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Construction sociale des processus décisionnels en matière d'usage des pesticides par les maraichers de Sèmè-Kpodji

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par Daleb Abdoulaye Alfa
Université d'Abomey-Calavi - DEA 2014
  

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CHAPITRE IV : PROCESSUS DE DÉCISION D'ACHAT ET D'UTILISATION DES INTRANTS

Ce chapitre traite d'une part des déterminants de choix du vendeur des intrants par les maraichers et d'autre part des déterminants de choix et d'usage des intrants. Il s'agit d'apporter des éléments de réponse à la question posée dans la problématique de recherche.

1. LES DÉCISIONS D'ACHAT DES INTRANTS : UN PHÉNOMÈNE COMPLEXE

Un système de croisement et de réassurance des sources d'informations

« ... avec la difficulté à laquelle nous sommes confrontés face au changement des pesticides, on ne peut pas dormir sous nos lauriers hein ! Si non c'est la catastrophe. Il faut être sociable afin de pouvoir discuter avec les maraichers de son site et d'ailleurs, participer aux réunions de groupement, discuter avec les vendeurs de pesticides. Si tu veux continuer à faire le maraichage, faut pas rester dans ton coin. Dans cette affaire là, même un ouvrier peux te sauver... ! Il n'y a pas de honte à demander ! Il faut demander la même chose à plusieurs pour être sûr quoi ! » [Natacha, 28 ans, maraichère à VIMAS]. Pour faire face aux inconnus qui entourent le choix des semences et des traitements, le maraicher recherche donc de multiples sources d'informations. Ainsi il se donne les moyens d'avoir accès aux sources d'informations en gardant de bonnes relations avec son voisinage au champ et les vendeurs de pesticides, en payant ces cotisations afin de participer aux réunions du groupement auquel il appartient. Nous pouvons constater qu'une seule source d'information n'est suffisante en soi, et que les maraichers, pour faire face à l'incertitude, croisent sans cesse leurs différentes sources.

En outre, le quart des maraichers accordent beaucoup d'importance à certaines sources qu'à d'autres. « Même après avoir demandé de conseils chez plusieurs, c'est ce que Tantapignon, le maraicher qui est au fond là-bas me dit que je fais généralement. Pour le moment je ne suis pas encore déçu. Je pense que c'est parce qu'il a fait une école professionnelle ... » [Marcus, 30 ans, maraicher à VIMAS]. « ...moi, c'est souvent les recommandations de Eric, l'ouvrier qui est juste à l'entrée du site là !, que je mets en pratique. Il est un peu âgé, environ la cinquantaine... ça fait 25 ans qu'il est dans le maraichage. C'est à cause de son expérience que son patron s'en sort si non... » [Ernest, 40 ans, maraicher à VIMAS]. « On gagne toujours quelque chose en participant aux réunions de groupements. J'ai quitté Cotonou pour m'installer sur le site de VIMAS, mais je suis toujours restée membre de mon groupement. C'est pareil pour tous ceux qui sont venus de Cotonou pour s'installer ici. C'est un creuset où les maraichers de Cotonou et de VIMAS partagent leurs expériences. Moi ! C'est souvent à cette occasion que j'obtiens des recommandations » [Adizath, 30 ans, maraichère à VIMAS]. Ceci concorde avec les travaux de Saad et Russo (1996) qui montrent que le procédé séquentiel du processus décisionnel n'implique pas que toutes les informations consultées soient nécessairement utilisées.

En ce qui concerne la participation aux réunions de groupements, nous constatons que les multiples relations entre les membres du groupement tendent à rapprocher leurs manières de travailler. Ces occasions d'entraide ou de débat influencent les manières de travailler. En effet, dans ces situations d'incertitude et compte tenu des limites de l'expérience de l'observateur individuel, ces relations alimentent une confiance nécessaire (Nicourt, 2008).

Ces verbatims montrent bien les éléments sur lesquels certains maraichers se réfèrent pour prendre leurs décisions. C'est l'expérience du métier, c'est la formation professionnelle mais aussi le réseau professionnel auquel on appartient.

D'autres maraichers par contre ne se contentent pas de mettre en pratique les conseils ou les recommandations telles que reçues. « ...ça fait 10 ans que je suis dans le maraichage, néanmoins je demande conseils auprès de mes collègues, surtout ceux dont les récoltes sont souvent bonnes. Lorsque en plus de mes connaissances, j'ajoute pour les autres, j'arrive à m'en sortir ... » [Angelo, 32 ans, maraicher à VIMAS]. « Le mois passé, au moment où tout le monde se plaignait des acariens qui faisaient ravage dans les champs de tomates, Jacques a pu s'en sortir avec de très belles tomates, il était le seul à vendre la tomate cette saison là ! » [Bona, 25 ans, maraicher à VIMAS]. En effet, en ce qui concerne la moitié des maraichers interrogés, les informations orales sont toujours croisées avec du "visuel" et de l'information qui résulte du vécu et de l'expérience. Ceci rejoint les travaux de (Ford et Sterman, 1998) qui parlent de processus cognitifs entrant dans la décision. Nous constatons un processus de confrontation de l'information orale avec les autres. L'information orale est confrontée avec du visuel sur le site et est enfin validée par l'expérience vécue du maraicher. Il est nécessaire, pour qu'une information soit considérée comme fiable, qu'il y ait d'une part une constatation visuelle dans l'expérience.

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