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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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CHAPITRE CINQUIEME

AIDE EXTERIEURE ET EFFETS D'INCITATION

La croissance économique, moteur du développement, est le coeur de toute politique de développement. Asseoir la croissance économique dans les pays démunis comme ceux de l'Afrique sub-saharienne nécessite des moyens; mais aussi une incitation favorable au niveau des principaux acteurs du développement. Malheureusement, les stratégies de développement mises en oeuvre depuis longtemps ne considèrent que les moyens, léguant au second plan le rôle des incitations dans le processus de développement.

Nous venons de voir pourtant, dans le chapitre précédent, que le problème de l'Afrique sub-saharienne ne se résume pas uniquement à une question d'investissement ou de moyens. Le fait que l'aide soit inefficace, même lorsqu'elle est forte et ceci, même pour les pays qui, vraisemblablement, ne sont pas dans une trappe à sous-développement, nous amène à envisager l'existence d'effets pervers de l'aide internationale sur les économies assistées.

Plusieurs auteurs ont investi ce champ d'analyse à propos de l'aide internationale. Les considérations marxistes et les effets pervers de l'aide du point de vue libéral (selon lequel l'aide extérieure exerce des effets négatifs sur la production locale en créant une surévaluation des taux de changes ou encore en faussant les règles du marché) ont été présentés plus haut. Cremers et Sen (2007) présentent une autre facette du problème en analysant dans un modèle à générations imbriquées, les effets de l'aide internationale sur l'accumulation du capital et les niveaux de bien-être; à la fois dans le pays donateur et chez le récipiendaire. Ils aboutissent au paradoxe de l'aide extérieure, déjà évoqué par Galor et Polemarchakis (1987), Tan (1998) et Yanagihara (2006). Selon ce paradoxe, l'aide internationale enrichit le donateur et appauvrit le bénéficiaire. Selon Cremers et Sen (2007), en parfaite mobilité du capital, lorsque la propension à épargner est plus élevée chez le pays donateur (comme c'est souvent le cas), l'aide internationale fait augmenter le taux d'intérêt d'état stationnaire. Ce phénomène est lié au fait que, l'aide fait baisser l'offre mondiale d'épargne et donc, le niveau de capital d'état régulier. L'augmentation du taux d'intérêt mondial influence positivement le bienêtre du prêteur (donateur) et négativement celui de l'emprunteur (bénéficiaire de l'aide). L'augmentation du taux d'intérêt mondial fait que in fine, le donateur réalise un gain de bien-être et le récipiendaire, une perte. Notre analyse dans le cadre de ce mémoire du 3e cycle permet d'aborder le problème sous un autre angle, en considérant les effets d'incitation.

Nous verrons dans ce chapitre que des politiques néfastes en Afrique subsaharienne, conséquences de mauvaises incitations, peuvent expliquer l'inefficacité de l'aide à promouvoir le développement dans les pays bénéficiaires. En effet, les gouvernements avec des politiques inappropriées peuvent mettre en échec l'économie de marché et se trouver à l'origine d'incitations qui annihilent tout effort de développement. Le problème devient plus compliqué quand l'aide internationale, qui doit répondre au problème de moyen, est elle-même à l'origine des mauvaises incitations qui altèrent l'activité économique dans le pays aidé. Quand la corruption et les politiques gouvernementales sont au coeur du problème, des réformes institutionnelles fondamentales sont nécessaires et doivent responsabiliser les gouvernements devant leurs citoyens.

Malheureusement, les gouvernements se trouvent parfois enfermés dans un faisceau d'incitations au centre duquel se trouve la politique d'aide au développement. Ils peuvent notamment être incités à mener de mauvaises politiques, à cause de l'aide internationale (Pedersen, 2001). Sous

55 L'incidence de la pauvreté pour une population donnée désigne l'écart entre le niveau de vie de la population et le seuil de pauvreté, évalué à 2$ par personne par jour ou 1$ par tête par jour pour la pauvreté extrême.

l'hypothèse que le volume d'aide reçue par un pays pauvre donné dépend de l'incidence55 de la pauvreté dans la population totale, on montre que le comportement d'optimisation peut inciter le pays receveur à adopter une politique appauvrissante, dans le but de recevoir davantage d'aide, ou encore pour se qualifier à certaines formes avantageuses de l'assistance internationale. On se trouve ainsi en face du « dilemme du bon Samaritain » évoqué par Buchanan (1975), qui établit que l'aide charitable conduit à diminuer l'incitation au travail du bénéficiaire (Lindbeck et Weibull 1988, Stephen Coate 1995, Koulibaly 1998, Svensson 2000, Pedersen 2001).

