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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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Section 2 : L'inefficacité de l'aide en Afrique sub-saharienne est-elle due à son insuffisance?

L'explication la plus populaire, de l'échec de l'aide porte sur son volume. Le faible niveau du budget global de l'aide au développement est largement discuté ces dernières années. Environ 55 milliards de dollars par an pour tous les pays en développement du monde, alors que les seuls agriculteurs dans les pays développés reçoivent une subvention annuelle de 325 milliards de dollars, soit 5 à 6 fois l'ensemble du budget alloué à l'aide au développement de l'ensemble des pays pauvres. Il se peut que les pays africains soient effectivement dans une trappe à sous-développement. Dans ce cas, comme nous l'avons vu ci-dessus, si l'aide qui leur est accordée ne leur permet pas de briser le cercle vicieux de la pauvreté, elle sera stérile. Ceci peut expliquer la malédiction de l'Afrique.

Dans cette section, on entreprend différents tests empiriques sur cette question. Dans un premier temps, on s'interroge sur le niveau à partir duquel l'aide internationale octroyée à un pays pauvre peut être considérée comme forte ou suffisante. On identifie ensuite la période où l'aide à l'Afrique sub-saharienne peut être considérée comme forte. Pour savoir si l'aide, aide le développement lorsqu'elle est forte, on évalue sur cette période l'impact de l'aide reçue sur la croissance économique. On terminera cette section par des tests empiriques sur l'idée selon laquelle les économies africaines sont prises au piège de la pauvreté.

1. Aide forte -- aide optimale pour un pays pauvre

Avant d'aborder les tests empiriques sur l'insuffisance de l'aide internationale accordée aux pays africains en dessous du Sahara, il est nécessaire de préciser ce qu'est une aide forte, ou mieux le montant d'aide optimale pour un pays pauvre donné. Quand peut-on considérer une aide comme forte ou suffisante? Quel est le niveau optimal d'aide pour un pays receveur?

Le débat sur le « montant optimal » de l'aide internationale à accorder à un pays pauvre donné occupe une place de plus en plus importante dans la littérature théorique et empirique sur l'efficacité de l'aide au développement. L'aide internationale représente avant tout un « coût » ou encore une « perte » pour les contribuables dans les pays riches. Nous avons néanmoins vu dans le deuxième chapitre de la première partie de ce travail que la réduction de la pauvreté dans les pays du Sud est une politique optimale au sens de Pareto. Ainsi, l'aide qui favorise la croissance économique dans les pays pauvres est une « politique optimale ». Delà, lorsqu'un montant donné d'aide permet de favoriser la croissance économique dans le pays receveur, on peut le considérer comme convenable au Sud et au Nord, donc optimale. Une aide qui est inefficace à cause de son montant est donc non optimale, une perte pour le Nord et le Sud.

Plusieurs auteurs (Sachs 2004, Boone 1996) soutiennent l'existence d'un seuil minimal en deçà duquel l'aide accordée à un pays pauvre ne peut être efficace.

Ce qui suppose que l'aide doit être suffisamment forte pour être optimale (promouvoir la croissance économique). Néanmoins, cette thèse aussi noble qu'elle puisse paraître ne fait pas unanimité. Elle a un courant contestataire. En effet, la thèse du « big push » qui évoque la nécessité d'accroître massivement et rapidement l'aide aux pays sous-développés se confronte à celle de « la capacité d'absorption » des pays pauvres. La thèse de « la capacité d'absorption » évoque deux raisons principales pour lesquelles une aide trop forte n'est pas souhaitable : la loi des rendements marginaux décroissants et le « Dutch Disease » (syndrome hollandais).

Rajan et Subramanian (2005) Soutiennent qu'une aide trop forte pourrait freiner la croissance du secteur des biens échangeables, notamment les biens manufacturiers. En effet, l'aide est susceptible d'augmenter l'offre de devises sans qu'il y ait une augmentation correspondante de la demande (par exemple si elle est utilisée pour financer des biens et services non-échangeables). Cela va entraîner une appréciation du taux de change et une perte de compétitivité des producteurs de biens échangeables. L'économie va ainsi déboucher sur le syndrome hollandais.

Néanmoins, des analyses empiriques de l'impact de l'aide reçue sur le taux de change réel de plusieurs pays notamment africains (FMI, 2005) ne révèlent pas de lien significatif entre ces deux variables (aide et taux de change réel). La thèse selon laquelle l'aide entraînerait une surévaluation du taux de change réel et donc la perte de la compétitivité de l'économie ne semble donc pas se confirmer dans les faits. Cohen et al. (2006) fournissent une explication au phénomène. Ils soutiennent que l'appréciation réelle de la monnaie ne pose pas de problème de compétitivité lorsqu'elle s'accompagne d'un accroissement de productivité.

Pour certains auteurs (Svensson 2005, Lensink et White 2001, FMI 2005), l'origine du syndrome hollandais que pourrait entraîné une aide forte ne tient pas à une perte de compétitivité, mais aux caractéristiques propres de types structurels (institutions budgétaires, qualité des services publics, capacités humaines et d'administration, ...) de la plupart des pays en développement. Ces caractéristiques limitent leurs capacités à gérer et à utiliser efficacement des ressources énormes. Ce qui fait qu'une augmentation massive et rapide de l'aide internationale peut facilement engendrer des problèmes semblables au « Dutch Disease»

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