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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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I.3.3. L'être-en-situation

G. Marcel voulait, dans toutes ses réflexions, se délier d'une philosophie abstraite, idéelle et creuse. C'est pourquoi dans ses entreprises métaphysico-philosophiques son intuition majeure a été toujours d'aboutir à une philosophie concrète et incarnée.

De ce fait, quand on parle de l'être avec les acceptions qui lui sont relatives, on ne peut pas ne pas parler de la notion de l'être-en-situation. De prime abord, il faut préciser que cette notion a été abordée par plusieurs philosophes contemporains dont Karl Jaspers cité en titre d'exemple. En effet, la condition de l'homme c'est d'être en situation. Cette expression ne signifie pas, comme le dit TROISFONTAINE, que l'homme n'est que sa situation. Elle rappelle plutôt qu'être homme c'est être inséré d'une certaine manière dans un espace spatio-temporel et dans un univers très vaste dont le monde de l'espace et du temps n'est qu'une expression imparfaite et approximative19(*).

L'être-en-situation est bien plus un acte qu'un état, en d'autres termes l'homme se trouve déjà jeté dans le monde où il est sensé donner un sens (direction) à sa vie. Rappelons aussi que quand on dit : « le propre de l'homme est d'être-en-situation », on vise ni exclusivement, ni principalement qu'il occupe une place donnée dans l'espace - étant donné que l'espace et le temps ne sont que des expressions imparfaites et approximatives - mais qu'être-en-situation est en effet une façon de constater comment le monde nous est présent par le sentir.20(*) C'est autant dire que l'être-en-situation ne peut s'affirmer comme l'être-au-monde que par le sentir. Je ne suis ou du moins je ne puis me saisir en tant qu'être qu'à condition de sentir, et cette dernière est une donnée propre au corps lequel est pris comme produit de l'incarnation.

Pour éviter toute prolixité, nous sommes en droit de dire qu'être-en-situation ne consiste pas à un bloc compact et autonome, « self containe » mais au contraire c'est être exposé à..., ouvert à..., sans doute semble-t-il que sentir est donc bien un acte, qui me révèle mon existence. Cet acte se manifeste à partir d'un ancrage, d'un enracinement, mieux encore d'un point particulier de l'espace et du temps qui est matérialisé par « mon corps ».

I.4. L'être incarné

De prime abord, il nous faut souligner que l'incarnation telle qu'abordée par G. Marcel n'est pas du point de vue théologico-biblique où il y aurait un Dieu qui s'est fait homme en unissant la nature divine à la nature humaine, mais pour lui l'incarnation est la donnée centrale de la réflexion métaphysique21(*).

L'incarnation n'est pas un fait mais une donnée qui est là, une situation fondamentale de l'homme. L'existant humain se découvre comme un être incarné. Il sied de préciser aussi que l'incarnation n'est pas une situation accidentelle, fortuite, fatale voire épiphénoménologique, elle est par contre une situation existentielle dont l'homme fait déjà l'expérience dès l'origine.

Nous remarquons ici que l'affirmation de l'être devient indubitable dans le sens où je suis en tant qu'être incarné possédant un corps avant même de vouloir m'interroger sur l'être. Par conséquent, l'être incarné ne peut être ni objectivable ni problématisable étant donné qu'il n'est pas une réalité qui se trouve devant moi ou en dehors de moi, mais c'est une réalité qui, par contre, fait partie intégrante de moi. Nous ne pouvons mener toutes sortes d'investigation métaphysique, philosophique et morale que parce que nous existons en tant qu'être-en-situation ayant un corps. Ainsi, l'être incarné signifie s'apparaitre comme un corps sans pouvoir s'identifier à lui, sans pouvoir non plus s'en distinguer, puisque l'indentification et la distinction ne s'exercent que dans la sphère des objets.

* 19 Cf. R. TROISFONTAINE, De l'existence à l'être. La philosophie de Gabriel Marcel, Tome I, 2ème éd., Paris, Beatrice-Nauwelaerts, 1968, p. 142.

* 20 Cf. Ibid., p. 142.

* 21 Cf. G. MARCEL, Du refus à l'invocation, Paris, Gallimard, 1964, p. 32.

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