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Libéralisation financière et croissance économique au cameroun


par Christian BELKE NDONEMO
Université de Ngaoundere - Master recherche  2017
  

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2- Bilan des réformes
a- Le secteur bancaire après les réformes

La libéralisation financière a été présentée par Mc Kinnon (1973) et Shaw (1973) comme un moyen efficace pouvant conduire les pays sous-développés, au secteur financier particulièrement réprimé, vers une croissance stable et durable. Cependant les premières expériences de la libéralisation financière entamée en Amérique latine ne furent pas de bon augure, et se soldaient par des crises encore plus fortes du système bancaire. Qu'en est-il du Cameroun ?

La libéralisation financière entamée en 1990 par la libéralisation des taux d'intérêt n'a pas eu de conséquences fâcheuses sur la stabilité du système bancaire Camerounais. Malgré leur fragilité au début des réformes marquée par une baisse des dépôts de la clientèle, une diminution des crédits, conséquence de la dégradation de la confiance des clients, les banques ont progressivement retrouvé leur solidité. Le système bancaire n'a plus connu de crises majeures. Cela a été possible grâce à un environnement économique stable caractérisé par une relative stabilité des prix et un système fiscal plutôt favorable, un système de surveillance et de réglementation des institutions financières efficace et un ordonnancement adéquat des réformes. Une autre raison est que la libéralisation financière menée au Cameroun comme dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne s'est faite de façon incomplète et lente (Gamra et Clévenot, 2006 ; Chouchouagne-verdier, 2004). Les pays africains n'ont pas attiré autant de capitaux que d'autres régions malgré la mise en oeuvre des réformes. Ils n'ont donc pas subi le contre-coût de brusques sorties de capitaux puisqu'ils n'ont connu d'afflux de capitaux.

De l'autre côté, les dépôts des clients ont progressivement augmenté et les banques sont en situation de surliquidité. En effet, les banques connaissent une situation de surliquidité avec des ratios de liquidité supérieurs à 100%. La surliquidité bancaire désigne une situation de déséquilibre profond et permanent entre les ressources et les emplois d'une banque, c'est-à-dire la trésorerie bancaire est en permanence largement excédentaire11(*).

Tableau 7:évolution des dépôts dans les banques commerciales (en milliards FCFA)

Année

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

Dépôts

Etat

Privés

841

951

1144

1158,9

1238,2

1366,4

1549,5*

1772,7*

157

190

211

174,8

182,7

120.8

172,4

239,9

684

761

933

984,2

1055,5

1173,7

1304,3

1442,1

Année

2008

2009

2010

2011

2012

2013

2014

2015

Dépôts

Etat

Privés

1971

2159,4

2407,1

2690,7

2660,9

3069,6

3339

3537,2

252

311

324,6

334,0

339

380,3

413,1

482,9

1720

1849

2082,5

2356,8

2321

2690

2926,0

3054,2

*le total des dépôts inclue les dépôts privés, les dépôts de l'Etat et ceux des administrations publiques

Source : Dépouillement des statistiques de la BEAC et de la COBAC

Depuis la crise bancaire le secteur de la microfinance a connu un essor et un succès considérables, mettant à mal la bancarisation des ménages. En effet la crise des années 80 qui s'est manifestée par les faillites a durablement ébranlé la confiance des populations envers le système bancaire. De plus les banques ont durci les conditions d'accès à leurs services, entrainant la marginalisation d'une frange importante de la population. Ceux-ci se sont alors repliés vers les circuits informels de financement (tontines). D'autre part les licenciements massifs des hauts cadres des banques suite à la crise bancaire les ont amenés à développer les stratégies parallèles de financement en créant les établissements de microfinance. Progressivement les structures de microfinance se sont révélées de plus en plus attractives par leur proximité, la simplicité de leur approche commerciale et leur forte capacité d'adaptation, dans un contexte marqué par le succès12(*) international de la microfinance en tant que vecteur d'octroi de microcrédit et autres services financiers (micro épargne, micro assurance transfert d'argent) aux populations pauvres exclues du système bancaire classique, comme en témoigne l'attribution du prix Nobel de la paix 2006 à Muhammad YUNUS -un pionnier de la microfinance moderne- et sa « Grameen Bank. ». Ainsi l'activité de microfinance est implantée sur tout le territoire national avec un pic dans la province du nord-ouest où le réseau CAMCCUL était installé à plus de 40 % en 2005, avec plus de 60 caisses populaires. En 2006, la COBAC a recensé 445 établissements de microfinance (EMF) agrées, pour un total de 490 EMF en activité. Le nombre de leurs clients s'élevait à 84 9030, et les guichets étaient porté à 1052. En 2011, le nombre d'EMF est passé à 590.

* 11 Cela peut provenir par exemple de la contrainte imposée par la banque centrale aux banques commerciales de se constituer des réserves obligatoires non rémunérées, ou bien des variations positives des opérations extérieures (Avom et Eyeffa, 2007).

* 12 L'année 2005 a d'ailleurs été désignée comme année internationale du microcrédit par les Etats Unis

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard