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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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C. La corporéité chez G. Marcel, M. Merleau-Ponty et J-P. Sartre

La notion de la corporéité n'a pas seulement intéressé Marcel, mais il s'est fait montre aussi, nous le verrons, dans les écrits de ses contemporains. De notre part, nous nous intéresserons à titre d'exemple aux trois auteurs cités dans l'intitulé de ce point. En effet, ce qui est intéressant est que tous trois sont contre la conception objectiviste du corps. C'est ainsi que pour Merleau-Ponty le corps n'est pas seulement une réalité physiologique, ni un assemblage de particules dont chacune demeure en soi, mais il est aussi un ``ensemble de significations vécues24(*)''. Autrement dit, mon corps est investi de sens.

Le corps propre n'est pas cette réalité matérielle dont la physiologie et la biologie nous font découvrir les différentes composantes, il n'est pas un objet d'étude ou même une chose. L'auteur de La phénoménologie de la perception reconnait que mon corps est la manière de me projeter et d'exister. Ainsi dit-il : « je ne puis comprendre la fonction du corps-vivant qu'en l'accomplissant moi-même et dans la mesure où je suis un être qui se lève-vers-le-monde »25(*).Le corps propre est le véhicule de l'être-au-monde et, avoir un corps c'est pour un vivant se joindre à un milieu défini, se confondre avec certains projets et même s'y engager continuellement.

Dans la même ligne d'idée, J-P Sartre dans L'être et le néant stipule que le corps-objet c'est le corps en tant que objet de science. Celui dont on connait le fonctionnement à travers les différentes sciences (biologie, médecine, physiologie). Pour l'auteur de la Nausée, il est préférable de distinguer ces deux expressions : le corps-pour-soi et le corps-pour-autrui. Le corps-pour-soi échappe à toute objectivation, étant donné qu'il se confond à mon existence en tant que ouverture au monde. Le corps-pour-soi: facticité c'est mon existence au monde. En outre, je n'ai pas besoin de démontrer rationnellement le fait que j'existe corporellement puisque l'existence est un fait qui est là. C'est pour cela que la corporéité est ma situation fondamentale, ma manière d'être au monde. En ce qui concerne le corps-pour-autrui c'est le corps tel que je le vois sur les autres et qui s'offre au regard des autres.

Si le corps-pour-soi se dérobe de toute étude que la science veut lui imposer, le corps-pour-autrui fait plutôt objet de la science. En résumé, le corps-pour-autrui c'est le corps tel que détaillé par les sciences en particulier la physiologie qui nous donné la composition et le fonctionnement du corps ou de l'organisme26(*).

Essayant de rapprocher les conceptions de ce trois auteurs sur le corps, nous pouvons dire que le corps-sujet de Marcel, le corps-propre ou le corps-vécu de M. Merleau-Ponty et le corps-pour-soi de Sartre échappe à toute l'objectivation, toute manipulation, soit réelles soit même idéales que la techno-science en fait usage. Il se confond à mon existence et, il est pour moi ma situation fondamentale : c'est ma manière d'être au monde. Chez Marcel, chez Merleau-Ponty comme chez J.-P. Sartre, on trouve cette unanimité que c'est le corps-objet qui peut faire objet d'une étude scientifique ou même des essais biologiques. De ce fait, la technique de greffes et de prothèses ne s'opère que sur le corps-objet, le corps-pour-autrui et non sur le corps-sujet, le corps-pour-soi et le corps-propre car il s'agit là de mon existence au monde.

* 24 Cf. M. MERLEAU-PONTY, Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, 1945, p. 179.

* 25 Ibid., p. 97.

* 26 Cf. J.-P. SARTRE, L'être et le néant. Essaie d'une ontologie phénoménologique, Paris, Gallimard, 1943, p. 345.

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