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RÉPUBLIQUE DU
BENIN
********
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
*********
ÉCOLE SUPERIEURE D'ADMINISTRATION, D'ÉCONOMIE, DE
JOURNALISME ET DES MÉTIERS DE L'AUDIOVISUEL
Mémoire présenté pour l'obtention du
Diplôme de Master en Administration des Impôts
Mention :
Spécialité :
Administration des Finances
Administration des Impôts
LE PATRIOTISME FISCAL EN REPUBLIQUE DU
BENIN
SUJET :
Réalisé et présenté
par :
GNIMAVO Régis Emiliano
Sèdjolo
Maître de stage Maître
de mémoire
Paul DAHOUE Augustin CHABOSSOU
Expert-Comptable diplômé Professeur
Titulaire
Commissaire au compte
Juin 2026
IDENTIFICATION DU
JURY
PRESIDENT :M.Gbêtondji
Mélaine Armel NONVIDE
EXAMINATEUR : M.Julien HOUNKPONOU
RAPPORTEUR : M.Vihotogbé
Fagbémi Serge DEDJINOU
!
AVERTISSEMENT
L'ÉCOLE SUPERIEURE D'ADMINISTRATION,
D'ÉCONOMIE, DE JOURNALISME ET DES METIERS DE L'AUDIO-VISUEL (ESAE), NE
DONNE AUCUNE APPROBATION NI IMPROBATION AUX OPINIONS EMISES DANS CE MEMOIRE.
CES OPINIONS DOIVENT ETRE CONSIDEREES COMME PROPRES A LEUR
AUTEUR !
DEDICACE
A,
ma chère mère, Mme Florentine
SEKLOKA
IN
MEMORIAM
A,
ÿ mon feu père, M. Valentin
GNIMAVO
REMERCIEMENT
Qu'il nous soit permis d'exprimer notre profonde gratitude
à l'endroit de :
· notre directeur de mémoire, M.Augustin
CHABOSSOU, pour avoir accepté de suivre ces travaux avec
une disponibilité qui a fortement contribué à
l'orientation, à l'enrichissement et à l'aboutissement de cette
recherche;
· l'ensemble du corps professoral et administratif qui,
par la qualité de leurs enseignements et leur accompagnement constant,
ont contribué à notre formation académique et
professionnelle à ESAE ;
· les membres du jury, pour avoir accepté
d'apporter leurs appréciations à ce travail, tout en étant
persuadés que leurs remarques, critiques et suggestions constitueront un
apport de qualité pour l'amélioration de cette oeuvre ;
· le Président,les collègues et les
entreprises clientes de la société d'expertise NEW COVENANT
INTERNATIONAL, pour leurs disponibilités et l'attention portée
à notre égard ;
· à mon grand frère M. Yannick
GNIMAVO ;
· toutes les personnes qui ont participé d'une
manière ou d'une autre à la réalisation de ce travail.
A tous, je dis merci.
LISTE
DES SIGLES ET ACRONYMES
ANDF : Agence Nationale du Domaine et
du Foncier
CGI : Code Général
des Impôts
CIME : Centre des Impôts des
Moyennes Entreprises
CIPE : Centre des Impôts des
Petites Entreprises
DDI : Direction
Départementale des Impôts
DGI : Direction Générale des
Impôts
DGID : Direction
Générale des Impôts et des Domaines
DGTCP : Direction Générale
du Trésor et de la Comptabilité Publique
DPSE : Direction de la Planification
Stratégique et des Études
MEF : Ministère de
l'Économie et des Finances
OCDE : Organisation de
Coopération et de Développement Économique
PME : Petites et Moyennes Entreprises
RDI : Recette Divisionnaire des
Impôts
SG : Service de Gestion
SSE :ServiceStatistiques et Études
LISTE
DES TABLEAUX
Tableau n°1 : Point de l'évolution des
recettes fiscales, de 2015 à 2025
1
Tableau n°2 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°1
55
Tableau n°3 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°2
56
Tableau n°4 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°3
58
Tableau n°5 : Tableau de synthèse de
l'étude
68
LISTE
DES GRAPHIQUES
Graphique n°1 : Illustration de la
différenceentre Civisme et Patriotisme fiscal
1
Graphique n°2 : Présentation graphique
du point de l'évolution des recettes fiscales en milliard de francs
CFA
25
Graphique n°3 : Évolution du nombre de
contribuables connus entre 2021, 2024 et 2025
26
Graphique n°4 : Évaluation du
patriotisme fiscal
28
Graphique n°5 : Illustration du choix de la
population cible et de l'échantillon
49
Graphique n°6 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°1
55
Graphique n°7 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°2
57
Graphique n°8 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°3
59
RÉSUME
L'impôt constitue l'épine dorsale de tout
État visant un développement durable. Ainsi, le patriotisme
fiscal traduit la volonté des citoyens de contribuer volontairement au
financement des dépenses publiques, au-delà de l'obligation
légale. En effet, la présente étude analyse les
facteursfavorisant et entravant le patriotisme fiscal des contribuables
béninois, ainsi que les leviers susceptibles d'améliorer la
conformité volontaire et l'efficacité du recouvrement. Une
méthodologie combinant recherche documentaire, enquêtes et
analyses statistiques a été utilisée.
Les résultats mettent en évidence trois
principaux déterminants : la confiance dans la gestion publique,
l'éducation civique et fiscale, et la transparence dans l'utilisation
des recettes fiscales. Leur insuffisance constitue un frein majeur au
patriotisme fiscal, tandis que leur renforcement favorise l'adhésion
volontaire des contribuables. Des recommandations sont formulées,
notamment le renforcement de la transparence fiscale, de la communication
institutionnelle et de l'éducation fiscale.
ABSTRACT
Tax is the backbone of any state aiming for sustainable
development. Thus, fiscal patriotism reflects citizens' willingness to
voluntarily contribute to the financing of public expenditures, beyond their
legal obligation. This study analyzes the factors that promote and hinder
fiscal patriotism among Beninese taxpayers, as well as the levers likely to
improve voluntary compliance and the efficiency of tax collection. A
methodology combining documentary research, surveys, and statistical analysis
was adopted.
The findings highlight three main determinants: trust in
public governance, civic and tax education, and transparency in the use of tax
revenues. The absence or weakness of these factors constitutes a major obstacle
to fiscal patriotism, while their strengthening enhances taxpayers' voluntary
compliance.Recommendations are made, particularly the reinforcement of tax
transparency, institutional communication, and tax education.
SOMMAIRE
INTRODUCTION
1
CHAPITRE I : CADRE INSTITUTIONNEL DE
L'ETUDE
5
SECTION 1 : Présentation
générale du cadre de recherche
6
SECTION 2 : État des lieux du
Patriotisme fiscal en République du Bénin
21
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE ET
METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
30
SECTION 1 : Cadre théorique de
l'étude
32
SECTION 2 : Revue de littérature et
méthodologie de recherche
40
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET
RECOMMANDATIONS
53
SECTION 1 : Présentation, analyse des
résultats et validation des hypothèses
54
SECTION 2 : Diagnostic de l'étude,
suggestions et recommandations
60
CONCLUSION
69
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
71
TABLES DES MATIERES
79
INTRODUCTION
INTRODUCTION
Le développement d'un État moderne ne repose pas
uniquement sur la capacité de celui-ci à collecter l'impôt,
mais surtout sur l'adhésion des citoyens à l'idée que
cette contribution est un acte de solidarité nationale et de
responsabilité civique. L'impôt n'est pas seulement un instrument
financier, car il est également une expression du lien social et du
contrat républicain qui unit l'individu à la
collectivité.
Comme le souligne Cobham (2022), « Le paiement de
l'impôt est le ciment du contrat social », car il confère aux
citoyens le droit de demander des comptes à leurs gouvernants sur
l'utilisation des ressources publiques. Cette vision rappelle que la
fiscalité ne doit pas être réduite à une simple
opération de prélèvement, mais qu'elle participe à
l'édification d'un lien de confiance mutuel entre l'État et ses
contribuables. Autrement dit, le patriotisme fiscal s'ancre dans cette logique
de réciprocité au nom duquel le citoyen contribue volontairement
à l'effort national et, en retour, l'État doit assurer une
gestion transparente et équitable des deniers publics.
Dans ce cadre, le patriotisme fiscal émerge comme une
notion essentielle. Il traduit une vision où le paiement de
l'impôt dépasse l'obligation légale pour devenir un geste
volontaire, perçu comme une participation consciente à la
construction de la Nation. Autrement dit, s'acquitter de l'impôt n'est
plus seulement se conformer à la loi, mais aussi affirmer son
attachement à l'avenir du pays et à la prospérité
collective.
La République du Bénin, dont l'économie
repose largement sur les recettes fiscales, se trouve confrontée
à un double défi. D'une part, lutter contre l'incivisme fiscal
qui fragilise la mobilisation des ressources, et d'autre part, créer un
climat de confiance capable de transformer les contribuables en partenaires du
développement. L'histoire, les réalités
socio-économiques et les perceptions héritées de la
période coloniale ont souvent nourri une méfiance
vis-à-vis de l'impôt, perçu comme un fardeau ou une
spoliation. Or, sans confiance ni sentiment d'équité, le passage
du civisme fiscal au patriotisme fiscal reste difficile à
réaliser.
En outre, le Bénin se distingue par des avancées
concrètes en matière de mobilisation et de gestion des ressources
publiques. En effet, selon le rapport Politique Nationale de Financement du
Développement 2024-2033du Ministère de l'Économie et
des Finances, le Bénin a enregistré une augmentation notable de
ses recettes fiscales, atteignant un ratio impôts/PIB de 11,0 % en 2021,
contre 10,5 % en 2020. Aussi, le Rapport de Présentation de la Loi
de Finances pour la gestion 2024du Ministère de l'Économie
et des Finances, de décembre 2023, indiquait que « Le taux
de pression fiscale devrait évoluer sur la période en passant de
13,2% en 2024 pour atteindre 14,0% en 2026 ». De même, la
troisième édition du rapport de la Banque mondiale sur les
Perspectives économiques du Bénin (Juin 2025),
intitulé : Accroître la mobilisation des recettes
intérieures tout en protégeant les pauvres, indique que
« Les recettes fiscales, principal moteur de l'augmentation des
recettes, sont passées de 9,2 % du PIB en 2016 à 13,2 % en
2024 » dressant un bilan complet de la situation fiscale et
budgétaire du pays. Cette progression témoigne des efforts
déployés pour renforcer l'efficacité du système
fiscal et élargir l'assiette fiscale. Ces dernierssoulignent que ces
résultats sont le fruit d'une modernisation progressive des
procédures fiscales, d'une meilleure formation des agents et d'une
utilisation accrue des technologies de suivi des recettes. Cette performance
démontre que, lorsque l'administration fiscale est perçue comme
juste et compétente, elle peut transformer la méfiance historique
en engagement patriotique, faisant du patriotisme fiscal un levier réel
de développement.
Dans un monde où la citoyenneté
économique prend une importance croissante, le patriotisme fiscal
s'impose comme un levier stratégique pour consolider la
souveraineté budgétaire du Bénin. Il implique une
fiscalité juste et équitable, une transparence accrue dans
l'utilisation des deniers publics, et une pédagogie fiscale qui
rapproche l'impôt du quotidien des citoyens. Il s'agit non seulement de
renforcer la mobilisation des recettes fiscales, mais surtout de bâtir
une relation de confiance durable entre l'État et les contribuables.
À la vue de cette dynamique, notre patrie, le
Bénin, s'illustre par des avancées notables en matière de
gestion des finances publiques. Selon le rapport 2023 de l'Open Budget
Survey, le pays a obtenu un score de 79 sur 100, marquant une
amélioration significative par rapport aux années
précédentes. Cette performance place le Bénin au sommet
des pays francophones en matière de transparence budgétaire,
dépassant même la France, qui a obtenu une note de 74 sur 100. Au
niveau continental, le Bénin se classe deuxième en Afrique, juste
après l'Afrique du Sud, pays anglophone, qui a obtenu une note de 83 sur
100.
Cette reconnaissance internationale témoigne des
efforts soutenus du gouvernement béninois pour renforcer la
transparence, la responsabilité et l'efficacité dans la gestion
des ressources publiques. Elle souligne également l'importance d'un
patriotisme fiscal éclairé, où chaque citoyen, en
comprenant l'impact de ses contributions, devient un acteur clé dans la
consolidation de la souveraineté budgétaire du pays.
Dès lors, nous avons choisi de mener nos recherches sur
le thème « Le patriotisme fiscal en République du
Bénin » afin de contribuer à la littérature
existante, tout en offrant une analyse approfondie et nuancée, qui
revient à explorer les conditions sociales, politiques et
économiques qui peuvent transformer l'impôt en symbole de
solidarité nationale. Ce mémoire se propose d'analyser les
déterminants de cette notion encore émergente et d'identifier les
voies et moyens par lesquels l'État béninois peut promouvoir une
culture de l'impôt fondée sur la fierté citoyenne et le
sentiment d'appartenance.
Notre réflexion s'organisera en trois chapitres. Le
premier présente le cadre institutionnel de l'étude, ainsi qu'un
état des lieux du patriotisme fiscal au Bénin. Le deuxième
chapitre expose le cadre théorique et la méthodologie de
recherche adoptée. Enfin, le troisième et dernier chapitre est
consacré à l'analyse des résultats, à la validation
des hypothèses et aux recommandations stratégiques.
CHAPITRE I : CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE
CHAPITRE I
CADRE INSTITUTIONNEL DE L'ETUDE
L'analyse du patriotisme fiscal et de ses implications dans la
mobilisation des recettes publiques ne peut être conduite sans une
compréhension préalable du cadre dans lequel s'exercent les
comportements fiscaux. En effet, la fiscalité ne se limite pas à
un simple mécanisme de prélèvement obligatoire, elle
s'inscrit dans un ensemble d'institutions, de pratiques administratives et de
perceptions sociales qui influencent directement l'adhésion des
contribuables à leurs obligations fiscales.C'est dans cette perspective
que s'inscrit le présent chapitre, qui se veut une étape
fondamentale de contextualisation et de compréhension de l'environnement
de l'étude. A cet effet, il met en lumière, dans un premier
temps, le cadre général de la recherche à travers les
structures ayant servi de terrain d'observation, notamment la Direction
Générale des Impôts. Il s'intéresse ensuite au cadre
conceptuel de l'étude ainsi qu'à la justification du choix du
thème, en lien avec la problématique du patriotisme fiscal. Et
enfin, il dresse un état des lieux du patriotisme fiscal en
République du Bénin, à travers l'analyse des recettes
fiscales, de l'évolution du nombre de contribuables et des principaux
facteurs influençant les comportements fiscaux.
CHAPITRE 1 : CADRE INSTITUTIONNEL DE
L'ETUDE
SECTION 1 : Présentation générale du
cadre de recherche
Dans cette section, nous allons présenter d'une part le
cadre de recherche et d'autre part le cadre conceptuel de l'étude et la
justification du choix.
Paragraphe 1 : Présentation du cadre de la
recherche : La Direction Générale des Impôts et la
société NCI SAS
Dans le cadre de la réalisation de ce mémoire,
nos travaux de recherche ont été amorcés au sein du
cabinet NEW COVENANT INTERNATIONAL SAS, société d'expertise
comptable et de commissariat aux comptes. Cependant, afin d'approfondir
l'analyse et d'élargir notre perspective scientifique sur le patriotisme
fiscal, nos investigations nous ont conduits à la Direction de la
Planification Stratégique et des Études (DPSE).
A-
Présentation de la Direction Générale des Impôts
1- Historique de la Direction Générale
des Impôts
L'histoire de la fiscalité béninoise, et plus
particulièrement celle de la Direction Générale des
Impôts (DGI), s'inscrit dans une trajectoire institutionnelle
marquée par de profondes mutations. Durant la période coloniale,
le territoire du Bénin, alors intégré à l'Afrique
Occidentale Française (AOF), voyait son administration fiscale
régie par les autorités coloniales françaises. La collecte
des impôts avait alors pour finalité essentielle de soutenir les
intérêts économiques de la métropole.
À la suite de l'accession du Bénin à
l'indépendance en 1960, le pays s'est progressivement doté de ses
propres structures fiscales. Dans un premier temps, l'organisation des services
fiscaux reposait sur deux entités distinctes : le Service des
Contributions Directes et le Service de l'Enregistrement, des Douanes et du
Timbre. Le décret n°2015/PR/MFAE du 26 juin 1967 érigea le
Service des Contributions Directes en Direction des Impôts, tandis que le
Service de l'Enregistrement, des Douanes et du Timbre fut transformé peu
après en Direction des Domaines, de l'Enregistrement et du Timbre.
L'année 1968 marqua une étape décisive avec la fusion de
ces deux entités, donnant naissance à la Direction
Générale des Impôts.
Une nouvelle réforme interviendra en 1993 où le
décret n°93-44 du 11 mars 1993 érigea l'Administration
fiscale en Direction Générale des Impôts et des Domaines
(DGID), traduisant la volonté de mieux structurer et de renforcer la
gestion des recettes fiscales et domaniales. Cependant, les réformes
structurelles engagées à partir de 2013 aboutirent à une
séparation de ces missions. En effet, la loi n°2013-01 du 14
août 2013 portant Code foncier et domanial institua l'Agence Nationale
des Domaines et du Foncier (ANDF), tandis que le décret n°2014-757
du 26 décembre 2014 consacra le retour à une entité
administrative autonome, la Direction Générale des Impôts,
exclusivement dédiée à la gestion des impôts et
taxes.
