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Aide au développement peut-elle aider l'Afrique noire à  se lancer au développement durable?

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par Jean-Paul Jean-Paul NABONA BISIMWA
Université Libre dà¢â‚¬â„¢Uvira et des Grands Lacs, ULUGL en sigle - Master complementaire  2012
  

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Section 2 : Analyse empirique des effets désincitatifs de l'aide en Afrique sub-saharienne

Une hypothèse fondamentale de travail des institutions financières internationales, pour les prévisions de croissance et le calcul du volume d'aide à octroyer à chaque pays est que la totalité de l'aide reçue s'ajoute à l'épargne domestique pour financer l'investissement (voir chapitre 2). Or, comme nous venons de le montrer, les incitations perverses de l'aide internationale vont induire chez le pays receveur une augmentation de la consommation. Le niveau de l'investissement effectif sera alors en deçà de celui prévu. Pire encore, l'aide charitable peut supprimer l'effort au niveau du receveur. Il en résultera une dégradation de la qualité de la gouvernance comme le faisait déjà remarquer Bauer (1972, 1984). Ceci est une plausible explication des difficultés de croissance des économies africaines malgré le fait qu'elles bénéficient d'aide. C'est ce que nous allons tester empiriquement.

Cette section est scindée en deux : i) l'analyse empirique des effets désincitatifs de l'aide sur la consommation/l'investissement ; ii) l'analyse empirique de l'efficacité de l'aide extérieure, en intégrant cette fois--ci, la qualité de la gouvernance dans le pays aidé.

1. Aide - consommation/investissement en Afrique sub-saharienne

Pour analyser les effets désincitatifs de l'aide internationale, nous analysons empiriquement dans ce paragraphe, son impact sur l'investissement et la consommation dans le pays récipiendaire. On montre alors que l'aide finance plus la consommation présente que l'investissement.

1.1. Analyse empirique de l'impact de l'aide sur l'investissement

Pour tester le lien entre « aide » et « investissement » en Afrique subsaharienne, on a régressé pour le même panel de pays que précédemment, l'investissement effectivement réalisé sur l'aide reçue et l'épargne réalisée. L'investissement56 réalisé dépend ainsi de l'épargne domestique et de l'aide extérieure reçue. L'équation à estimer s'écrit donc:

Iit =ái+ 1Eit + 2Ait + åit (1)

Où i désigne la constante individuelle pour le pays i considéré (qui capte lesautres facteurs pouvant influencer son investissement), â1 et â2 les coefficients de l'épargne intérieure ( Eit ) et de l'aide extérieure ( Ait ). åit le résidu. Les résultats de l'estimation sont résumés dans le tableau suivant:

Tableau II.4 : Aide et investissement en Afrique sub--saharienne

Nbre : d'observation: 327

R-Carré: 0,59

R-Carré Ajusté : 0,57

F-Statistic: 21,06***

NB : *** signifie que le coefficient est significatif à 1%

** signifie que le coefficient est significatif à 5%

* signifie que le coefficient est significatif à 10%

Les coefficients sont dans l'ensemble significatifs. L'impact de l'aide extérieure tout comme celui de

l'épargne sur le taux d'investissement est bien positif et significatif. Mais les coefficients obtenus

semblent loin de ceux postulés. L'hypothèse forte selon laquelle l'aide est totalement investie

implique un coefficient de l'aide ( â2 ) égal à 1.

Pour vérifier cette idée, on a réalisé le test économétrique suivant:

56 L'investissement ici (I) prend en compte les machines et équipements, constructions de routes, et de rails, constructions d'industries et d'équipements commerciaux, écoles, hôpitaux ...

Le résultat obtenu par le test de Wald est le suivant:

Les probabilités associées au Chi-carré et au F-caculé sont inférieures à 1%.

Le test de Wald permet alors de rejeter l'hypothèse nulle ( f32 =1) au seuil 1%. L'aide au développement ne serait donc pas intégralement investie comme on le suppose. Le même test permet de rejeter l'hypothèse selon laquelle toute l'épargne est investie.

Le fait que toute l'épargne ne soit pas investie peut s'expliquer par le faible développement financier dans la région qui fait qu'une bonne partie de la petite épargne est simplement thésaurisée57.

