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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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V.1.4. LES CROYANCES

La croyance peut être définie comme un ensemble dynamique de choses matérielles ou immatérielles auxquelles il croit et qui d'une manière ou d'une autre détermine son agir et sa représentation du monde. Elle fait partie de sa personne et permet de le définir en tant qu'il est un être spécifique et différent des autres.

Pour l'Africain traditionnel, la base de sa croyance se résume dans tout ce que dans le passé a référence avec ce que les ancêtres ont pris comme modèles, comme déterminants de leur agir, de leurs pratiques, base de leur foi et de leur représentation de l'univers et de leur société. C'est à la base de cette croyance que prend source toutes les autres croyances sur l'enfant qui est ici l'objet de notre propos.

Ø La croyance aux ancêtres

Pour l'Africain traditionnel, la croyance aux ancêtres est la base de sa culture. Les ancêtres sont les fondateurs de la tribu, ils sont de ce fait le sujet des mythes et des légendes les plus colorés. Ils sont ceux qui ont vécu avant lui, ceux qui ont eu le temps d'expérimenter ce que c'est que la vie et qui par conséquent sont l'unique chemin à suivre si l'on veut aussi la connaître, l'expérimenter et s'accomplir en tant qu'être au monde. C'est ce qui explique que, chaque fois que l'Africain traditionnel aura une difficulté existentielle, il ira tout de suite les consulter comme c'est le cas avec le vieux chef déchu dans le conte Trahoré et le mauvais chef, qui vont les consulter au travers des sorciers ou devins comme Gollo dans le conte Kaye et Gollo lorsqu'il, était confronté à la difficulté de retrouver sa soeur Kaye mangée par un lion.

La consultation des ancêtres aussi se fait en Afrique par l'organisation des cérémonies et rites divers où est consacré un ensemble de cultes divers destinés à faire des sacrifices pour implorer leur aide ou tout simplement pour les honorer et les remercier. La croyance aux ancêtres peut aussi se manifester par la croyance que les rêves sont de véritables dialogues avec eux. Même si l'on croit que ceux qui viennent en rêve ne sont pas tous bienfaisants,on tendra l'oreille et élèvera son esprit pour chercher à comprendre le véritable sens des paroles et des révélations.

Ø La croyance aux ancêtres et à leur réincarnation

L'Africain traditionnel ne croit pas seulement aux ancêtres ou aux dieux qu'il vénère, il croit surtout en leur réincarnation. A cet effet, il croit que la venue au monde d'un enfant est le retour d'un ancêtre ou tout simplement la réincarnation d'un ancêtre ou d'un parent mort. C'est pourquoi l'enfant est une source de richesse, la condition de toute union en Afrique. En effet, « Mourir sans une descendance ... c'est là, aux yeux de l'Africain l'échec absolu, la catastrophe sans appel, qui condamne non seulement celui qui meurt sans enfants en vie, mais aussi tous les ancêtres de sa races qui l'ont précédé en ce monde ... » (J. Jahn cité par J.M ;Tcheho, 2002 :71). Dans le conte Trahoré et le mauvais chef, lorsque le vieux chef déchu alla demander conseil aux ancêtres, ces derniers sachant que sa femme ne pouvait plus avoir d'enfant, lui donnèrent le pouvoir d'accoucher lui-même par son ongle. C'est par cette naissance que les ancêtres se réincarnèrent en la personne de l'enfant Trahoré pour venir venger le vieux chef. La croyance aux ancêtres dans l'imagerie de l'Africain traditionnel est tellement importante que lorsqu'il met au monde un enfant, on lui donne le nom d'un ancêtre ou d'un parent mort. L'attribution du nom devient le moyen par lequel on ressuscite les ancêtres, le moyen d'honorer leur mémoire, de leur demander pardon ou de les remercier.

Ø La croyance à l'héritage du passé

L'Africain traditionnel croit fermement que tout héritage provenant du passé et qui est pour l'essentiel composé d'un ensemble de normes sociales de conduites, des modes et techniques de vie, de richesses culturelles et magico religieuses sont les garants de toute stabilité et de tout accomplissement social et individuel. Cette croyance au passé détermine fortement l'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle.