Depuis lors, la DGI n'a cessé d'évoluer au
gré des réformes visant la modernisation et l'adaptation aux
enjeux économiques contemporains. Ces réformes se sont traduites
notamment par la digitalisation des procédures, la simplification des
démarches fiscales, et le renforcement de la transparence ainsi que de
la gouvernance dans la gestion des recettes publiques.
Conformément à l'article 20 du décret
n°2021-307 du 09 juin 2021 portant attributions, organisation et
fonctionnement du Ministère de l'Économie et des Finances, la DGI
est compétente en matière, d'impôts directs et taxes
assimilées ; d'impôts indirects et taxes assimilées
(à l'exception de ceux exigibles à l'importation ou à
l'exportation) ; de droits d'enregistrement, de timbres et de taxes
assimilées.
Ainsi, la DGI constitue l'organe pivot du MEF, chargé
de mettre en oeuvre la politique de mobilisation des ressources
intérieures, dans un contexte marqué par la recherche
d'efficacité, de justice fiscale et de consolidation des finances
publiques.
2- Mission de la Direction Générale des
Impôts
En tant qu'administration financière de premier plan,
la Direction Générale des Impôts (DGI) du Bénin joue
un rôle stratégique dont les missions peuvent être
regroupées en trois dimensions essentielles : financière,
socio-économique et politique.
· Mission financière :
La DGI demeure avant tout l'organe de mobilisation des
ressources intérieures destinées à couvrir les charges
publiques. Ces fonctions assurent à l'État une autonomie
vis-à-vis des divers financements, renforçant ainsi sa
souveraineté budgétaire.
· Mission
socio-économique :
Au-delà de sa vocation budgétaire, la DGI
contribue au progrès social et à la croissance économique.
Par la collecte des impôts, elle permet le financement des services
publics essentiels : éducation, santé, infrastructures,
sécurité, etc... En outre, une fiscalité stable et
prévisible crée un climat favorable aux investissements
privés et à l'essor des entreprises.À travers des
mécanismes tels que les exonérations ciblées ou les
réductions, la DGI devient également une institution
d'orientation économique. Par exemple, l'État peut stimuler des
secteurs stratégiques comme l'agriculture, le numérique ou les
énergies renouvelables afin de répondre aux besoins de
développement durable. Sur le plan social, l'outil fiscal peut servir
à réduire les inégalités en soutenant des couches
vulnérables de la société.
· Mission politique :
La DGI assume une mission éminemment politique. Il
traduit l'engagement de chaque citoyen envers sa communauté et, en
retour, fonde la légitimité de l'État à agir pour
le bien commun. Comme l'a souligné le président
DrThomas Boni Yayi, « La collecte des impôts est un
pilier essentiel de notre gouvernance économique, permettant de financer
nos programmes sociaux et de promouvoir une croissance inclusive. »
Dans cet esprit, la DGI s'engage à mobiliser efficacement les ressources
financières nécessaires pour soutenir les priorités
gouvernementales. Cette mission est étroitement liée à la
vision d'une société où chacun contribue
équitablement selon ses moyens. Comme l'a noté, l'ex-ministre de
l'économie et des finances et actuel Président de la
République du Bénin, SEMRomuald WADAGNI : « Nous
aspirons à une fiscalité juste et transparente qui renforce la
cohésion sociale et favorise le développement durable.
». De même, lors d'une séance à
l'Assemblée nationale le 20 novembre 2023, Mr Bienvenu
Yaï (directeur de la Questure) a insisté sur le devoir fiscal des
citoyens, affirmant que «l'État compte sur la contribution de
ses membres qui doivent consentir à cette contribution qu'est
l'impôt afin de s'en acquitter régulièrement dans les
délais requis ». Dès lors, la DGI travaille sans
relâche pour moderniser ses services, lutter contre la fraude fiscale et
promouvoir une culture de conformité fiscale.
3- Compétences de la DGI
En vertu de l'article 20 du décret n° 2021-307 du
09 juin 2021 définissant les missions et l'organisation du
Ministère de l'Économie et des Finances, la Direction
Générale des Impôts est compétente pour ce qui
concerne :
· les impôts directs et taxes
assimilées ;
· les impôts indirects et taxes
assimilées autres que ceux exigibles à l'importation et à
l'exportation ;
· le droit d'enregistrement, du timbre, et taxes
assimilées.
4- Attributions de la DGI
Dans le cadre de l'accomplissement de sa mission, la Direction
Générale des Impôts est chargée :
- de la détermination de l'assiette, du contrôle
et de la liquidation de tous les impôts, taxes, droits, amendes et
pénalités fiscales de toutes natures prévus ou à
prévoir par les lois et règlements au profit de l'État et
des collectivités territoriales ;
- du contentieux, du recours gracieux et du
dégrèvement des impôts, taxes, droits, amendes et
pénalités fiscales de toutes natures prévues ou à
prévoir par les lois et règlements au profit de l'État et
des collectivités territoriales ;
- du recouvrement des recettes fiscales et parafiscales et de
leur reversement au Trésor ;
- du contrôle fiscal ;
- de la proposition des textes à caractère
législatif et règlementaire en matière d'impôts et
de la rédaction des instructions de portée générale
y relatives ;
- de l'identification, de la localisation et de
l'immatriculation des contribuables ;
- de la gestion des exonérations fiscales ;
- de l'appréciation des clauses des contrats de
marchés à elle soumis pour avis ;
- de la représentation dans les commissions de
passation des marchés publics ;
- de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale
;
- de la fiscalisation du secteur informel ;
- d'assurer le suivi et l'encadrement des centres de gestion
agréés ;
- de la gestion du Guichet Unique des États Financiers
;
- de l'élaboration conjointe avec la Direction
Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique
(DGTCP) de la note d'accord relative aux recettes fiscales et parafiscales
recouvrées et reversées au Trésor Public et de la
situation des restes à recouvrer ;
- de l'élaboration des comptes administratifs et de
gestion et de leur transmission à la Cour des Comptes.
5- Organisation de la DGI
La DGI est l'une des directions techniques du MEF. Elle est
placée sous l'autorité d'un Directeur Général,
nommé par décret pris en conseil des Ministres sur proposition du
Ministre en charge de l'Économie et des Finances. Dans l'exercice de ses
fonctions, le Directeur Général des Impôts est
assisté d'un adjoint, nommé par arrêté du Ministre
de l'Économie et des Finances sur proposition du DGI. En effet, le DGAI
remplace le DGI en cas d'absence ou d'empêchement. Outre ces deux
personnalités et conformément à l'arrêté
n°2061/MEF/CAB/SGM/DGI/SP/192SGG21 du 29 juillet 2021 portant
attributions, organisation et fonctionnement de la Direction
Générale des Impôts, cette structure comprend aussi les
structures et personnes rattachées au Directeur Général
des Impôts et les directions opérationnelles.
5-1 Les structures et personnes
rattachées
Les structures et personnes rattachées à la
Direction Générale des Impôts sont :
Ø le Secrétariat administratif;
Ø L'Assistant du Directeur Général ;
Ø le Conseiller chargé du suivi des
réformes ;
Ø le Conseiller chargé du Restes à
Recouvrer ;
Ø le Conseiller chargé de la fiscalité
locale ;
Ø la Cellule de Service aux Contribuables (CSC) ;
Ø la Cellule de Gestion des Factures
Normalisées (CGFN) ;
Ø la Cellule de la Qualité et de la Gestion des
Risques (CQGR)
En dehors des entités et collaborateurs qui lui sont
déjà rattachés, le Directeur Général dispose
de la prérogative d'instituer, en fonction des exigences de service, des
postes d'assistants dont il précise les missions. Le Chef du
secrétariat administratif, ainsi que l'ensemble des structures
placées sous l'autorité directe du Directeur
Général, jouissent du rang de direction opérationnelle et
participent, à ce titre, à la mise en oeuvre stratégique
des orientations de la Direction Générale.
5-2 Les directions opérationnelles
Les directions opérationnelles comprennent :
- Les directions à compétences nationale ;
- Les directions à compétences territoriale
5-2-1 Les directions à compétences
nationales
Les directions à compétences nationale ont pour
mission l'animation, la coordination et le contrôle des activités
des services fiscaux dont la compétence couvre l'ensemble du territoire
National. Elles comprennent :
· L'Inspection Générale des Services (IGS)
;
· La Direction de l'Informatique (DI) ;
· La Direction de la Législation et du Contentieux
(DLC) ;
· La Direction de la Planification Stratégique et
des Études (DPSE) ;
· La Recette Nationale des Impôts (RNI) ;
· La Direction de la Gestion des Ressources (DGR) ;
· Le Centre de la Formation Professionnelle des
Impôts (CFPI) ;
· La Direction du Contrôle Fiscal et du
Renseignement (DCFR) ;
· La Direction des Grandes Entreprises (DGE)
5-2-2 Les directions à compétences
territoriales
Les directions à compétences territoriale
comprennent sept (07) directions départementales à raison d'une
direction pour deux (02) départements outre les départements de
l'Atlantique et du Littoral. Elles sont chargées de l'animation, de la
coordination et du contrôle des activités des services fiscaux
implantés au niveau des communes et de la représentation de la
DGI dans les diverses instances administratives départementales. On a
:
· la Direction Départementale des Impôts de
l'Atacora et de la Donga ;
· la Direction Départementale des Impôts de
l'Atlantique ;
· la Direction Départementale des Impôts du
Littoral ;
· la Direction Départementale des Impôts du
Borgou et de l'Alibori ;
· la Direction Départementale des Impôts du
Mono et du Couffo ;
· la Direction Départementale des Impôts de
l'Ouémé et du Plateau ;
· la Direction Départementale des Impôts du
Zou et des Collines
6- Fonctionnement de la Direction
Générale des Impôts
6-1 Le Directeur général
À la tête de la Direction Générale
des Impôts se trouve un Directeur Général,
désigné par décret pris en Conseil des ministres sur
proposition du Ministre de l'Économie et des Finances. Il lui revient de
fixer les orientations majeures de la politique fiscale, de veiller à la
bonne marche des services sous sa responsabilité et d'apprécier
leur efficacité. Dans l'exercice de ses fonctions, il rend compte au
Ministre de l'Économie et des Finances, aussi bien des résultats
obtenus que des obstacles rencontrés.
6-2 Les personnes et structures rattachées au
Directeur Général
6-2-1 Le secrétariat administratif
Le Secrétariat administratif de la Direction
Générale, placé sous l'autorité du Directeur
Général et de son adjoint, assure la gestion du courrier, la
transmission des informations et l'exécution de toute tâche
confiée par la hiérarchie. Dirigé par un Chef de
secrétariat, il coordonne les activités administratives, veille
à la fluidité des échanges internes et externes et
contribue au bon fonctionnement des services.
6-2-2 L'assistant du directeur
général
L'Assistant du Directeur Général appuie ce
dernier dans l'accomplissement de ses missions, exécute les tâches
qui lui sont confiées et assure la coordination avec l'ensemble des
unités administratives et opérationnelles de la Direction
Générale.
6-2-3 Le conseiller chargé du suivi des
réformes
Le Conseiller chargé du suivi des réformes
coordonne les actions de modernisation de l'administration fiscale. Il
élabore les stratégies à soumettre à la Direction
Générale, appuie les comités techniques, veille au respect
du calendrier, assure le suivi des recommandations des partenaires techniques,
procède aux évaluations internes et organise, avec les structures
compétentes, la communication sur les réformes.
6-2-4 Le conseiller chargé des Restes à
Recouvrer
Le Conseiller chargé des RAR appuie le renforcement du
recouvrement, analyse et propose des améliorations pour le traitement
des arriérés fiscaux, élabore et met en oeuvre les
procédures afférentes à l'apurement des créances
irrécouvrables.
6-2-5 Le conseiller chargé de la
fiscalité locale
Le conseiller chargé de la fiscalité locale
assiste le DG dans la mise en oeuvre des réformes de la fiscalité
locale et le suivi de la gestion du coût administratif. Il est
chargé d'analyser les outils existants et de concevoir des
mécanismes, procédures et instruments novateurs afin
d'améliorer les relations et les prestations fournies aux
collectivités locales. À ce titre, il représente la DGI
auprès des structures et partenaires techniques compétents et
contribue à l'amélioration des processus de travail ainsi que des
outils relatifs à l'identification et au recouvrement de l'assiette des
impôts locaux.
6-2-6 La Cellule de Service aux
Contribuables
La Cellule de Service aux Contribuables est chargée de
définir et de mettre en oeuvre les stratégies de laDGI en
matière de communication, de qualité des services rendus aux
contribuables et de promotion du civisme fiscal. Elle pilote la
stratégie de service à l'usager, élabore et met en oeuvre,
en collaboration avec la DPSE, le plan annuel de promotion du civisme fiscal,
et assure la communication interne et externe de la DGI. Par ses actions, la
Cellule contribue à la dynamisation des services fiscaux avec les
contribuables, tout en soutenant les objectifs globaux de la Direction
Générale.
6-2-7 La Cellule de gestion des factures
normalisées
La Cellule de Gestion des Factures Normalisées a pour
mission de mettre en oeuvre et d'administrer le système de factures
normalisées. À ce titre, elle veille à l'exécution
de toutes les obligations de la DGI prévues dans le contrat de
prestation avec l'opérateur technique, programme et exécute les
missions de contrôle de l'utilisation des factures normalisées
à l'échelle nationale, étudie et valide les
systèmes de facturation des entreprises, détecte et
dénonce les cas de fraude, assiste les utilisateurs du système,
assure le suivi des plaintes, tient les statistiques et élabore les
rapports.
La Cellule comprend deux bureaux : le Bureau d'Appui Technique
et le Bureau de Contrôle, chacun dirigé par un chef de service,
garantissant ainsi la coordination, le contrôle et l'efficacité
des activités liées à la facturation normalisée.
6-2-8 La Cellule de la Qualité et de la Gestion
des risques
La Cellule de la Qualité et de la Gestion desRisques
est chargée de mettre en oeuvre la démarche qualité au
sein de la DGI et d'élaborer ou réviser les procédures et
méthodes de travail. Elle définit et pilote la stratégie
de gestion des risques, conçoit et met en oeuvre des dispositifs de
prévention des risques encourus par la DGI dans l'ensemble de ses
activités, et contribue à la lutte contre les fraudes et les
pertes de revenus. La Cellule réalise et met à jour la
cartographie des risques et des contrôles associés, élabore
et suit la mise en oeuvre d'un plan de prévention des risques, pilote le
déploiement de la démarche de compliance à tous les
niveaux de la DGI et procède à l'évaluation
régulière des dispositifs en place afin d'assurer leur
efficacité et leur pertinence.
6-3 Les directions opérationnelles
6-3-1 Les directions à compétences
nationales
6-3-1-1 L'Inspection Générale des
Services
Elle réalise des missions d'audit et de
vérification (contrôle exhaustif, inopiné ou
programmé). Elle dispose d'un secrétariat et de deux services :
le Service de l'Audit Interne et le Service de l'Inspection, assurant ainsi
l'efficacité et la rigueur des contrôles au sein de la DGI.
6-3-1-2 La Direction de l'Informatique
La Direction de l'Informatiquecoordonne et anime les services
informatiques de la DGI, assure le traitement et la diffusion des
données, déploie les outils informatiques nécessaires,
garantit la sécurité des bases de données et
infrastructures réseau, et assiste les utilisateurs au niveau central et
déconcentré.
Elle comprend un secrétariat et quatre services :
Génie Logiciel, Administration des Bases de Données,
Systèmes et Réseaux et Exploitation, assurant la
continuité et l'efficacité des systèmes d'information.
6-3-1-3 La Direction de la Législation et du
Contentieux
La Direction de la Législation et du Contentieux (DLC)
élabore les textes fiscaux et leurs applications, prépare les
campagnes d'information aux contribuables, encadre les Centres de Gestion
Agréés, traite les dossiers de réclamations et recours,
suit les conventions fiscales et la coopération internationale,
gère l'Unité d'Échange de Renseignements et supervise les
exonérations et régimes d'exception. Elle représente
également la DGI dans les commissions de passation des marchés
publics.
La DLC comprend un secrétariat et trois services :
Législation et Coopération Internationale (SLCI), Contentieux
(SC) et Mission Fiscale des Régimes d'Exception (MFRE).
6-3-1-4 La Direction de la Planification
Stratégique et des Études
La Direction de la Planification Stratégique et des
Études élabore et met en oeuvre les outils de planification, de
gestion et de suivi-évaluation de la DGI, notamment le plan
stratégique, le plan d'action annuel, le plan de performance et le
budget. Elle gère les statistiques, conduit les études
économiques et fiscales, analyse les performances et prépare les
rapports d'activités ainsi que la note d'accord avec la DGTCP.
La DPSE comprend un secrétariat et trois services :
Planification et Budget (SPB), Statistiques et Études (SSE) et Analyse
de la Performance (SAP).
6-3-1-5 La Recette Nationale des
Impôts
La Recette Nationale des Impôts (RNI) met en oeuvre la
politique fiscale en matière de recouvrement des impôts, taxes et
droits divers. Elle identifie, immatricule et localise les contribuables,
gère leurs dossiers, liquide et recouvre les impôts, assure la
gestion des créances, des exonérations, des remboursements et
crédits d'impôts, ainsi que du Guichet Unique des États
Financiers et du fichier des contribuables.
