1.1. La forêt
1.1.1. Généralités et
définition
Les forêts de la République démocratique
du Congo couvrent une superficie estimée à 155.5 millions d'ha
(dont 99 millions d'ha de forêts denses humides) soit 67% du territoire
national dont la superficie est d'environ 2.329.374 km2. Elles
représentent près de la moitié des forêts tropicales
humides d'Afrique. Toutefois, cette population est très
inégalement répartie sur le territoire national. Les plus fortes
densités (plus de 100 habitants/km2) se rencontrent à
l'Est du pays le long des frontières avec l'Ouganda, le Rwanda et le
Burundi ou au Sud- ouest autour de la ville-province de Kinshasa et dans la
province du Bas-Congo (Richard et al, 2008). Ces régions
à fortes densités de populations humaines sont aussi celles
où les ressources forestières subissent la plus forte pression
résultant en une perte ou une dégradation du couvert forestier.
En revanche, la cuvette centrale est couverte en grande partie par de vastes
étendues de forêts denses et reste caractérisée par
de très faibles densités de populations humaines. Malgré
le fait que Kinshasa, la capitale de la RDC, soit la plus importante
agglomération urbaine d'Afrique centrale la RDC reste le pays de la
sous-région qui présente le plus fort taux de populations rurales
(Richard et al, 2008)
Selon la loi N° 11/2002 du 29 Aout 2002 portant code
forestier en République Démocratique du Congo, les forêts
sont des terrains recouverts d'une formation végétale à
base d'arbres ou d'arbustes aptes à fournir des produits forestiers,
abriter la faune sauvage et exercer un effet direct ou indirect sur le sol, le
climat ou le régime des eaux.
Selon la FAO 2000, les forêts sont des terres occupant
une superficie de plus de 0,5 hectare avec des arbres atteignant une hauteur
supérieure à cinq mètres et un couvert arboré de
plus de 10 %, ou avec des arbres capables d'atteindre ces seuils in situ.
1.1.2. Importance des forêts
Les forêts tropicales constituent des réservoirs
exceptionnels de carbone et de biodiversité. Depuis quelques
décennies elles sont au coeur des enjeux internationaux sur le
changement climatique. Le Bassin du Congo est le second plus grand
écosystème forestier tropical après l'Amazonie,
relativement conservé il joue un rôle important dans la
régulation du système climatique continental et mondial (Baptiste
Marquant et al, 2020)
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Ces forêts d'Afrique centrale offrent des moyens de
subsistance à 60 millions de personnes qui y vivent ou résident
à proximité. Elles remplissent également des fonctions
sociales et culturelles essentielles aux populations locales et autochtones et
contribuent par ailleurs et plus indirectement à alimenter les 40
millions de personnes qui vivent dans les centres urbains proches de ces
domaines forestiers (Baptiste Marquant et al, 2020). L'importance des
forêts tropicales du Bassin du Congo a progressivement hissé ces
écosystèmes au rang de bien commun de l'humanité et de
nombreux accords multilatéraux tentent aujourd'hui d'encadrer la gestion
et la préservation de ces milieux en partenariat avec les États
(Baptiste Marquant et al, 2020)
1.1.3. Contraintes liées aux
forêts
Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement de
la francophonie en 2020, la forêt recule de 13 millions d'hectares par
année, Sous les pressions anthropiques, surtout dans la zone
intertropicale. De ce total, 85% est attribuable à l'agriculture.
