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Mythe ou réalité des politiques publiques du régime politique issu des élections de 2006 et le redressement socio-économique de la province du sud - Kivu.

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par Alain de Georges SHUKURANI MUGENGERE
Université Officielle de Bukavu (U.O.B) - Licence en Sciences politiques 2008
  

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Section III. Le Gouvernement face aux cinq chantiers

A titre de rappel, le pouvoir exécutif est bicéphale en RDC : le Président de la République et le Gouvernement. Le Gouvernement conduit la politique de la nation et il est l'organe chargé de son exécution (article 91 de la constitution). Cette politique est définie en concertation avec le Président qui organise d'ailleurs tout du fait que la majorité présidentielle en RDC est conforme à la majorité parlementaire. Le Président est, alors, le maître du jeu de la politique nationale d'autant plus que c'est son programme que le Gouvernement se charge d'exécuter. C'est pourquoi dans ce point nous allons analyser la prestation du Gouvernement en confusion avec celle de l'exécutif caractérisé par la mauvaise gouvernance et l'inconscience.

III.1. De la structure du Gouvernement en RDC

Selon l'article 90 de la constitution du 18 février 2006, en effet, le Gouvernement en RDC est composé du premier ministre, de ministres, de vice - ministres et, le cas échéant, de vice premiers ministres, de ministres d'Etat et de ministres délégués. Le premier ministre est le Chef du Gouvernement et dirige ainsi l'action du Gouvernement. Chaque ministre est à la tête d'un département ministériel où il coordonne et dirige les activités conformément à la politique gouvernementale.

Depuis l'investiture de l'institution « Gouvernement » au Congo en 2007, le pays, connaît jusqu'à maintenant trois Gouvernements, tous inefficaces dans les actions à mener sur le terrain. La première équipe gouvernementale a été conduite par Antoine GIZENGA réaménagée le 25 Novembre 2007 par l'ordonnance n°007/071.

Le Gouvernement GIZENGA I comportait six ministres d'Etat, trente quatre ministres et 19 vices - ministres. Avec lui, l'équipe était ainsi composée de 60 membres. Le Gouvernement GIZENGA II, quant à lui, était structuré de la manière suivante : 3 ministres d'Etat, 30 ministres et 12 Vices - ministres, ce qui réduisait les membres du Gouvernement à 45 au lieu de 60.

En outre, le Gouvernement MUZITO actuel a la configuration suivante : 3 vices - premiers ministres, 37 ministres et 14 vices - ministres.

III.2. Rôle du Gouvernant dans la réalisation des « cinq chantiers »

Le pouvoir actuel en RDC, à travers ses trois Gouvernements, fait montre d'une apparente incompétence technique de la part de ses animateurs. On ne sait alors ce qu'il faut pour que tout tourne de bonne foi en RDC. Car, après plus de deux ans et demi, les gouvernements sont, d'une manière insoupçonnable, en deçà des espoirs placés en eux par la population Sud - kivutienne.

En effet, de haut en bas de l'échelle gouvernementale l'incompétence, l'amateurisme politique, la léthargie et le primat des intérêts particuliers sur l'intérêt général sont devenus tellement légion que le pouvoir actuellement en charge ne sait pas quoi faire dans le cadre de la reconstruction socio - économique globale promise tant dans ses discours électoraux que dans son programme du Gouvernement, reconstruction souhaitée et attendue par la population congolaise en général, et Sud - kivutienne en particulier.

L'insécurité généralisée qui frappe l'Est du pays jusqu'à maintenant relève un malaise socio - culturel et économique si profond que la seule manière de s'en défaire serait de mettre en place les structures de changement que les congolais attendent.

Dans cette option, il se remarque nettement qu'après les élections de 2006, la situation est loin de changer au plan réel dans la province du Sud - Kivu car les violences de tout genre, l'insécurité, le détournement des
deniers publics, l'inefficacité gouvernementale et le manque de volonté politique entravent la bonne gouvernance en RDC.

