Conclusions et Recommandations
L'objet de notre présente recherche est de contribuer
non seulement à enrichir la connaissance sur la pauvreté, mais
aussi, à orienter utilement les politiques de lutte contre la
pauvreté dans le ciblage des groupes vulnérables.
Pour atteindre nos objectifs, nous avons utilisé deux
méthodes d'analyse multidimensionnelles qui sont complémentaires
à savoir la classification ascendante hiérarchique et l'analyse
discriminante.
La classification ascendante hiérarchique a permis de
classer les ménages en groupes plus ou moins homogènes selon
leurs caractéristiques. Elle a permis de cerner plusieurs aspects de la
pauvreté. Nous avons pu distinguer deux groupes en fonction de leurs
conditions ou niveau de vie : les pauvres et les non pauvres. La
pauvreté multidimensionnelle affecte 71,1% des ménages en 2007
selon l'approche de la classification ascendante hiérarchique.
Les ménages pauvres sont caractérisés par
des mauvaises conditions de vie. Les ménages non pauvres (les nantis ou
riches) représentant 28,9% sont caractérisés par de bonnes
conditions de vie.
Par rapport au groupe socio-économique du chef de
ménage, les résultats montrent que les indépendants qu'ils
soient agricoles ou non agricoles, les salariés du secteur public sont
les plus touchés par la pauvreté. Quant au milieu de
résidence, les ménages ruraux sont les plus touchés.
Concernant le statut matrimonial, les mariés monogames sont les moins
touchés. Les chefs de ménages qui n'ont aucun niveau
d'instruction sont les plus pauvres alors que ceux qui ont un niveau de
formation professionnelle ou supérieur sont les moins pauvres. Les
régions administratives de N'Zérékoré, Kankan,
Faranah, Labé et Kindia demeurent les plus pauvres tandis que les moins
pauvres demeurent dans la capitale Conakry.
Sur la base des résultats obtenus, nous montrons
l'importance de l'approche multidimensionnelle de la pauvreté dans
l'identification des populations pauvres. Basée sur la seule approche
monétaire, toute politique de lutte contre la pauvreté risquerait
de ne pas être efficace. En effet, à supposer qu'elle est bien
ciblée, elle ne profiterait vraisemblablement pas aux ménages non
pauvres selon l'approche monétaire, mais qui seraient pauvres selon une
approche multidimensionnelle. Ce résultat nous permet de conclure
à la nécessité de considérer plusieurs dimensions
dans l'approche de la pauvreté (et pas uniquement la dimension
monétaire) au niveau de la Guinée dans son ensemble.
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Au vue des résultats obtenus, pour des politiques
efficaces et durables de lutte contre la pauvreté, l'État et les
différents partenaires au développement devraient prendre en
compte les recommandations (renforcer les actions déjà
entreprises dans les axes de recommandations) suivantes :
y' Intensifier les investissements dans les infrastructures
sociales de base (éducation, santé, eau potable,
électricité, logements, routes, moyens de communications) en
milieu de résidence urbain mais davantage rural ;
y' Mettre en place des infrastructures adéquates, des
moyens logistiques et des mécanismes efficaces pour la gestion des
ordures ménagères et des eaux usées surtout en milieu
urbain ;
y' Vulgariser l'utilisation du gaz comme source
d'énergie pour la cuisine afin, de diminuer la consommation du bois et
du charbon de bois pour préserver l'environnement ;
y' Favoriser des activités génératrices
de revenus en milieu rural. Ceci permettrait sans doute aux populations rurales
de disposer de plus de moyens financiers pour augmenter leur pouvoir d'achat et
acquérir des biens durables ;
y' Améliorer l'accès des populations rurales aux
techniques modernes de culture à travers l'apprentissage de nouveaux
systèmes de culture pour sortir de l'agriculture de subsistance vers une
agriculture rentable, de conservation et de protection des produits agricoles
;
y' Réaliser des aménagements hydroagricoles ;
y' Favoriser l'accès aux intrants agricoles et l'octroi
de subvention pour la production agricole ;
y' Désenclaver les zones rurales pour faciliter
l'évacuation des produits vers les centres de distribution ;
y' Faciliter l'accès au crédit dans toutes les
localités du pays sans aucune discrimination. Ceci permettra le
développement des petites entreprises et d'assurer l'auto emploi des
jeunes ;
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y' Faire une alphabétisation professionnelle des
adultes au profit des indépendants notamment les indépendants
agricoles qui apparaissent les plus pauvres ;
y' Promouvoir l'accès à l'éducation pour
tous ;
y' Réorienter la politique éducative vers des
objectifs visant à améliorer son efficacité en termes
d'opportunités dans le domaine minier, agricole et de création
d'activités plus porteuses en conformité avec le produit du
système éducatif ;
y' Renforcer les politiques de lutte contre la pauvreté
en faveur des personnes âgées (revoir les conditions de retraite
et diminuer les couts d'accès aux soins de santé) ;
y' Améliorer le pouvoir d'achat des salariés du
secteur public en augmentant leurs salaires ;
y' Réviser les codes d'investissement ;
y' Améliorer l'environnement des affaires dans le pays
;
y' Envisager des études d'impact sur
l'efficacité des projets et programmes de développement
intervenant dans le pays au bénéfice des populations. C'est de
cette façon qu'il sera possible d'identifier les insuffisances en termes
d'effets de ces programmes mobilisant des milliards de GNF au profit des
populations pauvres du pays.
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