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Repenser la liberté comme mystère chez G. Marcel. une approche analytico-herméneutique de : "les hommes contre l'humain".


par Freddy KAKULE KANAMUNGOYA
Université Saint Augustin de Kinshasa (USAKIN) - Graduat 2020
  

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I.4. La liberté : Aperçu panoramique

I.4.1. Approche sémantique

Quand il s'agit de parler de la liberté, reconnaissons qu'il est très difficile de trouver un élément qui mettra toute la communauté philosophique d'accord puisque le concept même de la liberté est polysémique et son champ d'action est tellement vaste que ne l'on ne saurait l'épuiser dans ce petit travail. Par ailleurs, il semble nécessaire, pour la compréhension de cette problématique, de rappeler que la liberté est une réalité qui ne s'applique qu'aux êtres humains. Sans doute on ne peut pas dire que les animaux ont aussi cette capacité de la liberté.

De ce fait, évitons toute confusion dans laquelle se trouve beaucoup de gens quand il s'agit de parler de la liberté. Pour cela, il nous faut éclaircir ces deux notions : la liberté politique et la liberté métaphysique. Un homme est politiquement libre lorsque la législation de la société à laquelle il appartient lui confère un certain nombre de droits dont elle lui garantit l'usage. A titre d'exemple nous citons ici le droit d'instaurer des nouvelles institutions, droit de voter les gouvernants, le droit d'expression etc. Le régime de liberté politique s'oppose au régime tyrannique et dictatorial. Laissons au juriste, au moraliste et au sociologue le soin d'en faire l'étude.

Un homme est métaphysiquement libre si « certains de ces actes, pour le moins, et par conséquent certains effets produits sur le monde extérieur n'ont pas d'autre cause que lui-même»27(*). Autrement dit, un homme est métaphysiquement libre quand ses pensées et ses actions ne sont influencées par aucun agent extérieur ou intérieur. Ceci rejoint la définition de Lalande disant que la liberté au sens primitif est l'état de celui qui fait ce qu'il veut et non ce que veut un autre, elle est en ce sens l'absence des contraintes étrangères28(*). Cette définition nous parait insuffisante par le fait qu'en l'intérieur de l'homme, il y a des forces et principes d'actions qui lui sont étrangers, qui le contraignent à la façon d'un maitre tyrannique, ou le séduisent à la façon d'un flatteur égoïste.

La conception de la liberté comme simple absence des contraintes extérieures n'est pas effective, car même à l'intérieur de l'homme, il se trouve confronté aux faiblesses, aux penchants sensibles qui peuvent le détourner du bon sens, de ce qui est nécessaire, du bien-être et même de la vérité. C'est pour cela que Bosomi souligne que la vraie liberté doit être éclairée par la raison car, dit-il, la liberté sans raison est aveugle et la raison sans liberté est enchainée. En plus de la raison, il faut la volonté sans laquelle la liberté reste vide et tourne à rond puisque la volonté c'est l'âme de la liberté, le pouvoir qui permet à la liberté de se réaliser29(*).

Ce faisant, la liberté qui fait objet de toute notre investigation c'est la liberté dans sa conception métaphysique où l'homme est, comme nous l'avons déjà dit, la cause intrinsèque et intégrale de toutes ses actions. De plus, la liberté métaphysique s'oppose au déterminisme, parce que l'homme n'est que liberté, ses actions, son vouloir, ses réflexions ne tirent leur origine que dans sa nature en tant qu'existant-libre.

Le déterminisme est une doctrine selon laquelle l'homme serait déterminé d'avance. D'où sa vie, son agir, ses facultés, sa destinée sont programmés anticipativement. Dans ce sens, le déterminisme est une négation radicale de la liberté de l'homme. Il est philosophiquement insoutenable car il s'attaque à la nature de l'homme, à son essence même car l'homme ne se définit que par la liberté. Ceci sera bien développé dans le chapitre qui suivra.

* 27 S. DAVAL et B. GUILLEMAIN, La philosophie morale et la philosophie générale, Paris, PUF, 1951, p. 524.

* 28 Cf. A. LALANDE, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, 3ème éd., Paris, PUF, 2010, p. 558.

* 29 D. BOSOMI, Les thèmes majeurs de la philosophie contemporaine, op. cit., p. 83.

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