La RNI comprend un secrétariat et quatre services :
Identification et Immatriculation des Contribuables (SIIC), Gestion des
Dossiers des Contribuables (SGDC), Liquidation et Recouvrement (SLR) et Gestion
des Restes à Recouvrer (SGRAR).
6-3-1-6 La Direction de la Gestion des
Ressources
Cette dernière assure la gestion administrative,
financière et matérielle de la DGI. Elle gère le
personnel, la paie, les carrières, les équipements, le patrimoine
immobilier, les marchés publics, la comptabilité et les
archives.
La DGR comprend un secrétariat et quatre services :
Ressources Humaines (SRH), Comptabilité et Gestion Financière
(SCGF), Logistique et Patrimoine (SLP) et Archives (SA).
6-3-1-7 Le Centre de la Formation Professionnelle des
Impôts
Le CFPI élabore et met en oeuvre la politique de
formation de la DGI, organise les sessions de formation initiale et continue du
personnel, forme les contribuables et partenaires, et gère les centres
de formation. Elle comprend un secrétariat et deux services : Formation
Initiale et Continue (SFIC) et Ingénierie de la Formation (SIF).
6-3-1-8 La Direction du Contrôle Fiscal et du
Renseignement
La Direction du Contrôle Fiscal et du Renseignement
(DCFR) met en oeuvre la politique de contrôle fiscal, planifie et
exécute les missions de contrôle, exploite les renseignements
fiscaux, lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, et fiscalise le
secteur informel.
La DCFR comprend un secrétariat et trois services :
Planification et Coordination du Contrôle Fiscal (SPCCF), Renseignement
et Lutte contre la Fraude Fiscale (SRLFF) et Contrôle Fiscal (SCF).
6-3-1-9 La Direction des Grandes
Entreprises
Chargée du suivi fiscal des grandes entreprises, cette
direction gère leur identification, immatriculation et localisation, la
gestion de leurs dossiers, la liquidation et le recouvrement des impôts,
la gestion des créances, des exonérations, des remboursements et
crédits d'impôts, ainsi que le fichier des grandes entreprises.
Elle comprend un secrétariat et trois services :
Identification et Immatriculation (SIIGE), Gestion des Dossiers (SGDGE) et
Liquidation et Recouvrement (SLRGE).
6-3-2 Les directions à compétences
territoriales
Les Directions Départementales des Impôts (DDI),
directions opérationnelles à compétence nationale,
assurent la gestion fiscale des contribuables autres que les grandes
entreprises. Elles prennent en charge l'identification, l'immatriculation et la
localisation des contribuables, la gestion de leurs dossiers, la liquidation et
le recouvrement des impôts, la gestion des créances, des
exonérations, des remboursements et crédits d'impôts, ainsi
que la tenue du fichier des contribuables concernés.
Créées par arrêté du Ministre
chargé des Finances, les DDI comprennent un secrétariat, des
Centres des Impôts des Moyennes Entreprises (CIME), des Centres des
Impôts des Petites Entreprises (CIPE) et un Centre de l'Enregistrement et
du Timbre (CET). Les CIME et CIPE disposent d'un secrétariat, de deux
services de gestion, de deux services de contrôle fiscal et d'une recette
des impôts, tandis que le CET comprend un service de gestion et une
recette. Le Directeur général peut créer, selon les
besoins, des services supplémentaires de gestion et de
contrôle.
Le réseau comptable suit une structure pyramidale
ascendante : recettes auxiliaires des petites et micro entreprises, recettes
divisionnaires des petites et micro entreprises,recettes départementales
des petites et micro entreprises, recettes des impôts des moyennes
entreprises, recette des grandes entreprises, recettes de l'enregistrement et
du timbre, et enfin la Recette Nationale des Impôts.
B-
Présentation du cadre professionnel d'analyse
1. Présentation de la
société NEW COVENANT INTERNATIONAL SAS, et activités
réalisées dans le cadre de l'étude
1.1
Présentation de la société NCISAS
La société NEW COVENANT INTERNATIONAL SAS est
une société inscrite en tant que cabinet d'expertise comptable et
de commissariat au compte à l'ordre des Experts Comptables et Comptables
Agréés (OECCA-BENIN) du Bénin en 2018 sous le
numéro 084-SE NCI-SAS et est agréé par la Banque Centrale
des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) comme Structure d'Appui et
d'Encadrement (SAE) des PME/PMI dans le cadre du dispositif de facilitation de
l'accès au Financement des PME/PME de l'UEMOA. Cette dernière est
animée par des professionnels de l'audit, de la comptabilité, de
la fiscalité et des finances diplômés de grandes
écoles de techniques comptables, d'expertise comptable et
financière.
1.2Activités réalisées dans le cadre de
l'étude
Parmi les principales tâches effectuées, nous
avons :
· Réalisation de missions d'audit et de revue
fiscale, incluant l'examen des comptes et la vérification de la
conformité comptable ;
· Détection des anomalies, omissions et
élaboration de recommandations pour la régularisation ;
· Production de rapports et statistiques sur le
comportement des contribuables et analyse des leviers de civisme
fiscal ;
· Contribution à l'optimisation des processus de
gestion fiscale, comptable et financière pour renforcer la
conformité et le patriotisme fiscal.
2.
Présentation des forces
La société NCI SARLdispose, en outre, d'un pool
de collaborateurs (consultants) externes aux compétences
avérées et diversifiées. Il s'agit notamment :
v des experts en entreprenariat ;
v des experts en micro finance ;
v des analystes financiers ;
v fiscalistes
v des économistes gestionnaires et planificateurs ;
v des spécialistes en passation des marchés ;
v des spécialistes en gestion des ressources humaines
;
v des juristes
3.
Présentation des faiblesses
Malgré ses atouts, le Cabinet NCI SAS présente
certaines limites :
· Accès parfois limité aux informations
confidentielles des clients ;
· Absence d'accès direct aux dirigeants et cadres
pour collecte d'informations.
4. Les
difficultés rencontrées
Au cours de l'étude réalisée au sein du
cabinet NCI SAS, plusieurs difficultés ont été
observées :
· Peu de temps disponible pour effectuer des recherches
approfondies ;
· Difficultés à mobiliser certaines
personnes ou cadres pour des échanges constructifs ;
· Complexité à constituer des
données statistiques fiables pour l'étude.
Paragraphe 2 : Cadre conceptuel de l'étude et
justification du choix
A- Cadre conceptuel
La mobilisation des recettes fiscales est confrontée
à des défis dont le non-respect volontaire des obligations par
certains contribuables et la complexité du système fiscal. Dans
ce contexte, le patriotisme fiscal, entendu comme l'adhésion volontaire
et responsable des contribuables au financement de l'État apparaît
comme un levier essentiel. Les procédures de recouvrement, les
mécanismes de contrôle et les actions de sensibilisation
constituent des instruments stratégiques pour encourager le civisme
fiscal et améliorer la performance du système fiscal
béninois.
B- Justification du choix de
l'étude
Le choix de ce thème découle de la
volonté de comprendre dans quelle mesure les contribuables
béninois manifestent un véritable patriotisme fiscal,
au-delà du simple civisme fiscal. Il s'agit d'identifier les facteurs
qui favorisent ou freinent l'adhésion volontaire des citoyens au
financement de l'État et de proposer des pistes pour encourager un
engagement plus conscient et responsable.
SECTION 2 : État des
lieux du Patriotisme fiscal en République du Bénin
Cette section se propose en substancede se pencher sur la
situation concrète du patriotisme fiscal en République du
Bénin. Cette approche factuelle constitue un socle indispensable pour
notre étude.
Paragraphe 1 : Différence entre le patriotisme fiscal
et le civisme fiscal
Le patriotisme fiscal et le civisme fiscal sont deux notions
complémentaires mais distinctes dans leurs finalités et
motivations. Le civisme fiscal est défini comme le respect volontaire ou
obligatoire des obligations fiscales, motivé par la conformité
à la loi et la volonté d'éviter les sanctions (Alm, 2012).
Il reflète un comportement général de respect des normes
sociales et légales en matière fiscale.
En revanche, le patriotisme fiscal dépasse la simple
conformité et repose sur un engagement volontaire du contribuable envers
le bien-être collectif et le développement de la nation. Selon
Torgler, le patriotisme fiscal se traduit par la perception de l'impôt
non comme une charge, mais comme un moyen de participer à la
construction d'une société prospère. Il s'agit donc d'un
devoir citoyen fondé sur un sentiment d'appartenance et de
responsabilité civique.
Graphique n°1 : Illustration
de la différence entre Civisme et Patriotisme fiscal
Civisme fiscal
- Respect de la loi et évitement des sanctions
- Conformité obligatoire
- Charge ou obligation
- Normes sociales et légales
Illustration de la différence
Patriotisme fiscal
- Contribution volontaire au développement national
- Engagement volontaire et conscient
- Devoir citoyen et instrument de développement
- Sentiment d'appartenance et responsabilité envers la
nation
Source :Résultats de nos
investigations
Paragraphe 2 : Présentation des recettes fiscales
Sur une période de onze années, de 2015 à
2025, les recettes fiscales du Bénin ont connu une progression
particulièrement remarquable, passant de 387,70 milliards de FCFA
à 1 348,31 milliards de FCFA. Cette évolution
témoigne non seulement du renforcement progressif des capacités
de mobilisation de l'administration fiscale béninoise, mais
également d'une amélioration graduelle de l'adhésion des
contribuables aux obligations fiscales, traduisant ainsi l'émergence
d'un patriotisme fiscal de plus en plus perceptible.
L'analyse de cette trajectoire met en évidence
plusieurs phases marquantes. Dans un premier temps, l'année 2016
enregistre une légère baisse des recettes fiscales de 6,64
milliards de FCFA, soit un recul de 1,7 %, révélant la
fragilité persistante de la mobilisation fiscale et les limites du
civisme fiscal à cette période. Toutefois, dès 2017, une
reprise s'amorce avec une hausse de 5,8 %, avant qu'une
accélération beaucoup plus significative n'apparaisse à
partir de 2018. Cette année constitue un tournant important avec une
progression exceptionnelle de 111,64 milliards de FCFA, correspondant à
un taux d'évolution de 27,7 %. Cette dynamique traduit les effets
conjugués des réformes fiscales, de l'élargissement
progressif de l'assiette fiscale, de la modernisation des procédures
administratives ainsi que de la digitalisation croissante des services
fiscaux.
La période 2020-2023 marque ensuite une phase de
consolidation et d'expansion soutenue des recettes publiques. Malgré un
contexte économique international parfois difficile, les recettes
fiscales continuent d'augmenter à un rythme élevé,
atteignant 620,60 milliards de FCFA en 2020, malgré la COVID-19 puis
695,43 milliards de FCFA en 2021. L'année 2022 apparaît comme
l'exercice le plus remarquable de la décennie avec une augmentation
record de 216,02 milliards de FCFA, soit une croissance de 31 %. Cette
performance exceptionnelle s'explique notamment par les importantes
réformes introduites dans le cadre de la refonte du Code
Général des Impôts, le renforcement des mécanismes
de contrôle fiscal, la généralisation progressive des
outils numériques ainsi que l'amélioration du suivi des
contribuables.
En 2023, les recettes franchissent pour la première
fois le seuil symbolique de 1 000 milliards de FCFA, pour atteindre 1 072,99
milliards, soit une progression de 17,7 %. Bien que le rythme de croissance
ralentisse légèrement en 2024 avec un taux d'évolution de
7,8 %, les recettes demeurent à un niveau historiquement
élevé de 1 156,31 milliards de FCFA. Cette dynamique se poursuit
en 2025 avec une hausse significative de 192 milliards de FCFA, soit un taux
d'évolution de 16,6 %, portant les recettes fiscales à 1 348,31
milliards de FCFA. Cette progression confirme la consolidation des performances
de l'administration fiscale béninoise ainsi que le renforcement
progressif de l'adhésion des contribuables aux obligations fiscales.
Dès lors, l'évolution observée sur cette
période traduit une transformation progressive du rapport des
contribuables à l'impôt. Au-delà du simple respect des
obligations légales motivé par la contrainte ou la peur des
sanctions, cette dynamique semble également révéler une
adhésion plus importante des citoyens au financement des charges
publiques. En d'autres termes, la croissance continue des recettes fiscales
apparaît comme l'expression non seulement d'un civisme fiscal
renforcé, mais aussi de l'émergence graduelle d'un patriotisme
fiscal davantage ancré au sein de la société
béninoise.
Tableau n°1 :Point de
l'évolution des recettes fiscales, de 2015 à 2025
|
Année
|
Recettes (Mds FCFA)
|
Evolution absolue (Mds)
|
Taux d'évolution (%)
|
|
2015
|
387,70
|
-
|
-
|
|
2016
|
381,06
|
-6,64
|
-1,7 %
|
|
2017
|
403,03
|
+21,97
|
+5,8 %
|
|
2018
|
514,67
|
+111,64
|
+27,7 %
|
|
2019
|
540,99
|
+26,32
|
+5,1 %
|
|
2020
|
620,60
|
+79,61
|
+14,7 %
|
|
2021
|
695,43
|
+74,83
|
+12,0 %
|
|
2022
|
911,45
|
+216,02
|
+31,0 %
|
|
2023
|
1 072,99
|
+161,54
|
+17,7 %
|
|
2024
|
1 156,31
|
+83,32
|
+7,8 %
|
|
2025
|
1348,31
|
+192,00
|
+16,6 %
|
Source :Résultats de nos
investigations
Graphique n°2 : Présentation graphique du point de
l'évolution des recettes fiscales en milliard de francs CFA

Source :Résultats de nos
investigations
Paragraphe 3 : Présentation du nombre de contribuables
connusdes centres d'impôts
Entre 2021 et 2025, le nombre de contribuables connus des
centres d'impôts au Bénin a connu une progression
particulièrement remarquable, traduisant à la fois
l'élargissement continu de l'assiette fiscale, l'intensification des
actions de recensement de l'administration fiscale et une adhésion
croissante des acteurs économiques au système fiscal.
En 2021, le fichier fiscal recensait 672 grandes entreprises,
2 995 moyennes entreprises ainsi que 10 807 micro et petites entreprises. Au
fil des années, ces effectifs ont connu une hausse soutenue. En 2024, le
nombre de grandes entreprises atteignait déjà 1 442, tandis que
les moyennes entreprises s'élevaient à 24 447 et les micros et
petites entreprises à 35 680. La dynamique se poursuit davantage en 2025
avec 1 661 grandes entreprises, 27 510 moyennes entreprises et 66 367 micro et
petites entreprises enregistrées dans les centres d'impôts.
L'analyse comparative entre 2021 et 2025 révèle
une progression spectaculaire du nombre de contribuables. Les grandes
entreprises enregistrent une hausse de 989 contribuables
supplémentaires, soit une augmentation d'environ 147,2 %. Les moyennes
entreprises connaissent une évolution encore plus importante avec une
progression de 24 515 contribuables, correspondant à un taux
d'accroissement d'environ 818,5 %. Quant aux micros et petites entreprises,
elles passent de 10 807 à 66 367 contribuables, soit une augmentation de
55 560 contribuables et un taux d'évolution exceptionnel d'environ 514,1
%.
Cette forte croissance du nombre de contribuables traduit les
effets des réformes engagées par la Direction
Générale des Impôts, notamment la digitalisation des
procédures fiscales, l'amélioration des mécanismes
d'identification et d'immatriculation des contribuables, le renforcement des
actions de sensibilisation ainsi que la fiscalisation progressive du secteur
informel. Elle témoigne également d'une meilleure
intégration des opérateurs économiques dans le
système fiscal formel.
Par ailleurs, cette évolution peut être
interprétée comme l'expression progressive d'un patriotisme
fiscal en construction. En effet, l'accroissement du nombre de contribuables
enregistrés montre que de plus en plus d'acteurs économiques
acceptent de se faire identifier par l'administration fiscale et de participer
au financement des charges publiques.
Graphique n°3 :
Évolution du nombre de contribuables connus entre 2021, 2024 et 2025

Source : Résultats de nos
investigations
Paragraphe 4 : Approche évaluative de la perception du
patriotisme fiscal
Dans le cadre de notre démarche et de notre
volonté de mieux comprendre le patriotisme fiscal, nous avons
mené une enquête auprès de 64 contribuablesdu secteur
privé, dès Novembre 2025, exclusivement des employés et
gérants d'entreprises privées qui déclarent
régulièrement leurs impôts. Aucun fonctionnaire ou
fiscaliste n'a été inclus dans l'échantillon, afin de
refléter la perception réelle des acteurs économiques
soumis volontairement à l'impôt.
Les répondants devaient choisir entre trois motivations
pour le paiement de l'impôt :
1. Payer pour se conformer aux obligations légales et
obtenir les attestations nécessaires, tout en évitant les
rectifications.
2. Payer parce que c'est un devoir citoyen, contribuant
volontairement au développement du pays.
3. Payer «?comme tout le monde?», sans réelle
conviction personnelle.
Les résultats montrent que 64 % des personnes paient
essentiellement par obligation (motivation 1), 25 % paient comme tout le monde
(motivation 3), tandis que seulement 11 % adoptent une motivation volontaire
liée au patriotisme fiscal (motivation 2).
Cette répartition illustre que, même parmi ceux
qui déclarent régulièrement leurs impôts, le
patriotisme fiscal reste limité, la majorité des contribuables se
conformant surtout pour éviter des sanctions ou obtenir des documents
officiels. Cependant, une corrélation intéressante peut
être observée. A mesure que les recettes fiscales augmentent, le
nombre de contribuables adoptant une motivation volontaire tend
également à croître. Cela suggère qu'une meilleure
transparence, l'utilisation efficace des ressources publiques et la
communication sur l'impact de l'impôt peuvent renforcer le sentiment de
responsabilité civique et encourager un engagement volontaire plus
massif.
Graphique n°4 :
Évaluation du patriotisme fiscal

Source :Résultats de nos
investigations
Paragraphe 5 : Présentation des facteurs favorisant le
patriotisme fiscal
Pour comprendre les leviers susceptibles de renforcer le
patriotisme fiscal au Bénin, il est essentiel d'examiner les
éléments qui encouragent les citoyens à s'acquitter
volontairement de leurs obligations fiscales.Ces
facteurs favorisant le patriotisme fiscal traduisent à la fois la
confiance des citoyens dans l'État, la transparence de la gestion des
ressources publiques et l'efficacité des services fiscaux. Parmi
ceux-ci, nous pouvons citer :
· Offre gratuite d'un large éventail
d'informations, régulièrement mises à jour, facilement
accessibles et adaptées aux différents groupes de contribuables
à partir de sources multiples et variées, par la DGI ;
· Recueil régulier d'opinionsdes contribuables,
associées à l'élaboration des nouvelles mesures et
procédures par la DGI ;
· Équité dans le traitement des
contribuables amorcée avec l'exigence du quitus fiscal pour les
candidats aux diverses élections ;
· Digitalisation et simplification des services
fiscaux ;
· Lutte efficace contre l'évasion et la fraude
fiscale via la DCFR;
· Confiance dans les institutions publiques ;
· Mesuresfiscales incitatives (mesures codifiées
et non codifiées) ;
· Campagnes de sensibilisation et de communication
adaptées ;
· Crédibilité globale de l'État et
de ses institutions ;
· Sentiment d'appartenance à la nation ;
· Qualité de la relation
administration-contribuable ;
· Augmentation des dépenses fiscales ;
· Renforcement de l'équité dans le
traitement des contribuables ;
· Amélioration du contrôle fiscal et du
recouvrement ;
· Amorçage du volet pédagogique du
contrôle fiscal ;
· Visibilité des investissements publics
financés par l'impôt ;
· Dynamisation de la simplification des formalités
fiscales administratives
· Réputation et crédibilité
del'administration fiscale.
Paragraphe 6 : Présentation des facteurs inhibant le
patriotisme fiscal
Malgré la volonté de
certains citoyens de contribuer au développement de l'État,
plusieurs obstacles peuvent freiner l'émergence du patriotisme fiscal.
Identifier ces facteurs inhibant permet de comprendre pourquoi certains
contribuables restent attachés à une démarche uniquement
obligatoire. Par ailleurs on a :
· Faible traitementde
dossiers contentieux dans le délai légal, soit 3 à 8
traités par mois, sur 15 à 30 reçus par mois sachant que
le délai y afférent est 2 mois ;
· Complexité et évolution
règlementaire permanente du système fiscal ;
· Réticence à l'égard des
technologies fiscales ;
· Pression fiscale perçue comme
excessive ;
· Crainte des sanctions fiscales perçues comme
arbitraires ;
· Influence de la culture et des normes sociales qui
encouragent la méfiance envers les autorités et
l'État ;
· La pression fiscale ressentie dans certains secteurs
économiques ;
· Perception erronée selon laquelle seuls les
contribuables à faible revenu sont tenus de payer des
impôts ;
· La perception d'un système fiscal punitif
plutôt qu'incitatif ;
· Influence de l'égoïsme qui encourage les
contribuables à maximiser leurs gains personnels au détriment de
l'intérêt collectif ;
· Influence de la stigmatisation sociale des
contribuables qui paient leurs impôts, les faisant passer pour des
« rassasiés » ;
· La faible culture fiscale au sein de la
population ;
· La faible exemplarité de certains acteurs
publics face à l'impôt ;
· La perception d'un déséquilibre entre
impôts payés et services publics reçus ;
· Perception erronée selon laquelle les
impôts sont une forme de confiscation injuste des biens et des revenus
des citoyens.
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE
L'ETUDE
CHAPITRE II
CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
L'analyse du comportement fiscal des contribuables et de la
dynamique de mobilisation des recettes publiques ne saurait être
complète sans une étude approfondie des facteurs explicatifs qui
influencent l'adhésion volontaire ou contrainte à l'impôt.
En effet, au-delà du cadre institutionnel et conceptuel, il est
essentiel d'examiner les réalités empiriques qui traduisent
concrètement le niveau de civisme ou de patriotisme fiscal au sein d'un
système fiscal donné. Ces réalités permettent de
mieux comprendre les écarts observés entre les objectifs de
mobilisation des ressources publiques et le comportement effectif des
contribuables.
Dans cette perspective, le présent chapitre
s'intéresse à l'analyse des déterminants du patriotisme
fiscal et des comportements fiscaux en République du Bénin. Il
met en évidence, d'une part, les facteurs susceptibles de favoriser
l'adhésion volontaire des contribuables à l'impôt,
notamment la qualité des services fiscaux, la digitalisation des
procédures, la transparence dans la gestion des ressources publiques et
la confiance envers les institutions. D'autre part, il examine les
éléments susceptibles de freiner cette adhésion, tels que
la perception de la pression fiscale, la complexité du système
fiscal, les insuffisances dans le traitement des contentieux fiscaux ou encore
les influences socioculturelles.
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE ET METHODOLOGIQUE DE
RECHERCHE
SECTION 1 : Cadre théorique de l'étude
Cette section s'attache à dégager les principaux
éléments qui fondent et structurent la problématique de la
recherche. Elle présente successivement la problématique, les
hypothèses, les objectifs poursuivis ainsi que le cadre conceptuel de
l'étude.
Paragraphe 1 : Problématique et intérêts
de l'étude
Dans cette partie, nous mettons en avant la
problématique qui fonde notre démarche et l'intérêt
qui en justifie la pertinence.
1.1 Problématique
La capacité d'un État à mobiliser ses
ressources financières internes dépend largement de
l'adhésion volontaire de ses citoyens au système fiscal. Au
Bénin, malgré l'augmentation significative des recettes fiscales
au cours de la dernière décennie, il reste à
déterminer si cette mobilisation repose sur un engagement volontaire des
contribuables ou uniquement sur la contrainte administrative, la peur des
sanctions, ou l'obtention d'attestation de régularité fiscale
pour diverses fins.
En pratique, de nombreux acteurs économiques
s'acquittent de leurs impôts principalement pour obtenir des attestations
indispensables aux marchés publics, faciliter l'accès aux
prêts bancaires ou éviter la fermeture de comptes ou
d'entreprises. Cette dynamique suggère que, bien que le taux global de
paiement augmente, l'engagement citoyen réel reste limité,
corroborant les analyses de Bird et Zolt (2005) qui soulignent que «?la
mobilisation durable des recettes nécessite un équilibre entre
obligations légales et sentiment de devoir civique ».
Cette problématique est renforcée par la
stigmatisation sociale des contribuables réguliers, souvent
perçus comme des «?rassasiés?», ainsi que par la
méfiance vis-à-vis de l'administration fiscale, qui constituent
des obstacles majeurs à l'émergence d'un patriotisme fiscal dans
le monde.
Le patriotisme fiscal ne se résume pas à payer
l'impôt, mais implique de percevoir cette contribution comme un
instrument d'intérêt collectif. Il intègre la
reconnaissance que le financement de l'État contribue au
développement des infrastructures, à la santé, à
l'éducation et à la sécurité des citoyens. Comme le
relève Sy-Sahande (2017), «?le sentiment d'appartenance et la
confiance dans la gestion des fonds publics sont des facteurs
déterminants pour transformer la contrainte en engagement
volontaire ».
Dans cette perspective, les principes classiques de la
fiscalité permettent de mieux comprendre toute la portée du
patriotisme fiscal dans la consolidation des finances publiques et dans le
développement de l'État. Déjà, Adam Smith
soulignait que l'impôt devait respecter un principe fondamental,
notamment l'équité qui repose sur l'idée que chaque
citoyen doit contribuer aux charges publiques en fonction de ses
capacités contributives. Toutefois, dans les réalités
contemporaines, cette conception purement économique de l'impôt
apparaît insuffisante si elle n'est pas accompagnée d'une
véritable adhésion citoyenne.
En effet, le patriotisme fiscal vient donner une dimension
morale, civique et psychologique au consentement à l'impôt. Il ne
suffit plus que l'impôt soit légalement établi ou
techniquement proportionnel ; encore faut-il que les contribuables
reconnaissent son utilité collective et développent une
volonté sincère de participer au financement des dépenses
publiques. Ainsi, le paiement de l'impôt cesse progressivement
d'être perçu comme une contrainte administrative imposée
par l'État pour devenir l'expression d'un engagement citoyen au service
du développement national. Dans cette logique, le patriotisme fiscal
renforce la légitimité de l'impôt en créant un lien
de confiance entre l'administration fiscale et les contribuables.
Cette relation est d'autant plus importante que la perception
d'injustice fiscale qui constitue l'un des principaux facteurs de l'incivisme
fiscal. Lorsqu'un contribuable estime que le système fiscal est
inéquitable, opaque ou mal géré, il développe
naturellement des comportements de résistance, de fraude ou
d'évasion fiscale. À l'inverse, lorsque les citoyens constatent
que les ressources collectées servent effectivement à financer
les infrastructures publiques, les services sociaux, l'éducation, la
santé ou la sécurité, ils sont davantage disposés
à contribuer volontairement. Le patriotisme fiscal devient alors un
véritable levier de mobilisation des recettes publiques, fondé
non plus uniquement sur la coercition, mais sur la conscience collective et le
sentiment d'appartenance nationale.
Par ailleurs, cette réflexion peut être
rapprochée de la théorie développée par Arthur
Laffer à travers la courbe de Laffer. Cette théorie montre
qu'au-delà d'un certain seuil, une pression fiscale excessive peut
décourager les contribuables, favoriser la fraude et finalement
entraîner une diminution des recettes fiscales. Autrement dit, lorsque
les taux d'imposition deviennent trop lourds, les contribuables peuvent
être tentés de dissimuler leurs revenus ou de contourner leurs
obligations fiscales, ce qui réduit paradoxalement les ressources de
l'État.
Cependant, le patriotisme fiscal permet d'apporter une lecture
plus nuancée de cette théorie. En effet, dans un contexte
où les citoyens développent un fort sentiment de
responsabilité collective et une confiance accrue envers les
institutions publiques, la relation entre taux d'imposition et recettes
fiscales ne dépend plus exclusivement de la contrainte fiscale ou de la
peur des sanctions. Le civisme fiscal et l'attachement à
l'intérêt général deviennent des facteurs capables
de soutenir durablement la mobilisation des recettes publiques. Ainsi,
même en présence d'une pression fiscale relativement importante,
des contribuables animés par un véritable esprit patriotique
peuvent continuer à respecter volontairement leurs obligations fiscales,
parce qu'ils considèrent l'impôt comme une contribution
essentielle au progrès économique et social de leur pays.
Le patriotisme fiscal apparaît alors comme un facteur
stratégique de stabilité budgétaire et de
souveraineté économique. En favorisant l'adhésion
volontaire des contribuables, il permet de réduire les coûts
liés au contrôle fiscal, au contentieux et au recouvrement
forcé. Il contribue également à renforcer la
prévisibilité des recettes publiques et à limiter la
dépendance excessive de l'État vis-à-vis de l'endettement
extérieur ou de l'aide internationale. Dans les pays en
développement notamment, où les besoins de financement des
infrastructures et des politiques sociales sont considérables, le
développement d'une culture de patriotisme fiscal constitue un enjeu
majeur pour la consolidation de l'autonomie financière de
l'État.
Dès lors, le patriotisme fiscal ne peut être
réduit à une simple notion morale ou patriotique ; il
représente un véritable instrument de gouvernance publique, de
justice fiscale et de développement économique. Il traduit la
capacité d'une nation à construire une relation de confiance
durable entre l'État et les citoyens, dans laquelle l'impôt n'est
plus perçu comme une charge arbitraire, mais comme une participation
collective à la construction du bien commun et à la
prospérité nationale.
L'analyse du patriotisme fiscal met en évidence le
rôle fondamental de la confiance des contribuables en l'État et
dans la gestion des ressources publiques. En effet, l'adhésion
volontaire à l'impôt dépend largement de la perception
qu'ont les citoyens de l'utilisation des recettes fiscales et de
l'équité du système fiscal. Lorsque les contribuables
estiment que les ressources collectées servent effectivement au
financement des infrastructures, des services publics essentiels et des
politiques sociales, ils développent progressivement un sentiment de
responsabilité collective et d'appartenance nationale. À
l'inverse, les perceptions de mauvaise gouvernance, d'injustice fiscale ou
d'opacité dans la gestion des finances publiques peuvent fragiliser
l'engagement fiscal des citoyens et renforcer les comportements de
méfiance ou de résistance à l'impôt. Dans ce
contexte, la transparence budgétaire, la visibilité des
réalisations publiques et l'équité dans le traitement des
contribuables apparaissent comme des facteurs déterminants dans le
développement du patriotisme fiscal. Ainsi, la confiance des
contribuables en l'État, soutenue par une gestion publique transparente
et équitable, semble constituer un levier essentiel du
développement du patriotisme fiscal.
Par ailleurs, le patriotisme fiscal demeure fortement
influencé par le niveau d'éducation civique et fiscale des
populations. Dans de nombreux contextes, l'impôt continue d'être
perçu comme une contrainte imposée par l'administration
plutôt que comme une contribution citoyenne destinée au
financement du développement national. Cette perception résulte
souvent d'un déficit de sensibilisation et d'une insuffisante
intégration des notions fiscales dans les parcours éducatifs. En
effet, l'absence d'une véritable éducation civique et fiscale
dès le jeune âge limite la compréhension du rôle
économique, social et politique de l'impôt, et contribue au
maintien de comportements fiscaux essentiellement motivés par la peur
des sanctions ou les obligations administratives. De plus, le manque de culture
fiscale favorise la propagation de perceptions négatives de
l'impôt, parfois considéré comme une charge injuste ou
confiscatoire. Dès lors, l'intégration de l'éducation
fiscale dans les programmes scolaires et universitaires apparaît comme un
instrument stratégique pour développer durablement le patriotisme
fiscal, en inculquant aux citoyens les valeurs de solidarité nationale,
de responsabilité civique et de participation au financement des charges
publiques.
Enfin, le renforcement du patriotisme fiscal suppose
également la mise en oeuvre de mécanismes capables de rapprocher
davantage les contribuables de l'action publique et de valoriser leur
engagement citoyen. À cet égard, les programmes de
sensibilisation fiscale, les campagnes d'information et les dispositifs de
communication sur l'utilisation des recettes fiscales jouent un rôle
essentiel dans l'amélioration de la relation entre l'administration
fiscale et les contribuables. Lorsqu'ils sont régulièrement
informés des réalisations concrètes financées par
leurs contributions, les citoyens développent plus facilement un
sentiment d'utilité et d'appartenance à l'effort collectif de
développement. De même, l'instauration de mécanismes de
reconnaissance des contribuables exemplaires ou de politiques incitatives
favorisant les comportements civiques peut contribuer à renforcer
l'adhésion volontaire à l'impôt. Dans cette perspective, le
développement de programmes éducatifs et de sensibilisation
fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du patriotisme
apparaît comme un moyen privilégié pour concilier
l'efficacité du recouvrement fiscal et l'engagement volontaire des
contribuables dans le financement du développement national.
La problématique centrale de cette étude est
donc de comprendre comment renforcer le patriotisme fiscal au Bénin pour
transformer le paiement de l'impôt en un acte volontaire et responsable,
et non simplement en une obligation subie. C'est dans ce contexte que nous
avons choisi de porter notre étude sur le thème?:
«?LE PATRIOTISME FISCAL EN RÉPUBLIQUE DU
BÉNIN?». La question centrale qui guide notre recherche
est?: « Comment favoriser un engagement volontaire et durable
des contribuables béninois au paiement de l'impôt?? ».
Ainsi,trois problèmes spécifiques découlent de
cette réflexion :
1. Quels facteurs encouragent le développement du
patriotisme fiscal chez les contribuables béninois??
2. Quels éléments freinent ou inhibent
l'adhésion volontaire au paiement de l'impôt??
3. Quelles mesures fiscales peuvent transformer l'obligation
de payer en engagement volontaire et responsable, tout en maintenant
l'efficacité du recouvrement??
Cette problématique oriente la recherche vers des
solutions adaptées au contexte béninois, visant à
renforcer la participation civique et à assurer une mobilisation durable
et optimale des ressources fiscales.
1.2 Intérêts de
l'étude
L'intérêt de cette étude se décline
à plusieurs niveaux, reflétant l'importance du patriotisme fiscal
pour la société, l'administration fiscale et l'économie
béninoise.
ö Intérêt
théorique
Cette étude enrichit la littérature sur la
fiscalité internationale en abordant une dimension nouvelle et bien
négligée qu'est « le patriotisme fiscal ».
Elle analyse les facteurs sociaux, psychologiques et économiques qui
influencent la volonté des contribuables à s'acquitter
volontairement de leurs obligations. Elle permet également de revisiter
certains fondements théoriques, tels que le principe d'Adam Smith et la
courbe de Laffer (par Arthur Laffer), en les adaptant à la
réalité béninoise.