Puissent les cas suivants nous en servir d'exemples :

· les massacres et les viols notamment à Kaniola et dans le territoire de rutshuru en 2008,

· Eruption d'un mouvement mystico-religieux et politique au Bas-Congo (Bundu dia kongo) en 2007, terreur en province orientale par les rebelles ougandais de LRA jusqu'à maintenant, crise à l'Est notamment avec les attaques du CNDP, menaces et tortures des peuples par les FDLR,

· La non - exécution des budgets et des programmes gouvernementaux au plan national et provincial de 2007 à nos jours,

· La détérioration des conditions de vie des fonctionnaires et des enseignants qui réclament le respect des accords de MBUDI,

· L'absence de rétrocession ou de la retenue à la source de 4O% des recettes par les provinces,

· Violation des normes constitutionnelles par les dirigeants,

· La corruption à outrance et l'absence de l'Etat dans presque tous les secteurs de la vie nationale.

Toutefois, le Gouvernement, croyant bien faire en se prévalant d'un bilan «positif » au regard de la situation complexe héritée au lendemain des élections, se lance maladroitement dans des prises de positions et d'actions hasardeuses qui, au lieu de traduire la reprise en mains de ses responsabilités, relèvent plutôt au peuple le côté improvisé, intempestif et fébrile des actes posés. Pour s'en convaincre, citons l'exemple de l'entrée des troupes rwandaises au Nord - Kivu au mois d'Avril 2009 pour une opération conjointe avec les FARDC en vue de traquer les FDLR qui continuent toujours a semé de la terreur dans les deux Kivu, la signature des contrats à caractère léonin et en défaveur de la situation du peuple,...

De par sa mission de gérer l'Etat au quotidien, le gouvernement apparaît comme le plus concerné par les exigences de la bonne gouvernance.

Nous saisissons la bonne gouvernance comme l'ensemble des principes, des mécanismes de fonctionnement et de gestion de la société de façon à avoir une interaction guidée par le droit de regard de tous sur la chose publique en vue de la satisfaction de l'intérêt général.

Dans ses tâches de mise en oeuvre des politiques publiques, de l'exécution des lois, de la mobilisation des ressources publiques et du fait qu'il est au contact direct avec les citoyens, le gouvernement semble être le premier architecte de la bonne gouvernance au sein de l'Etat.66(*) De ce fait, il s'observe que celui-ci fonctionne en marge de cette logique pour réaliser les « cinq chantiers » au Sud - Kivu dont les effets méritent le microscope pour être vus. Il demeure jusque là caractérisé par le manque de volonté politique, la corruption et la procrastination politique dans la manière de conduire les affaires de la Nation offrant peu d'opportunités à la matérialisation des « cinq chantiers » au Sud - Kivu car limitant leurs actions. Pour preuve, inspirons - nous de l'exécution de la loi budgétaire 2007, 2008 voire 2009. L'exécution de la loi budgétaire a envoyé ses signaux qui renseignent sur l'incapacité du Gouvernement à tenir les promesses de la bonne gouvernance. Dans leur ensemble, les budgets 2007 et 2008 ont été mal exécutés et/ce, en violation flagrante de l'article 175 de la constitution. En outre, les crédits prévus pour la réalisation des projets surtout en provinces n'ont pas été libérés. La mauvaise exécution de ces budgets est lue à travers les mouvements de grève et le malaise social qui ont accompagné la fin de l'année 2007 et 2008 au Sud - Kivu.

Pour l'année 2009, l'exécution du budget n'aura non plus d'impact au Sud - Kivu car, à en croire, l'un des conseillers au ministère du budget lors de l'interview qu'il a accordée à la radio Okapi depuis Juillet, celui-ci avait déjà été exécuté au mois de mai à 85%.

Après avoir analysé le rôle, du reste négatif, que joue le Gouvernement dans la matérialisation des ces « cinq chantiers » qui restent un slogan et dont le programme n'est qu'un « catalogue de bonnes intentions », jetons un regard à présent sur les quelques réalisations de cinq chantiers sur l'ensemble du territoire national.

* 66 TSHINGOMBE, Fidèle. Op. Cit, p. 463

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