WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La cooperation commerciale entre la Chine populaire et le Tchad: enjeux et perspectives

( Télécharger le fichier original )
par Deli laika Kalchekbe Innocent
Université de Yaoundé II - DESS en politique et négociations commerciales multilaterales 2010
  

sommaire suivant

INTRODUCTION GENERALECONTEXTE DE L'ETUDE

Le monde connait des changements importants et profonds dans les relations internationales dont les plus marquants sont les relations sino-africaines. En tant que force montante tant sur le plan politique que sur le plan économique, la Chine ne cesse de renforcer et d'élargir ses relations d'amitié et de coopération avec les pays africains. Ceci implique des effets non négligeables dans l'évolution de l'ordre international. Très tôt, la Chine a manifesté un grand intérêt pour l'Afrique lors de la conférence de BANDOENG en 1955. C'est avec l'avènement des indépendances que les Etats africains ont commencé à établir des relations diplomatiques avec ce géant d'Asie.

Les dirigeants africains se sentent compris par les Chinois et les prennent comme partenaires économiques attrayants.   La Chine est devenue le deuxième plus grand récepteur d'investissements étrangers au monde et le deuxième investisseur sur le continent africain. Depuis les années 90 l'économie chinoise s'est de plus en plus internationalisée avec le commerce extérieur et les investissements comme facteurs significatifs de la croissance rapide de l'économie. Depuis lors le commerce sino-africain a connu une évolution fulgurante. Estimés à 10 milliards de dollars en 2000 les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint en 2008 le chiffre de 106,8 milliards de dollars dépassant ainsi l'objectif fixé avant 2010 (de 100 milliards).

L'Afrique constitue une source d'approvisionnement en matières premières pour la Chine (cuivre, chrome, en bois et surtout en pétrole...). Les matières premières que la Chine importés du continent noir sont estimées à 25% de l'ensemble en 2004. En retour, les africains importent des produits manufacturés chinois, notamment des produits textiles, des machines, des biens électroniques etc.

Par ailleurs le Tchad, pays enclavé de l'Afrique centrale, est l'un des pays les plus pauvres et les moins stables d'Afrique à cause des troubles politiques récurrents et souvent violents depuis son indépendance en 1960. Bien que doté de nombreuses ressources minières, l'économie du Tchad est basée sur la culture du coton, la gomme arabique et l'élevage jusqu'en 2000. Ce n'est qu'à partir de cette date que la Banque Mondiale a décidé de financer à hauteur de 4,2 milliards de dollars (Américain) l'exploitation du pétrole du bassin de Doba (au sud du pays). Cet investissement a nécessité la construction d'un oléoduc de 1 070 Kilomètres qui débouche au port Camerounais de Kribi sur la côte de l'océan atlantique. Depuis la fin de cette construction en 2003, le Tchad a vu son taux de croissance faire un bond spectaculaire passant de - 0,9% en 2000 à 33,6% en 2004 et 7,9% en 20051(*). En 2004 la contribution du secteur pétrolier à la croissance du PIB s'élève déjà à 33,4%. Malheureusement, le poids croissant du pétrole dans l'économie tchadienne ne se traduit pas encore dans le quotidien de la population Tchadienne. La majorité des Tchadiens (54%) continuent de vivre en dessous du seuil de la pauvreté2(*).

La Chine quant à elle, est considérée aujourd'hui comme une grande puissance mondiale sur le plan économique. L'un des aspects les plus marquants de l'évolution de l'économie chinoise, est l'ouverture internationale. En réalité, la Chine fonctionnait pratiquement en autarcie jusqu'en 1979. Depuis, elle a connu une large vague de réforme sous la direction de Deng Xiaoping et sous son mot d'ordre : « enrichissez-vous! ». La Chine croit depuis la fin des années 1990 dans les échanges commerciaux. En fait,  depuis la fin des années 1970 la Chine a mis la modernisation de son économie au premier rang des priorités et elle a tout fait pour y parvenir : elle a abandonné progressivement le plan pour le marché, elle a mobilisé ses immenses ressources en main d'oeuvre et a ouvertement tiré parti de la mondialisation en devenant l'usine du monde.