ö Intérêt pratique
Sur le plan pratique, l'étude offre aux
décideurs publics et à l'administration fiscale des
recommandations concrètes pour renforcer l'adhésion volontaire
à l'impôt. Elle identifie les facteurs favorisant ou inhibant le
patriotisme fiscal et propose des stratégies pour instaurer la
transparence, l'équité fiscale et la confiance dans l'utilisation
des ressources publiques. Par ailleurs, elle sensibilise les contribuables
à considérer le paiement de l'impôt comme un acte
volontaire et responsable, dépassant la simple contrainte légale,
et participant directement au bien-être collectif et au
développement national.
ö Intérêt économique et
financier
L'adoption d'un patriotisme fiscal effectif a des
répercussions directes sur la mobilisation durable des recettes
publiques. En augmentant la participation volontaire des contribuables,
l'État bénéficie d'une base fiscale plus large et plus
stable, réduisant sa dépendance aux emprunts et aux financements
externes. Une mobilisation accrue des ressources internes permet de financer
efficacement les infrastructures, les services publics, la santé,
l'éducation et le développement économique, tout en
garantissant la continuité des programmes sociaux.
Paragraphe 2 : Objectif général et
spécifique de l'étude
La détermination de nos objectifs se déclinera
en un objectif général et plusieurs objectifs
spécifiques.
2.1 Objectif général
L'objectif général de ce mémoire est
d'examiner les leviers permettant de renforcer le patriotisme fiscal au
Bénin.
2.2
Objectifs spécifiques
De manière spécifique, des objectifs
découlent des problèmes identifiés et se déclinent
comme suit :
Objectif spécifique 1
Identifier les facteurs qui favorisent l'adhésion
volontaire des contribuables béninois au paiement de l'impôt.
Objectif spécifique 2
Analyser les obstacles et freins qui limitent le
développement du patriotisme fiscal.
Objectif spécifique 3
Proposer des mesures de politiques fiscales susceptibles de
concilier efficacité du recouvrement et engagement citoyen.
Paragraphe 3 : Hypothèses de l'étude
6 Hypothèse spécifique n°1
La confiance des contribuables en l'État, constitue un
levier essentiel du développement du patriotisme fiscal.
6 Hypothèse
spécifiquen°2
L'absence d'éducation civique et fiscale
intégrée dans le parcours scolaire et universitaire constitue un
frein majeur au développement du patriotisme fiscal.
6 Hypothèse spécifique
n°3
Le développement de programmes éducatifs et de
sensibilisation fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du
patriotisme, favorise simultanément l'efficacité du recouvrement
et l'engagement volontaire des contribuables.
SECTION 2 : Revue de littérature et méthodologie
de recherche
Une compréhension solide des bases théoriques
constitue un préalable indispensable pour aborder efficacement les
réalités de l'étude. Ainsi, il apparaît
nécessaire de procéder à une revue de littérature,
afin de mettre en lumière les résultats des recherches
antérieures.
Paragraphe1 : Clarification conceptuelle et revue de
littérature
1.1
Clarification conceptuelle
L'étude du patriotisme fiscal s'inscrit dans une
dynamique plus large de compréhension des comportements des
contribuables face à l'impôt et de l'efficacité des
politiques fiscales dans un État moderne. Cette clarification
conceptuelle vise à définir les notions clés qui
structurent la réflexion.
Fiscalité : Issu
du latin `fiscus'désignant la « bourse de
l'empereur », le terme fiscalité désigne aujourd'hui
l'ensemble des impôts, taxes et règles encadrant leur perception
par l'État et les collectivités. Elle ne se réduit pas
à une fonction technique de financement mais constitue un lien social et
politique entre citoyens et institutions, en soulevant des enjeux de justice et
d'équité dans la répartition des charges publiques.
L'Administration fiscale :
C'est la direction chargée d'asseoir, de liquider, de recouvrer les
impôts et taxes assimilées, puis en assurer le
contrôle.
Incivisme
fiscal :L'incivisme fiscal désigne le
comportement des contribuables qui cherchent à éviter ou
réduire leurs obligations fiscales en contournant volontairement les
lois et règles en vigueur. Il englobe notamment la fraude fiscale,
l'évasion fiscale et toute forme délibéréeportant
sur un refus d'acquitter les obligations fiscales.
Patriotisme fiscal
: Le terme « patriotisme » vient du grec
patriôtçs, qui signifie « compatriote » ou
« membre de la patrie », lui-même issu de patris
« patrie ». Appliqué au contexte fiscal, le patriotisme fiscal
désigne l'attitude des contribuables qui s'acquittent volontairement de
leurs impôts, non seulement par obligation légale, mais par
engagement civique et loyauté envers la nation.
Conformité
volontaire:La conformité volontaire, issue du latin
conformitas « conformité » et voluntarius
« par volonté », désigne dans notre contexte
l'acquittement des obligations fiscales par le contribuable sans contrainte,
par choix conscient, avant toute intervention de l'administration.
Évasion fiscale :
L'évasion fiscale est une forme d'incivisme fiscal dans laquelle les
contribuables tentent délibérément d'échapper
à leurs obligations fiscales en cachant des revenus, en
sous-déclarant des revenus ou en utilisant d'autres moyens pour
éviter de payer des impôts légalement dus.
Fraude Fiscale : La
fraude fiscale désigne l'ensemble des comportements
délibérément illégaux visant à éluder
le paiement des impôts.
Sanctions fiscales : Les
sanctions fiscales désignent l'ensemble des mesures pécuniaires
appliquées aux contribuables en cas de non-respect de leurs obligations
fiscales. Elles peuvent se manifester par des amendes, des
intérêts de retard, des frais de recouvrement ou d'autres
pénalités financières prévues par la
législation. Confiance fiscale: La
confiance fiscale, du latin confidentia « assurance, foi »
et fiscalis « relatif au fisc », traduit la perception
positive du système fiscal par le contribuable. Elle repose sur
l'idée que l'impôt est prélevé équitablement
et que les ressources sont utilisées correctement.
Efficacité des politiques
fiscales : L'efficacité des politiques fiscales
désigne la capacité des mesures et stratégies mises en
place par l'État à atteindre leurs objectifs, notamment en
matière de mobilisation des recettes publiques, de justice fiscale et de
stimulation de la croissance économique.
Consentement à
l'impôt : Le consentement à l'impôt trouve
son origine étymologique dans le latin consentire, qui
signifie « être d'accord » ou « adhérer
volontairement », et impositus, dérivé
de imponere, qui renvoie à l'idée de charge ou
d'obligation imposée. Il désigne, dans son acception
générale, l'adhésion des citoyens au principe de la
contribution fiscale destinée au financement des charges publiques.
Historiquement, il s'enracine dans l'évolution des systèmes
politiques et juridiques, notamment à travers l'affirmation progressive
du principe selon lequel l'impôt ne peut être établi sans
l'accord des représentants du peuple, principe consacré par des
événements majeurs tels que la Magna Carta (document fondamental
scellé en juin 1215 par le roi Jean sans Terre d'Angleterre sous la
pression de ses barons révoltés comportant 63 clauses dont le
douzième interdit au roi de lever le scutage ou l'aide financière
sans "le conseil commun de notre royaume ) et renforcé par la
Révolution française, qui ont consacré la
légitimité démocratique de l'impôt.
Contribuable : Le
contribuable désigne toute personne physique ou morale soumise, en vertu
de la loi fiscale, à l'obligation de contribuer aux charges publiques
par le paiement d'impôts, de taxes ou de redevances.
Étymologiquement, le terme provient du latin contribuere, qui
signifie « apporter avec d'autres » ou « participer à un
effort commun », traduisant ainsi l'idée d'une participation
collective au financement des dépenses de l'État. Sur le plan
juridique, le contribuable est toute entité identifiée par la
législation fiscale comme redevable d'un impôt, soit parce qu'elle
supporte effectivement la charge fiscale (contribuable réel), soit parce
qu'elle est tenue d'en assurer le paiement ou le reversement à
l'administration fiscale (contribuable légal). Sur le plan
économique, il représente l'agent supportant l'incidence fiscale,
c'est-à-dire celui sur qui pèse effectivement le poids de
l'impôt, indépendamment de celui qui le verse. Enfin, dans une
perspective sociologique et comportementale, le contribuable est un acteur
central du système fiscal, dont les attitudes, notamment le civisme ou
l'incivisme fiscal, influencent directement la mobilisation des recettes
publiques et l'efficacité du système fiscal.
Recette fiscale : La recette
fiscale désigne l'ensemble des ressources financières
perçues par l'État ou les collectivités publiques au titre
des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoires,
conformément à la législation en vigueur.
Étymologiquement, le terme « recette » provient du latin
recepta, qui signifie « ce qui est reçu », traduisant
l'idée de sommes encaissées par une autorité publique,
tandis que « fiscale » renvoie au fiscus, désignant
le trésor public. Sur le plan juridique, les recettes fiscales
constituent des fonds publics issus de l'application des lois fiscales et
recouvrés par l'administration compétente, selon des
procédures déterminées de liquidation, d'assiette et de
recouvrement.
1.2
Revue empirique
La question du patriotisme fiscal et de l'adhésion
volontaire à l'impôt a suscité l'intérêt de
plusieurs chercheurs en sciences économiques, fiscales et sociales. Les
travaux existants mettent généralement en évidence
l'influence des facteurs psychologiques, institutionnels, économiques et
éducatifs sur le comportement fiscal des contribuables.
Pour appréhender la genèse de cette
adhésion volontaire, il convient de remonter aux sources doctrinales de
la science économique, là où la légitimité
de l'impôt fut pour la première fois conceptualisée non
comme une spoliation, mais comme une nécessité contractuelle.
À cet égard,Smith (1776) affirme que tout
système fiscal doit respecter quatre principes fondamentaux :
l'équité, la certitude, la commodité et l'économie
de perception de l'impôt. Ces principes conditionnent directement
l'acceptabilité de l'impôt par les contribuables. Dans la
continuité, Musgrave(1959), montre que l'impôt joue trois
rôles essentiels dans l'économie : l'allocation des ressources, la
redistribution des richesses et la stabilisation macroéconomique. Ainsi,
lorsque ces fonctions ne sont pas correctement assurées, la
légitimité du système fiscal est fragilisée. Le
patriotisme fiscal se comprend alors comme l'expression d'un consentement
volontaire à l'impôt, fortement influencé par la perception
de justice et d'efficacité du système fiscal.
Si ces fonctions régaliennes justifient l'existence de
la charge fiscale, elles n'élucident pas pour autant les
mécanismes psychologiques qui dictent l'arbitrage individuel entre
conformité et transgression.C'est précisément ce vide
qu'entendent combler Allingham et Sandmo (1972) en introduisant le paradigme de
l'agent rationneldans leur article Income Tax Evasion: A Theoretical
Analysis. Ces auteurs montrent que le contribuable agit comme un agent
rationnel qui arbitre entre le gain attendu de la fraude et le risque de
sanction. Toutefois, cette approche est enrichie par Slemrod et Yitzhaki
(2002), qui démontrent que la conformité fiscale dépend
également de la complexité du système fiscal et des
coûts de conformité. Ainsi, le comportement fiscal ne peut
être expliqué uniquement par des variables économiques,
mais doit intégrer des facteurs institutionnels et psychologiques. Dans
les pays en développement comme le Bénin, cette complexité
contribue à la persistance de la fraude et à la faiblesse du
patriotisme fiscal.Toutefois, limiter la rationalité du contribuable
à une simple crainte du gendarme fiscal serait occulter l'influence
structurelle des taux d'imposition eux-mêmes sur la psychologie des
acteurs économiques.
Dans une perspective résolument contemporaine et
empirique, l'oeuvre magistrale de Laffer, Domitrovic et Sinquefield (2022)
vient apporter un éclairage disruptif. En effet, l'intégration
des conclusions magistrales des trois (03) auteurs dans l'analyse du
patriotisme fiscal en République du Bénin permet d'enrichir la
revue de littérature d'une dimension contre-intuitive mais empiriquement
vérifiée. C'est celle de la rationalité du contribuable
face à l'incitation fiscale. Dans leur ouvrage de
référence, les auteurs démontrent à travers un
siècle d'histoire macroéconomique que le consentement à
l'impôt n'est pas une posture morale immuable ou un élan de
dévotion civique déconnecté du réel, mais qu'il
réagit de manière chirurgicale aux taux d'imposition
pratiqués. Transposée au contexte béninois, cette
thèse bouscule une approche purement moralisatrice ou répressive
du patriotisme fiscal, souvent pensé sous le seul prisme de la
contrainte légale de la doctrine fiscale. En prouvant que des taux
marginaux prohibitifs ou perçus comme confiscatoires étouffent la
production, alimentent l'économie informelle et transforment le citoyen
en un stratège de l'évitement, l'oeuvre de Laffer et de ses
coauteurs souligne qu'un patriotisme fiscal authentique et durable ne peut
s'épanouir que si l'État garantit un système d'imposition
attractif, juste et modéré. Ainsi, le civisme fiscal au
Bénin ne doit pas être appréhendé comme une
obligation unilatérale, mais comme le fruit d'un équilibre
optimal où la modération de la pression fiscale libère les
forces productives de la nation, augmentant paradoxalement les recettes
globales de l'État tout en convertissant la contrainte légitime
en un engagement civique volontaire et économiquement rationnel.
Cette dialectique entre incitation et consentement trouve un
écho particulièrement singulier lorsqu'on l'éprouve aux
réalités des économies en développement, où
le contrat social est souvent mis à mal par des fragilités
institutionnelles.
En témoignent les travaux de Sow (2011), dans un
mémoire de Master en Sciences Économiques et de Gestion soutenu
à l'Université de Ouagadougou, qui s'est intéressé
aux déterminants de l'incivisme et de la fraude fiscale au Burkina Faso
ainsi qu'à leurs conséquences économiques et sociales.
L'auteur montre que l'incivisme fiscal réduit considérablement
les recettes publiques, accentue les déficits budgétaires et
fragilise la justice fiscale en transférant davantage la charge de
l'impôt sur les contribuables respectueux de leurs obligations. Son
analyse met également en évidence les dimensions psychologiques
du comportement fiscal. S'appuyant notamment sur les travaux de Pompidou et de
Brochier et Tabatoni, il souligne qu'une fiscalité mal perçue
favorise les comportements de fraude et de résistance à
l'impôt. En outre, en référence aux analyses de Sawadogo,
l'auteur considère que le civisme fiscal dépend largement de la
psychologie du contribuable, de sa perception de l'État et de sa
confiance dans les institutions publiques.
Par-delà ces considérations pragmatiques et
économiques, le patriotisme fiscal puise sa source dans une dimension
plus immatérielle, presque sacrée, celle de la
responsabilité éthique du citoyen. Déjà, dans une
approche davantage orientée vers la philosophie juridique et la
responsabilité citoyenne, Holmes (1927) développe l'idée
selon laquelle le respect des obligations civiques constitue une condition
essentielle au maintien de l'ordre social et de la stabilité juridique.
Même si l'auteur n'aborde pas directement la notion contemporaine de
patriotisme fiscal, il considère néanmoins que chaque citoyen a
un devoir moral envers la société, notamment celui de respecter
les lois et de contribuer au financement des charges publiques. Cette approche
permet de comprendre que le paiement de l'impôt ne relève pas
uniquement d'une contrainte légale, mais également d'une
responsabilité citoyenne participant à la préservation du
contrat social.
Dans le domaine des finances publiques, Rajaonarison (2004),
dans un mémoire de DEA soutenu à l'Université Paul
Cézanne Aix-Marseille III, analyse les difficultés liées
au développement du civisme fiscal à Madagascar. L'auteure montre
que l'importance du secteur informel et l'exclusion d'une grande partie de la
population du système fiscal entraînent une double rupture. D'une
part, les contribuables concernés ne paient presque pas d'impôts
et bénéficient très peu des services publics. Cette
situation alimente une perception négative de l'impôt et affaiblit
la légitimité de l'administration fiscale. D'autre part,
l'auteure souligne également que la complexité et le
caractère jugé inéquitable du système fiscal
renforcent les comportements de méfiance à l'égard de
l'impôt. Ces analyses rejoignent les préoccupations liées
au patriotisme fiscal dans les pays en développement, où la
confiance dans l'État demeure un élément central de
l'adhésion volontaire à l'impôt.
Dans la même perspective, Torgler (2007), remet en cause
l'idée selon laquelle le paiement de l'impôt serait uniquement
déterminé par la peur des sanctions ou le risque de
contrôle fiscal. Selon lui, la conformité fiscale dépend
également de facteurs immatériels tels que les valeurs sociales,
la morale fiscale, le sentiment d'appartenance nationale et la confiance dans
les institutions publiques. L'auteur définit ainsi la morale fiscale
comme la motivation intrinsèque poussant les citoyens à payer
volontairement leurs impôts, même en l'absence de fortes
contraintes administratives. Cette approche constitue aujourd'hui l'un des
principaux fondements théoriques des études relatives au
patriotisme fiscal.
