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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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IV-2 LE PROJET D'ELLIS (W.)

Aussitôt que la liberté de culte et de religion fut proclamée, les diverses coopérations avec les étrangers réouvraient de nouveau. Cette réouverture était surtout marquée par le retour des missionnaires aussi bien français qu'britannique. Les missionnaires français explique Randriamamonjy

1 « [..j raha vao nanomboka nanjaka Radama II, dia nanome teny mba handefasana ireo mpifatotra saiky novonoina.Nisy 17 izy ka ny 9 dia efa maty tam-patorana ka ny 8 sisa tra-pamonjena [..j namoaka didy Radama II nanome famotsorankeloka ho an'ny voaheloky ny fitsaram-panjakana rehetra tamin'ny alahady 1 septambra 1861. »

RANDRIAMAMONJY op. Cit. pp 523-524

2 RANDRIAMAMONJY (F.) ibidem p 524

3 RANDRIAMAMONJY donne des exemples comme celle de BETIA à Sainte-Marie et TSIMIEKO à Nosy Be. Mais la plus importante des conventions était le Charte Lambert qui autorisait ce Français à exploiter le sol et le sous-sol malgache.

4 Le roi était dépendant de l'alcool-avait comme conseillers les Menamaso que personne n'aimaient

(F.) arrivèrent dans la capitale le 11 novembre 18611. Les Britannique, eux aussi débarquèrent au pays peu de temps après.

Ces derniers marquaient vraiment notre Histoire. En effet, les Britannique ont énormément contribué au développement de la capitale et ses habitants au cours du XIXe siècle. Ils avaient sur le plan intellectuel apporté l'écriture durant le règne de Radama le père. En son temps également, les connaissances techniques des jeunes Malagasy se développèrent avec la création d'atelier (Cameron). Avec la volonté d'étendre d'avantage l'évangélisation sur la terre païenne, les Britannique érigeaient des édifices religieux.

Ainsi, arrivé dans la capitale le 16 juin 18622, Ellis (W.) avait un projet qui va bouleverser le domaine de la construction. Ce délégué de la London Missionary Society avait comme idée d'ériger des temples sur les lieux où les chrétiens étaient exécutés sous les persécutions de Ranavalona I. Son but était d'associer à ces endroits des lieux de culte la mémoire de ces confesseurs de la foi, mais également de créer des foyers de culte durables. Les sites ciblés par Ellis étaient Ambatonakanga, Ambohipotsy, Faravohitra et Ampamarinana. Le premier, sur lequel se trouvait un temple provisoire était le lieu où Rasalama fut emprisonnée. Il y a ensuite Ambohipotsy, situé à l'extrême sud de la colline royale. Cet endroit servait d'exécution des condamnés. Rasalama en faisait partie. Sous les ordres de Ranavalona I elle était exécutée le 14 aout 18373 à coup de sagaie. A Tsimihatsaka ou Ampamarinana, on précipitait les condamnés à mort enroulés dans des nattes. Sa célébrité, selon Valette (J.)4date du 28 mars 1849. A cette date, Rainimiadana et 13 autres chrétiens trouvèrent la mort. Ramanandalana et ses trois amis, tous descendants d'Andriamasinavalona, ont été brulés vifs à Faravohitra le 28 mars 18495. D'autres endroits et d'autres évènements marquaient également les exécutions6mais c'étaient ces quatre sites qui attiraient vraiment Ellis, du fait qu'ils ont des vues panoramiques et visibles de loin. Le roi Radama II accorda les sites aux Britannique. Le 23 aout 1862, Ellis écrivait aux directeurs londoniens pour la récolte de fonds afin de construire les temples. En une semaine, 14OOO livres sterling ont été rassemblées7.

