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Les couts de recherche et de developpement des hydrocarbures: prise en compte, amortissement et evaluation

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par Naceur Yaiche
IHEC, Tunis, Tunisie - Diplôme national d'expertise comptable 2004
  

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Section 4. LES EQUIPEMENTS DE SUPPORT

Les équipements et installations de support sont utilisés durant toutes les phases des activités d'exploration, de développement et de production. Les équipements de support incluent le matériel sismique, le matériel de forage, les constructions, les instruments de mesure, les véhicules, les ateliers de réparation, les entrepôts, les camps, les quais et les bâtiments administratifs. Le traitement comptable de ces actifs ne présente pas des spécificités dans l'industrie pétrolière et les dispositions de l'IAS 16 "Immobilisations corporelles" et l'IAS 36 "Dépréciation d'actifs" leurs sont généralement applicables.

Les Méthodes de Prise en Compte des

Coûts de Recherche et de Développement

des Hydrocarbures

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Au cours des dernières décennies, le débat qui a occupé la place la plus importante dans la littérature comptable relative au secteur pétrolier concernent deux méthodes comptables, aussi bien réputées l'une que l'autre. La première méthode, appelée méthode du coût complet, est une méthode qui est considérée comme fournissant des résultats favorables à l'investissement à risque. La deuxième méthode, appelée méthode des efforts réussis, produit une information précise et d'une utilité certaine pour les analystes financiers internes et les investisseurs astucieux qui peuvent voir au-delà de l'interprétation pessimiste qu'elle donne de l'activité d'une entreprise d'exploration et de production pétrolière.

Pour étudier ces deux méthodes, le présent chapitre est scindé en trois sections. La première section est consacrée aux règles de prise en compte d'un actif, telles qu'édictées par le cadre conceptuel de la comptabilité financière en soulignant les difficultés qui se posent de part la nature même des coûts de pré-production. La deuxième section présentera une étude des deux méthodes comptables susvisées à travers l'étude de leurs fondements et limites. Enfin, la troisième section s'intéressera à l'évolution de la normalisation comptable relative au secteur pétrolier aux Etats-Unis.

Section 1. ETUDE THEORIQUE DES REGLES DE PRISE EN COMPTE D'UN ACTIF

Afin de déterminer le traitement comptable approprié des coûts de recherche et de développement des hydrocarbures dans le cadre du modèle dit du coût historique, il est important de considérer les aspects fondamentaux suivants:

i Quels sont les coûts qui répondent à la définition d'actif telle que donnée par le cadre conceptuel de la comptabilité financière?

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i Quel centre de coûts (unité géologique, politique, juridique ou opérationnelle) faudra-t-il considérer pour accumuler les coûts dans un objectif de leur rattachement aux revenus attendus de la production et de la vente éventuelle des réserves minérales qui pourraient être mises en évidence.

1.1. Définition d'un Actif

Dans son § 51, le cadre conceptuel de la comptabilité financière définit un actif comme étant "constitué par les ressources économiques obtenues ou contrôlées par l'entreprise, à la suite d'évènements ou de transactions passées, à même d'engendrer des avantages économiques futurs au bénéfice de l'entreprise". Dans ce contexte, les avantages économiques futurs signifient le "potentiel de générer directement ou indirectement des flux positifs de liquidité ou d'équivalent de liquidité...".

Cette définition générale semble ne pas être suffisante pour la prise en compte d'un actif dans les états financiers. En effet, même dans le cas où des avantages économiques futurs seraient attendus, le cadre conceptuel stipule dans son § 52 qu'un actif n'est pris en compte que "lorsqu'il est probable que des avantages économiques futurs bénéficieront à l'entreprise".

Cette condition est plus rigoureuse que le simple fait d'avoir le potentiel de générer des flux positifs de liquidité puisque les avantages économiques futurs, dont doit bénéficier l'entreprise, doivent être suffisamment certains pour être considérés comme probables. Si de tels avantages économiques futurs sont considérés comme improbables, les coûts supportés sont constatés parmi les charges de l'exercice au cours duquel ils sont encourus. Dans ce sens, le cadre conceptuel de l'IASC précise dans son § 90 que:

"...ce traitement n'implique pas que l'intention des dirigeants en encourant cette dépense n'ait pas été de générer des avantages économiques futurs pour l'entreprise, ni que les dirigeants aient pris une mauvaise décision. La seule implication est que la probabilité que les avantages économiques iront à l'entreprise au delà de l'exercice est insuffisante pour justifier la comptabilisation d'un actif"

Le cadre de l'IASC n'a pas fourni une quantification du terme "probable". Certains auteurs trouvent que le terme "probable" signifie "plus probable qu'improbable" et donc lui affectent

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une probabilité d'environ 50%. D'autres, croient que ce terme implique un seuil plus important de l'ordre de 70 à 80%. D'autres auteurs considèrent qu'un élément n'est probable que lorsqu'il est pratiquement certain, ce qui représente une probabilité de 95 à 99%11.

