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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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CHAPITRE TROISIÈME : CRISE DE LA LIBERTÉ DANS LA SOCIETE MODERNE

INTRODUCTION

De toutes les créatures qui existent, c'est à l'homme qu'il revient de se dire un être libre. Etant donné qu'il est le seul être qui peut s'interroger sur lui-même, sur le sens de sa vie, sur sa destinée, etc. Toutes ces interrogations relèvent du fait qu'il est libre. La liberté permet à l'homme de prendre des décisions sans aucune contrainte qui viendrait du monde extérieur comme intérieur. A partir du XIXe Siècle, notre planète a connu une avancée remarquable dans beaucoup des dimensions de la vie de l'homme. Nous avons : l'émergence de la littérature, l'industrialisation de plusieurs secteurs primaires à cause de la technique, l'avancée de la médecine et des techniques biomédicales etc. Ceci est un fruit du génie de l'homme qui ne cesse du jour au jour d'exploiter les potentialités qu'il possède pour mettre le monde et l'autre sous sa domination.

Marcel interpelle ses contemporains sur les dangers qui guettent l'homme à cause de la mauvaise utilisation de la technique. L'homme vivant dans un monde dominé par la technique a tendance à dépendre totalement de cette dernière et de l'utiliser pour des fins propres sans tenir compte de la dignité de l'autre. C'est ainsi qu'à cause de la technique et au nom de la liberté, certaines idéologies erronées font rage dans notre société contemporaine. Il nous faut alors être vigilant et faire preuve d'esprit critique pour ne pas adhérer ni proférer une liberté qui avilit l'homme.

A travers ce chapitre, nous mettrons au clair, les différentes réflexions de G. Marcel sur les techniques d'avilissement utilisées par les nazis dans les camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale. Ensuite, nous mènerons une critique contre la société contemporaine qui est une société en crise de valeurs. En fin de compte, nous analyserons certaines théories erronées sur la liberté qui se véhiculent à travers des idéologies qui restent malheureusement avilissantes.

III.1. LIBERTE ET TECHNIQUES D'AVILISSEMENT

II.1.1. Que dire de la technique ?

De prime abord, il importe de mettre au clair la position de G. Marcel sur la technique. En effet, ses contemporains l'accusent d'avoir le mépris de toute technique, et une attitude philosophique et politique rétrogradée. Ils lui reprochent qu'il voit dans la technique l'origine du mal et qu'il nie la possibilité d'en faire un usage légitime. De ce point de vue, Marcel lui-même proteste ces accusations qu'il qualifie d'ailleurs d'absurde. Comment la technique pourrait-elle être mauvaise ? Est-ce la technique qui est mauvaise ou c'est l'usage dont nous en faisons qui est mauvais ? Ces questions nous montrent clairement l'estime qu'a G. Marcel en ce qui concerne l'apport de la technique pour l'homme dans le but de la maîtrise de la nature.

De ce fait, déclare-t-il : «  il serait plus exact de dire qu'à la rigueur une technique prise en elle-même est bonne, en tant qu'elle incarne une certaine puissance authentique de la raison, ou encore en tant qu'elle introduit dans le désordre apparent des choses un principe d'intelligibilité »64(*).Autrement dit, il refuse de condamner la technique étant donné qu'il y voit une manifestation royale du génie de l'homme, capable de se libérer, dans certaines mesures, des servitudes de l'espace et du temps et d'ordonner rationnellement des forces de la nature. C'est pourquoi, si latechnique aide à commettre des crimes ce n'est à elle qu'il faut s'apprendre mais c'est l'homme lecoupable.

En concluant le débat du 30 novembre 1949 au grand amphithéâtre de la Sorbonne, G. Marceldéclara :« Parler d'une culpabilité de la technique n'a pas de sens. Je suis absolument convaincuque la technique est un fardeau que l'homme a assumé, il faut qu'il continue à le porter, qu'il s'entire ou qu'il périsse, mais de toute manière il ne peut plus s'en délivrer»65(*). En d'autres termes, il est puéril de vouloir résoudre la crise actuelle en fermant définitivement les usines et leslaboratoires, une pareille mesure entrainerait une régression inimaginable de notre espèce.

Les précédentes déclarations montrent clairement la position de G.Marcel sur la technique.Comme éveilleur de conscience, il reconnaît les exploits de la technique pour l'homme mais ildénonce par contre les abus que le monde contemporain tend à en faire usage. Pour ce faire, legrand danger de la technique réside dans la confusion entre ces deux éléments « le moyen et la fin ». C'est-à-dire, la technique devient dangereuse quand elle est prise comme fin en soi à la placed'être prise comme moyen. A ce sujet Marcel ajoutequ'aujourd'huiunhomme perd plus la conscience de sa réalité intimeet profonde quand il est plus dépendant de toutes les mécaniques dont le fonctionnement lui assure une vie matérielle tolérable et qu'il se situe de plus en plus dans les choses, dans les appareils dont il dépend pour exister.66(*)Cette dépendance de l'homme à la technique est un danger pour l'épanouissement de sa liberté. A part le danger de la technique auquel nous avons fait allusion, l'autre réside dans son utilisation pour avilir l'homme.

* 64 G. MARCEL, Les hommes contre l'humain, op. cit., p. 47.

* 65 IDEM, cité par R. TROISFONTAINE, De l'existence à l'être, op. cit., p. 316.

* 66 Cf. G. MARCEL, Les hommes contre l'humain, op. cit., p. 46.

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