Ce qui est plus préoccupant, c'est la proportion de l'aide qui est investie. Pour avoir une idée sur la

proportion dans laquelle l'aide est investie, on a calibré le coefficient f32 toujours à l'aide du
test sur les coefficients de Wald. Au seuil 5%,

f32 = 0.20 qui n'est pas rejeté. La proportion d'aide investie serait alors très faible.

Ce résultat semble concorder avec de nombreuses illustrations. A titre d'exemple, la Gambie en 1986 avait reçu une aide valant 55.40% de son PIB, alors que son investissement effectivement réalisé ne valait que 16.59%. Mais on peut imaginer que cet exemple soit un cas isolé. A cet effet, on a réalisé une étude par pays, en séries chronologiques, sur les valeurs annuelles. On a estimé pour chaque pays, l'équation suivante:

It =á +â1 Et+â2At+å (2)

Certains pays (pour trop d'observations manquantes) n'ont pas été inclus dans cette étude. L'étude a quand même couvert plusieur pays de l'Afrique sub-saharienne (35)58. Après avoir évacué le problème de stationnarité59 des séries, on a évalué l'impact de l'aide internationale sur l'investissement pour chaque pays de l'échantillon. Les résultats obtenus sont résumés en fonction de la valeur et du signe de f32 dans le tableau suivant:

57 En effet, selon une étude récente de la BCEAO, seulement 20% environ de la population totale des pays membres ont un compte en banque. Le reste thésauriserait donc simplement son épargne.

58 www.banquemondiale.org

59 Le test de racine unitaire de DFA (Dickey Fuller augmenté) permet de tester la stationnarité de ces séries. A l'issue du test, l'estimation a été faite en différence première dans la mesure où les séries sont intégrées d'ordre 1.

Tableau II-10 : Résultat de l'estimation par pays du lien aide-investissement

L'ajustement pays par pays parait plus spectaculaire. Aucun pays n'investit la totalité de l'aide qui lui est accordée. L'aide n'exerce d'effet positif significatif sur l'investissement que dans seulement 34% environ des cas. Dans presque la moitié des cas, l'aide n'influence pas significativement l'investissement. En effet, pour 48,57% des pays étudiés, l'impact de l'aide sur l'investissement est non significatif.

Le fait qu'il existe une relation macroéconomique comptable qui relie l'investissement, l'épargne et le solde extérieur courant qui ne fait pourtant pas parti de l'équation estimée60 peut soulever certaines critiques sur ces résultats. Cependant, la significativité des coefficients amène à admettre qu'une bonne partie de l'aide internationale est détournée de l'objectif principal : le financement de l'investissement.

Ces résultats corroborent ceux de Dollar et Easterly (1999) qui tiraient la sonnette d'alarme sur le fait que l'aide semble se détourner de son objectif principal, l'investissement. Feyzioglu et al. (1998) dans une estimation couvrant 38 pays bénéficiaires d'aide entre 1971 et 1990, aboutissent au résultat selon lequel 1$ d'aide ne fait augmenter l'investissement que de 0.32$. Enfin, un résultat contraire à toute attente (dans la philosophie de la Banque mondiale) est que, pour 6 pays (dans environ 17% des cas étudiés), l'impact de l'aide extérieure sur l'investissement est négatif et significatif.

Cette négativité de l'aide internationale sur l'investissement est une véritable interpellation des politiques de la Banque mondiale. On peut comprendre que l'aide qui est censée accroître l'investissement des pays pauvres, le réduise si on se réfère aux effets d'incitation étudiés plus haut. Ces effets de l'aide extérieure conduiraient à un accroissement de la consommation présente. L'aide produirait ainsi un effet d'éviction sur l'épargne domestique, effet évoqué par Griffin (1970) et qui a

60 Le fait qu'on ne peut pas régressé une identité comptable ne permet pas d'intégrer cette variable dans l'équation à estimer. De plus, nous disposons de peu de données sur cette variable (solde extérieur courant) si bien que sa prise en compte dans nos estimations réduirait considérablement notre période d'étude et le nombre d'individus. La constante á est alors supposée capter le poids de cette variable, tout comme celui de n'importe quelle autre variable pouvant influencer l'investissement.

été retrouvé plus récemment par Boone (1996). En effet, si l'aide n'est pas investie, l'utilisation de cette aide est la consommation. C'est ce que nous allons montrer empiriquement.

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