Le terme "probable" est utilisé entant que critère de prise en compte par plusieurs normes comptables internationales sans pour autant qu'il soit défini par l'IASC. La seule exception est fournie par le § 23 de l'IAS 37 intitulée " Provisions, passifs éventuels et actifs éventuels" où le terme "probable" est défini comme signifiant "plus probable qu'improbable". Cependant ce même paragraphe stipule explicitement que cette interprétation ne s'applique pas nécessairement dans d'autres normes internationales.

Ainsi, il apparaît clairement que l'application des règles de prise en compte, telles qu'édictées par les différents cadres conceptuels, n'est pas évidente lorsqu'il s'agit de coûts de recherche et de développement d'hydrocarbures. En effet, certains de ces coûts sont relatifs à des activités de pré-production dont l'issue ou le résultat ne peut être connu à la date de clôture. Il s'agit notamment des coûts de prospection, d'acquisition et d'exploration qui peuvent être encourus des années avant de pouvoir déterminer avec certitude l'existence de réserves commercialement récupérables.

Dans pareils cas, une question critique se pose; c'est de savoir si de tels coûts peuvent être considérés comme ayant un potentiel de générer des avantages économiques futurs avec une probabilité suffisante pour les qualifier d'actifs conformément aux dispositions du cadre conceptuel. Cette question ne semble pas faire l'unanimité de la doctrine comptable à travers le monde.

D'après l'étude menée par l'IASC12 en 2001, certains auteurs affirment que l'échec ou le succès d'un projet d'exploration n'est pas connu au moment où les coûts sont encourus, et par conséquent l'entreprise ne peut prétendre à escompter des avantages économiques futurs. Ils concluent, que les coûts, encourus avant la découverte de toutes réserves commercialement récupérables, ne répondent pas à la définition d'actif, telle que donnée par le cadre conceptuel, et de ce fait, ne peuvent être ni immobilisés ni "différés" au-delà de l'exercice de leur

11 IASC, "Extractive Industries Issues Paper", 2001, p.73

12 IASC, "Extractive Industries Issues Paper", 2001.

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engagement. Les partisans de ce point de vue ajoutent que ce traitement est, par ailleurs, cohérent avec les dispositions de l'IAS 38 relative aux frais de recherche et de développement.

Selon la même étude, d'autres auteurs trouvent que la continuation d'une activité d'exploration très coûteuse dans le cadre d'un même projet, implique en elle-même que des avantages économiques futurs sont escomptés. En effet, une entreprise investissant des centaines de millions de dollars dans des activités de recherche d'hydrocarbures ne peut pas être considérée comme ne s'attendant pas à des découvertes de réserves minérales économiquement rentables13.

Ainsi, cette doctrine conclut, que les coûts d'exploration supportés et dont l'issue n'est pas encore connu à la date de clôture répondent à la définition d'actif telle que donnée par le cadre conceptuel. Ils ajoutent que la continuation de l'activité d'exploration est même suffisamment indicative pour considérer les avantages économiques futurs attendus comme "probables", et donc justifier la prise en compte d'un actif. Les opposants de ce point de vue considèrent que même si le potentiel d'avantages économiques futurs peut être établi, le degré de probabilité de ces derniers ne peut être démontré.

Ce débat sur la nature exacte des coûts de recherche et de développement des hydrocarbures, qui dure déjà depuis un demi-siècle, est à l'origine même des deux méthodes comptables dites du coût complet et des efforts réussis. En effet, la capitalisation des coûts de pré-production est tributaire de plusieurs facteurs dont les plus importants sont:

- La nature des coûts encourus;

- La phase pendant laquelle les coûts sont encourus;

- La nature et le degré d'association que l'on peut établir entre un coût encouru et une découverte de réserves minérales;

- La nature et la taille du ou des centres de coûts choisis pour accumuler et amortir les coûts encourus;

13 A titre d'exemple, le conseil d'administration de Petro-Canada a approuvé en novembre 2003 un programme de dépense en immobilisations et de dépenses d'exploration totalisant 2 595 millions de dollars pour 2004, dont 285 millions de dollars consacrés aux activités d'exploration.

