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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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II.2. liberté et mystère

Nous avions déjà abordé dans le chapitre précédent la distinction entre mystère et problème, néanmoins le retour sur cette distinction est loin d'être une vaine répétition, mais il est davantage un approfondissement de ces éléments qui ont été au coeur de la philosophie de G. Marcel. En effet, le concept mystère est utilisé aussi bien dans le domaine religieux que dans le domaine philosophique. Même chez les communs de mortels, le mystère est utilisé pour désigner ce qui les dépasse. En théologie le mystère ne signifie pas ce que l'on ne comprend pas mais par contre, il désigne ce que l'on comprend mais l'on ne parvient pas à épuiser ou à saisir la sémanticité totale.

De ce qui précède, nous sommes en plein droit de nous poser la question sur ce que signifierait alors le mystère selon Marcel. Pour lui, par opposition au problème, le mystère est « quelque chose où je me trouve engagé non pas partiellement par quelques aspects déterminés et spécialisés de moi-même mais au contraire engagé tout entier en tant qu'unité »35(*). C'est ainsi que s'éclaircit du coup cette unité ontologique entre la liberté et le mystère. En effet, comme le mystère, la liberté n'est pas une réalité que je peux chercher « devant moi » ou en « dehors de moi ». Elle est plutôt au-dedans de moi, elle est l'élément essentiel qui me fonde en tant qu'homme, elle est, comme le dit Bosomi, la toute première propriété de l'existence humaine36(*).

Si l'homme peut se distinguer de tous les autres êtres vivants, c'est parce qu'il est fondamentalement libre. En outre, cette liberté n'est pas une réalité « objectivable » c'est-à-dire, une réalité considérée comme un problème auquel une solution est possible, parce que l'homme qui se questionne sur la liberté fait partie intégrale de l'objet de son questionnement. De ce fait, considérer la liberté comme un problème c'est le méconnaitre, le réduire, l'avilir, voire le nier.

Ainsi, l'acte par lequel je pense la liberté, est l'acte même par lequel la liberté se constitue. La liberté n'est pas et ne peut être quelque chose que je constate ou quelque chose que peux retrouver quelque part, elle est par contre quelque chose que je décide et m'y investis totalement.37(*) Pour clore, retenons simplement que pour Marcel la liberté ne peut être pensée que par la liberté, elle se crée ou se constitue elle-même en se pensant. Nous nous trouvons ici devant un cercle mais qui n'a rien de vicieux.

* 35 G. MARCEL, Les hommes contre l'humain, Paris, La colombe, 1951, p. 69.

* 36 Cf. D.BOSOMI, Les thèmes majeurs de la philosophie contemporaine, op. cit., p. 80.

* 37 Cf.G. MARCEL, Journal métaphysique, Paris, Gallimard, 1935, p. 32.

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