace. Très généralement, ce sont des modèles dans lesquels les acteurs nationaux et davantage locaux tiennent un rôle prépondérant dans les investissements et la gestion des initiatives (Miossec J.M., 1997).

4. CADRE CONCEPTUEL ET THEORIQUE

La présente étude portant sur l'insertion du tourisme et les problèmes de son développement dans les marges côtières de la province du Sud Cameroun s'inscrit dans le cadre de la géographie de tourisme relativement nouvelle et, en pleine construction. En effet, le fait touristique lui aussi récent, pourrait l'expliquer en partie. L'aristocratie anglaise avait coutume d'aller faire un tour avec précepteur de 6 à 24 mois d'autant que « les voyages forment la jeunesse »10.

Il conteste la notion de l'enracinement (Reynaud, 1975) de la géographie classique. Sa démarche et son discours ont souvent laissé insatisfait à cause d'une part de l'importance excessive accordée à la seule approche spatiale largement sinon uniquement descriptive. Celle-ci débouche sur des classifications douteuses et des typologies approximatives en négligeant les processus et tout le fonctionnement du système touristique et d'autre part d'une approche du fait touristique fondée, a priori, sur des certitudes et des solides convictions qui au gré des plumes, oscillent entre exaltation du tourisme sauveur et la condamnation sans appel du tourisme destructeur.

Les géographes ont une entrée fondamentale pour comprendre le tourisme : c'est le rapport à l'espace et au territoire (Cazes et al, 1993). Autrement dit, il s'agit de s'interroger avec d'autres sur ce qui fait qu'un morceau d'espace devienne touristique, à analyser les processus et les formes d'appropriation, à évaluer les transformations induites par cette touristification (Dewailly et al, 1993).

10 Conseils des Guides Nugent et Dutens cités par Boyer M., 1999.

Dans le cadre de ce travail, pour éviter quelques incompréhensions et méprises sur le sens de certains termes, nous en définirons ceux qui suivent :

Le tourisme : il peut être compris comme une activité occasionnelle liée aux déplacements pour un séjour minimal de 24 heures dans un espace géographique donné, avec pour mobile principal la recherche de l'épanouissement personnel du visiteur à travers les occupations ludiques et/ou didactiques à but lucratif ou non. Pour éviter toute méprise sur cette définition, il faut y ajouter qu'au Cameroun, les moyens de collecte de données ne permettent pas l'affinement statistique qui tienne compte de l'unicité de la raison de voyage et du fait que le touriste ne soit pas en train d'exercer une activité économique. Tout séjour dans un établissement hôtelier ou qui en a la vocation est un séjour de tourisme dans la comptabilité touristique. Dans la conscience collective, le tourisme est aussi perçu comme une activité de paresseux, de dévoyés. C'est une affaire réservée au blanc cossu qui cherche à distribuer de son superflu au pauvre africain.

Le développement du tourisme est le résultat généré par le mouvement d'ensemble des initiatives de ses différents acteurs visant à faire d'une ville, d'une région ou d'un pays, une véritable destination touristique, c'est-à-dire accueillant annuellement et de façon continue 500 000 touristes internationaux au moins tout en contenant ses effets déstructurants sur l'espace et les sociétés. Autrement dit, il s'agit de la conséquence de la synergie des actions des différents protagonistes du secteur du tourisme qui prennent source dans leur pensée et dont le but est le bien-être économique. Mais ce modèle de tourisme n'a pas tardé à montrer ses risques réels et potentiels sur la survie des communautés et des milieux qui leur ont donné naissance. C'est pourquoi de plus en plus aujourd'hui, le développement du tourisme doit intégrer la dimension de la préservation de la ressource à l'origine de l'offre touristique ou en en renforçant la qualité et l'attractivité, c'est-à-dire le volet de la durabilité sans mettre sous l'éteignoir le volet lucratif. Ainsi, la recherche de ce précieux équilibre peut être en conséquence défini comme le processus de croissance intégrée de l'activité qui repose sur l'accueil et la satisfaction des visiteurs dans un lieu donné. Elle vise l'assouvissement des besoins des divers acteurs (touristes, populations d'accueil, société civile et Etat). Pour les touristes, généralement en quête de décontraction, de détente et de connaissances sur le milieu naturel et culturel, ils sont prêts à échanger contre quelque argent. Les populations hôtes quant à elles, travaillent à la mise en valeur de leurs potentialités naturelles et culturelles sans pour autant désagréger ces structures qui les ont suscitées. En d'autres termes, elles visent pour ces populations hôtes la satisfaction des besoins économiques, la préservation du patrimoine et la