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- L'environnement légal et contractuel dans lequel l'entreprise opère et pouvant affecter la récupération des coûts encourus.

1.2. Phases des opérations et nature des coûts engagés

Dans l'industrie pétrolière, le risque d'échec encouru par toute entreprise dans sa quête de réserves minérales est considéré comme important dans le choix des méthodes comptables à retenir pour le traitement des différents coûts engagés. L'analyse de la nature même des différentes phases d'activités nous enseigne que l'importance de ce risque est évolutive et est fonction de l'avancement des différents travaux entrepris et la nature des coûts engagés.

En effet, dans un premier temps, le commencement des travaux de prospection constitue la première phase des activités de pré-production, phase pendant laquelle peu d'informations sont connues sur l'existence potentielle de toutes réserves minérales dans la zone prospectée. C'est au cours de cette phase qu'une entreprise est supposée encourir le risque d'échec le plus élevé puisque ses chances de procéder à une découverte sont quasiment inexistantes.

Dans un deuxième temps, l'acquisition des droits miniers et l'engagement d'activités d'exploration plus élaborés et plus coûteuses sont une conséquence logique de travaux de prospection concluants et d'informations préliminaires encourageantes. Par conséquent, une entreprise pétrolière est supposée encourir un risque d'échec moins important durant cette phase.

Enfin, si des réserves d'hydrocarbures sont découvertes, le risque lié à leur développement est encore considérablement moins important puisque, bien que des activités d'évaluation ou d'appréciation restent nécessaires, l'existence des réserves a été établie. Par ailleurs, durant la phase de production, la commercialité des réserves est connue et le risque y relatif est encore moins important et se rapproche de celui encouru dans d'autres secteurs d'activités.

Ainsi, dans l'industrie pétrolière, il est clair que la séquence des différentes phases de recherche, d'appréciation, de développement et de production des réserves minérales constitue un continuum de risque décroissant ou un continuum de vraisemblance ou de probabilité croissante d'avantages économiques futurs.

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Historiquement, cette relation étroite qui existe entre les différentes phases d'activités et la probabilité des avantages économiques futurs attendus a conduit plusieurs entreprises adoptant la méthode des efforts réussis à considérer la phase pendant laquelle un coût spécifique a été encouru comme un facteur déterminant pour décider de sa capitalisation ou de sa passation en charges. De même, certaines normes comptables nationales traitant des industries extractives stipulent que la plupart des coûts encourus durant les premières phases de recherche (prospection, acquisition des droits miniers et exploration) doivent être comptabilisés parmi les charges de l'exercice et que seulement certains coûts doivent être portés à l'actif.

A titre d'exemple, le SFAS 19, "Financial accounting and Reporting by Oil and Gas Producing Companies", traitant de la méthode des efforts réussis dans l'industrie pétrolière, préconise que tous les coûts d'exploration, y compris les coûts des travaux géologiques et géophysiques, mais autres que les coûts des forages d'exploration, soient passés en charges au moment où ils sont encourus. Le FASB justifie ce traitement par l'importance du risque existent au moment où ces coûts sont encourus. En effet, de telles dépenses sont encourues une longue période avant que l'on puisse déterminer avec une certitude raisonnable si certains coûts génèreraient des avantages économiques futurs. En plus, l'expérience a montré qu'historiquement peu de coûts d'exploration conduirent à la découverte de réserves minérales exploitables.

A ce titre, il est à noter qu'aux Etats-Unis, la SEC a autorisé les entreprises cotées en bourse à adopter la méthode du coût complet, méthode sous laquelle le découpage en phases d'activités n'est pas pertinent de point de vue comptable.

1.3. Degré d'association entre les coûts encourus et les réserves découvertes

Traditionnellement, la prise en compte d'un actif est conditionnée essentiellement par l'établissement d'une relation de cause à effet entre cet actif, qualifié de ressource contrôlée par l'entreprise, et des avantages économiques futurs probables. L'application de cette règle aux différents coûts de pré-production ne semble pas être aisée puisque ni le cadre conceptuel tunisien ni celui de l'IASC n'ont défini la nature exacte de cette relation ou le degré d'association qui doit y avoir entre de tels coûts et les avantages économiques futurs escomptés.