Que ce soit dans l'éducation en famille, dans sa classe d'âge ou dans les divers cadres de l'éducation que sont les initiations et les cérémonies de tous genres, tout ce qu'on montre à l'enfant et qu'on lui inculque comme valeur, dépend fortement du passé. Le conte La jeune fille désobéissante est un exemple illustrateur: les parents s'efforcent d'éduquer en stricte conformité avec les principes de la tribu qui sont eux-mêmes hérités du passé et, les enfants doivent se conformer sous peines de punition grave.

Rappelons-le, bien que l'éducation de l'enfant dans la société traditionnelle africaine repose sur un certain nombre de valeurs propres à son enracinement, son intégration sociale et même son ouverture au monde, il y a des raisons de penser que la croyance stricte au passé altère quelque peu sa prise en compte du présent et la préparation de son avenir.

Tout compte fait, l'éducation de l'enfant, telle qu'elle se faisait dans la société traditionnelle, le préparait à une ouverture au monde. Dans le conte La jeune fille désobéissante, les jeunes filles Ngo yi et Ngo Maliga vont à une fête dans le village voisin du leur. Celles-ci arrivent non seulement à ne pas perdre l'essentiel de leur formation morale et culturelle mais aussi ne nuisent pas à la culture de l'autre tribu. La société traditionnelle présente comme anti-modèle Ngo Lipem qui, arrivée à l'autre village perd ses propres valeurs, en s'aliénant. Par ce conte c'est le message que porte la tradition à la modernité. Les enfants doivent apprendre des autres sans s'acculturés, sans perdre leur culture, leur âme. Autre croyance à laquelle s'attachent nos ancêtres, c'est sans doute la force vitale.

Ø La force vitale

Comme nous l'avons vu précédemment, les religions et philosophies africaines ont pour notion clé la Force vitale, qui constitue l'essence de l'être et est susceptible de diminuer ou d'augmenter selon certaines pratiques et rapports. Toutes les pratiques de la vie courante ainsi que les rites religieux doivent être compris à la lumière de ce concept.

Dans la Philosophie bantoue, le père Placide Tempels nous dit que l'appel à Dieu, aux esprits et aux ancêtres pourrait se résumer à l'expression «  Donne-moi de la force », et que ce qui nousapparaît comme de la magie n'est que la mise en oeuvre de forces naturelles qui sont au service de l''homme. « Le bonheur suprême et la seule vraie bénédiction sont, pour les Bantous et les camerounais en général, de posséder le plus de force vitale possible : la pire infortune, voire la seule infortune, est la diminution de ce pouvoir.

La source de la force vitale est Dieu, l'être suprême, l'Esprit créateur ceci est en conformité avec les croyances africainesactuelles. Cependant, la seule manière pour 1' homme de renouveler sa force est de se procurer celle des autres créatures, qu'elles soient minérales, végétales, animales ou mêmehumaines. Car la force s'écoule et se dégrade, selon un processus s'apparentant à l'entropie. Le but premier des traditions et rituels est de maintenir et d'augmenter l'énergie de ceux qui les pratiquent ou pour qui ils sont pratiqués, sans compter qu'ils les protègent d'éventuelles attaques à leur propre force. Ils sont d'ailleurs fondés sur des symboles ascensionnels, spectaculaires et diairétiques participant, selon les catégories établies par Gilbert Durand dans Les structures anthropologiques de1'imaginaire, durégime diurne de l'image. Dans nos récit par exemple, l'orphelin dans le récit « the orphan boy » est le prototype de cette force vitale, ceci grâce à son courage de braver les obstacles qui sont sur son chemin, de transcender l'univers, sa manière de gérer les problèmes donc il fait face. Comme un Dieu, il parvient à pendre contrôle des différents univers tant chez les vivants que chez les morts.