Si la morale fiscale constitue le moteur interne de
l'adhésion, encore faut-il que l'interface administrative en facilite
l'expression concrète par des mécanismes de modernisation
efficients. Sous cet angle, Bird et Zolt (2008), dans leurs travaux relatifs
à la modernisation des administrations fiscales dans les pays en
développement, mettent en évidence le rôle de la
technologie dans l'amélioration de la conformité fiscale. Les
auteurs montrent que la digitalisation des procédures fiscales,
notamment les déclarations électroniques, les paiements en ligne
et l'automatisation des traitements, contribue à réduire les
coûts de conformité et à renforcer la transparence
administrative. Selon eux, un système fiscal efficace ne doit pas
uniquement reposer sur les sanctions, mais également sur la
simplification des procédures, l'accessibilité des services
fiscaux et l'amélioration des relations entre l'administration et les
contribuables. Ces analyses sont particulièrement pertinentes dans le
contexte béninois marqué par d'importantes réformes de
digitalisation fiscale.
Cette corrélation entre modernité administrative
et civisme trouve une résonance directe dans nos propres investigations
antérieures.
En effet, concernant nos travaux GNIMAVO (2024), dans le
mémoire portant sur Les facteurs expliquant l'incivisme fiscal et
évaluation des politiques du contentieux de recouvrement, nous
mettons en évidence les limites des mécanismes de recouvrement
lorsque les comportements inciviques persistent au sein de la
société. Ceci montre que la résilience de l'incivisme
fiscal réduit l'efficacité des politiques de contentieux et
fragilise durablement la mobilisation des recettes fiscales. Cette étude
souligne ainsi la nécessité d'aller au-delà de la seule
contrainte administrative pour promouvoir une véritable adhésion
citoyenne à l'impôt.
En définitive, cette fresque littéraire
révèle que ces différents travaux montrent que le
patriotisme fiscal ne dépend pas exclusivement de la contrainte
juridique ou des mécanismes de contrôle fiscal. Il résulte
également de facteurs psychologiques, institutionnels, éducatifs
et sociaux liés à la confiance dans l'État, à la
transparence de la gestion publique, à l'éducation fiscale et
à la perception de l'utilité collective de l'impôt.
Toutefois, peu d'études ont spécifiquement analysé le
patriotisme fiscal dans le contexte béninois sous l'angle de
l'engagement volontaire des contribuables. La présente recherche
s'inscrit donc dans cette perspective en cherchant à mieux comprendre
les facteurs susceptibles de favoriser ou de freiner le développement du
patriotisme fiscal en République du Bénin.
Paragraphe 2 : Méthode de la recherche
Toute recherche scientifique repose sur une méthode
rigoureuse qui oriente la production de connaissances. Elle décrit le
cadre conceptuel adopté, les procédures de sélection des
données, ainsi que les outils mobilisés pour leur analyse et leur
interprétation. Pour cette tâche, l'accent sera mis d'une part sur
la définition de la population d'étude et la détermination
de l'échantillon, et d'autre part sur les techniques de collecte, de
traitement et d'analyse des informations nécessaires.
2.1 Le choix de la population cible et de
l'échantillon
Graphique n°5 : Illustration du choix de la population
cible et de l'échantillon

Source : Résultats de nos
investigations
Le graphique ci-dessus retrace le processus
d'échantillonnage de notre étude. La population cible englobe
l'ensemble des contribuables du département du Littoral,
épicentre économique du Bénin. Afin de concilier rigueur
scientifique et impératifs de faisabilité, un échantillon
représentatif de 100 acteurs a été extrait de cet univers
global, permettant ainsi de garantir la faisabilité du recueil des
données tout en préservant la validité des analyses sur le
patriotisme fiscal.
2.2 Technique, outils de collecte et traitement des
données
Dans les lignes qui suivent, nous expliquons comment les
données ont été recueillies et traitées.
2.2.1 Technique de collecte des
données
Pour mener cette recherche sur le patriotisme fiscal des
contribuables du littoral béninois, nous avons mobilisé plusieurs
techniques complémentaires. Nous avons procédé à
des recherches documentaires dans les bibliothèques de l'ENA, de l'ESAE
et de la DGI, consulté des ouvrages spécialisés, des
articles scientifiques et des ressources disponibles sur Internet. Par
ailleurs, nous avons organisé des séances d'interviews et
d'échanges avec des contribuables et des responsables fiscaux afin de
recueillir des informations de terrain et enrichir notre compréhension
des pratiques et perceptions liées au paiement volontaire de
l'impôt.
2.2.2 Les outils de collecte des
données
Pour recueillir des informations pertinentes sur le
thème et les comportements des contribuables, nous avons utilisé
d'une part des questionnaires structurés, distribués directement
aux contribuables sélectionnés et d'autre part, des formulaires
en ligne via Google Form, offrant une rapidité dans la collecte des
données.
Le questionnaire utilisé dans le cadre de cette
étude est structuré en trois principales sections
complémentaires. La première section porte sur les informations
générales des répondants, notamment la date de
l'enquête ainsi que certaines caractéristiques
socio-professionnelles telles que la qualification ou la fonction
occupée, permettant de situer le profil des enquêtés. La
deuxième section est consacrée aux questions spécifiques
liées à l'objet de l'étude. Elle vise à identifier,
d'une part, les facteurs susceptibles de favoriser le développement du
patriotisme fiscal chez les contribuables béninois, et d'autre part, les
éléments qui freinent ou inhibent l'adhésion volontaire au
paiement de l'impôt. Cette section permet également de recueillir
l'appréciation des enquêtés sur les mesures et politiques
fiscales susceptibles d'améliorer la conformité volontaire.
Enfin, la troisième section est ouverte et porte sur les suggestions des
répondants en vue du renforcement du patriotisme fiscal au Bénin.
Cette dernière partie permet de recueillir des opinions qualitatives
approfondies afin d'enrichir l'analyse des résultats de
l'étude.
2.2.3 Technique de traitement des
données
Les données collectées ont été
traitées à la fois quantitativementet qualitativement, par
analyse thématique des entretiens, questionnaires et échanges.
Paragraphe 3 : Mode de traitement des données et de
vérification des hypothèses
A- Méthode et outils d'analyse des
données
Les données collectées dans le cadre de cette
étude ont fait l'objet d'un traitement essentiellement descriptif et
analytique. Après le dépouillement des questionnaires
administrés aux contribuables, les informations recueillies ont
été classées, regroupées et analysées selon
les différentes thématiques abordées dans l'étude.
L'analyse des données a principalement reposé sur
l'interprétation des réponses obtenues, l'identification des
tendances dominantes ainsi que la comparaison des perceptions exprimées
par les enquêtés concernant le patriotisme fiscal. Les
résultats ont ensuite été présentés sous
forme de tableaux et de graphiques afin de faciliter leur compréhension
et leur exploitation dans l'analyse.
B- Critères de vérifications des
hypothèses
À ce niveau, il s'agit de présenter les
modalités de vérification des hypothèses
spécifiques formulées dans notre étude.
Suivant l'hypothèse spécifique n°1
: «?La confiance des contribuables en l'État, constitue un
levier essentiel du développement du patriotisme fiscal.?» Sa
vérification repose sur le questionnaire d'enquête, et
l'hypothèse sera considérée comme confirmée si la
majorité des répondants affirment que la confiancedes
contribuablesen l'État grâce à une gestion publique
perçue comme plus transparente et équitablefavorisent leur
engagement fiscal.
Suivant l'hypothèse spécifique n°2
: «?L'absence d'éducation civique et
fiscaleintégrée dans le parcours scolaire et universitaire
constitue un frein majeur au développement du patriotisme fiscal.?»
La vérification s'appuie également sur le questionnaire et sera
validée si la majorité des participants reconnaissent que le
manque d'éducation civique et fiscale limite leur motivation à
payer volontairement l'impôt.
Suivant l'hypothèse spécifique n°3
: «Le développement de programmes éducatifs et de
sensibilisation fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du
patriotisme, favorise simultanément l'efficacité du recouvrement
et l'engagement volontaire des contribuables.?» Elle sera confirmée
si la majorité des répondants considèrent que le
développement de programmes éducatifs et de sensibilisation
fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du patriotisme, favorise
simultanément l'efficacité du recouvrement et l'engagement
volontaire des contribuables.
C- Les difficultés et limites de
l'étude
Cette étude a été confrontée
à plusieurs contraintes. L'accès limité aux données
fiscales détaillées et la réticence de certains
contribuables ont restreint la collecte d'informations fiables. De plus, la
taille relativement modeste de l'échantillon et les contraintes
logistiques ont limité l'étendue des observations.
Néanmoins, les informations recueillies restent suffisantes pour
analyser les facteurs influençant le patriotisme fiscal au Bénin
et proposer des recommandations pertinentes.
CHAPITRE III
ANALYSE DES RESULTATS ET RECOMMANDATIONS
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET
RECOMMANDATIONS
Ce troisième chapitre constitue l'étape finale
de la présente étude et s'inscrit dans une démarche
d'analyse empirique des données collectées sur le terrain.
Après avoir posé le cadre théorique, institutionnel et
conceptuel de la recherche, ainsi que présenté les facteurs
explicatifs du patriotisme fiscal, il s'agit à présent
d'exploiter les résultats issus de l'enquête afin d'en
dégager les tendances majeures, d'en assurer l'interprétation et
d'en tirer des enseignements opérationnels.
Dans cette perspective, ce chapitre est consacré, dans
un premier temps, à la présentation et à l'analyse des
résultats issus des enquêtes menées auprès des
contribuables, en vue de mettre en évidence les perceptions, les
comportements et les facteurs explicatifs du patriotisme fiscal. Cette analyse
permettra également de procéder à la vérification
des hypothèses de recherche formulées dans le cadre de
l'étude.Dans un second temps, il sera procédé à un
diagnostic global des résultats obtenus, afin d'identifier les
principaux enseignements de la recherche et de confirmer ou d'infirmer les
hypothèses posées. Enfin, ce chapitre débouche sur la
formulation de recommandations opérationnelles ainsi que sur les
conditions de leur mise en oeuvre.
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET
RECOMMANDATIONS
SECTION 1 : Présentation, analyse des résultats
et validation des hypothèses
Dans cette section, nous présentons et analysons les
résultats de notre recherche, en examinant les données de
l'enquête et en procédant à la vérification des
hypothèses. Sur un échantillon de 100 questionnaires
distribués à la population cible, 91 ont été
dûment remplis et récupérés, soit un taux de retour
de 91 %, et constituent la base des analyses présentées
ci-dessous.
Paragraphe 1 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°1
Les réponses obtenues pour cette question
spécifique sont résumées dans le tableau ci-dessous et
illustrées par le graphique n°6.
Tableau n°2 : Point des réponses à la
question relative au problème spécifique n°1
|
Modalités
|
Nombres d'observations
|
Fréquences relatives
|
Taux
|
|
La confiance accrue des contribuables en l'État
grâce à une gestion publique perçue comme plus transparente
et équitable.
|
34
|
0,3736
|
37,36%
|
|
La conviction que l'impôt constitue un outil de
solidarité nationale et de développement collectif.
|
12
|
0,1319
|
13,19%
|
|
La visibilité des réalisations concrètes
financées par les recettes fiscales (infrastructures, services publics,
programmes sociaux).
|
28
|
0,3077
|
30,77%
|
|
L'existence de mécanismes de reconnaissance ou de
valorisation des contribuables exemplaires.
|
17
|
0,1868
|
18 ,68%
|
|
Total
|
91
|
1
|
100%
|
Source : Résultats de nos
investigations
Graphique n°6 : Point des réponses à la
question relative au problème spécifique n°1

Source : Résultats de nos
investigations
L'analyse des réponses relatives à ce
problème spécifique révèle des facteurs
déterminants pour le développement du patriotisme fiscal.
Ainsi?:
ö Trente-quatre (34) répondants, soit 37,36?%,
considèrent que la confiance des contribuables en l'État,
grâce à une gestion publique perçue comme plus transparente
et équitable, constitue un levier essentiel du patriotisme fiscal?;
ö Douze (12) personnes, soit 13,19?%, soulignent que la
perception de l'impôt comme instrument de solidarité nationale et
de développement collectif favorise l'engagement patriotique fiscal?;
ö Vingt-huit (28) répondants, soit 30,77?%,
estiment que la visibilité des réalisations concrètes
financées par les recettes fiscales (infrastructures, services publics,
programmes sociaux) renforce la participation volontaire des contribuables?;
ö Dix-sept (17) personnes, soit 18,68?%, indiquent que la
mise en place de mécanismes de reconnaissance et de valorisation des
contribuables exemplaires stimule leur adhésion à
l'impôt.
Ces résultats confirment que laconfiance des
contribuables en l'État, constitue un levier essentiel du
développement du patriotisme fiscal.
Paragraphe 2 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°2
Les réponses découlant de la question relative
à ce problème spécifique sont consignées dans le
tableau suivant et représentées par le graphique n°7.
Tableau n°3 : Point des
réponses à la question relative au problème
spécifique n°2
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
Taux
|
|
Le manque d'incitations visibles ou de contreparties
perçues par les contribuables.
|
18
|
0,1978
|
19,78%
|
|
La perception de l'impôt comme une charge punitive
plutôt que comme un instrument de solidarité nationale.
|
24
|
0,2637
|
26,37%
|
|
L'absence d'une véritable éducation civique et
fiscale intégrée dans le parcours scolaire et universitaire.
|
28
|
0,3077
|
30,77%
|
|
L'insuffisance de dispositifs de reconnaissance ou de
valorisation des contribuables exemplaires.
|
21
|
0,2308
|
23,08%
|
|
Total
|
91
|
1
|
100%
|
Source : Résultats de nos
investigations
Graphique n°7 : Point des réponses à la
question relative au problème spécifique n°2

Source : Résultats de nos
investigations
L'examen des réponses recueillies au sujet de ce
deuxième problème spécifique met en lumière les
principaux freins au développement du patriotisme fiscal. Ainsi :
ö Dix-huit (18) enquêtés, soit 19,78 %,
estiment que l'absence d'incitations concrètes ou de contreparties
perceptibles décourage l'adhésion des contribuables au
système fiscal ;
ö Vingt-quatre (24) personnes, soit 26,37 %,
considèrent que la perception de l'impôt comme une charge
punitive, plutôt que comme un outil de solidarité nationale,
constitue un obstacle majeur ;
ö Vingt-huit (28) répondants, soit 30,77 %,
relèvent que l'absence d'une véritable éducation civique
et fiscale intégrée dans le parcours scolaire et universitaire
alimente la persistance de comportements inciviques ;
ö Vingt-et-un (21) participants, soit 23,08 %, soulignent
que l'insuffisance de mécanismes de reconnaissance et de valorisation
des contribuables exemplaires limite l'engagement volontaire à
l'impôt.
De manière générale, ces résultats
mettent en évidence que le déficit d'éducation fiscale,
conjugué à une perception négative de l'impôt et
à l'absence de dispositifs de valorisation des contribuables, constitue
un frein structurel à l'essor du patriotisme fiscal au Bénin.
Paragraphe 3 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°3
L'exploitation des réponses relatives à ce
problème spécifique est consignée dans le tableau suivant
et représentée de manière visuelle par le graphique
n°8.
Tableau n°4 : Point des
réponses à la question relative au problème
spécifique n°3
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
Taux
|
|
La mise en place de mécanismes transparents de suivi et
de communication sur l'utilisation des recettes fiscales.
|
35
|
0,3846
|
38,46%
|
|
L'instauration de politiques incitatives valorisant les
contribuables civiques (réductions, distinctions, labels de
citoyenneté fiscale).
|
14
|
0,1538
|
15,39%
|
|
L'intégration des citoyens dans le processus de
définition et de suivi des politiques fiscales.
|
06
|
0,0659
|
06,59%
|
|
Le développement de programmes éducatifs et de
sensibilisation fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du
patriotisme.
|
36
|
0,3956
|
39,56%
|
|
Total
|
91
|
1
|
100%
|
Source : Résultats de nos
investigations
Graphique n°8 : Point des réponses à la
question relative au problème spécifique n°3

Source : Résultats de nos
investigations
L'examen du tableau et du graphique qui précède
révèle que sur les quatre-vingt-onze (91) personnes
interrogées :
ö trente-cinq (35) personnes, soit 38,46% des
enquêtés, estiment que la mise en place de mécanismes
transparents de suivi et de communication sur l'utilisation des recettes
fiscales constitue la solution principale à ce problème ;
ö quatorze (14) personnes, soit 15,39% des
enquêtés, considèrent que l'instauration de politiques
incitatives valorisant les contribuables civiques (réductions,
distinctions, labels de citoyenneté fiscale) est une réponse
appropriée ;
ö six (6) personnes, soit 6,59% des
enquêtés, pensent que l'intégration des citoyens dans le
processus de définition et de suivi des politiques fiscales est la
clé pour y remédier ;
ö trente-six (36) personnes, soit 39,56% des
enquêtés, jugent que le développement de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale est la voie la plus efficace
pour renforcer le patriotisme fiscal et l'engagement volontaire.
Dès lors, nous pouvons conclure ici, que le
développement de programmes éducatifs et de sensibilisation
fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du patriotisme, favorise
simultanément l'efficacité du recouvrement et l'engagement
volontaire des contribuables.
SECTION 2 : Diagnostic de l'étude, suggestions et
recommandations
Paragraphe 1 : Validation des hypothèses et
établissement du diagnostic
Cette partie est consacrée à la
vérification des hypothèses émises, sur la base des seuils
de décision retenus, et à l'établissement d'un diagnostic
propre à chaque problématique étudiée.
