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Impact de la densité d'arbres dominants sur l'architecture du houppier et la biomasse aérienne des arbres dans la forêt à  julbernardia seretii (de wild.) troupin dans la région de Ngueno, Tshopo, RD Congo


par Gédéon KULONDWA
Institut facultative des sciences agronomiques de Yangambi - Bachelor 2023
  

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Chapitre 1 : Considérations générales

1.1. La forêt

1.1.1. Généralités et définition

Les forêts de la République démocratique du Congo couvrent une superficie estimée à 155.5 millions d'ha (dont 99 millions d'ha de forêts denses humides) soit 67% du territoire national dont la superficie est d'environ 2.329.374 km2. Elles représentent près de la moitié des forêts tropicales humides d'Afrique. Toutefois, cette population est très inégalement répartie sur le territoire national. Les plus fortes densités (plus de 100 habitants/km2) se rencontrent à l'Est du pays le long des frontières avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi ou au Sud- ouest autour de la ville-province de Kinshasa et dans la province du Bas-Congo (Richard et al, 2008). Ces régions à fortes densités de populations humaines sont aussi celles où les ressources forestières subissent la plus forte pression résultant en une perte ou une dégradation du couvert forestier. En revanche, la cuvette centrale est couverte en grande partie par de vastes étendues de forêts denses et reste caractérisée par de très faibles densités de populations humaines. Malgré le fait que Kinshasa, la capitale de la RDC, soit la plus importante agglomération urbaine d'Afrique centrale la RDC reste le pays de la sous-région qui présente le plus fort taux de populations rurales (Richard et al, 2008)

Selon la loi N° 11/2002 du 29 Aout 2002 portant code forestier en République Démocratique du Congo, les forêts sont des terrains recouverts d'une formation végétale à base d'arbres ou d'arbustes aptes à fournir des produits forestiers, abriter la faune sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le climat ou le régime des eaux.

Selon la FAO 2000, les forêts sont des terres occupant une superficie de plus de 0,5 hectare avec des arbres atteignant une hauteur supérieure à cinq mètres et un couvert arboré de plus de 10 %, ou avec des arbres capables d'atteindre ces seuils in situ.

1.1.2. Importance des forêts

Les forêts tropicales constituent des réservoirs exceptionnels de carbone et de biodiversité. Depuis quelques décennies elles sont au coeur des enjeux internationaux sur le changement climatique. Le Bassin du Congo est le second plus grand écosystème forestier tropical après l'Amazonie, relativement conservé il joue un rôle important dans la régulation du système climatique continental et mondial (Baptiste Marquant et al, 2020)

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Ces forêts d'Afrique centrale offrent des moyens de subsistance à 60 millions de personnes qui y vivent ou résident à proximité. Elles remplissent également des fonctions sociales et culturelles essentielles aux populations locales et autochtones et contribuent par ailleurs et plus indirectement à alimenter les 40 millions de personnes qui vivent dans les centres urbains proches de ces domaines forestiers (Baptiste Marquant et al, 2020). L'importance des forêts tropicales du Bassin du Congo a progressivement hissé ces écosystèmes au rang de bien commun de l'humanité et de nombreux accords multilatéraux tentent aujourd'hui d'encadrer la gestion et la préservation de ces milieux en partenariat avec les États (Baptiste Marquant et al, 2020)

1.1.3. Contraintes liées aux forêts

Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement de la francophonie en 2020, la forêt recule de 13 millions d'hectares par année, Sous les pressions anthropiques, surtout dans la zone intertropicale. De ce total, 85% est attribuable à l'agriculture.