Ø La prière

La présence d'une langue induit des phénomènes dont l'existence, du moins en ce qui s'agit de ses limites, est pratiquement indéfinissable. Il s'ensuit qu'au-delà du profane que l'on courtoit dans la gestion quotidienne de l'existence et du vécu du Camerounais traditionnel, il ya une autre réalité. Il s'agit cette fois de la permanence d'une sacralisation imposante ; une autre partie de l'existence qui exige une présence au monde, qui elle-même convoque des attitudes et des prédispositions.

Ces attitudes et ces prédispositions, résultent d'une éducation qui émane le plus souvent, comme on le voit chez bon nombre d'Africains et de Camerounais, de ce qu'on nomme par inspiration ou encore par révélation.

Dans l'univers de l'Africain, une série d'impératifs commande l'intervention ou le secours du sacré. Le sacré ici répond à un appel grave et nécessaire et devient une véritable catharsis dans la mesure où sa réalisation dans les termes et les étapes qui constituent ses conditionnalités mène l'homme en crise aux confins de ses possibilités et de ses moyens utiles pour lui assurer l'équilibre et le bonheur.

Au détour des voies tortueuses, l'homme peut avoir rendez-vous avec le malheur, la malchance qui rompt son équilibre. Ce faisant, il se trouve incapable de répondre aux exigences de l'instant qui, assurément, constituent un obstacle à la quête de son moi profond. Chez l'Africain traditionnel, et le camerounais en particulier, cela implique plusieurs évidences : il se peut qu'il ait offensé volontairement ou non quelqu'un.

Dans le récit la Malformation, par exemple, c'est la rupture ou le non respect d'un interdit qui est la cause de la bosse qui se plante dangereusement sur le dos du nouveau-né de la femme moqueuse.

De même, dans le récit « orijin of Gods », c'est la désobéissance des hommes qui amène Dieu à quitter la terre et à s'éloigner des hommes pour aller définitivement s'installer au ciel.

Cependant, chacun sait qu'en Afrique, il existe un intermédiaire entre la divinité et les hommes : c'est un devin ou (les totems). C'est lui seul qui est capable de rompre avec le cycle infernal. Dans le cas de la femme moqueuse, l'offense, la moquerie est irréparable ; aucun sacrifice ne peut rompre le malheur de voir s'en aller la bosse sur le dos de son enfant. Si la moquerie elle-même fut grande, la bosse, l'objet de la moquerie, plantée sur le dos du nouveau-né, en est une sanction qui loin de s'en aller, reste un symbole, un signe pour les autres de ce qu'il est interdit de transgresser les normes et les traditions sous peine d'une punition exemplaire.

Le cas de cette femme représente un exemple palpable dans l'Afrique traditionnelle. Cependant, les textes oraux en pidgin nous fournissent encore des évocations puissantes et conséquentes. Ces évocations, qui s'imposent d'ailleurs dans une généralisation se moquant presque chaque fois des particularisations dans l'ensemble des peuples et des hommes de nos lieux d'enquête semblent être la réalité de l'ensemble des peuples africains. Elles trouvent leur puissance dans des genres sacrés que sont nos mythes.

Ces genres, ont de sacré le fait qu'ils ne sont dits que dans des conditions particulières, des moments bien indiqués et, sont concernés par chaque événement dans la vie d'un homme qui en appelle, pour se voir retrouver une certaine normalité, le concours bienveillant de la divinité.

Dans notre corpus « l'origine des divinités/totems », les sujets priant, sont les hommes qui ont eu à transgresser les recommandations, ils demandent ainsi une protection divine. Ils veulent que l'harmonie et la paix reviennent dans leur village. Leur prière a essentiellement un but, celui d'apaiser la colère de Dieu. C'est ainsi que par l'intercession d'autres dieux, ils pensent apaiser la colère du Dieu suprême.