Croissance

TOURISME
DURABLE

Conservation

mise à disposition d'un produit accessible et esthétique. La société civile est composée de l'ensemble des intervenants dans la chaîne et dont les investissements et autres réalisations ont un impact sur ladite activité. Elle doit pouvoir en tirer les bénéfices. Enfin l'Etat se présente comme le régulateur par excellence qui veille sur le fonctionnement et l'harmonie du système.

 
 
 

Chiffre d'affaires du Contribution au PIB Dépenses moyennes de séjour par

 

Financière

 
 
 

Spatiale

Activités

Statistique

Écologique

Sociologique

Etude diachronique 1990- Carte touristique

Hôtellerie restauration agences Marché du souvenir et

Offre originale et dérivée

Arrivées touristiques

Nombre d'agences de tourisme Nombre d'établissements de Capacité hôtelière (lits

Charte du voyageur Capacité de charge

Education

Culture, danse, traditions folklore, art, artisanat Charte du voyageur

 
 

Viabiliser les infrastructures

Tracer les parcours (pistes) Replanter les plages déboisées

Esthétique

 
 

Figure 2: Modèle d'analyse du tourisme durable.

Les communautés locales: c'est l'ensemble des populations organisées en unités fonctionnelles, vivant dans un milieu donné, bénéficiant directement ou non de ses ressources pour leur épanouissement quotidien et d'une certaine manière soucieuses de la nécessité de la préservation de ses atouts pour les besoins de la communauté d'aujourd'hui et de demain.

Contrat touristique : c'est le contrat initial tacite passé entre la société d'accueil et les premiers touristes. Il détermine l'évolution future du territoire touristique.

Espace touristique : c'est un espace aménagé par et pour le tourisme, objectivable, mesurable, cartographiable, produit de l'action des entreprises touristiques autochtones ou extérieures dans une structure spatiale donnée.

Invention touristique : c'est l'utilisation nouvelle d'un lieu préexistant, ce qui le subvertit et l'agrandi.

Lieu touristique : il n'existe que pour et par le tourisme qui est responsable de son invention. Souvent un `haut lieu' (beaucoup étoiles dans les guides).

Territoire touristique : c'est la propriété d'une population plus ou moins autochtone, mais approprié (même fugitivement) par les touristes qui le fréquentent, il présente donc un enjeu entre groupes aux intérêts divergents, différemment territorialisés.

5. OBJECTIF DE TRAVAIL 5.1. Objectif principal

Analyser le processus d'insertion du tourisme et les problèmes de son développement dans les marges côtières de la province du Sud Cameroun.

5.2. Objectifs spécifiques

· Présenter les missions des pouvoirs publics et en évaluer la pertinence dans la perspective du développement touristique,

· Déterminer les conséquences socioenvironnementales de cette activité dans le département de l'Océan,

· Identifier l'offre et la demande touristique et les comparer,

· Analyser les stratégies mises en oeuvre par les communautés locales et les promoteurs touristiques.

6. HYPOTHESE DE TRAVAIL 6.1. Hypothèse centrale

Le tourisme largement subi s'intègre dans le contexte socio-environnemental des marges côtières du Sud Cameroun à un rythme soutenu.

6.2. Hypothèses secondaires

· L'inadéquation entre les textes et les actions des pouvoirs publics fragilise le secteur touristique,

· La rapide insertion du tourisme dans la bande côtière présente un bilan favorable au développement des sociétés d'accueil,

· Les spécificités de l'offre touristique contrastent avec l'appétence du touriste,

· Les contraintes techniques et financières entravent la prise en main des initiatives touristiques locales.