1.1 Validation des hypothèses
La vérification revient à apprécier la
validité des hypothèses à partir de l'analyse des
données recueillies. Le seuil de décision retenu stipule que
l'hypothèse confirmée est celle présentant la proportion
la plus élevée de réponses favorables.
1.1.1 Degré de validation de l'hypothèse
n°1
Les données quantitatives issues de notre enquête
indiquent que le problème spécifique n°1 trouve ses causes
principales, par ordre d'importance :
ü la confiance accrue des contribuables en l'État
grâce à une gestion publique perçue comme plus transparente
et équitable : 37,36 % ;
ü la visibilité des réalisations
concrètes financées par les recettes fiscales (infrastructures,
services publics, programmes sociaux) : 30,77 % ;
ü l'existence de mécanismes de reconnaissance ou
de valorisation des contribuables exemplaires : 18,68 % ;
ü la conviction que l'impôt constitue un outil de
solidarité nationale et de développement collectif : 13,19 %.
Ainsi, l'hypothèse spécifique n°1, selon
laquelle la confiance des contribuables en l'État, constitue un levier
essentiel du développement du patriotisme fiscal, se trouve
confirmée.
1.1.2 Degré de validation de l'hypothèse
n°2
Les données quantitatives issues de notre enquête
révèlent que le problème spécifique n°2 est
expliqué, par ordre d'importance :
ü l'absence d'une véritable éducation
civique et fiscale intégrée dans le parcours scolaire et
universitaire : 30,77 % ;
ü l'insuffisance de dispositifs de reconnaissance ou de
valorisation des contribuables exemplaires : 23,08 % ;
ü la perception de l'impôt comme une charge
punitive plutôt que comme un instrument de solidarité nationale :
26,37 % ;
ü le manque d'incitations visibles ou de contreparties
perçues par les contribuables : 19,78 %.
Par conséquent, l'hypothèse spécifique
n°2, selon laquelle l'absence d'éducation civique et fiscale
intégrée dans le parcours scolaire et universitaire constitue un
frein majeur au développement du patriotisme fiscal, est
confirmée.
1.1.3 Degré de confirmation de
l'hypothèse n°3
L'analyse des réponses concernant le problème
spécifique n°3 révèle que :
ü trente-six (36) personnes, soit 39,56 % des
enquêtés, jugent que le développement de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale constitue la voie la plus
efficace pour renforcer le patriotisme fiscal et l'engagement volontaire ;
ü trente-cinq (35) personnes, soit 38,46 %, estiment que
la mise en place de mécanismes transparents de suivi et de communication
sur l'utilisation des recettes fiscales est la solution principale ;
ü quatorze (14) personnes, soit 15,39 %,
considèrent que l'instauration de politiques incitatives valorisant les
contribuables civiques (réductions, distinctions, labels de
citoyenneté fiscale) est une réponse appropriée ;
ü six (6) personnes, soit 6,59 %, pensent que
l'intégration des citoyens dans le processus de définition et de
suivi des politiques fiscales est la clé pour y remédier.
Par conséquent, l'hypothèse spécifique
n°3, selon laquelle la mise en oeuvre des mécanismes transparents
de suivi et de communication sur l'utilisation des recettes fiscales au
Bénin favorise simultanément l'efficacité du recouvrement
et l'engagement volontaire des contribuables, reste confirmée.
1.2 Etablissement du diagnosticet discussions des
résultats obtenus
1.2.1 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°1
L'analyse des données révèle que la
confiance des contribuables en l'État, renforcée par une gestion
publique perçue comme transparente et équitable, constitue le
facteur le plus déterminant dans le développement du patriotisme
fiscal. Ainsi, l'hypothèse spécifique n°1 est
confirmée.
Les résultats obtenus montrent que la confiance des
contribuables envers l'État constitue un facteur essentiel dans le
développement du patriotisme fiscal. En effet, plus les citoyens
perçoivent une gestion transparente, équitable et efficace des
ressources publiques, plus ils sont disposés à respecter
volontairement leurs obligations fiscales. À l'inverse, lorsque les
contribuables estiment que les fonds publics sont mal utilisés ou que
les retombées de l'impôt restent peu visibles dans leur quotidien,
leur adhésion à l'impôt diminue progressivement.En effet,
nous avons pu constater que les réticences et les comportements
d'évitement des contribuables ne procèdent pas
systématiquement d'une volonté intrinsèque de fraude, mais
plutôt d'une crise de redevabilité.
Ces résultats confirment que le patriotisme fiscal
dépend fortement de la qualité de la gouvernance publique et de
la perception de justice fiscale. Ils rejoignent les analyses de Torgler, selon
lesquelles la conformité fiscale est largement influencée par la
confiance accordée aux institutions publiques.
1.2.2 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°2
Les résultats montrent que l'absence d'éducation
civique et fiscale intégrée dans le parcours scolaire et
universitaire constitue le principal obstacle au développement du
patriotisme fiscal, et de la perception de l'impôt comme une charge
punitive. Par conséquent, l'hypothèse spécifique n°2
est confirmée.
La validation empirique de l'hypothèse
spécifique n°2 démontre que l'absence d'apprentissage
civique et fiscal tout au long du parcours académique est le principal
vecteur de la perception de l'impôt comme une "charge punitive".
Ce résultat valide le modèle du «Slippery
Slope» de Kirchler (2007), qui soutient que la confiance envers
l'autorité fiscale s'effondre au profit d'un sentiment de punition en
l'absence d'une éducation précoce au bien commun. De même,
Chatterjee (2012) rappelle que le déficit de culture fiscale dans les
pays en développement nourrit l'aliénation du citoyen, qui
assimile le prélèvement à une spoliation faute d'en
comprendre les contreparties budgétaires. Enfin, cette dynamique rejoint
les conclusions de Djeunou et Ngameni (2019) en Afrique subsaharienne, pour qui
le patriotisme fiscal n'est pas un réflexe spontané, mais une
compétence civique qui s'enseigne. Les données du Littoral
confirment ainsi que pour transformer l'impôt-sanction en
impôt-citoyen en République du Bénin, l'outil
éducatif s'avère plus structurel que la seule contrainte
légale.
1.2.3 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°3
Les réponses des enquêtés indiquent que le
développement du patriotisme fiscal et l'encouragement de l'engagement
volontaire reposent avant tout sur la mise en oeuvre de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale, complétés par des
mécanismes transparents de suivi et de communication sur l'utilisation
des recettes fiscales. En conséquence, l'hypothèse
spécifique n°3 se trouve validée.
La validation de l'hypothèse spécifique n°3
consacre une approche bidimensionnelle du civisme, articulant l'acculturation
citoyenne et la reddition de comptes. En démontrant que le patriotisme
fiscal et l'engagement volontaire se nourrissent prioritairement de programmes
éducatifs couplés à une transparence budgétaire
miroir, nos résultats corroborent la théorie de la "Gouvernance
Interactive" de Kooiman (2003). Cet auteur soutient que l'obéissance
civile n'est plus le produit d'une injonction verticale de l'État, mais
d'une co-construction où l'information partagée légitime
l'action publique. De même, ce constat s'inscrit dans le prolongement
direct des travaux de Fjeldstad et Semboja (2001) sur le consentement à
l'impôt en Afrique subsaharienne. Leurs recherches empiriques prouvent
que la sensibilisation fiscale reste inefficace si elle ne s'accompagne pas de
mécanismes visibles de traçabilité des dépenses. Le
contribuable n'accepte de s'éduquer à l'impôt que s'il
constate l'impact tangible des recettes sur le développement local.
Enfin, cette convergence valide les conclusions de Besley (2020) sur
l'État fiscal (Fiscal State), selon lesquelles la communication
transparente sur l'utilisation des deniers publics est le principal catalyseur
de la confiance institutionnelle. Les données recueillies dans le
Littoral confirment ainsi qu'au Bénin aussi, le patriotisme fiscal ne
peut émerger de la seule contrainte légale, mais requiert un
pacte de transparence où l'éducation fiscale devient le vecteur
d'un contrôle citoyen constructif.
Paragraphe 2 : Recommandations
2.1 Recommandations relatives au problème
n°1
Pour renforcer le patriotisme fiscal en s'appuyant sur la
confiance des contribuables en l'État, il est recommandé
d'adopter une approche intégrée combinant transparence,
visibilité et reconnaissance. Il convient de publier
régulièrement des rapports clairs et accessibles sur
l'affectation des recettes fiscales et de mettre en place des plateformes
numériques interactives permettant aux citoyens de suivre
concrètement l'usage des fonds publics. Parallèlement, la
visibilité des réalisations financées par l'impôt,
telles que les infrastructures, services publics et programmes sociaux, doit
être accentuée via des panneaux informatifs et des campagnes de
communication médiatique et sur les réseaux sociaux.
2.2 Recommandations relatives au problème
n°2
Pour pallier le frein que constitue l'absence
d'éducation civique et fiscale dans le parcours scolaire et
universitaire, il est recommandé d'intégrer
systématiquement des modules d'éducation fiscale et citoyenne
à tous les niveaux d'enseignement. Ces modules devraient aborder non
seulement les obligations et droits fiscaux, mais également le
rôle de l'impôt dans le développement économique et
social, et l'importance du respect des règles fiscales pour la
solidarité nationale. Parallèlement, des programmes de
sensibilisation ciblés, tels que des ateliers, conférences et
campagnes médiatiques, doivent être mis en place pour toucher la
population adulte et renforcer la culture fiscale au sein de la
société. Les établissements scolaires et universitaires
pourraient collaborer avec l'administration fiscale pour proposer des
simulations pratiques de déclaration et de suivi des impôts,
permettant aux étudiants de comprendre concrètement le
fonctionnement du système fiscal.
Face à ce défi structurel, la réponse ne
saurait rester purement théorique car elle exige des contributions
pragmatiques et immédiates de vulgarisation dont nous nous faisons
personnellement l'écho. C'est précisément dans cette
perspective d'émancipation cognitive que s'inscrit notre engagement
éditorial actuel, matérialisé par la conception et la mise
en ligne de livrets didactiques déjà accessibles aux acteurs
économiques, ainsi que par la préparation d'ouvrages de
référence que nous ambitionnons de sortir ultérieurement.
En investissant le champ de la production littéraire et scientifique,
notre démarche ambitionne de démythifier la technicité du
droit fiscal en général et béninois en particulier,
notamment les contours souvent opaques de la Taxe sur la Valeur Ajoutée
(TVA) pour substituer une culture de la clarté.
Cette volonté de vulgarisation fiscale ne relève
d'ailleurs pas d'une simple ambition future, mais s'inscrit déjà
dans une dynamique concrète de production intellectuelle et de diffusion
du savoir. En effet, plusieurs livrets techniques que nous avons conçus
sont d'ores et déjà accessibles en ligne afin de contribuer
à une meilleure compréhension des règles fiscales par les
contribuables, les étudiants, les praticiens et les opérateurs
économiques. Parmi ces publications figurent notamment un livret
consacré au report déficitaire en fiscalités
béninoise et française, un autre portant sur le traitement fiscal
de la rémunération du dirigeant en fiscalités
béninoise et marocaine, ainsi qu'un livret relatif au recours gracieux
en fiscalité béninoise. À ceux-ci s'ajoute un ouvrage
didactique consacré à l'exigibilité de la Taxe sur la
Valeur Ajoutée (TVA), abordée sous l'angle comparatif des
fiscalités béninoise, togolaise et française. Plus
récemment, nous avons participé, aux côtés de six
autres auteurs africains, à la conception et à la mise en ligne
d'un livret régional des échéances fiscales recensant les
principales obligations déclaratives et de paiement applicables au
Bénin, au Togo, au Cameroun, au Sénégal et en Côte
d'Ivoire. Ces différentes publications témoignent de notre
engagement en faveur de la démocratisation du savoir fiscal et de notre
conviction que le renforcement du patriotisme fiscal passe également par
une meilleure accessibilité de l'information, une pédagogie
adaptée et une appropriation progressive des règles fiscales par
l'ensemble des citoyens.
2.3 Recommandations relatives au problème
n°3
Afin de promouvoir le patriotisme fiscal et d'encourager
l'engagement volontaire des contribuables, il est crucial d'instaurer des
mécanismes transparents de suivi et de communication sur l'utilisation
des recettes fiscales, permettant aux citoyens de mesurer concrètement
l'impact de leurs contributions sur le développement national. La mise
en place de plateformes interactives et la diffusion régulière de
rapports accessibles renforceront la confiance des contribuables dans la
gestion publique. Parallèlement, l'instauration de politiques
incitatives valorisant les comportements civiques, telles que des distinctions
publiques, des réductions ciblées ou des labels de
citoyenneté fiscale, contribuera à stimuler la conformité
volontaire.
Paragraphe 3 : Les conditions de mise en
oeuvre
Il s'agit de préciser les conditions essentielles
à respecter pour assurer la mise en oeuvre efficace des recommandations.
Nous pouvons retenir notamment :
) L'existence d'une volonté
politique forte et d'un engagement institutionnel clair pour soutenir les
réformes et garantir leur pérennité.
) Assurer une information continue sur l'utilisation des
recettes fiscales et les résultats concrets pour valoriser l'engagement
des contribuables.
) Intégrer l'éducation civique et fiscale dans
les parcours scolaires, universitaires et professionnels pour développer
le patriotisme fiscal dès le plus jeune âge.
) La disponibilité et
l'utilisation efficace des outils technologiques et des infrastructures
nécessaires pour assurer le suivi, la communication et la
sensibilisation des contribuables.
) Le renforcement des capacités des acteurs de
l'éducation et de l'administration
) La mise en place d'un cadre de concertation
public-privé inclusif
) L'instauration d'un mécanisme d'évaluation et
d'audit des politiques de sensibilisation
|
Niveau d'analyse
|
Problèmes
|
Objectifs
|
Hypothèses
|
Suggestions
|
|
Niveau général
|
Comment favoriser un engagement volontaire et durable des
contribuables béninois au paiement de l'impôt??
|
Examiner les leviers permettant de renforcer le patriotisme fiscal au Bénin, afin
de transformer le paiement de l'impôt en un acte volontaire, durable et
responsable.
|
|
|
|
Niveaux spécifiques
|
1
|
Quels facteurs encouragent le
développement du patriotisme fiscal chez les contribuables
béninois??
|
Identifier les facteurs qui favorisent l'adhésion
volontaire des contribuables béninois au paiement de l'impôt.
|
La confiance des contribuables en l'État, constitue un
levier essentiel du développement du patriotisme fiscal.
|
- Publier régulièrement l'utilisation des
recettes fiscales et les résultats des projets financés.
- Mener les audits réguliers de plus en plus
dynamisés.
|
|
2
|
Quels éléments
freinent ou inhibent l'adhésion volontaire au paiement de
l'impôt??
|
Analyser les obstacles et freins qui limitent le
développement du patriotisme fiscal.
|
L'absence d'une véritable éducation civique et
fiscale intégrée dans le parcours scolaire et universitaire
constitue un frein majeur au développement du patriotisme fiscal.
|
- Organiser des ateliers et sessions de
sensibilisation sur le rôle de l'impôt et les
responsabilités civiques.
- Intégrer le patriotisme fiscal dans
le cursus éducatif.
|
|
3
|
Quelles mesures fiscales peuvent transformer l'obligation de
payer en engagement volontaire et responsable, tout en maintenant
l'efficacité du recouvrement??
|
Proposer des mesures de politiques fiscales susceptibles de
concilier efficacité du recouvrement et engagement citoyen
|
Le développement de programmes éducatifs et de
sensibilisation fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du
patriotisme, favorise simultanément l'efficacité du recouvrement
et l'engagement volontaire des contribuables.
|
-Lancer des campagnes
régulières de sensibilisation médiatique.
-Mettre en place des plateformes interactives
de suivi et d'information.
|
Tableau n°5 : Tableau de
synthèse de l'étude
CONCLUSION
CONCLUSION
L'étude menée sur le patriotisme fiscal en
République du Bénin révèle que l'engagement
volontaire des contribuables repose sur des facteurs multiples et
interconnectés. À travers l'analyse des données
collectées, il apparaît que La confiance des contribuables en
l'État, constitue un levier essentiel du développement du
patriotisme fiscal. En effet, comme le soulignait l'ex ministre d'État
en charge de l'Économie et des Finances et actuel Président de la
République,SEM Romuald WADAGNI, dans son discours suite à la
transmission du projet de loi de finances pour la gestion 2025 : « La
loi de finances est le document qui retrace toutes les sources de revenus que
l'État compte collecter, de même que les prêts et dons
à mobiliser, pour financer les dépenses envisagées pour le
bien-être de toute la population ». Cette transparence dans la
gestion des ressources publiques est cruciale pour instaurer une relation de
confiance entre l'administration fiscale et les citoyens.
Par ailleurs, l'absence d'une véritable
éducation civique et fiscale intégrée dans le parcours
scolaire et universitaire constitue un frein majeur au développement du
patriotisme fiscal. Les résultats de notre enquête indiquent que
30,77 % des répondants perçoivent ce manque comme un
obstacle significatif. Il est donc impératif d'intégrer des
programmes éducatifs sur la fiscalité dès le plus jeune
âge, afin de sensibiliser les futurs citoyens à l'importance de
leur contribution fiscale pour le développement national.
En outre, le développement de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale renforçant le sens du
devoir fiscal et du patriotisme, favorise simultanément
l'efficacité du recouvrement et l'engagement volontaire des
contribuables. Les données de notre étude montrent que 39,56
% des enquêtés estiment que le développement de
programmes éducatifs et de sensibilisation fiscale constitue la voie la
plus efficace pour renforcer le patriotisme fiscal et l'engagement
volontaire.