Par ailleurs, la prière se définit comme « l'évocation par un individu de l'être suprême ». Dans nos différents récits, la prière renvoie à des mots divers qui expliquent les différentes orientations de la prière. Ces termes sont : le dialogue et l'échange « au commencement, Dieu et les hommes vivaient ensemble » ; l'intersection « les hommes se sentaient abandonnés et cherchaient d'autres moyens pour plaire à Dieu », « c'est ainsi qu'ils fabriquaient d'autres dieux » ; la célébration « d'autres se mirent à prier Dieu le père le regard levé au ciel, d'autres le priait face contre terre, et d'autres adoptèrent la station debout » ;la malédiction « Dieu dit aux hommes « je ne peux pas tolérer une telle insubordination et pour cela il disparu de la surface de la terre » . Tous ces mots sont des synonymes de la prière et démontrent que des textes, des actes religieux ou spirituels s'y déroulent. Car selon la conception africaine de Dieu, prier, c'est adresser des demandes à la divinité, c'est converser avec son Dieu, c'est louer et adorer l'être suprême.

La prière est dite par les hommes de toutes les couches sociales. Elle est adressée aux totems, aux dieux sculptés et aux ancêtres.

A regarder de plus prêt, la prière est perçue comme un dialogue avec les dieux. C'est dire que cet acte qu'effectue l'homme est d'une grande importance car, il s'entretient avec les divinités, avec l'invisible.

Pour ce faire, la prière est pour tout homme dans nos textes un acte d'une valeur spirituel, singulier. Elle est ce par quoi l'homme accède à un niveau supérieur de la connaissance, laquelle est la quête pour la justification de la raison d'être de l'homme sur la terre. Elle procure à ceux qui la pratiquent le bonheur, la paix et la vie.

Ainsi, les termes tels que : le ciel, prier, créer le monde, suprême, la résurrection, vie éternelle, montrent qu'il ya dans ces récits quelque chose de spirituel que les individus recherchent. Ils sont à la poursuite de la vérité, de la justice pour connaitre enfin la vie éternelle.

Cependant, celui à qui s'adressent les prières dans nos différents récits est un Dieu particulier : il s'agit des totems, de la déesse des eaux ou du dieu des eaux. Ils sont ici le symbole de l'Etre Suprême ou de l'invisible.

Puisque la prière s'avère effective dans les récits, elle se déroule non de façon ordinaire, c'est-à-dire quotidiennement comme dans le cas de nos sociétés modernes, mais dans des contextes singuliers. Elle est dite soit de manière collective, soit individuel selon les circonstances.

Dans le récit de « Ngoniton», la prière est adressée aux divinités mais dans le but de résoudre un problème précis. La mère de Ngoniton fait appel au dieu des eaux parce que sa pêche n'est plus fructueuse. Elle demande à cette dernière de lui donner plus de poisson dans son panier et en échange de cela, elle lui donnera sa fille unique Ngoniton. Cette prière, si on peut le dire va aboutir à un résultat positif puisque la femme effectivement aura un panier plein. Mais cet échange sera puni par la suite car la femme à travers son comportement fait montre d'individualisme et d'égoïsme.

C'est ici que l'on voit combien l'individualisme en Afrique est semblable à une ignominie, à un opprobre et ne saurait donc être promue au rang de valeur. L'individualisme, s'il conduit à la ruine de la société entraîne celle de l'espèce humaine. D'ailleurs, le récit Pourquoi la carapace de la tortue se retrouve en mille morceaux en est une bonne illustration. Tortue en se servant des plumes qui lui furent données généreusement par les oiseaux afin de se rendre à un cocktail organisé au ciel, arrive à se jouer de ses donateurs en mangeant toute la nourriture et en buvant toute la boisson apprêtés pourtant pour tous. Il s'ensuit que tortue eut la carapace cassée en mille morceaux à cause de son égoïsme et de son individualisme.