6.3. Cadre opératoire

Il se présente comme le tableau de bord de nos travaux en ce qu'il récapitule l'ensemble de la logique de notre démarche. Ainsi à chaque question de recherche correspond une hypothèse. Celle-ci se subdivise à son tour en concepts opératoires dont chacun se décompose en variables puis en indicateurs. Pour éviter tout verbiage, nous nous proposons de condenser le cadre opératoire de ces travaux dans le tableau suivant :

7. METHODOLOGIE

La méthodologie est l'ensemble des procédures mises en route avec pour but de vérifier les hypothèses posées au départ d'une démarche scientifique. Ainsi, Elle consiste en trois grands moments notamment l'identification des stratégies générales de vérification, l'utilisation des techniques diverses pouvant permettre de rassembler et d'analyser les données et les informations collectées sur le terrain et/ou en bibliothèque et enfin la présentation de la démarche à adopter pour y appliquer les divers tests nécessaires.

7.1. Choix des stratégies générales de vérification

Vérifier signifie expérimenter, s'assurer qu'une chose est telle qu'on suppose qu'elle devrait être. C'est dire qu'il s'agit ici pour nous de présenter comment nous comptons procéder de façon générale pour obtenir des données crédibles afin de soutenir ou non le fait que l'inadéquation entre les textes et les actions des pouvoirs publics fragilise le secteur touristique. Les contraintes techniques et financières entravent la prise en main des initiatives touristiques locales autorités et les populations locales ne sont pas des alliés de l'essor touristique. Leur non association expliquerait le niveau très moyen de développement de cette activité dans la zone littorale de la province du Sud.

Parmi les nombreuses possibilités en la matière, nous ferons seulement usage des stratégies d'enquête, de l'observation et de l'étude des cas. Pour ce qui est de l'enquête, c'est le travail de terrain qui permet de collecter les données quantitatives et qualitatives à travers une trame d'enquête qu'on appelle questionnaire ou guide d'entretien. Dans le premier cas (enquête par questionnaire), le questionnaire écrit sera adressé aux touristes pour apprécier leurs centres d'intérêt, leurs goûts et leurs souhaits pour le développement de la destination de l'Océan à partir d'un échantillon tiré au hasard tandis que dans le deuxième cas (enquête par interview), un guide d'entretien destiné aux autorités et populations locales aura pour but de comprendre l'accueil qu'ils réservent au tourisme, leurs éventuelles attentes par rapport à cette activité ainsi que le rapport qualité de vie et ressources de leur milieu de vie.

Quant à l'observation, elle se déclinera en trois formes dont l'observation directe systématique, l'observation participante et l'observation documentaire. Sous la forme directe systématique, elle portera sur les promoteurs touristiques et visera à cerner leurs pratiques spatiales et économiques qui sont potentiellement sources de frustration et de désenchantement de la population locale vis-à-vis du tourisme. Au sujet de l'observation participante, il nous reviendra de considérer la conduite des touristes en vue d'en déceler les

comportements, les attitudes et les pratiques qui pourraient probablement avoir outré et expliqueraient le désintérêt de la population locale par rapport au processus de développement touristique. Finalement pour ce qui touche à l'observation documentaire, nous en userons pour nous rendre compte de ce qui a été produit sur le compte de ces populations afin de comprendre si leurs cultures, leur histoire et leurs modes de vie les préparent à participer au processus de développement de ce type d'activité. De même, nous consulterons les écrits pour voir les modes d'adoption du tourisme - source de revenus et d'emplois - pour les populations.

L'étude de cas est l'étude détaillée d'un phénomène donné qui fait recours à une méthode pluridisciplinaire pour rassembler le maximum d'informations en vue d'améliorer le niveau de connaissances qu'on a dudit phénomène. La variante que nous utiliserons est les études de communautés pygmées et Sawa de la province du Sud Cameroun (Batanga, Mabéa, Yassa, Ntumu, Mvae et Bulu), toutes deux, peuples autochtones du département de l'Océan. Ces trois stratégies permettront de collecter des données selon certaines les techniques dont la présentation suivra.

7.2. Choix des techniques de collecte des données.

La réalisation de nos travaux exige que pour avancer des arguments, nous ayions recours aux données dénuées de toute subjectivité. Nous nous consacrerons ici au choix des techniques les plus adéquates pour rassembler ce matériau sur lequel nous travaillerons. Ainsi, l'observation documentaire, l'observation directe, l'observation participante, le sondage et l'entretien sont des techniques qui semblent présenter les garanties nécessaires pour avoir des informations appropriées que nous traiterons par la suite.