Par conséquent, pour instaurer une culture fiscale
durable au Bénin, il est essentiel de renforcer la transparence dans la
gestion des ressources publiques, d'intégrer l'éducation civique
et fiscale dans le système éducatif et de développer des
programmes de sensibilisation adaptés.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
I- Livres et revues
§ Allingham et Sandmo (1972) Income Tax Evasion: A
Theoretical Analysis
§ Alm, J., Jackson, B., & McKee, M. (2012). Fiscal
Compliance and Civic Duty Journal of Economic Behavior & Organization,
80(1) ;
§ Alm, (2016) « Tax Compliance and Tax Morale : A
Theoretical and Empirical Analysis » ;
§ Alm, J. (2012), « Measuring, Explaining, and
Controlling Tax Evasion: Lessons from Theory, Experiments, and Field Studies
», International Tax and Public Finance, Vol. 19, n°1, pp. 54-77 ;
§ Bird, Richard M. et Zolt, Eric M. (2008) «
Technology and Taxation in Developing Countries: From Hand to Mouse ».
National Tax Journal, vol. 61, n° 4, décembre, p. 791-821
;
§ Chatterjee, L. (2012). Tax literacy and taxpayer
compliance in developing socio-economic structures. Journal of African
Development and Fiscal Studies, 14(2), 45-63 ;
§ Cobham, A. (2022), « La fiscalité en faveur
d'un nouveaucontrat social», Finance & Développement.
FMI. Mars 2022. Pp : 31-33 ;
§ Djeunou, G., & Ngameni, R. (2019).
L'éducation civique comme levier du consentement à l'impôt
: Une analyse des comportements fiscaux en Afrique subsaharienne. Revue
Africaine de Sciences Politiques et de Gestion, 8(3), 112-135
§ Kirchler, E. (2007). The Economic Psychology of Tax
Behaviour Cambridge University Press ;
§ Laffer, A. B., Domitrovic, B., & Sinquefield, J. C.
(2022). Taxes Have Consequences: An Income Tax History of the United
States. Post Hill Press.
§ Musgrave,(1959)The Theory of Public Finance
;
§ Serlooten P. &Debat O. (2019), « Droit
fiscal des affaires »,17ième édition
DALLOZ ;
§ Torgler, Benno. (2007). Tax Compliance and Tax Morale:
A Theoretical and Empirical Analysis. Edward Elgar Publishing ;
§ Rapport 2023 de l'OPEN Budget Survey ;
§ Rapport d'activités DGI-2024 ;
§ Rapport d'activités DGI-2025 ;
§ Rapport d'étude de l'enquête de
satisfaction des usagers de la DGI-2021 ;
§ Rapport de l'enquête de satisfaction des usagers
clients de la DGI-2024 ;
§ Rapport Final Evaluation TADAT-DGI BENIN 2023 ;
§ Richard M. Bird & Eric M. Zolt, Technology and
Taxation in Developing Countries: From Hand to Mouse, National Tax Journal,
Vol. 61, No 4 ;
§ Statistiques des recettes publiques en Afrique
2023, de l'OCDE ;
§ Slemrod, Yitzhaki (2002),Tax Avoidance, Evasion,
and Administration ;
§ Smith (1776), An Inquiry into the Nature and Causes
of the Wealth of Nations ;
§ SY-SAHANDE, Sanata. (2017). Taxing Clients? How
Clientelism Hurts Citizen Tax Morale in Benin, Princeton University /
World Bank Development Blog.
II- Mémoires
§ Lawadoun Achille Constant SOW Institut international de
management de Ouagadougou Burkina Faso, Master 2 en management et droit des
affaires 2011
§ Régis Emiliano S. GNIMAVO, Les facteurs
expliquant l'incivisme fiscal et l'évaluation des politiques du
contentieux de recouvrement, Mémoire de Licence 3 en Administration des
impôts, ESAE, Juin2024
§ Vola Marielle RAJAONARISON Université Paul
Cézanne, Aix Marseille 3, DEA Finances Publiques et Fiscalité
2004
III- Textes réglementaires
§ Arrêté n°
2061/MEF/CAB/SGM/DGI/SP/192SGG21 du 29 juillet 2021 portant Attributions,
Organisation et Fonctionnement de la DGI
§ Article 14 de la déclaration des droits de
l'homme et du citoyen du 26 Aout 1789
§ Code général des impôts, 2026
§ Décret n°2015/PR/MFAE du 26 Juin 1967
§ Décret n°2014-757 du 26 Décembre
2014 portant AOF du MEF
§ Décret n° 2021-307 du 09 juin 2021 portant
attributions, organisation et fonctionnement du Ministère de
l'Économie et des Finances
§ Loi n°2013-01 du 14 Août 2013 portant code
foncier et domanial en République du Bénin
IV- Autres
§ Banque mondiale (2025). Rapport sur les
Perspectives économiques du Bénin : Accroître la
mobilisation des recettes intérieures.
§ Outil diagnostique d'évaluation de l'administration
fiscale_TADAT 2024
§ Plans d'Orientation Stratégique de
l'Administration Fiscale (POSAF) 2017- 2021 et 2023-2027
§ Politique Nationale de Financement du
Développement 2024-2033, Ministère de l'Économie et des
Finances du Bénin, Cotonou, Mai 2024
§ Rapport de Présentation de la Loi de Finances
pour la gestion 2024, Ministère de l'Économie et des Finances du
Bénin Cotonou, Décembre 2023
§ Rapport de la Banque mondiale sur les Perspectives
économiques du Bénin (Juin 2025), intitulé «
Accroître la mobilisation des recettes intérieures tout en
protégeant les pauvres », dresse un bilan complet de la situation
fiscale et budgétaire du pays.
§ Sy-Sahande, A. (2021), La morale fiscale en Afrique de
l'Ouest : enjeux et perspectives. L'Harmattan, Paris.
ANNEXES
DGI
ANNEXE I : Organigramme de la Direction
Générale des Impôts
Secrétariat Administratif
DGAI
Conseiller chargé du suivi des réformes
Conseiller chargé de la fiscalité locale
Conseiller chargé des Restes à Recouvrer
CGFN
Assistant du Directeur
CQGR
CSC
IGS
DI
DPSE
CFPI
DCFR
DGE
RNI
DGR
DLC
DDI/Atlantique
DDI/Ouémé-Plateau
DDI/Littoral
DDI/Zou-Collines
DDI/Borgou-Alibori
DDI/Atacora-Donga
DDI/Mono-Coufffo
CET
CIPE
CIME
CSC : Cellule de Services aux
Contribuables DCFR :
Direction du Contrôle Fiscal et du Renseignement
CQGR : Cellule de Qualité et de
la Gestion des Risques DGE : Direction
des Grandes Entreprises
CGFN : Cellule de Gestion des Factures
Normalisées DDI : Direction
Départementale des Impôts
IGS : Inspection Générale
des Services
CIME : Centre des Impôts des Moyennes Entreprises
DI : Direction de l'Informatique
CIPE :
Centre des Impôts des Petites Entreprises
DLC : Direction de la Législation
et du Contentieux CET : Centre
de l'Enregistrement et du Timbre
DPSE : Direction de la Planification
Stratégique et des Etudes Personnes
et structures rattachées au DGI
DGR : Direction de la Gestion des
Ressources
Direction opérationnelles à compétence nationale
CFPI : Centre de Formation
Professionnelle des Impôts
Direction opérationnelles à compétence territoriale
ANNEXE II : Questionnaire n°1
Dans le cadre de la rédaction de notre mémoire,
nous menons une investigation afin d'obtenir des informations sur le sujet de
recherche qu'est : « Le Patriotisme fiscal en République du
Bénin. ». A cet effet, nous voulons solliciter votre
collaboration et votre disponibilité pour mener ladite investigation en
répondant aux questions ci-dessous.
I. Informations générales
1. Date : /___/___/___/
2. Nom et prénoms (facultatif) :
..................................................................
3. Qualification ou fonction : ......
...............................................................
II- Questions spécifiques
4. Quels facteurs encouragent, selon vous, le
développement du patriotisme fiscal chez les contribuables
béninois??
Non implication des contribuables dans le processus des
réformes fiscales ?
Manque de confiance aux gouvernants ?
Accroissement des offres de pratiques malveillantes des
intermédiaires fiscaux et l'ignorance des fondements ?
Insuffisance de communication et de sensibilisation sur les
réformes fiscales ?
5. Quels éléments freinent ou inhibent, selon
vous, l'adhésion volontaire au paiement de l'impôt??
L'incivisme fiscal et l'insuffisance d'agents de poursuites
qualifiés ?
Ignorance de la réglementation fiscale par les
contribuables ?
Le manque de moyens matériels et financiers?
La mauvaise formation des agents de poursuites ?
6. Quelles mesures fiscales peuvent transformer l'obligation
de payer en engagement volontaire et responsable, tout en maintenant
l'efficacité du recouvrement??
La faiblesse de l'arsenal répressif conduit à
la déficience des politiques du contentieux de recouvrement ?
La résilience de l'incivisme fiscal conduit à
la déficience des politiques du contentieux de recouvrement ?
La lourdeur administrative conduit à la
déficience des politiques du contentieux de recouvrement ?
III- Suggestions pour renforcer le patriotisme fiscal au
Bénin, afin de transformer le paiement de l'impôt en un acte
volontaire, durable et responsable.
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
......................................................................................................
Merci pour votre contribution.
ANNEXE III : Questionnaire n°2
Cette enquête vise à comprendre vos motivations
au paiement de l'impôt. Vos réponses resteront
confidentielles.Aucun fonctionnaire ou fiscaliste n'est admis à cette
collecte de données.
Qu'est-ce qui vous motive à payer les
impôts ?
1. Payer pour se conformer aux obligations légales et
obtenir les attestations nécessaires, tout en évitant les
rectifications.
2. Payer parce que c'est un devoir citoyen, contribuant
volontairement au développement du pays.
3. Payer «?comme tout le monde?», sans réelle
conviction personnelle.
Questionnaire sur le patriotisme fiscal _ Contribuables du
secteur privé
Merci pour votre contribution.
TABLES
DES MATIERES
AVERTISSEMENT
I
DEDICACE
II
IN MEMORIAM
III
REMERCIEMENT
IV
LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES
V
LISTE DES TABLEAUX
VI
LISTE DES GRAPHIQUES
VII
RÉSUME
VIII
ABSTRACT
VIII
SOMMAIRE
IX
INTRODUCTION
1
CHAPITRE I : CADRE INSTITUTIONNEL DE
L'ETUDE
5
SECTION 1 : Présentation
générale du cadre de recherche
6
Paragraphe 1 : Présentation du cadre de
la recherche : La Direction Générale des Impôts et la
société NCI SAS
6
A- Présentation de la Direction
Générale des Impôts
7
1- Historique de la Direction
Générale des Impôts
7
2- Mission de la Direction
Générale des Impôts
8
3- Compétences de la DGI
9
4- Attributions de la DGI
10
5- Organisation de la DGI
11
5-1 Les structures et personnes
rattachées
11
5-2 Les directions
opérationnelles
12
5-2-1 Les directions à
compétences nationales
12
5-2-2 Les directions à
compétences territoriales
12
6- Fonctionnement de la Direction
Générale des Impôts
13
6-1 Le Directeur général
13
6-2 Les personnes et structures
rattachées au Directeur Général
13
6-2-1 Le secrétariat
administratif
13
6-2-2 L'assistant du directeur
général
14
6-2-3 Le conseiller chargé du suivi
des réformes
14
6-2-4 Le conseiller chargé des Restes
à Recouvrer
14
6-2-5 Le conseiller chargé de la
fiscalité locale
14
6-2-6 La Cellule de Service aux
Contribuables
14
6-2-7 La Cellule de gestion des factures
normalisées
15
6-2-8 La Cellule de la Qualité et de
la Gestion des risques
15
6-3 Les directions
opérationnelles
15
6-3-1 Les directions à
compétences nationales
16
6-3-1-1 L'Inspection Générale
des Services
16
6-3-1-2 La Direction de l'Informatique
16
6-3-1-3 La Direction de la
Législation et du Contentieux
16
6-3-1-4 La Direction de la Planification
Stratégique et des Études
16
6-3-1-5 La Recette Nationale des
Impôts
17
6-3-1-6 La Direction de la Gestion des
Ressources
17
6-3-1-7 Le Centre de la Formation
Professionnelle des Impôts
17
6-3-1-8 La Direction du Contrôle
Fiscal et du Renseignement
18
6-3-1-9 La Direction des Grandes
Entreprises
18
6-3-2 Les directions à
compétences territoriales
18
B- Présentation du cadre professionnel
d'analyse
19
1. Présentation de la
société NEW COVENANT INTERNATIONAL SAS, et activités
réalisées dans le cadre de l'étude
19
1.1 Présentation de la
société NCI SAS
19
1.2 Activités
réalisées dans le cadre de l'étude
19
2. Présentation des forces
20
3. Présentation des faiblesses
20
4. Les difficultés rencontrées
20
Paragraphe 2 : Cadre conceptuel de l'étude
et justification du choix
21
A- Cadre conceptuel
21
B- Justification du choix de
l'étude
21
SECTION 2 : État des lieux du
Patriotisme fiscal en République du Bénin
21
Paragraphe 1 : Différence entre le
patriotisme fiscal et le civisme fiscal
21
Graphique n°1 : Illustration de la
différence entre Civisme et Patriotisme fiscal
22
Paragraphe 2 : Présentation des recettes
fiscales
22
Tableau n°1 : Point de l'évolution des
recettes fiscales, de 2015 à 2025
24
Graphique n°2 : Présentation graphique
du point de l'évolution des recettes fiscales en milliard de francs
CFA
25
Paragraphe 3 : Présentation du nombre de
contribuables connus des centres d'impôts
25
Graphique n°3 : Évolution du nombre de
contribuables connus entre 2021, 2024 et 2025
26
Paragraphe 4 : Approche évaluative de la
perception du patriotisme fiscal
26
Graphique n°4 : Évaluation du
patriotisme fiscal
28
Paragraphe 5 : Présentation des facteurs
favorisant le patriotisme fiscal
28
Paragraphe 6 : Présentation des facteurs
inhibant le patriotisme fiscal
29
CHAPITRE II : CADRE THEORIQUE ET
METHODOLOGIQUE DE L'ETUDE
30
SECTION 1 : Cadre théorique de
l'étude
32
Paragraphe 1 : Problématique et
intérêts de l'étude
32
1.1 Problématique
33
1.2 Intérêts de
l'étude
38
Paragraphe 2 : Objectif général et
spécifique de l'étude
39
2.1 Objectif général
39
2.2 Objectifs spécifiques
39
Paragraphe 3 : Hypothèses de
l'étude
40
SECTION 2 : Revue de littérature et
méthodologie de recherche
40
Paragraphe 1 : Clarification conceptuelle et revue
de littérature
40
1.1 Clarification conceptuelle
40
1.2 Revue empirique
43
Paragraphe 2 : Méthode de la
recherche
48
2.1 Le choix de la population cible et de
l'échantillon
49
Graphique n°5 : Illustration du choix de la
population cible et de l'échantillon
49
2.2 Technique, outils de collecte et
traitement des données
49
2.2.1 Technique de collecte des
données
49
2.2.2 Les outils de collecte des
données
50
2.2.3 Technique de traitement des
données
50
Paragraphe 3 : Mode de traitement des
données et de vérification des hypothèses
51
A- Méthode et outils d'analyse des
données
51
B- Critères de vérifications
des hypothèses
51
C- Les difficultés et limites de
l'étude
52
CHAPITRE III : ANALYSE DES RESULTATS ET
RECOMMANDATIONS
53
SECTION 1 : Présentation, analyse des
résultats et validation des hypothèses
54
Paragraphe 1 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°1
54
Tableau n°2 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°1
55
Graphique n°6 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°1
55
Paragraphe 2 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°2
56
Tableau n°3 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°2
56
Graphique n°7 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°2
57
Paragraphe 3 : Présentation et analyse des
résultats de l'enquête liés au problème
spécifique n°3
58
Tableau n°4 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°3
58
Graphique n°8 : Point des réponses
à la question relative au problème spécifique n°3
59
SECTION 2 : Diagnostic de l'étude,
suggestions et recommandations
60
Paragraphe 1 : Validation des hypothèses et
établissement du diagnostic
60
1.1 Validation des hypothèses
60
1.1.1 Degré de validation de
l'hypothèse n°1
61
1.1.2 Degré de validation de
l'hypothèse n°2
61
1.1.3 Degré de confirmation de
l'hypothèse n°3
62
1.2 Etablissement du diagnostic et
discussions des résultats obtenus
62
1.2.1 Eléments de synthèse du
diagnostic lié au problème spécifique n°1
62
1.2.2 Eléments de synthèse du
diagnostic lié au problème spécifique n°2
63
1.2.3 Eléments de synthèse du
diagnostic lié au problème spécifique n°3
64
Paragraphe 2 : Recommandations
65
2.1 Recommandations relatives au
problème n°1
65
2.2 Recommandations relatives au
problème n°2
65
2.3 Recommandations relatives au
problème n°3
66
Paragraphe 3 : Les conditions de mise en
oeuvre
66
Tableau n°5 : Tableau de synthèse de
l'étude
68
CONCLUSION
69
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
71
TABLES DES MATIERES
79
 
|