Ø la religion

C'est l'ensemble des croyances, des doctrines et des pratiques culturelles qui constituent les rapports de l'homme avec la divinité ou le sacré. Dans nos différents récits, elle est toujours conséquente ou induite par notre analyse lexicologique précédente. A cet effet, les expressions suivantes : prière, Dieu, créa le monde, résurrection, vénéré, loué constituent des signifiés de la religion. Car dans notre texte, la religion est vécu par la prière, la résurrection, le culte, le discours sacré que pratiquent les différents personnages dans nos récits. La prière est adressée au Père Dieu pour qu'il soulage les péchés et les lourdes souffrances. Celui qui prie se trouve dans une telle confusion qu'il n'y a plus d'autres recours que celui de lever les mains et son coeur dans le cadre d'un récit sacrée et propitiatoire qui, en racontant son désarroi demande en même temps son allégement.

Une telle souffrance est indescriptible. Sa solution est pratiquement impossible à se réaliser au niveau de l'humain et ne conduit évidemment que vers l'ultime sauveur qu'est Dieu dans sa grandeur, son omnipotence.

Cette souffrance, pour la soulager par le canal de la prière, exige la présence d'une foi imposante et certaine. Ceci, partant du fait que l'on ne peut demander qu'à un être susceptible d'apporter une solution efficace. Cette certitude ne peut provenir que d'une ferme assurance qui, elle-même n'a de présence qu'à l'expérience de certaines certitudes déjà palpées ou palpables par le sujet priant. Cette prière, lui apparaît donc comme un impératif, une condition sine qua non aux solutions du problème.

L'esthétique de la sacralité est celle fouillant chaque recoin de l'âme humaine pour atteindre la perfection de la divinité. La beauté se trouve dans la liberté des paroles et des vers. Il ne faut pas ici chercher les règles de la versification classique, de la prose libre qui n'a point besoin qu'on soit intelligent pour pouvoir comprendre ou analyser cette esthétique. Le plus pauvre des paysans jusqu'à l'homme fouillant les poubelles peut accéder à cette esthétique.

Le seul voeu de rompre avec une situation jugée précaire peut impliquer un niveau de foi tel que les chaînes peuvent se briser, les montagnes se déplacer comme de simples feuilles de papier emportées par un vent. Les chansons dans ce cas sont brèves et ne souffrent pas d'une longueur telle que perdre le sujet priant, lui-même, dans de vaines élucubrations. D'ailleurs, la prière adressée à une divinité supérieure n'a pas nécessité à être longue. La brièveté rimant avec respect, diligence et déférence.

On n'a pas idée de venir auprès de Dieu et lui parler pendant de longues minutes. La langue pidgin suffisamment jugée en marge des langues est reprise par le sujet priant pour montrer et exprimer son drame et sa consternation. Parce que la langue est pour l'homme,

 Mieux que toute autre, qui lui permet d'interroger le milieu et de le comprendre, d'acquérir rapidement les connaissances indispensables à son développement harmonieux et à sa participation effective à la vie de la société (R. Renard).

Elle lui permet de véhiculer les paroles, les affections, les sentiments et surtout le degré d'implication dans l'acte de la prière. Le pidgin devient le canal au moyen et au travers duquel se module la vie des sujets qui le parlent : il devient un archétype de leurs réalités, de leurs représentations et de leur vécu.

Le vécu divers, inclut les hommes dans une perspective double. Dans la vie ordinaire, le folklore et le profane organisent et structurent les actes humains. Cependant, à des conditions particulières, exceptionnelles, la vie demande ou requiert des hommes une participation du sacré pour le rétablissement des équilibres et aussi, pour des cas regrettables, une désorganisation des harmonies.

Ces actes qui organisent à plus d'un titre la réalité du monde, ne sont en réalité que la vie de l'Afrique, du camerounais dans sa forme nue. Dans cette vie en effet, le physique, le réel expliquent ou présupposent le métaphysique, l'irréel ou l'imaginaire. La présupposition est dans un certain cas l'harmonie et l'équilibre du monde.

En somme, il était question de montrer dans cette partie que les textes oraux en pidgin renferment des éléments de littérature qui pourraient s'adapter à toutes les méthodes d'analyse textuelle conventionnelle. Cette littérature se manifesterait aussi bien dans les différents genres sacrés que profanes.

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