Les relations diplomatiques entre le Tchad et la Chine qui datent de 1972 ont été marquées par une période de rupture en 1997 à cause de la reconnaissance de Taiwan par N'Djamena. En juillet 2006, les circonstances politiques (les menaces de la rébellion à l'Est) ou économique (exportation du pétrole Tchadien) ont conduit le Tchad à renouer avec la Chine populaire en rompant avec Taiwan. Ce réchauffement s'inscrit dans le cadre de la politique lancée en janvier 2006 par le gouvernement chinois et qui est précisé dans le livre blanc sur la politique africaine de la Chine : « la Chine oeuvre à établir et développer un nouveau type de partenariat stratégique marqué par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération dans un esprit gagnant -gagnant sur le plan économique ». Cette nouvelle relation lui permettra de diversifier ses partenariats commerciaux.

Les flux commerciaux entre la Chine et le Tchad concernent principalement les importations. Selon les services de statistiques du commerce extérieur tchadien, la Chine ne figure pas parmi les pays de destination des exportations du Tchad. Les principaux pays de destination des produits tchadiens hors pétrole en 2005 sont le Nigeria (39%), la France (28%) et le Soudan (18%), le pétrole étant supposé être exporté exclusivement à destination des Etats-Unis. Selon Chaponnière (2006), 21% des exportations du Tchad ont été faites à destination de la Chine en 2004. Mais cette information issue des données miroirs du Département des Statistiques du Commerce du Fonds Monétaire International (IMF/DOTS) ne peut s'expliquer que par l'existence de réexportations de produits tchadiens. Selon les données disponibles fournies par l'INSEED (2006 et 2007), les importations d'origine chinoise ont doublé en un an passant de 6 045 711 dollars en 2004 à 12 574 333 dollars en 2005.

Le 12 janvier 2007est une date importante dans la nouvelle relation économique entre le Tchad et la Chine. Cette dernière a en effet racheté par l'entremise de China National Petroleum Corporation (CNPC) le permis d'exploitation pétrolière détenu par la société Canadienne ENCANA. Ce permis couvre une superficie d'environ 220 000 Km2 et englobe les bassins ci-après : Le bassin des Erdis, une partie du bassin du lac Tchad, le bassin de Madiago, le bassin de Bongor, le bassin à l'ouest de Moundou, le bassin de Pala à la frontière du Cameroun, une partie du bassin à la frontière de la République Centrafricaine et tout le bassin de Salamat.

Depuis cette date, la coopération économique entre la Chine et le Tchad s'est intensifié, donnant la possibilité à cette dernière de trouver de nouveaux financements. L'aide chinoise en faveur du Tchad est estimée à plus de 100 millions de dollars depuis cette date. La Chine, cherchant à sécuriser par tous les moyens ses approvisionnements en pétrole pour ne pas freiner une économie en pleine croissance, a accru le montant de ses investissements dans les secteurs stratégiques de l'économie tchadienne tels que les télécommunications; la cimenterie de Baoaré et la raffinerie à 50 km au nord de N'Djamena.

A côté de ces apports positifs, on note aussi des risques potentiels de la coopération économique chinoise sur l'économie tchadienne. On peut citer par exemple la structure inégale des échanges (matières premières tchadiennes contre produits manufacturés chinois) le risque de désindustrialisation parce que les industries locales n'ont pas la capacité nécessaire pour faire face à la concurrence chinoise, et le risque de surendettement. Certains pays pauvres très endettés, notamment africains, ayant été désendettés par la communauté internationale, se ré-endettent auprès de la Chine. D'où l'intérêt de faire une étude sur   La coopération commerciale entre la Chine populaire et le Tchad : enjeux et perspectives. 

* 1 Rapport 2004 de l'Institut National de la Statistique des Etudes Economiques et Démographique du Tchad

* 2 Idem

sommaire suivant