1.2. Le houppier

1.2.1. Généralités et définition

Le houppier est caractérisé en fonction du diamètre à 1,30 mètre et de l'âge de l'arbre (Sebastian hein et al, 2011). Selon le centre régional de la propriété forestière de Normandie en 2016, le houppier regroupe l'ensemble des branches et ramifications hautes de l'arbre, notamment les feuilles où se réalise la photosynthèse. En d'autres termes, Les houppiers des arbres de la canopée se réfèrent à la partie supérieure la plus élevée de la canopée de la forêt, constituée par les branches et les feuilles des arbres les plus hauts. Cette zone joue un rôle crucial dans la capture de la lumière du soleil pour la photosynthèse, ainsi que dans la régulation de la température et de l'humidité de la forêt. Les houppiers des arbres de la canopée abritent également de nombreuses espèces animales et végétales, contribuant ainsi à la biodiversité de l'écosystème forestier (Michel Becker et al, 2021)

La compétition entre des arbres détermine leurs capacités à croitre et à survivre en occupant l'espace et en accédant à la lumière. Les indices de compétition utilisant les dimensions du houppier d'un arbre-cible et de ses compétiteurs sont les mieux corrélées à 1 'accroissement en surface terrière (Biging et Dobbertin, 1992 ; Canham et coll., 2004 ; Pretzsch, 2009). Ce type d'indice met bien en évidence l'importance du houppier des arbres dans la compétition et la croissance du peuplement, mais ne renseigne pas quant à 1 'influence de cette compétition sur

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les caractéristiques des houppiers eux-mêmes. II a été montré au travers de mesures simples ou de 1' étude de relations allométriques que la forme des houppiers peut être influencée par les conditions de compétition.

1.2.2. Importance du houppier

Le houppier joue un rôle crucial dans l'écosystème et la physiologie de l'arbre (Olivier martin, 2017). Dans la photosynthèse, Les feuilles dans le houppier capturent la lumière du soleil, permettant à l'arbre de produire de la nourriture à travers le processus de photosynthèse ; pour la régulation du climat, Le houppier aide à modérer les températures et à améliorer la qualité de l'air en absorbant le dioxyde de carbone et en produisant de l'oxygène (Stéphane, 2014). Le houppier offre un habitat pour de nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et d'autres animaux, contribuant ainsi à la biodiversité (Olivier martin, 2017). Il ralentit la pluie qui tombe à la surface du sol, réduisant l'érosion et permettant une meilleure absorption de l'eau dans le sol (Yves Nouvellet et al, 2016)

1.2.3. Les contraintes du houppier

Le houppier fait face à divers défis ou contraintes qui compromettent sa santé et sa fonctionnalité (Olivier martin, 2017). Dans les forêts denses, les arbres font face à une concurrence pour la lumière, l'eau et les nutriments, ce qui affecte la croissance de leur houppier (Yves Nouvellet et al, 2016). Il y a également la coupe excessive des arbres, l'urbanisation et l'aménagement du territoire réduisent la taille et la santé des houppiers (Olivier martin, 2017).

Dans beaucoup d'écosystèmes forestiers, la compétition pour la lumière est souvent avancée comme un des facteurs limitant la croissance des arbres. La complémentarité des traits d'exploitation de cette ressource semble donc être déterminante dans la compréhension de la relation entre la diversité et la productivité en forêt (Williams et coll., 2017).

1.3. La canopée

1.3.1. Généralités, définition et son importance

La canopée a longtemps été une partie de la forêt délaissée des scientifiques. Non pas parce qu'elle ne suscitait aucun intérêt, mais du fait de sa complexité et son inaccessibilité. Les études en forêt étaient ainsi initialement limitées à ce qui est facilement observable depuis le sol : le tronc des arbres, les espèces de sous canopée ou les jeunes arbres (Olivier martin, 2017). La canopée était alors simplement définie comme la couche supérieure de la végétation (Richards et Champion, 1954). Aujourd'hui l'importance de la canopée dans le fonctionnement des

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écosystèmes forestiers et ses rôles à différentes échelles sont largement acceptés et étudiés par la communauté scientifique. Le choix de la définition est orienté par celle proposée par Purves et coll. (2007) qui définissent la structure de la canopée comme l'association de la forme, de la taille et de l'emplacement de chacun des houppiers des individus qui la composent. Cette définition est choisie, car elle intègre à la fois la dimension individuelle de 1 'arbre et l'interaction avec son environnement proche.

