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Etudes de la pierre de taille à  travers les temples commémoratifs d'Antananarivo: essai d'ethnologie des techniques


par Haja Mampionona Hillarion RAJERISON
Université d'Antananarivo- FLSH- Etudes Culturelles- Madagascar - Maitrise 2011
  

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I-5-2 Lieu du « Dina » ou du « Velirano »

Il existe beaucoup de pierres débout dans l'Ankay. Ces monuments présentent les différents aspects de l'Histoire de cette localité et également les formes de la vie de sa population. L'alliance avait pour les anciens une importance cruciale. Même s'il n'existait aucun lien de parenté entre deux individus, ils avaient quelque chose de commun et se comportaient comme de vrais consanguins. Ils avaient consolidé leur lien par le Fatidrà. Afin de préserver ce Fihavanana, ils construisaient un Orimbato qui témoignaient les pactes à respecter (« Velirano natao am-pasambazimba ka izay mivadika kely ila »).Ces pierres se groupaient également et s'alignaient. On appelait ces gens des Mpiray Saotra .Il y a également le Vato Filahoana. Ce type, avec association de grosses et de petites pierres, a la même fonction que le Tatao que nous avons évoqué pour le cas du Betsileo. En effet, c'est là qu'une personne se met débout pour prier et demander les bénédictions de ses ancêtres et ses dieux. On a enfin le Vato natsangana qui est dédié à des personnes célèbres. Beaucoup d'entre eux portent de noms dans l'Ankay.

Beaucoup de Malagasy croient que les pierres au dessus des tombeaux de Vazimba sont sacrées et ont des pouvoirs d'exaucer des voeux. Certaines personnes viennent même offrir des sacrifices tels un coq rouge ou un mouton. On éparpillait le sang des offrandes sur les pierres1. Des fois, on les enduisait d'huile lorsque les prières ont été exaucées : « Vato nahitàna soa aza hosora-menaka » (litt. On oint une pierre bienfaisante)

Photo 5

Un autre exemple de Vatolahy qui était dit-on à l'origine du nom du village
Ambatomitsangana à Talatavolonondry (RN3)

1DELAHAIGUE-PEUX affirmait, dans son livre intitulé Manjakamiadana 1996, p84 que par la « pierre les souverains affirmaient leurs droits : parce qu'ils ne savaient par écrire, les rois d'autrefois firent des pierres leurs titres d'héritage, un titre durable et qui ne serait jamais détruit .Cette pierre sainte était une pierre polie, taillée et enfoncée profondément sur laquelle on rependait le sang d'un boeuf [..j et devant laquelle le roi invoquait les Dieux, le créateur et les ancêtres ».

I-5-3 La pierre dans les jeux

Les enfants Malagasy d'autrefois avaient des jeux qui leur servaient de passe-temps quand ils gardaient les animaux ou quand venait le soir (diavolana) .En effet, la société ancienne avait différents jeux qui leur étaient propres. A l'aide de l'argile par exemple, les garçons façonnaient des petits zébus : kiombiomby. Avec de la bouse de zébu sèche et du fandrotrarana (herbe) on creuse un trou sous terre et on obtenait l'amponga tany.

Concernant la matière pierre, elle occupait également une autre place dans les jeux et divertissements. En effet, des jeux malgaches anciens montraient l'utilisation de la pierre. Le Tanisa, un jeu qui consiste à jongler au moins deux pierres, par exemple, était l'un qui figurait parmi les jeux de l'Imerina1.Il y a aussi le Tsobato, exclusivement pour les filles, avec cinq petites pierres au moins, il consiste à savoir les jongler afin d'accumuler des points. Les Fanorona et les Katro employaient également des pierres comme pions. Les fillettes quand à elles, utilisaient (certaines encore l'utilise actuellement) des morceaux de pierres personnifiées pour des Tantara pour imiter ou reproduire des scènes de la vie quotidienne.

La pierre était vraiment liée à la civilisation malagasy. Ceci est visible dans beaucoup de situations dans le quotidien de nos ancêtres. Les Malagasy d'autrefois accordaient une place importante aux différents éléments de leur nature et de leur environnement. Cette importance est prouvée par l'idée de Manan-jina ou de Misy tsininy (qui sont sacrés). Beaucoup d'endroits à travers la grande île par exemple, ont leurs tabous, des interdits qui ne devaient et ne doivent en aucun cas être profanés ou transgressés. Les Malagasy savaient parfaitement associer les « matériaux » de leur entourage avec les cultes et les besoins nécessaires aux quotidiens. Prévenant les attaques et agressions venant de l'extérieur et pour protéger le peuple, on construisait des fossés et des murs pourvus de portails avec des disques de pierres ; on érigeait des pierres dans les fondations de village, marquages de territoire ou bien dans les jeux des enfants. On peut donc en conclure que la pierre était utilisée presque dans toutes les facettes de la vie quotidienne des anciens. Certes, la pierre était vraiment liée à notre civilisation par sa présence dans le quotidien des Malagasy d'hier. Cependant, il existait quand même des limites du fait qu'elle était liée à un interdit. Nous allons par la suite essayer de donner des explications sur cet interdit.

1 « Tanisa, tanisa, lalaon'Imerina... » Extrait de la parole de la chanson de NALY (J.)

CHAPITRE II L `INTERDIT DE LA PIERRE EN IMERINA DEPUIS ANDRIANAMPOINIMERINA A RANAVALONA II

Les Malagasy d'autrefois, bien avant l'entrée du christianisme, avaient leurs croyances1.En effet, ils croyaient à des « forces surnaturelles »supérieures à eux et qui peuvent être bénéfiques ou maléfiques par rapport aux actes et comportements de chacun. Nos ancêtres respectaient l'espace qu'ils considéraient comme sacré2.Beaucoup de lieux, du fait de cette force invisible ont été spécialement choisit pour les objets divinisés. Nous pouvons citer comme exemple la construction et l'orientation d'une maison, son emplacement par rapport au caveau...Il y a également les animaux interdits tels le porc (fady ho an'ny andriana, sy ny vazimba), le chien (tabous à Vohipeno)3 et bien d'autres. Considéré comme sacré, un objet, un endroit ou une place, afin de conserver sa sacralité, avait et certains continuent d'avoir des interdits. Ces tabous ne peuvent en aucun cas être profanés. Les anciens croyaient qu'il arriverait malheurs à ceux qui osaient enfreindre ces interdits. Les souverains Malagasy avaient également leurs « dieux », les sampy royales qui assuraient des rôles importants dans le royaume tout entier et vénérés par le peuple (ambanilanitra).

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