Tableau n°4 : Point des
réponses à la question relative au problème
spécifique n°3
|
Modalités
|
Nombre d'observations
|
Fréquences relatives
|
Taux
|
|
La mise en place de mécanismes transparents de suivi et
de communication sur l'utilisation des recettes fiscales.
|
35
|
0,3846
|
38,46%
|
|
L'instauration de politiques incitatives valorisant les
contribuables civiques (réductions, distinctions, labels de
citoyenneté fiscale).
|
14
|
0,1538
|
15,39%
|
|
L'intégration des citoyens dans le processus de
définition et de suivi des politiques fiscales.
|
06
|
0,0659
|
06,59%
|
|
Le développement de programmes éducatifs et de
sensibilisation fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du
patriotisme.
|
36
|
0,3956
|
39,56%
|
|
Total
|
91
|
1
|
100%
|
Source : Résultats de nos
investigations
Graphique n°8 : Point des réponses à la
question relative au problème spécifique n°3

Source : Résultats de nos
investigations
L'examen du tableau et du graphique qui précède
révèle que sur les quatre-vingt-onze (91) personnes
interrogées :
ö trente-cinq (35) personnes, soit 38,46% des
enquêtés, estiment que la mise en place de mécanismes
transparents de suivi et de communication sur l'utilisation des recettes
fiscales constitue la solution principale à ce problème ;
ö quatorze (14) personnes, soit 15,39% des
enquêtés, considèrent que l'instauration de politiques
incitatives valorisant les contribuables civiques (réductions,
distinctions, labels de citoyenneté fiscale) est une réponse
appropriée ;
ö six (6) personnes, soit 6,59% des
enquêtés, pensent que l'intégration des citoyens dans le
processus de définition et de suivi des politiques fiscales est la
clé pour y remédier ;
ö trente-six (36) personnes, soit 39,56% des
enquêtés, jugent que le développement de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale est la voie la plus efficace
pour renforcer le patriotisme fiscal et l'engagement volontaire.
Dès lors, nous pouvons conclure ici, que le
développement de programmes éducatifs et de sensibilisation
fiscale renforçant le sens du devoir fiscal et du patriotisme, favorise
simultanément l'efficacité du recouvrement et l'engagement
volontaire des contribuables.
SECTION 2 : Diagnostic de l'étude, suggestions et
recommandations
Paragraphe 1 : Validation des hypothèses et
établissement du diagnostic
Cette partie est consacrée à la
vérification des hypothèses émises, sur la base des seuils
de décision retenus, et à l'établissement d'un diagnostic
propre à chaque problématique étudiée.
1.1 Validation des hypothèses
La vérification revient à apprécier la
validité des hypothèses à partir de l'analyse des
données recueillies. Le seuil de décision retenu stipule que
l'hypothèse confirmée est celle présentant la proportion
la plus élevée de réponses favorables.
1.1.1 Degré de validation de l'hypothèse
n°1
Les données quantitatives issues de notre enquête
indiquent que le problème spécifique n°1 trouve ses causes
principales, par ordre d'importance :
ü la confiance accrue des contribuables en l'État
grâce à une gestion publique perçue comme plus transparente
et équitable : 37,36 % ;
ü la visibilité des réalisations
concrètes financées par les recettes fiscales (infrastructures,
services publics, programmes sociaux) : 30,77 % ;
ü l'existence de mécanismes de reconnaissance ou
de valorisation des contribuables exemplaires : 18,68 % ;
ü la conviction que l'impôt constitue un outil de
solidarité nationale et de développement collectif : 13,19 %.
Ainsi, l'hypothèse spécifique n°1, selon
laquelle la confiance des contribuables en l'État, constitue un levier
essentiel du développement du patriotisme fiscal, se trouve
confirmée.
1.1.2 Degré de validation de l'hypothèse
n°2
Les données quantitatives issues de notre enquête
révèlent que le problème spécifique n°2 est
expliqué, par ordre d'importance :
ü l'absence d'une véritable éducation
civique et fiscale intégrée dans le parcours scolaire et
universitaire : 30,77 % ;
ü l'insuffisance de dispositifs de reconnaissance ou de
valorisation des contribuables exemplaires : 23,08 % ;
ü la perception de l'impôt comme une charge
punitive plutôt que comme un instrument de solidarité nationale :
26,37 % ;
ü le manque d'incitations visibles ou de contreparties
perçues par les contribuables : 19,78 %.
Par conséquent, l'hypothèse spécifique
n°2, selon laquelle l'absence d'éducation civique et fiscale
intégrée dans le parcours scolaire et universitaire constitue un
frein majeur au développement du patriotisme fiscal, est
confirmée.
1.1.3 Degré de confirmation de
l'hypothèse n°3
L'analyse des réponses concernant le problème
spécifique n°3 révèle que :
ü trente-six (36) personnes, soit 39,56 % des
enquêtés, jugent que le développement de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale constitue la voie la plus
efficace pour renforcer le patriotisme fiscal et l'engagement volontaire ;
ü trente-cinq (35) personnes, soit 38,46 %, estiment que
la mise en place de mécanismes transparents de suivi et de communication
sur l'utilisation des recettes fiscales est la solution principale ;
ü quatorze (14) personnes, soit 15,39 %,
considèrent que l'instauration de politiques incitatives valorisant les
contribuables civiques (réductions, distinctions, labels de
citoyenneté fiscale) est une réponse appropriée ;
ü six (6) personnes, soit 6,59 %, pensent que
l'intégration des citoyens dans le processus de définition et de
suivi des politiques fiscales est la clé pour y remédier.
