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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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CONCLUSION

Les matières végétales caractérisaient l'architecture traditionnelle malagasy. Nos ancêtres développaient un art de construire adapté au climat, aux matériaux et aux styles de vie. Le quotidien des Malagasy est régi par le culte des ancêtres. L'aménagement de l'habitat était donc soumis à des règles strictes en respect des ancêtres ainsi que des sampy, dieux visibles de ces époques. L'usage de la pierre dans la construction d'habitation y était prohibé du fait de son caractère. Cependant, ce matériau occupait une place considérable dans divers domaines de la vie des Malagasy. Nos ancêtres avaient des connaissances rudimentaires concernant le travail de la pierre. La montée au pouvoir de Ranavalona II révolutionnait la société merina. Se déclarant chrétienne, elle rejeta les croyances de ses ancêtres en brulant tous les charmes royaux, tout en autorisant les vazaha à instaurer leur religion et à édifier des foyers de culte. Ces édifices cultuels, en l'occurrence Tranovato, témoignent la foi des chrétiens malagasy. Les temples commémoratifs attiraient la haute société. Ils intègrent les martyrs au coeur de l'Histoire malagasy et contribuent à faire des persécutions l'un des chapitres les mieux fixés dans la tradition merina. Ils sont également des preuves concrètes de savoir faire technique apporté par les missionnaires-architectes britannique, assimilé par les ouvriers malagasy. De nouvelles techniques et arts de bâtir étaient enseignés à un autre groupe bien déterminé1. En effet, à un certain moment, cet art de bâtir était un privilège exclusif de ceux qui avaient été choisis. Le bois était une certaine marque d'appartenance à un groupe social élevé2. Cette pratique mettant en relief le rang social était consacrée par le roi3. Nous pouvons affirmer l'assimilation de gré de certaines cultures européennes, une acculturation4. Ce travail nous a permis de recueillir des informations sur les faces cachées des Memorial Churches. Cette initiation à la recherche nous a aidés à mieux comprendre les relations de l'Homme à la matière. Les quatre édifices cultuels sont les expressions des techniques et savoir faire des ouvriers Malagasy, initiés par les missionnaires-architectes britannique. On ne saurait citer les bienfaits apportés par les Européens tels les Français Laborde (J.) ou bien Gros (L.) et les Jésuites ou bien les Britannique comme Cameron (J.), Sibree (J.) et tant d'autres en Imerina. Le domaine de la technique et de l'architecture avaient connu des révolutions phénoménales. Ces dernières caractérisaient le XIXe siècle en Imerina. Cette influence avait malheureusement aboutie à l'abandon à petit feu, voire même, au rejet total de l'art de bâtir et de certaines cultures locales. Les Temples

1 Depuis des temps mémoriaux et jusqu'à RADAMA I, l'art de bâtir était l'apanage d'un groupe assez restreint. Cette élite Malgache, proche parenté du roi, bâtissant selon des critères qui empruntaient surtout l'art divinatoire sans aucune fantaisie. Les habitats étaient alors fidèles répliques de son voisin. In Antananarivo Renivohitra : Etude du patrimoine architectural urbain.

2 In La cité des mille p66

3 En l'occurrence ANDRIANAMPOINIMERINA qui réglementait également toutes la construction sur la haute ville ; la division des quartiers et l'interdiction d'employer la terre et la pierre pour les cases des nobles

4 Processus par lequel un groupe humain ou un individu en contact direct et continu avec un autre groupe, assimile de gré ou de force, totalement ou non la culture de ce dernier

commémoratifs se dressaient désormais tels des Tsangambato en souvenirs matériels et esthétiques marquant les événements de la foi chrétienne malagasy. Ils devenaient les nouveaux lieux sacrés des Malagasy. Ces édifices cultuels prouvent également les échanges et la participation des Européens dans le développement de l'art de bâtir malagasy. Ils témoignent alors les techniques et savoir faire des

ouvriers Malagasy enseignés par les Européens. Déjà inscrits dans la liste des patrimoines nationaux, iifaudrait prendre des mesures très strictes afin de mieux préserver ces monuments qui témoignent notre

Histoire, donc l'une des bases fondamentales de l'implantation définitive du christianisme en Imerina. Des bâtis qui sont devenus une des composantes citées par Collet (H.) qui façonnent notre nouvelle identité culturelle. Face au développement de l'architecture et des techniques de construction actuelles, quelle place ces monuments en pierre occupent t-ils de nos jours ? Quelles mesures devra t-on donc prendre pour la valorisation et la protection de ces sites témoins de notre Histoire et de la révolution architecturale malagasy du XIXe siècle ?

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