1.2. Le houppier
1.2.1. Généralités et
définition
Le houppier est caractérisé en fonction du
diamètre à 1,30 mètre et de l'âge de l'arbre
(Sebastian hein et al, 2011). Selon le centre régional de la
propriété forestière de Normandie en 2016, le houppier
regroupe l'ensemble des branches et ramifications hautes de l'arbre, notamment
les feuilles où se réalise la photosynthèse. En d'autres
termes, Les houppiers des arbres de la canopée se réfèrent
à la partie supérieure la plus élevée de la
canopée de la forêt, constituée par les branches et les
feuilles des arbres les plus hauts. Cette zone joue un rôle crucial dans
la capture de la lumière du soleil pour la photosynthèse, ainsi
que dans la régulation de la température et de l'humidité
de la forêt. Les houppiers des arbres de la canopée abritent
également de nombreuses espèces animales et
végétales, contribuant ainsi à la biodiversité de
l'écosystème forestier (Michel Becker et al, 2021)
La compétition entre des arbres détermine leurs
capacités à croitre et à survivre en occupant l'espace et
en accédant à la lumière. Les indices de
compétition utilisant les dimensions du houppier d'un arbre-cible et de
ses compétiteurs sont les mieux corrélées à 1
'accroissement en surface terrière (Biging et Dobbertin, 1992 ; Canham
et coll., 2004 ; Pretzsch, 2009). Ce type d'indice met bien en évidence
l'importance du houppier des arbres dans la compétition et la croissance
du peuplement, mais ne renseigne pas quant à 1 'influence de cette
compétition sur
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les caractéristiques des houppiers eux-mêmes. II
a été montré au travers de mesures simples ou de 1'
étude de relations allométriques que la forme des houppiers peut
être influencée par les conditions de compétition.
1.2.2. Importance du houppier
Le houppier joue un rôle crucial dans
l'écosystème et la physiologie de l'arbre (Olivier martin, 2017).
Dans la photosynthèse, Les feuilles dans le houppier capturent la
lumière du soleil, permettant à l'arbre de produire de la
nourriture à travers le processus de photosynthèse ; pour la
régulation du climat, Le houppier aide à modérer les
températures et à améliorer la qualité de l'air en
absorbant le dioxyde de carbone et en produisant de l'oxygène
(Stéphane, 2014). Le houppier offre un habitat pour de
nombreuses espèces d'oiseaux, d'insectes et d'autres animaux,
contribuant ainsi à la biodiversité (Olivier martin, 2017). Il
ralentit la pluie qui tombe à la surface du sol, réduisant
l'érosion et permettant une meilleure absorption de l'eau dans le sol
(Yves Nouvellet et al, 2016)
1.2.3. Les contraintes du houppier
Le houppier fait face à divers défis ou
contraintes qui compromettent sa santé et sa fonctionnalité
(Olivier martin, 2017). Dans les forêts denses, les arbres font
face à une concurrence pour la lumière, l'eau et les nutriments,
ce qui affecte la croissance de leur houppier (Yves Nouvellet et al,
2016). Il y a également la coupe excessive des arbres, l'urbanisation et
l'aménagement du territoire réduisent la taille et la
santé des houppiers (Olivier martin, 2017).
Dans beaucoup d'écosystèmes forestiers, la
compétition pour la lumière est souvent avancée comme un
des facteurs limitant la croissance des arbres. La
complémentarité des traits d'exploitation de cette ressource
semble donc être déterminante dans la compréhension de la
relation entre la diversité et la productivité en forêt
(Williams et coll., 2017).
1.3. La canopée
1.3.1. Généralités,
définition et son importance
La canopée a longtemps été une partie de
la forêt délaissée des scientifiques. Non pas parce qu'elle
ne suscitait aucun intérêt, mais du fait de sa complexité
et son inaccessibilité. Les études en forêt étaient
ainsi initialement limitées à ce qui est facilement observable
depuis le sol : le tronc des arbres, les espèces de sous canopée
ou les jeunes arbres (Olivier martin, 2017). La canopée était
alors simplement définie comme la couche supérieure de la
végétation (Richards et Champion, 1954). Aujourd'hui l'importance
de la canopée dans le fonctionnement des
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écosystèmes forestiers et ses rôles
à différentes échelles sont largement acceptés et
étudiés par la communauté scientifique. Le choix de la
définition est orienté par celle proposée par Purves et
coll. (2007) qui définissent la structure de la canopée comme
l'association de la forme, de la taille et de l'emplacement de chacun des
houppiers des individus qui la composent. Cette définition est choisie,
car elle intègre à la fois la dimension individuelle de 1 'arbre
et l'interaction avec son environnement proche.