Ainsi, la construction vont débuter sous divers problèmes tels de langue ; de techniques encore nouvelles pour les Malagasy... Des obstacles se présentaient : le monopole de l'Etat des matières

1 « Tantaran'i Madagasikara isam-paritra » p524

2 « Madagascar et le christianisme » HUBSCH éd, 1993 Ambozontany

3 RANDRIAMAMONJY op. Cit. p517. Rafaralahy ANDRIAMAZOTO y était aussi exécuté le 19 février 1838.

4 « Le temple d'Ampamarinana » article in Le courrier de Madagascar du lundi 22-04 -1963

5 « Eglise protestante Faravohitra 1870-1960 » septembre 1960 -certains auteurs à l'exemple de VALETTE (J.) donnent comme date d'exécution des martyrs le 29 mars 1849 au lieu de 28 mars.

6 Il y avait des chrétiens dont on avait coupés la tête à Ambohipotsy et à Anjoma et il y avait ceux qui ont été lapidés à mort à Fiadanana le 18 juillet 1857 et bien d'autres.

7 RAISON-JOURDE, « La fondation des temples protestants de Tananarive » in Annales de l'Université de Madagascar, série Sciences Humaines n° 11, 1970

premières, des ouvriers1 mais également sous l'oeil vigilant des Malagasy. La méfiance envers les étrangers n'était pas encore effacée.

Aussi difficile que cela était, les missionnaires avec les Malagasy d'hier ont pu quand même ériger les édifices qui commémoraient les martyrs de la foi. Ellis avait même invité Cameron pour la construction des Temples commémoratifs. Ce dernier avait des connaissances sur la langue2 et la population locale du fait qu'il résidait dans la capitale depuis 1826. De plus, celui ci avait déjà initié les jeunes Malagasy aux travaux de bois et la pierre comme fondation de maison. C'était lui qui avait découvert la pierre à chaux.

La volonté de la population à changer les cours des choses se montrait dans la construction de divers édifices religieux. Après la mort de Ranavalona I, la construction d'églises se multipliaient et gagnaient de plus en plus du terrain. Entre les années 1861 et 1868, quelques temples appelés « reny fiangonana » voyaient le jour. D'après Clark (H. E.)3, ces églises mères étaient au nombre de neuf dont : Amparibe ; Ambatonakanga ; Analakely ; Ambohipotsy ; Ambavahadimitafo ; Ambohitantely ; Ambonin'Ampamarinana ; Avaratr'Andohalo et enfin Faravohitra4. La présence de ces édifices marquait le glissement petit à petit d'un royaume païen vers un autre, christianisé. Le peuple également ne cachait pas sa volonté d'adopter une nouvelle religion. L'édification de ces temples, avec la montée de Ranavalona II au pouvoir et la levée de l'interdiction, marquèrent également le basculement d'une « civilisation du végétal » à une autre, la pierre qui était jusqu'alors attribuée aux domaines des sans vie. Imaginatif, le projet de construction des temples commémoratifs en pierres demeurait l'un des plus grands au cours du XIXe siècle. Au regard des édifices « simples » de la population locale, c'était très cher et très dur de construire avec les pierres de taille. Un nouveau style de construction voyait le jour et va influencer aussi bien l'architecture civile que religieuse. Cet art de bâtir et ces nouvelles techniques de construction à travers les quatre temples commémoratifs seront les vrais centres de notre recherche.

1 Daty malaza Pasteur RABARY « On dit qu'il sera interdit de continuer la construction d'Ambatonakanga et de travailler au service des vazaha » communication de COUSINS le 29 juin 1866.

2 « Madagascar revisited » Rev ELLIS p364.

3 « Tantaran'ny fiangonana eto Madagasikara hatramin'ny niandohany ka hatramin'ny taona 1907 » 3è édition 1918

4 Dans le livre dirigé par HUBSCH : « Madagascar et le christianisme » édition Karthala et Ambozontany 1993, les églises mères étaient au nombre de 03 à savoir Analakely ; Amparibe ; Ambatonakanga qui étaient tous en dehors des murs de la ville.

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