Par conséquent, l'hypothèse spécifique
n°3, selon laquelle la mise en oeuvre des mécanismes transparents
de suivi et de communication sur l'utilisation des recettes fiscales au
Bénin favorise simultanément l'efficacité du recouvrement
et l'engagement volontaire des contribuables, reste confirmée.
1.2 Etablissement du diagnosticet discussions des
résultats obtenus
1.2.1 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°1
L'analyse des données révèle que la
confiance des contribuables en l'État, renforcée par une gestion
publique perçue comme transparente et équitable, constitue le
facteur le plus déterminant dans le développement du patriotisme
fiscal. Ainsi, l'hypothèse spécifique n°1 est
confirmée.
Les résultats obtenus montrent que la confiance des
contribuables envers l'État constitue un facteur essentiel dans le
développement du patriotisme fiscal. En effet, plus les citoyens
perçoivent une gestion transparente, équitable et efficace des
ressources publiques, plus ils sont disposés à respecter
volontairement leurs obligations fiscales. À l'inverse, lorsque les
contribuables estiment que les fonds publics sont mal utilisés ou que
les retombées de l'impôt restent peu visibles dans leur quotidien,
leur adhésion à l'impôt diminue progressivement.En effet,
nous avons pu constater que les réticences et les comportements
d'évitement des contribuables ne procèdent pas
systématiquement d'une volonté intrinsèque de fraude, mais
plutôt d'une crise de redevabilité.
Ces résultats confirment que le patriotisme fiscal
dépend fortement de la qualité de la gouvernance publique et de
la perception de justice fiscale. Ils rejoignent les analyses de Torgler, selon
lesquelles la conformité fiscale est largement influencée par la
confiance accordée aux institutions publiques.
1.2.2 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°2
Les résultats montrent que l'absence d'éducation
civique et fiscale intégrée dans le parcours scolaire et
universitaire constitue le principal obstacle au développement du
patriotisme fiscal, et de la perception de l'impôt comme une charge
punitive. Par conséquent, l'hypothèse spécifique n°2
est confirmée.
La validation empirique de l'hypothèse
spécifique n°2 démontre que l'absence d'apprentissage
civique et fiscal tout au long du parcours académique est le principal
vecteur de la perception de l'impôt comme une "charge punitive".
Ce résultat valide le modèle du «Slippery
Slope» de Kirchler (2007), qui soutient que la confiance envers
l'autorité fiscale s'effondre au profit d'un sentiment de punition en
l'absence d'une éducation précoce au bien commun. De même,
Chatterjee (2012) rappelle que le déficit de culture fiscale dans les
pays en développement nourrit l'aliénation du citoyen, qui
assimile le prélèvement à une spoliation faute d'en
comprendre les contreparties budgétaires. Enfin, cette dynamique rejoint
les conclusions de Djeunou et Ngameni (2019) en Afrique subsaharienne, pour qui
le patriotisme fiscal n'est pas un réflexe spontané, mais une
compétence civique qui s'enseigne. Les données du Littoral
confirment ainsi que pour transformer l'impôt-sanction en
impôt-citoyen en République du Bénin, l'outil
éducatif s'avère plus structurel que la seule contrainte
légale.
1.2.3 Eléments de synthèse du diagnostic
lié au problème spécifique n°3
Les réponses des enquêtés indiquent que le
développement du patriotisme fiscal et l'encouragement de l'engagement
volontaire reposent avant tout sur la mise en oeuvre de programmes
éducatifs et de sensibilisation fiscale, complétés par des
mécanismes transparents de suivi et de communication sur l'utilisation
des recettes fiscales. En conséquence, l'hypothèse
spécifique n°3 se trouve validée.
La validation de l'hypothèse spécifique n°3
consacre une approche bidimensionnelle du civisme, articulant l'acculturation
citoyenne et la reddition de comptes. En démontrant que le patriotisme
fiscal et l'engagement volontaire se nourrissent prioritairement de programmes
éducatifs couplés à une transparence budgétaire
miroir, nos résultats corroborent la théorie de la "Gouvernance
Interactive" de Kooiman (2003). Cet auteur soutient que l'obéissance
civile n'est plus le produit d'une injonction verticale de l'État, mais
d'une co-construction où l'information partagée légitime
l'action publique. De même, ce constat s'inscrit dans le prolongement
direct des travaux de Fjeldstad et Semboja (2001) sur le consentement à
l'impôt en Afrique subsaharienne. Leurs recherches empiriques prouvent
que la sensibilisation fiscale reste inefficace si elle ne s'accompagne pas de
mécanismes visibles de traçabilité des dépenses. Le
contribuable n'accepte de s'éduquer à l'impôt que s'il
constate l'impact tangible des recettes sur le développement local.
Enfin, cette convergence valide les conclusions de Besley (2020) sur
l'État fiscal (Fiscal State), selon lesquelles la communication
transparente sur l'utilisation des deniers publics est le principal catalyseur
de la confiance institutionnelle. Les données recueillies dans le
Littoral confirment ainsi qu'au Bénin aussi, le patriotisme fiscal ne
peut émerger de la seule contrainte légale, mais requiert un
pacte de transparence où l'éducation fiscale devient le vecteur
d'un contrôle citoyen constructif.
|