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La réponse à cette question est au centre même de plusieurs controverses et constitue l'un des désaccords majeurs entre les partisans des différentes méthodes comptables en vigueur. La question est de savoir si une telle relation doit être une relation physique et directe ou pourra-t-elle être basée simplement sur une association économique?

a. Relation physique directe

Une association physique directe implique que les coûts de pré-production ne peuvent être portés à l'actif que lorsqu'ils sont encourus dans des activités que l'on peut associer directement et physiquement à des droits miniers spécifiques ou à des réserves minérales distinctement individualisées.

Sous cette approche, la plupart des coûts de prospection et d'exploration, qui n'aurait pas conduit directement à la découverte de réserves d'hydrocarbures exploitables, serait comptabilisés en charges de l'exercice au moment où ils sont encourus. En effet, il est difficile d'associer physiquement la majorité de tels coûts à des droits miniers ou à des réserves minérales spécifiques existantes au moment des travaux.

En ce qui concerne les coûts d'acquisition des propriétés minières, l'IASC considère, dans son étude sur les industries extractives, que ces coûts peuvent, par contre, être capitalisés puisqu'ils se rapportent à des droits de propriétés spécifiques et identifiables. Toutefois, L'IASC ajoute que de tels coûts doivent faire l'objet d'une réduction de valeur ou être passés en charges au moment où la zone couverte par ces droits s'avèrerait ne renfermant pas de réserves minérales commercialement exploitables.

b. Association économique

Le cadre conceptuel de la comptabilité financière n'exige pas explicitement l'existence d'une relation directe et physique comme critère de prise en compte d'un actif. Ainsi, une association économique entre un coût encouru et les réserves minérales contrôlées par l'entreprise peut théoriquement suffire à la comptabilisation d'un actif.

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En effet, comme nous l'avons mentionné plus haut, toutes les réserves minérales découvertes ou qui pourraient être découvertes par une entreprise sont le résultat d'un effort global concourant à un seul et unique objectif, à savoir la détention de réserves minérales commercialement exploitables. Ainsi, tous les coûts encourus par une entreprise, qu'ils soient de prospection, d'exploration ou d'appréciation, constituent un coût inévitable de ses richesses en réserves minérales et peuvent, par conséquent, être portés à l'actif. De tels actifs restent, toutefois, sujets à évaluation à la date de clôture afin de constater toute perte de valeur éventuelle.

Toutefois, il est à noter que dans la pratique, une association économique entre les coûts encourus et les réserves minérales détenues est souvent établie dans le cadre d'unité homogènes dites centres de coûts ou pools. En effet, il est difficile de considérer le monde entier comme unique centre de coûts et d'associer, par exemple, des coûts d'exploration entrepris en Nouvelle Zélande à des réserves minérales détenues au Nigeria.

1.4. Nature et taille du centre de coûts

L'IASC définit un centre de coûts comme étant une unité géologique, géographique, légale, contractuelle ou opérationnelle choisie pour accumuler des coûts dans un objectif de leur rattachement, à travers leur amortissement, avec les revenus futurs attendus de la production ou la vente des réserves minérales y relatives14.

Historiquement, plusieurs types de centres de coûts ont été suggérés. Les plus communément utilisés sont constitués:

- du monde entier;

- d'un pays ou groupe de pays;

- d'une propriété minière (permis de prospection, permis de recherche, concession

d'exploitation, ...etc.);

- d'une ou plusieurs unités géologiques

14 IASC, "Extractive Industries Issues Paper", 2001, p.110: "A cost centre is the geological, political, geographical, legal, contractual, or operating area chosen to accumulate costs with the purpose of matching them, through periodic depreciation, with revenues from the production or sale of related mineral reserves."

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La définition de la notion de centre de coûts est considérée comme un élément critique dans le choix et l'application de l'une des différentes méthodes comptables basée sur le modèle du coût historique. Cette notion conditionne non seulement les règles de prise en compte mais aussi ses choix comptables en matière d'amortissement et en matière d'évaluation des coûts portés à l'actif à la date de clôture.

Comme nous le verrons plus loin, l'importance de la notion de centre de coûts et son impact significatif éventuel sur les états financiers d'une entreprise a conduit plusieurs institutions et organismes comptables, aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne à la définir et à l'entourer de plusieurs conditions.

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"En amour, en art, en politique, il faut nous arranger pour que notre légèreté pèse lourd dans la balance."   Sacha Guitry