Tableau 1 : Techniques de collecte de données

Paradigmes

Approches

Méthodes

Techniques de collecte

Phénoménologique

Qualitative

Observation

documentaire

directe systématique

participante

Interview

semi structuré

de groupe face-à-face

Etude de cas

Etude des communautés

Positiviste

Quantitative

Sondage

Questionnaire

L'observation documentaire a consisté à fouiner dans la littérature avec pour objectif d'identifier le problème et les divers traitements qui lui ont été apportés antérieurement. Il s'agit précisément des annuaires, des archives, des journaux, des textes, des rapports et des études portant sur le tourisme et la vie dans le département de l'Océan et ailleurs dans le monde. C'est également le moyen de retrouver les images, les cartes et les photographies qui sont de nature à améliorer la connaissance du phénomène sans pour autant influencer sur quoique ce soit.

L'observation directe systématique nous autorisera à nous rapprocher des initiatives des promoteurs et investisseurs dans le domaine du tourisme pour voir ce qu'elles peuvent comporter de logique économique au détriment de la logique sociale.

L'observation participante permet de considérer certaines données de la réalité de visu et de façon silencieuse. De plus, il faudra répertorier les comportements, attitudes et pratiques susceptibles d'indiquer vers une seule et même conclusion en vue d'y appliquer quelque traitement. Dans cette étude, nous combinerons les deux principaux modes d'observation : `Coding schemes' et `Holistic account' selon Kitchin et ali (2000) pour obtenir le plus d'informations. Les `coding schemes' ou modalités de codification est le mode statistique ou graphique qui se présente sous la forme d'une trame d'observation, se déclinant en plusieurs rubriques d'un phénomène donné dont les catégories sont exhaustives et prédéterminées. Quant à l'`Holistic account', c'est un rapport de haute fiabilité qui se construit sur un mode littéraire consistant pour le chercheur à enregistrer les observations par l'usage détaillé des mots. Chaque observation peut se structurer en deux volets : descriptif et narratif. Le volet descriptif se rapporte à la présentation des informations relatives au temps, au lieu, à la date, aux acteurs, aux actions... tandis que le volet narratif puise ses éléments dans le volet descriptif pour une histoire ou une théorie servant à présenter ce qui est observé.

Pour le repérage et la description des sites touristiques, nous procéderons en quatre

temps :

- prise de contact avec les autorités traditionnelles en vue de leur faire part de notre objectif de travail ;

- plus tard, organiser une séance de travail dans chaque village à laquelle

participeront le chef, les notables et quelques jeunes (entretien de groupe) ;

- échanges avec les responsables administratifs au sujet des résultats ainsi

obtenus et les comparer à ceux qui existeraient;

- Cartographie des sites.

Le sondage est une technique de collecte des données qui permet d'obtenir des informations à partir d'enquêtes effectuées sur un échantillon représentatif de l'effectif total qui sont - sous certaines conditions - généralisables à l'ensemble de la population à l'étude. Dans le cadre de ce travail, il s'agira de mener des enquêtes sur la population de touristes qui visitent le département de l'Océan à partir d'un échantillon qui en sera soustrait. Le questionnaire administré en face-à-face aux touristes consistera en questions fixes soit ouvertes ou fermées et comportera des éléments tels les motivations de voyage, les goûts des visiteurs en matière de tourisme, les impressions de voyages antérieurs et leurs souhaits pour la destination Océan dans la perspective de l'explosion de cette activité.

L'entretien permet de générer des séries de riches et variées données primaires. De plus, il permet un examen approfondi des données de l'intimité c'est-à-dire des expériences personnelles, des sensations ou des opinions que les questions fermées du questionnaire ne sauraient saisir. Par ce moyen, nous essayerons de comprendre les autorités et populations locales dans leurs attitudes vis-à-vis de l'activité touristique en vue d'en évaluer les effets sur le développement de cette activité d'une part et sur le milieu d'autre part. Ainsi, nous ferons recours aux entretiens semi structurés et aux entretiens de groupes en face-à-face. Dans le premier cas, les entretiens seront accordés aux autorités et leaders d'opinion à travers des conversations contrôlées par l'enquêteur sans que pour autant les répondants soient contraints à des réponses stéréotypées. Le deuxième cas, nous utiliserons un mode alternatif ou complémentaire qui permettra de réunir trois à dix personnes pour discuter d'un sujet particulier sous la direction d'un modérateur (enquêteur) qui, tout en restant neutre et objectif, promouvra la fluidité des échanges et l'animation de la conversation.

Pour ce qui est des informations cartographiques, nous aurons besoin de recourir à l'usage du GPS pour rassembler les coordonnées géographiques permettant de monter un système d'information géographique utile pour localiser les différentes ressources touristiques et gérer les informations à la commande.

Les données diverses ainsi collectées se verront appliquer des techniques d'analyse qui permettront de les rendre compréhensibles, illustratives des réalités de terrain.

7.3. Choix des techniques d'analyse des données.

Les traitements changeront en fonction du type de données. Ainsi, selon que l'on sera en présence des données quantitatives ou qualitatives, une technique particulière jugée appropriée sera adoptée.

Modèle de choix en recherche de tourisme et récréation

1. Paradigme de la recherche

2. Approche

3. Méthode

Phénoménologique

Positiviste

Méthodes

Qualitative

Quantitative

Source : Finn et al, 2000 cités par Wendy D., 2002.

Figure 3 : Modèle de choix des techniques en recherche de tourisme et récréation

Pour ce qui est des données quantitatives, nous leur appliquerons des traitements statistiques une fois qu'elles auront subi le test de qualité et fait l'objet d'une description primaire. On insistera d'abord sur la distribution de chacune des variables (tris plats), puis aux rapports des variables entre elles (tris croisés). On pourra alors faire recours aux ressources de la statistique descriptive (représentation graphique des données, calcul des caractéristiques de tendance centrale (mode, moyenne, médiane...). Le recours à la statistique inductive (estimations, tests d'hypothèse...) permettra également de savoir dans quelle mesure les caractéristiques des données recueillies sur un échantillon pourront être généralisées à l'ensemble de la population dont il est extrait (Ferrol, 2003). Ces traitements consisteront en l'analyse statistique appropriée, la comparaison et l'interprétation des résultats ainsi obtenus.

Quant aux données qualitatives, l'analyse se fera suivant la démarche suivante : description, classification et relation entre les données.

La description consistera essentiellement à décrire les observations qui ont été listées et à fournir une présentation plus ample et plus complète des informations concernant le contexte situationnel (contextes social, spatial et temporel), les intentions et les pensées concernant un acte donné. La première étape est la transcription et la deuxième l'annotation. L'annotation consistera à recopier les données en utilisant un minimum de codes ou encore de façon plus rigoureuse à partir d'une sélection minimale de codes pour traduire les idées et les clichés mémoires.

La classification consistera à introduire de l'ordre dans les données précédemment décrites grâce à la catégorisation d'une part et d'autre part, la séparation et la comparaison. Le fait de classifier permettra d'affiner le traitement des données par le fait de leur regroupement

au sein de catégories déterminées pour ce qui est de la séparation. Quant à la comparaison, c'est une confrontation des catégories liées entre elles pour accroître leur degré de fiabilité.

Le lien entre les données est le processus qui consiste à identifier les relations entre les données réorganisées dans le contexte originel et à comprendre la nature des rapports entre les données (les corrélations) et les évènements séparés qui se produisent ensemble (associations) entre les classes de données. De plus, il faut penser aux conclusions alternatives et en privilégier les plus plausibles.

7.4. Le test d'hypothèse

La réponse satisfaisante à notre question de départ `Pourquoi le tourisme se développe-t-il si difficilement dans le département de l'Océan pourtant si riche en potentialités ?' est subordonnée à la vérification des hypothèses secondaires. Lorsque ces conditions ne seront pas remplies alors l'hypothèse sera infirmée. Cependant, il peut arriver que d'autres facteurs non encore pris en compte interviennent ici dans l'explication du problème.

8. PLAN PROVISOIRE DE LA THESE

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