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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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2. Aide extérieure, épargne domestique et investissement

L'impact de l'aide extérieure sur l'épargne domestique est un phénomène étudié dans la littérature économique sur l'aide internationale. Plusieurs analyses empiriques (Griffin 1970, Easterly et Dollar 1999) ont montré que l'aide internationale encourage la consommation plus que l'investissement. La raison le plus souvent évoquée pour expliquer un tel phénomène est le détournement de l'aide de son objectif initial. Les fonds d'aide n'iraient pas seulement à l'investissement; une partie serait détournée pour d'autres fins comme le financement des biens de consommation final, la corruption. Mais il y a une autre raison, qui n'est pas des moindres, et qui explique valablement l'augmentation de la consommation à la suite de l'octroi de l'aide extérieure: c'est le caractère « fongible » (ou encore la « fongibilité ») de l'aide internationale.

2.1. La fongibilité de l'aide

Selon Collier et Dollar (2002) tout comme Sandefur (2006), l'aide destinée au financement de projets (santé ou éducation par exemple) libère des ressources locales que le gouvernement peut utiliser à sa guise. Il peut notamment consacrer les ressources libérées à la consommation. Cette situation est communément désignée sous le nom de « fongibilité » de l'aide internationale. Pour comprendre un tel phénomène, on peut se référer à la figure ci-dessous.

Notons que le degré de fongibilité de l'aide dépend du pays considéré. Pack et Pack (1990, 1993) soulignent l'importance des caractéristiques des systèmes budgétaires de chaque pays en montrant

Fulgure II.3 : Fongibilité de l'aide

On suppose que le gouvernement du pays receveur alloue son budget à deux types de biens : un bien de consommation final (dépenses de fonctionnement ou palais gouvernemental par exemple) et un bien d'investissement (manuels scolaires par exemple). On suppose en outre que le gouvernement a une préférence pour le bien de consommation. Cependant, il doit satisfaire un niveau minimal du bien d'investissement dans le pays pour éviter le mécontentement de la population. Dans ses conditions, à l'équilibre, le gouvernement alloue au bien d'investissement, exactement le montant nécessaire pour prévenir le mécontentement de la population; et le reste du budget sera consacré au bien de consommation final. Nous représentons cette situation sur la figure ci-dessus par le point E1. Le gouvernement alloue [OA] au bien d'investissement et [OG] au bien de consommation. Il se trouve ainsi sur la courbe d'indifférence U1.

Une institution « bienfaitrice » se propose ensuite d'aider le pays pauvre. Elle lui accorde pour cela, une aide de montant [CD], destinée au financement du bien d'investissement (manuels scolaires). La contrainte budgétaire du gouvernement passe alors de CB1 à CB2. De combien augmentera alors le volume du bien d'investissement?

Comme le montre la figure, le volume du bien d'investissement augmentera d'un montant inférieur à l'aide reçue. Cette situation intervient même si le donateur s'assure que toute l'aide est consacrée au bien d'investissement. On peut en effet imaginer le cas où l'aide accordée n'est pas en argent, mais en nature (envoi de manuels scolaires). Dans ce cas, le gouvernement du pays receveur ayant une préférence pour le bien de consommation final, va simplement réajuster l'allocation de ses ressources domestiques dans le but de maximiser son utilité. Un certain montant de son budget (ici [GH]) qui était initialement consacré au bien d'investissement va maintenant être alloué au bien de consommation final. Il va ainsi se retrouver au point d'équilibre E2. Bien que toute l'aide reçue soit investie, l'augmentation du volume du bien d'investissement (ici ?I = [AB]) sera inférieure à l'aide reçue (ici [CD]). L'aide n'est pas dans notre exemple ci-dessus détournée de son objectif initial (investissement), mais elle a évincé l'investissement domestique. C'est la « fongibilité » de l'aide.

Bien évidemment, on peut envisager que l'attribution de l'aide internationale n'influence pas seulement la contrainte budgétaire du pays récipiendaire, mais aussi les prix relatifs entre biens. Dans ce cas, la contrainte budgétaire va pivoter, au lieu de se déplacer parallèlement vers la droite. L'effet final de l'aide extérieure sur l'allocation des ressources du pays bénéficiaire sera néanmoins semblable à celui montré ci-dessus.

que l'aide est fongible dans le cas de la République dominicaine, alors qu'elle ne l'est pas dans celui de l'Indonésie.

Dans notre exemple ci--dessus, l'augmentation de la consommation est liée à la préférence pour le gouvernement du bien de consommation final. Notre modèle présenté plus haut permet de porter un regard neuf sur le sujet, en considérant les conséquences inter temporelles de la fongibilité. L'idée défendue ici est que, compte tenu de l'aide future, le gouvernement du pays receveur va réajuster son comportement. Il va adopter une attitude qui lui permettra de bénéficier d'un montant conséquent de l'aide internationale. L'agent représentatif va pour atteindre un tel objectif, adopter une attitude appauvrissante. Il va notamment baisser son niveau d'investissement.

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