1.3.2. Contraintes liées à la canopée

La canopée est fortement influencée par la quantité de lumière disponible. Les arbres qui forment la canopée captent la majeure partie de la lumière solaire, ce qui rend la végétation sous-jacente (comme le sous-bois) souvent très ombragée. Cela limite la croissance des plantes qui ne sont pas adaptées à des conditions de faible luminosité (Chazdon., 2008 ; Niinemets., 2001). La température dans la canopée peut être plus élevée que dans les couches inférieures de la forêt en raison de l'absorption de la chaleur par la canopée. De plus, les conditions climatiques, comme la pluie et l'humidité, influencent la croissance des plantes et des arbres dans la canopée. Les conditions climatiques extrêmes peuvent également affecter la dynamique de la canopée (Kellner et al, 2009)

1.4. Biomasse aérienne

1.4.1. Définition et importance

Issue des forêts et/ou de l'agriculture, selon le préfet de Seine-et-Marne, 2009) la biomasse représente un potentiel énergétique important et donc une alternative réaliste aux énergies fossiles. L'énergie tirée de la biomasse peut dans la plupart des cas être considérée comme une énergie renouvelable. La majeure partie du carbone forestier est contenue dans la biomasse végétale, composée à 50% de carbone (en proportion de matière sèche) (Chave et al.,2005). A l'échelle d'une parcelle, la biomasse comprend la matière organique dans cette surface, et est généralement quantifiée au travers de la biomasse aérienne de arbres de plus de 10 cm de diamètre à hauteur de poitrine (DBH, en cm). La majorité de la biomasse est contenue dans les grands arbres du fait de leurs volumes important (Slik et al., 2013), reparti entre le tronc et les branches. Les variations de biomasse régionales sont d'ailleurs étroitement liées à des différences de densité relative de grands arbres (DeWalt et Chave, 2004 ; Paoli et al., 2008). Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement de la francophonie 2020, La biomasse aérienne permet certes de rendre d'office au minimum un certain nombre de services écosystémiques de régulation (stockage du carbone)

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1.4.2. Contraintes liés à la biomasse aérienne

Dans les écosystèmes forestiers ou agricoles, la quantité de lumière reçue par les plantes influence directement leur taux de photosynthèse, et donc la production de biomasse aérienne. Dans les forêts denses, la lumière peut être un facteur limitant pour les plantes du sous-bois, réduisant ainsi leur biomasse aérienne ((Chazdon., 2008 ; Gower et al, 2001). La disponibilité des nutriments, notamment de l'azote, du phosphore et du potassium, est une contrainte importante de la biomasse aérienne. La fertilité du sol influence directement la croissance des plantes et la production de biomasse aérienne. Dans des sols pauvres en nutriments, la biomasse aérienne est souvent limitée (Vitousek et al, 1975 ; Lambers., 2008)

1.5. Densité des arbres

1.5.1. Définition et importance

La densité des arbres se réfère généralement à la quantité d'arbres présents dans une unité de surface donnée, souvent exprimée en individu par hectare. Elle peut également faire référence à la masse ou au volume de bois par unité de surface (Baker et al 2011). Dans les zones humides, la densité des arbres est un sujet crucial pour la compréhension des écosystèmes forestiers et leur rôle écologique car ces zones incluent des marais, des tourbières et des estuaires qui sont souvent caractérisées par une biodiversité élevée et une productivité biologique importante (Laurance et al., 2009).

Une densité appropriée d'arbres favorise la biodiversité en offrant des habitats variés pour différentes espèces animales et végétales. Les forêts denses peuvent absorber davantage de CO2, aidant à atténuer le changement climatique (Gill et al., 2018)

1.5.2. Contraintes liées à la densité des arbres

La densité des arbres peut être influencée par divers facteurs tels que les conditions hydrologiques, le type de sol et les interrelations biologiques (Richardson et al, 2010). Les sols des zones humides, souvent riches en matière organique, peuvent favoriser une haute densité d'arbres. Cependant, une saturation prolongée peut également avoir des effets négatifs sur la santé des arbres. La densité des arbres peut influencer la vulnérabilité des forêts aux impacts du changement climatique, ce qui nécessite une attention particulière lors de la planification de l'utilisation des terres (Gill et al, 2018)

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