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Le festival, légitimation ou instrumentalisation d'un concept ?

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par Camille PLANTE
Groupe EAC - ESARTS : Ecole Supérieure de gestion de médiation des Arts 2005
  

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SYNTHESE

En 1982 et 1983, faisant suite aux Lois sur La décentraLisation cuLtureLLe de L'Etat vers Les coLLectivités territoriaLes563, La cuLture se positionne progressivement au coeur des stratégies d'aménagement territoriaLe en France. NatureLLement, Les festivaLs sont devenus Les acteurs principaux de cette voLonté de démocratie de proximité, d'où Leur importance dans Le paysage cuLtureL français, et pLus particuLièrement Lors de La saison estivaLe. Cette formuLe sembLe rencontrer un réeL succès auprès des coLLectivités qui affichent Leur désir de se faire connaître et d'attirer Le pubLic par Le biais d'événements cuLtureLs.

En 2005, L'estimation du nombre de festivaLs serait de deux miLLe564. Un chiffre en constante augmentation qui traduit Les difficuLtés rencontrées quant à sa mesure et à son évaLuation.

Bien que Les régions à fort taux touristique comme La région Provence ALpes Côtes d'Azur et La Bretagne, sembLent être prédestinées à accueiLLir Le pLus grands nombre de festivaLs (iL s'en tient environ trois cents de juin à septembre565), cette évoLution profite cependant à L'ensembLe du territoire français, et ceLa sur une période éLargie à L'année. IL est aLors intéressant d'étudier de pLus prêt ce phénomène « festivaL » et d'en comprendre Les raisons qui ont favorisé son succès.

Depuis Les Chorégies, premier festivaL français crée à Orange en 1869566, certains événements de renom, comme Le Festival d'Avignon ou Le Festival de Cannes, on su, depuis une soixantaine d'années, entretenir La renommée de La France en matière de richesse cuLtureLLe, et au-deLà même de ses frontières. Un engouement qui n'a cessé de croître et révéLé Les intérêts commun des

563 KARSENTI, « Le droit de La cuLture », cours EAC 2006-2007, information notée par L'étudiant.

564 DONNEDIEU de VABRES (Renaud), in discours prononcé au 88e Congrès de L'Association des Maires de France, Le 24 novembre 2005, page 1.

565 Direction du Tourisme, « Chiffres CLés du tourisme, édition 2006 », La documentation Française, page 5.

566 Site internet des Chorégies d'Orange, http://www.choregies.asso.fr/fr/histoire.htmL, consuLtation Le 15 novembre 2006.

coLLectivités territoriaLes et des directions de festivaLs quant à sa réussite. En effet, pour comprendre Le succès de La formuLe festivaLière en France, iL sembLe, dans un premier temps nécessaire, de revenir sur son interaction inhérente au contexte LocaL.

Son impact intervient sur L'ensembLe des phases que constitue La mise en oeuvre d'un festivaL, des éLéments pré-étabLis qui déterminent indirectement son positionnement à venir. Une infLuence portée sur La mise en oeuvre du projet, Le choix de La date, du Lieu, pour La recherche de financements pubLics ou privés et enfin, quant à La stratégie de communication adoptée. Ces différents éLéments interfèrent directement dans La construction de tout projet cuLtureL.

De même, pour comprendre L'importance de cette interaction, iL est nécessaire de prendre en considération L'impact que ces événements génèrent sur Le contexte LocaL : Les retombées matérieLLes directes, en terme de tourisme et d'économie, ou indirectes quant au renforcement du Lien sociaL ou La création d'empLois. ELLes sont compLétées par des retombées immatérieLLes directes, en terme d'image et de notoriété ou enfin indirectes quant au renforcement de La démocratisation et animations cuLtureLLes. Enfin, La diffusion et promotion artistique. L'énumération de ces conséquences traduit Le succès natureL d'une teLLe formuLe et souLigne paradoxaLement une possibLe instrumentaLisation de cet « outiL » cuLtureL et artistique. Une interaction qui n'est pas automatique peut entraîner une dérive dans L'empLoi du concept festivaLier, à L'écheLLe des coLLectivités territoriaLes ou des directions de festivaLs.

Le festivaL apparaît comme un « outiL » cuLtureL efficace pour Les coLLectivités pour se différencier d'une concurrence de pLus en pLus accrue entre territoires. La Légitimité acquise progressivement, due aux mesures de décentraLisation adoptée par L'Etat dans Les années quatre-vingt, motive Les coLLectivités territoriaLes à préciser Leurs critères d'attribution de soutien aux différents festivaLs qui peuvent s'y tenir. IL sembLe aLors que Les retombées économiques, médiatiques, poLitiques, renforcées par L'aspect événementieL du festivaL dépasse La simpLe considération cuLtureLLe et artistique de L'événement. Le rôLe qui Lui est attribué traduit dans un premier temps

L'équiLibre compLexe entre cuLture et économie. ELément souLigné par La création de festivaLs orienté en faveur du déveLoppement LocaL, à L'initiative des coLLectivités territoriaLes, pour une recherche de communication, d'animation LocaLe, ou encore à des fins institutionneLs. Dans un deuxième temps, cette évoLution révèLe L'équiLibre compLexe entre cuLture et poLitique. Situation mise en abîme par L'interaction entre La municipaLité et La direction du festivaL. Une reLation qui peut être équiLibrée, de suspicion pour La municipaLité, ou inversement pour Le festivaL. Un certain nombre d'exempLes traduit cette divergence de positionnement entre éLus Locaux et direction du festivaL, divergence qui peut provoquer une rupture.

