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Les contes et les mythes en pidgin : facteur d'éducation de l'enfant dans la société africaine traditionnelle dans la région du sud- ouest (BUEA)

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par Anne OBONO ESSOMBA
Université de Yaoundé I - Doctorat en littérature orale et linguistique 2014
  

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VII.3. UNE IDENTITE CULTURELLE CAMEROUNAISE

Avant de parler de l'identité culturelle camerounaise, il convient cependant de définir les notions d'identité et d'identité culturelle.

VII.3.1. Définition de l'identité

Cerner la notion de l'identité n'est pas la chose la plus facile. Elle est conçue diversement. C'est une notion chère à la philosophie depuis le « connais-toi toi-même » de Socrate comme le précise Amin Maalouf jusqu'à Sigmund Freud en passant par tant d'autres penseurs. Selon les usages courants, déterminer l'identité d'un individu revient à porter à la connaissance de qui veut le connaître son nom, son prénom, date et lieu de naissance, sa photo, ses signes distinctifs, sa signature et ses empreintes. Fournir toutes ces informations, à pour objectif de démontrer sans confusion qu'il n'existe pas parmi les milliards d'êtres humains sur la terre une seule personne avec laquelle on peut se confondre fut-elle son frère jumeau.

Pour certains, l'identité d'une personne est stable, immuable. Ceci sous-entend qu'un peuple s'identifie non pas selon ce qu'il est entrain de devenir, mais selon ce qu'il était autrefois. Or, le phénomène identitaire dont on cherche à rendre compte se transforme, car tout est changement, instabilité et variation. Ce qui nous amène à envisager une autre conception.

D'après John Storey, l'identité humaine a été confondue à la nature humaine entendue comme quelques choses de cohérent et de fixe, comme une qualité essentielle, immuable d'une personne, qui est garanti par la nature et surtout par la biologie humaine. Cette vision des choses a été fortement remise en cause dans les études réalisées au XIXe et au XXe siècle par certains intellectuels. Qu'il s'agisse de Charles Darwin, Sigmund Freud, F de Saussure, tous s'insurgent contre la conception traditionnelle fixe et stable de l'identité. Pour eux, l'identité humaine donc l'objectif est la différenciation, la singularisation des communautés, des peuples, des individus est quelque chose de construit dans le processus de devenir autre, mais jamais achevé ; comme quelque chose qui a plus avoir avec le future qu'avec le passé. En d'autres termes, elle ne réside pas dans le dépôt culturel d'un peuple mais plutôt dans l'ensemble des activités qui produisent ce dépôt culturel et qui l'assume en le dépassant. A la limite, l'identité se confond avec la capacité d'intégration de différence qui fait la grandeur et la richesse de l'homme. C'est dans ce sens que John Storey considère les identités comme une forme de consommation ou d'un héritage fixe. Elle se réfère donc aux questions d'utilisation des ressources historiques, langagière, culturelle dans le processus du devenir et non de l'être.

Avec l'évolution actuelle des choses, et précisément embarqué dans le train de la mondialisation, une nouvelle approche de la notion d'identité émerge. Amin Maalouf (1998 :18) dans Identité meurtrièrepropose pour sa part, une nouvelle définition d'identité qui prend en compte :

 la somme de toutes les appartenances et sein de laquelle l'appartenance à la communauté humaine prendrait de plus en plus d'importance jusqu'à devenir l'appartenance principale, sans pour autant nier nos multiples appartenances particulières .

Autrement dit, l'identité serait ce qui fait qu'une personne soit elle-même et personne d'autre. Et même, si cette personne se situe à la lisière de plusieurs traditions culturelles, de plusieurs langues ou de plusieurs pays, elle aurait une seule identité faite de tout cet ensemble d'éléments qui l'ont façonnés selon un dosage particulier qui ne serait le même d'une personne à l'autre. Il apparaît donc difficile de compartimenter l'identité ou de le cloisonner.

Pour Jean François Bayart dans Illusion identitaire,l'énoncé identitaire peut-être comparable à une société. « La société est un archipel de pouvoir différent ». Autrement dit, l'identité n'est pas un corps unitaire dans lequel s'exercerait un pouvoir et seulement un, mais c'est une juxtaposition, une liaison, une coordination, une hiérarchisation aussi de différent pouvoir qui néanmoins demeure dans leur spécificité. Ainsi, grâce à chacun des appartenances d'une personne prise séparément, il a une parenté avec ces grands nombres de ces semblables. Grace aux mêmes appartenances prises toutes ensembles, elle a son identité propre qui ne se confond pas avec les autres. De cette manière on peut affirmer ces liens avec les autres, surtout dans le contexte actuel caractérisé par un mouvement général de décloisonnement des sociétés sans pourtant nier sa spécificité. C'est ce qui amène Dileep Padgaonkar (1994 :77) à affirmer que :

 Je suis né indien, dans une caste déterminée. Nous avons connu 1100 ans de gouvernement occidental et je ne peux pas nier leur contribution au façonnement de ma personnalité et mon pays. Je ne souhaite ni exalter ni dénigrer aucune composante de mon identité. De fait, chacun de nous a un gène culturel de l'autre. Notre incapacité à le reconnaître à créer d'horrible problème..

Toutefois, il convient donc de dire que l'identité n'est pas donner une fois pour toute. Elle n'est pas figée, elle est a un caractère instable. L'identité se construit et se transforme tout au long de l'existence de l'individu. Ainsi, la conception qui rendait l'identité à une seule appartenance installerait les hommes dans une attitude sectaire, dominatrice et pourrait les transformer souvent en tueurs. La réalité de l'identité serait donc qu'elle est mélangée à l'altérité.

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