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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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CHAPITRE VIII : LE CONCEPT DE « TRA N~~~~O »

Pendant longtemps, comme nous l'avions déjà dit auparavant, l'architecture traditionnelle malagasy se caractérisait par l'utilisation du bois3 comme matière première principale de construction. Etant donné que les autres matériaux étaient prohibés, surtout à l'intérieur de la cité et que la nature donnait faveur à la végétation (d'où le nom d'Analamanga) autant de matériaux « verts » étaient disponibles. D'autre part, considérée comme une matière froide, sans vie, la pierre s'utilisait exclusivement pour la demeure des morts. Avec l'arrivée des Britannique, son emploi changeait. Les maisons traditionnelles en bois (Trano hazo ; trano kotona- sarendry) laissaient place aux maisons en pierre ou Tranovato. La pierre devenait une matière première pour la fabrication de la demeure des vivants. Quelles sont particularités et caractéristiques des quatre Memorials Churches ?

1 Construction nationale de l'identité chrétienne et modernité RAISON-JOURDE (F.) Thèse de Doctorat

2 Cf. Journal Officiel de la République de Madagascar (année 1962)

3 L'Habitat à Madagascar DECARY (R.) Imprimerie Mari porrey, 2 places de la libération 1958

VIII- 1 L'IDEE DE DURABILITE- DE SOLIDITE

L'architecture traditionnelle malagasy représente incontestablement un des aspects de l'identité de son peuple. Par contre, des problèmes à ne pas du tout négliger survenaient toujours. En effet, puisque les habitations de l'ancienne cité étaient toutes sans exception en bois, des matériaux combustibles, de terribles incendies en faisaient souvent ravage. A l'exemple, l'édifice cultuel d'Ampamarinana, en bois : Trano kotona ; en zozoro, celui qui remplaçait le premier à Antsahatsiroa furent tous les deux détruits par les flammes1. D'autres problèmes sont également cités par des chercheurs2. Puisque les végétaux, en l'occurrence le bois, était le seul matériau autorisé, des problèmes de raréfaction de matériaux étaient inévitables. La désertification progressive de l'Imerina ainsi que les incendies fréquents favorisaient l'avènement d'un autre matériau avec des caractéristiques particulières. Ellis (W.) saisissait l'occasion qui s'était présentée afin de matérialiser son projet d'ériger des édifices pour les martyrs de la foi chrétienne de Madagascar. Les buts de la construction des quatre temples commémoratifs étaient pour les Britannique, d'abord une extension du christianisme sur les terres païennes. Ensuite et surtout, ils créaient des foyers de culte durables pour les fidèles. Nous savons bien que l'une des caractéristiques des végétaux, sous l'action de l'eau, de la chaleur et autres facteurs de dégradations est la pourriture. Le bois, principal matériau de construction dans l'ancienne cité ne peut en aucun cas traverser plusieurs siècles. Sous les diverses actions que nous avons citées tout à l'heure, le bois et autres matériaux végétaux viennent à la pourriture. Sibree3 avait même, dans la conception du plan du temple d'Ambatonakanga dessiné un édifice de style Normand avec une toiture basse. Ceci dans le but de prévoir la pluie qui abonde en saison sèche. Un pays à climat tropical et humide, la pluie est favorable à Madagascar. Ce climat favorise la dégradation rapide du matériau bois. Aussi, le matériau pierre était idéal pour les constructions. Avec ses caractéristiques solides et robustes et définie par Leroi-Gourhan (A.)4comme «solide stable » ; une matière première dont les constitutions et les propriétés physiques ne varient pas avant ; pendant et après les traitements, la pierre qui abonde en Imerina était utilisée par les architectes britannique pour la construction des temples mémoriaux. Ces monuments de pierre ont réussi à traverser le temps et restent intacts malgré les changements climatiques du pays. Pour preuve, ils sont toujours là avec leurs formes authentiques et originelles, sans modification majeure. Un récent ouvrage5 affirme même que de 1874 à nos jours, l'architecture intérieure et extérieure d'origine du temple d'Ampamarinana a été soigneusement préservée pour

1 « Fiangonana Tranovato Ambonin'Ampamarinana 1874- 2004»

2 DELAHAIGUE-PEUX op. Cit. 1996 p 88

3 SIBREE : «low pitched-roof»

4 L'Homme et la matière

5 Fiangonana Tranovato Ambonin'Ampamarinana 1874- 20quatre

conserver le cachet historique de l'édifice. Aussi vrais que ces édifices, même s'ils ont la parure simple et modeste, ils sont solides et résistants. A preuve, depuis tout ce temps, ils ne présentent aucun dommage ni fissure même si Ampamarinana est exposé aux vents de l'Ouest ; au bord d'une falaise1. Ils représentent des faits historiques et reflètent une image à laquelle on peut faire référence. Ces quatre temples représentent et renferment également d'autres valeurs inestimables pour les générations futures. Le fait que ces temples étaient intégralement en pierre, symbolisait probablement la ténacité de la foi chrétienne qui s'installait définitivement en Imerina.

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