Ainsi, Le succès croissant de La formuLe festivaLière depuis Les années quatrevingt entraîne un déséquiLibre dans La Légitimité d'utiLisation du concept. ParadoxaLement, Le succès et La notoriété du terme entraînent une muLtipLication du nombre de festivaLs en France et une concurrence de pLus en pLus viruLente entre des événements qui se diversifient. Cet engouement des coLLectivités territoriaLes pour L'événement festivaLier motive certaines directions de festivaLs ou porteurs de projet à en instrumentaLiser Le concept, entraînant une négLigence du contenu au profit de La forme. On voit ainsi se créer des événements de divertissement, pâLe refLet de festivaLs renommés. Cette possibLe dérive du terme « festivaL » est souLignée par un grand nombre de professionneLs du miLieu qui cherchent aLors à se différencier. En ce sens, différents conseiLs peuvent être apportés afin de priviLégier Les vaLeurs cuLtureLLes et artistiques. VaLeurs sous-entendues par La notion de festivaL et qui en ont fait sa renommée. Ces conseiLs souLignent La nécessité d'une originaLité du concept, L'importance du directeur artistique, de La reLation au pubLic ou encore d'une inscription efficace du festivaL sur son Lieu d'impLantation.

Enfin, iL est important de souLigner que L'augmentation exponentieLLe du nombre de festivaLs en France et Leur diversification profite activement à une augmentation de L'offre cuLtureLLe, dans une démarche de démocratisation. Une incidence positive pour un pubLic de pLus en pLus important. C'est de même pour Les artistes qui voient se diversifier Leurs possibiLités de promotion.

Cet état des Lieux des festivaLs en France étabLit un constat quant à L'évoLution de ce phénomène depuis Les années quatre-vingt. Un concept qui évoLue entre instrumentaLisation et banaLisation du terme ou déveLoppement Légitime et natureLLe.

Dans un deuxième temps, iL sembLe intéressant d'appLiquer ces différentes réfLexions à un exempLe précis : Le festivaL Chroniques Nomades. Cet événement s'inscrit directement en interaction avec L'évoLution du contexte cuLtureL français. C'est un choix personneL orienté par mes différentes expériences professionneLLes au sein du Festival OFF des Chroniques Nomades, pour sa forme artistique, La photographie, et son Lieu d'impLantation, HonfLeur.

Le festivaL Chroniques Nomades, à L'écheLLe de son territoire (La région Basse-Normandie, Le département du CaLvados et La commune de HonfLeur), inscrit son histoire et identité dans une recherche d'interaction au contexte LocaL. Depuis dix ans, son évoLution traduit une fragiLité financière et L'augmentation de La concurrence entre événements photographiques. ParadoxaLement, cette étude souLigne La divergence et La faibLesse de son adéquation au contexte LocaL, mise en abîme par La reLation entre La direction du festivaL et Les éLus Locaux.

Depuis sa création en 1997, Les différents éLéments d'action menés par Le festivaL Chroniques Nomades révèLent L'importance d'une recherche de pérennisation afin de renforcer La Légitimité et d'insérer cet événement sur son Lieu d'accueiL. C'est un déveLoppement qui intègre La création d'événements dynamiques en paraLLèLe du festivaL et Le déveLoppement du concept de coproduction. Enfin, La création du FestivaL Off des Chroniques Nomades en 2001, est un outiL efficace de démocratisation pour Le pubLic et d'accompagnement pour Les artistes.

Une différenciation nécessaire de L'événement face à L'instrumentaLisation possibLe du concept festivaLier.

Cette étude, proposant son positionnement particuLier, tente de traiter
successivement Les différentes pistes de réfLexions mises à jour par La
probLématique. Une spécificité compLétée par des préconisations apportées à

L'écheLLe des festivaLs en France et du festivaL Chroniques Nomades, outiLs de différenciation, de Légitimation et de pérennisation du festivaL.

Depuis Les années quatre-vingt, L'augmentation du nombre de festivaLs en France entraîne des conséquences opposées et diverses sur La notion même de L'événement festivaLier. Cette duaLité ne fait que renforcer L'inquiétude quant à La perception du festivaL par ses différents acteurs et Le pubLic.

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