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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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I-5 AUTRES UTILISATIONS DE LA PIERRE

I-5-1 Marque du pouvoir, du territoire et de la collectivité

Le Vatomasina (pierre sacrée) jouait un rôle crucial dans les anciennes sociétés Malagasy, du point de vue de la gouvernance. En effet, à chaque fois qu'un souverain meurt il y avait toujours quelqu'un qui la succédait. Celle ou celui qui accédait au trône devait se montrer au peuple lors du « Fisehoana ». Il (ou elle) devait monter sur le vatomasina et prononcer le discours royal. Cette action était vraiment nécessaire car elle montrait au peuple que le nouveau roi (ou reine) prenait les pleins pouvoirs. Le peuple tout entier lui devait obéissance et toutes les terres lui appartenaient ainsi que certains animaux domestiques (Omby mazava loha-Volavita).En Imerina et ailleurs, selon Rasoarifetra3, interviewée par une des presses locales, la pierre sacrée (vatomasina) jouait un rôle crucial dans la construction d'une société. En effet, ce chercheur affirmait que : « c'était une coutume en Imerina et partout dans la grande île ; quand on construisait un village, que le roi déposait une pierre montrant que la terre et le pouvoir lui appartenaient ».Cette coutume héritée des Indonésiens était, selon elle, transmise depuis bien avant le règne d'Andrianjaka (1610-1630).Certaines informations affirment que c'était au XIVe siècle que cette tradition était instaurée à Madagascar.

1 In Transformation de l'architecture funéraire en Imerina

2 In Histoire de Madagascar

3 Journal Ao raha paru le 16 février 2010 numéro 1352 Article écrit par ANDRIANTSIFERANARIVO (B.) p 4 rubrique Société- Recherches récentes que RASOARIFETRA (B.) avait faites à propos du palais de la reine à Manjakamiadana pour l'obtention du Doctorat.

Cette manifestation du pouvoir par la pierre était également visible ailleurs. Dans le pays Betsileo, le roi Andriamanalina du Lalangina (1750-1780) fonda le royaume d'Isandra et groupait, par la force, par la diplomatie ou par ruse les fiefs indépendants du Betsileo sous son autorité. Ce roi marquait tous ses territoires et son autorité par des Vatolahy1. Les pierres levées symbolisent également d'autres situations. En effet, d'après Randrianandrasana2, les Vatolahy commémorent la fondation d'un village. Tout en l'érigeant, on se souvient de la date de la création mais aussi l'événement qui se sont déroulés durant cette fondation. Les pierres débout peuvent être également des témoins de la solidarité de la population. En effet, ériger une pierre d'une taille monumentale qu'étaient certaines pierres levées n'était en aucune manière chose facile. De telles érections avaient forcement besoin de beaucoup de mains d'oeuvres que ce soit dans le transport ou bien dans l'érection proprement dite. Il y a même un village appelé Ambatonaorina (Fandriana) dans le Betsileo du nord dédié aux 150 hommes de Sahamadio pour leurs collectivités. La solidarité de ceux qui avaient érigé les pierres levées était donc prouvée par les pierres elles-mêmes. Tous ces monuments sont des preuves concrètes de notre passé et font partie de ce qui forme notre Histoire. L'érection de pierres levées ne se limitait pas seulement dans la commémoration d'événements ou de personnes. Il y a aussi, par exemple, le Vatolahy érigé sur le lieu de passage de Ranavalona II à Amoron'i Mania. D'autres formes d'utilité de la pierre existent également. Berthier3, évoque que les Tatao, des amas de pierre dressée en des points levés ou des croisements de routes, seraient élevés à la demande d'une personne, lorsque cette dernière était encore envie. Ceci permettait à ceux qui l'honoreraient après sa mort de voir leurs voeux exaucés.

Les ancêtres ne meurent pas, pour les Malagasy, ils continuent à vivre dans l'au-delà. C'est seulement après l'exhumation que le défunt deviendra Razana. Mais il passe à de différents stades avant d'en arriver là. Après la mort, il y a le stade où on l'appelle revenant (angatra), l'esprit est encore errant. En attendant son exhumation, le revenant se transforme en Avelo ou Ambiroa. Dans l'Ankay (Bezanozano), beaucoup de personnes croyaient et continuent à croire que les vivants ont le devoir d'ériger des pierres levées pour les morts. Ceci pour que ces derniers aient leurs « Zara tokontany 4» afin qu'ils n'errent partout. Les Tsangambato dans cette localité, pour certaines familles sont groupés en un seul endroit. Ceux dont le corps n'a pu être rapatrié à leur Tanindrazana ont également des pierres levées avec celles de la famille. Dans d'autres régions, il y avait également d'autres types d'utilisation de la pierre.

1 In Histoire de Madagascar - les pierres levées de ces époques ressemblent donc aux bornes posées par le service des domaines actuelles marquants la propriété d'une personne ou d'un groupe de personne. Pp 38-39.

2 In Les Vatolahy dans le Fisakana pp 20-29(mémoire de maitrise ès Lettres 2008).

3 In Transformation de l'architecture funéraire en Imerina LEBRAS p116.

4 Tantaran'i Madagasikara isam-paritra RANDRIAMAMONJY (F.)

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