Dans la section 1, nous construisons un modèle théorique qui sera utilisé comme cadre d'analyse des effets d'incitation que l'aide peut créer au niveau du récipiendaire. On montre ensuite (section 2) que l'aide internationale peut induire chez le récipiendaire, une désincitation au travail. Elle peut notamment entraîner une baisse de l'investissement domestique au profit de la consommation présente, encourager des investissements inefficients, l'absence ou la diminution de l'effort en faveur de la réduction de la pauvreté et une détérioration de la qualité de la gouvernance. Dans la section 3 enfin, on appliquera à travers des analyses empiriques, les résultats de cette étude au cas de l'Afrique sub-saharienne.

Section 1 : Les effets désincitatifs de l'aide

Dans cette section, on étudie à partir du modèle théorique ci-dessus, comment l'aide internationale affecte l'attitude optimale de l'agent représentatif visà-vis de la consommation/l'investissement et l'effort. Dans la mesure où l'aide dépend de l'étendu des besoins du pays receveur, l'agent représentatif peut influencer par son action, l'aide qui lui sera octroyée. Dans le but de maximiser son utilité, il va adopter un comportement qui lui permettra de bénéficier d'une aide forte. On se trouve ainsi en face du dilemme du bon Samaritain. Dans un premier temps, on intègre l'aide extérieure au problème ci-dessus étudié. La détermination des nouvelles variables d'équilibre et de l'expression du gain net associé à l'effort en présence de l'aide extérieure permettra d'analyser les effets désincitatifs de l'aide internationale sur l'investissement domestique et le niveau d'effort du récipiendaire.

1. Aide extérieure, épargne domestique et investissement

L'impact de l'aide extérieure sur l'épargne domestique est un phénomène étudié dans la littérature économique sur l'aide internationale. Plusieurs analyses empiriques (Griffin 1970, Easterly et Dollar 1999) ont montré que l'aide internationale encourage la consommation plus que l'investissement. La raison le plus souvent évoquée pour expliquer un tel phénomène est le détournement de l'aide de son objectif initial. Les fonds d'aide n'iraient pas seulement à l'investissement; une partie serait détournée pour d'autres fins comme le financement des biens de consommation final, la corruption. Mais il y a une autre raison, qui n'est pas des moindres, et qui explique valablement l'augmentation de la consommation à la suite de l'octroi de l'aide extérieure: c'est le caractère « fongible » (ou encore la « fongibilité ») de l'aide internationale.

1. La prise en compte de l'aide internationale

On suppose que le pays A s'ouvre sur l'extérieur, en entretenant des relations économiques avec un pays B développé. Le pays B, « philanthrope », se propose d'aider le pays pauvre A. Les autres formes de relations économiques entre A et B à part l'aide internationale (relation commerciale, investissements directs étrangers, transferts des migrants, profits rapatriés, ...) sont ignorées ; leurs

flux sont supposés nuls. Le pays riche B annonce à la période 1T qu'il va accorder dans le futur, de l'aide aux pays pauvres dont le revenu par habitant ( y ) est en deçà d'un seuil donné ( y ). L'aide ainsi annoncée n'interviendra qu'à la période 2 T. En effet, une caractéristique principale de l'aide internationale est que les donateurs (pays 207 riches et institutions internationales) prennent des engagements d'avance ; et les fonds ne sont effectivement décaissés qu'une ou plusieurs années plus tard.

Par hypothèse, le volume d'aide que B octroie à A est endogène. Plus A est pauvre, plus il reçoit d'aide. Nous avons montré dans la première partie de ce travail que le niveau des besoins des pays récipiendaires est un facteur déterminant dans l'allocation internationale de l'aide. Cette thèse est soutenue par plusieurs études empiriques (Burnside et Dollar 2000, Alesina et Dollar 2000, Llavador et Roemer 2001, Alesina et Weder 2002). Nous montrerons plus loin que le revenu par habitant est un facteur déterminant dans l'attribution de l'aide en Afrique subsaharienne.

Ainsi, l'aide par tête sous forme de transfert (z) à octroyer au pays A est une fonction décroissante de son revenu par habitant (y). On considère pour cela une « fonction de distribution de l'aide » de la forme:

,

On supposera en outre que , Lorsque le revenu par tête du pays baisse
(respectivement augmente) d'un montant donné, l'aide par tête augmente (respectivement baisse) d'une valeur inférieure à ce montant.

Notons que : Y = L.y et Z = L.z : où Z désigne l'aide Total reçue.

Et donc:

La prise en compte de l'aide internationale future va changer l'attitude de l'agent représentatif du pays A. En reprenant le problème ci-dessus, l'agent représentatif va choisir les niveaux de consommation Ct (t = 1 ; 2) et d'effort e qui lui permettent de maximiser son utilité totale inter temporelle, en tenant compte cette fois-ci de l'aide internationale qui interviendra à la période suivante (T2). Une première conséquence de l'aide internationale est donc une modification du TMSS de l'agent représentatif et donc, l'épargne et le niveau de l'investissement du pays.

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