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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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VI.2.2.Cadre physique

Un cadre physique est un milieu naturel dans lequel se déroule tout un ensemble d'événements concourant activement dans la formation aussi physique, technique qu'intellectuelle de l'enfant.

Comme cadre physique dans la société traditionnelle africaine, il y a: les champs ; milieux de cultures où les enfants, tout en apprenant aux côtés de leurs parents à connaître les différences qui existent entre les saisons, les moments de moissonner et les moments de semer, apportent leur aide dans la production des denrées nécessaires à l'alimentation de la famille. Dans les contes Dylim's Children et Les mauvais génies du champ de mil, les enfants en allant chasser les oiseaux qui mangeaient les récoltes dans les champs aident à la préservation de la production. Ces champs sont un lieu d'apprentissage car dans le cas de la jeune fille du paysan dans Les mauvais génies du champ de mil, elle apprend non seulement l'existence de mauvais génies et découvre l'amour que son père lui porte.

Comme autre cadre physique, il y a la forêt: souvent assimilée à la brousse, espace pluridimensionnel, s'intégrant comme le champ dans la formation de l'enfant.

Parce que fourmillant d'animaux de toutes sortes nécessaires à l'alimentation de l'homme, la forêt est un cadre propice pour l'enseignement aux enfants des activités relatives à la chasse.

La forêt est un lieu refuge où il est très facile de se nourrir de fruits à cause de l'abondance d'arbres variés et divers qu'on y trouve. Dans le conte Noana et ses soeurs, Noana et ses soeurs, après avoir réussi à sortir du puits où la méchante femme de leur père les avait jetées, préfèrent se réfugier dans la forêt où elles trouvèrent un abri loin de la méchanceté de leur marâtre. Dans ce lieu, propice à la réflexion, elles attendent le moment favorable à leur retour à la maison paternelle.

La forêt est aussi et surtout, un lieu où se mêlent ensemble le visible et l'invisible, le réel et l'irréel. C'est le lieu des génies de toutes sortes: malfaisants et bienfaisants. C'est pourquoi dans la société traditionnelle africaine elle est le lieu favori et le cadre favori des initiations.

Dans le cadre des cérémonies initiatiques, les enfants sont amenés loin de leurs villages pour se réfugier dans la forêt, loin des regards, pour y subir des épreuves qui mettent à rude épreuve aussi bien leurs forces physiques que mentales et spirituelles. Dans le conte Tout n'est pas d'être l'ainé, encore faut-il avoir du bon sens! le père défunt vient en rêve à l'aîné de ses enfants et l'invite à venir le trouver dans la forêt afin de lui apprendre, dans ce lieu mythique, une formule incantatoire qui doit lui servir à demander des richesses aux fantômes. L'enseignement initiatique que reçoit le fils aîné s'avère infructueux à cause de son étourderie. Le fils aîné est condamné à une mort symbolique, car son père et les fantômes exaspérés disparaissent laissant le jeune garçon pauvre et immature.

C'est aussi dans le même cadre que se situe l'histoire que nous révèle le conte Les trois frères où, le benjamin à l'opposé de ses frères aînés réussit à devenir riche après avoir cueilli son fruit et surtout après avoir, au mépris des conseils de ses aînés, exécuté à la lettre les instructions de son défunt père.

Les milieux comme les cours d'eaux, sont aussi des lieux où les enfants apprennent la pêche qui est une activité utile à l'alimentation. Nous voyons les manifestations de ceci dans le conte Frère et soeur où deux jeunes adolescents se livrent à ce genre de pêche qui dure parfois des lustres, et où, ils apprennent à vivre et à s'accommoder malgré les nuits passés au clair de lune aux incommodités que suppose la vie au milieu des animaux souvent dangereux.

Outre les cadres physiques réels, il existe communément dans l'imagerie de l'Africain traditionnel la croyance à l'existence d'un monde irréel, immatériel. Ce monde atypique est sujet de croyances et pour l'Africain traditionnel il est l'explication d'une foule d'événements inexplicables ou inconcevables du point de vue du réel. En outre, ces cadres physiques et irréels sont souvent nécessaires à la compréhension des origines des hommes étant donné que plusieurs récits populaires à l'exemple des mythes ou des contes étiologiques s'en inspirent pour un quelconque enseignement. Dans le conte The orphan boy, le jeune orphelin envoyé par son père quitte son village (espace réel) pour le pays des enfers (espace irréel) afin d'y subir une initiation qui le fera quitter son stade initial fait d'immaturité et d'incomplétude pour un stade d'homme dans la mesure où, pour avoir ramené le tam-tam du village du pays des enfers, la communauté toute entière lui donne malgré sa jeunesse un titre de responsabilité et de noblesse (celui de Chief).

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