1.3.2. Contraintes liées à la
canopée
La canopée est fortement influencée par la
quantité de lumière disponible. Les arbres qui forment la
canopée captent la majeure partie de la lumière solaire, ce qui
rend la végétation sous-jacente (comme le sous-bois) souvent
très ombragée. Cela limite la croissance des plantes qui ne sont
pas adaptées à des conditions de faible luminosité
(Chazdon., 2008 ; Niinemets., 2001). La température dans la
canopée peut être plus élevée que dans les couches
inférieures de la forêt en raison de l'absorption de la chaleur
par la canopée. De plus, les conditions climatiques, comme la pluie et
l'humidité, influencent la croissance des plantes et des arbres dans la
canopée. Les conditions climatiques extrêmes peuvent
également affecter la dynamique de la canopée (Kellner et al,
2009)
1.4. Biomasse aérienne
1.4.1. Définition et importance
Issue des forêts et/ou de l'agriculture, selon le
préfet de Seine-et-Marne, 2009) la biomasse représente un
potentiel énergétique important et donc une alternative
réaliste aux énergies fossiles. L'énergie tirée de
la biomasse peut dans la plupart des cas être considérée
comme une énergie renouvelable. La majeure partie du carbone forestier
est contenue dans la biomasse végétale, composée à
50% de carbone (en proportion de matière sèche) (Chave et
al.,2005). A l'échelle d'une parcelle, la biomasse comprend la
matière organique dans cette surface, et est généralement
quantifiée au travers de la biomasse aérienne de arbres de plus
de 10 cm de diamètre à hauteur de poitrine (DBH, en cm). La
majorité de la biomasse est contenue dans les grands arbres du fait de
leurs volumes important (Slik et al., 2013), reparti entre le tronc et
les branches. Les variations de biomasse régionales sont d'ailleurs
étroitement liées à des différences de
densité relative de grands arbres (DeWalt et Chave, 2004 ; Paoli et
al., 2008). Selon l'institut de l'énergie et de l'environnement
de la francophonie 2020, La biomasse aérienne permet certes de rendre
d'office au minimum un certain nombre de services écosystémiques
de régulation (stockage du carbone)
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1.4.2. Contraintes liés à la biomasse
aérienne
Dans les écosystèmes forestiers ou agricoles,
la quantité de lumière reçue par les plantes influence
directement leur taux de photosynthèse, et donc la production de
biomasse aérienne. Dans les forêts denses, la lumière peut
être un facteur limitant pour les plantes du sous-bois, réduisant
ainsi leur biomasse aérienne ((Chazdon., 2008 ; Gower et al,
2001). La disponibilité des nutriments, notamment de l'azote, du
phosphore et du potassium, est une contrainte importante de la biomasse
aérienne. La fertilité du sol influence directement la croissance
des plantes et la production de biomasse aérienne. Dans des sols pauvres
en nutriments, la biomasse aérienne est souvent limitée (Vitousek
et al, 1975 ; Lambers., 2008)
1.5. Densité des arbres
1.5.1. Définition et importance
La densité des arbres se réfère
généralement à la quantité d'arbres présents
dans une unité de surface donnée, souvent exprimée en
individu par hectare. Elle peut également faire référence
à la masse ou au volume de bois par unité de surface (Baker et
al 2011). Dans les zones humides, la densité des arbres est un
sujet crucial pour la compréhension des écosystèmes
forestiers et leur rôle écologique car ces zones incluent des
marais, des tourbières et des estuaires qui sont souvent
caractérisées par une biodiversité élevée et
une productivité biologique importante (Laurance et al.,
2009).
Une densité appropriée d'arbres favorise la
biodiversité en offrant des habitats variés pour
différentes espèces animales et végétales. Les
forêts denses peuvent absorber davantage de CO2, aidant à
atténuer le changement climatique (Gill et al., 2018)
1.5.2. Contraintes liées à la
densité des arbres
La densité des arbres peut être
influencée par divers facteurs tels que les conditions hydrologiques, le
type de sol et les interrelations biologiques (Richardson et al,
2010). Les sols des zones humides, souvent riches en matière
organique, peuvent favoriser une haute densité d'arbres. Cependant, une
saturation prolongée peut également avoir des effets
négatifs sur la santé des arbres. La densité des arbres
peut influencer la vulnérabilité des forêts aux impacts du
changement climatique, ce qui nécessite une attention
particulière lors de la planification de l'utilisation des terres (Gill
et al, 2018)
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